
« Mon programme pour arrêter la descente aux enfers du Congo se fera en 3 étapes : d’abord un diagnostic réel de la situation économique et financière du pays ; ensuite l’élimination systématique de tous les blocages et obstacles au redressement économique ; et enfin les réformes en profondeur pour construire l’efficacité de l’appareil productif », assure Martin Fayulu, candidat à l’élection présidentielle du 23 décembre (renvoyée au 30 décembre) en République démocratique du Congo.
Nous reproduisons, ci-dessous, les 30 mesures économiques et financières décisives qu’il promet de mettre en oeuvre une fois élu.
A -Par devoir d’inventaire
1. Aussitôt après ma prestation de serment en tant que président élu, prévue le 12
janvier 2019, et en souvenir du 59ème anniversaire de la conférence de la table ronde
belgo-congolaise qui s’était tenue du 19 janvier au 19 février 1960, je mets en place,
dès le 19 janvier 2019, la « Commission Nationale de l’Inventaire Economique,
Financier et Social », CONIEF en sigle.
Le bilan socioéconomique et financier de la période 2001-2018 est à faire
obligatoirement, en conscience que c’est parce que nous n’avons pas tiré les leçons
de nos erreurs passées que nous continuons à en faire massivement, et compte tenu
du fait que rien de solide et de réfléchi ne peut être construit ou reconstruit
sainement dans le pays si cet inventaire n’est pas dressé de façon objective.
La « Commission Nationale de l’Inventaire Economique, Financier et Social » rendra
son rapport le 16 mai 2019, en mémoire de la date de clôture de la Conférence de la
table ronde économique belgo-congolaise, organisée du 26 avril au 16 mai 1960.
2. Le 1er juin 2019, j’ordonne l’institutionnalisation de la « Journée Nationale du
souvenir », en hommage à Floribert CHEBEYA, défenseur des droits de l’homme,
assassiné le 1er juin 2010. En ce jour, Monsieur Floribert CHEBEYA sera élevé au titre de
« Martyr de la République ». Dans le cadre de cette cérémonie d’hommage, je veux
présenter à la Nation mon projet de « Charte du Développement National » et
décréter le « Mois du développement national ».
Je veux susciter un effort collectif de réflexion et d’adhésion objective { cette
dynamique de relèvement volontariste et du développement du pays afin de guider
l’action sur des bases consensuelles. Ainsi, tout au long de ce mois de juin 2019, seront
consultés notamment les intellectuels, les syndicats, les associations de la société
civile, les partis et mouvements politiques, les Eglises et les partenaires
internationaux, afin de dégager un « Consensus National pour le Développement ».
Ainsi, après consultation des grands représentants du corps social de la République,
la « Charte du Développement National » sera instituée en document de référence et
cadre commun global pour la politique nationale de développement { l’horizon 2030.
Cette Charte, dont l’annexe comprendra les dispositions permettant d’évaluer les
résultats des actions entreprises, s’imposera { tous et guidera les actions de tous les
gouvernements qui se succèderont de 2020 à 2030.
3. Le 30 juin 2019, en guise de mon allocution solennelle { l’occasion de la
commémoration de l’indépendance nationale, je présente à la nation le « Plan
Directeur d’Industrialisation Accélérée » de la République Démocratique du Congo.
Ce « Plan Directeur d’Industrialisation Accélérée » sera composé de cinq segments
majeurs, à savoir :
La présentation de la vision de l’industrialisation de la République
Démocratique du Congo, ses objectifs majeurs et les grandes orientations
stratégiques ;
L’énonciation de la nouvelle architecture du champ de reconstruction de
l’industrie nationale, au travers des « Sanctuaires Industriels Nationaux »,
notamment dans les domaines minier, pétrolier et forestier, des « Piliers
Industriels Structurants », principalement dans la production agroalimentaire,
et des « Socles Transversaux », c’est-à-dire l’électricité, les routes, les rails, les
ports, les aéroports, les infrastructures numériques, les formations
spécialisées, etc. ;
Le chapitre du « Programme des Chantiers Industriels Prioritaires » ;
La « Stratégie Nationale de Mobilisation des Ressources Financières » ;
La présentation du « Mécanisme de Mise en Œuvre, de Suivi et d’Evaluation ».
B -Les urgences de mon « Programme de Chantiers Industriels Prioritaires »
4. Je suis résolu et je m’engage { faire de Moanda, Kisangani et Kasumbalesa, trois
« Villes Franches Industrielles ».
Ces trois pôles de développement industriel accéléré seront les trois grandes portes
d’entrée et de sortie de l’économie nationale : Moanda pour l’Océan Atlantique,
Kisangani pour l’Océan Indien et Kasumbalesa pour le dynamique bassin économique
de l’Afrique australe.
Les procédures administratives spéciales, les exemptions douanières et les avantages
fiscaux seront garantis. Les assouplissements de la législation du travail seront
assurés. L’introduction des nouvelles technologies sera volontariste.
Objectif : attirer les investissements directs étrangers, accroître dans le PIB la part de
l’industrie de production des biens finis internationalement compétitifs, dynamiser la
capacité d’exportation sur les plans quantitatif et qualitatif, développer la
productivité par un appui ciblé au tissu industriel national, susciter la création massive
d’emplois industriels, créer des écosystèmes industriels pour une industrie davantage
intégrée à partir de Moanda, Kisangani et Kasumbalesa.
Ces trois « Villes Franches Industrielles » formeront le triangle catalyseur intégré pour
une trajectoire de croissance optimale. Elles ne seront pas de simples parcs
industriels, mais plutôt des villes comprenant des zones résidentielles et
commerciales, des équipements de loisir et de culture, ainsi que des circuits
touristiques, etc.
Cette tripolarisation des zones économiques motrices vise, en fait, l’ancrage d’une
géographie polycentrique des flux, fondée notamment sur la fin de la tyrannie de la
distance entre provinces en vue de la construction d’un marché intérieur dynamique.
5. A cet effet, je mettrai tout en œuvre pour que soient construites, dans les meilleurs
délais, les connexions interprovinciales ci-après :
Relier l’Ouest au Sud-Est, par rail à double voie et sans rupture de charge, du
Kongo-Central au Katanga. Cette ligne de réseau ferroviaire long de 3.213 km
devra traverser Matadi-Kinshasa-Kikwit-Ilebo-Lubumbashi jusqu’{ Sakania ;
Moderniser le rail Kindu – Kalemie (711 Km) et construire le rail entre Kalemie et
Lubumbashi (849,3 km), et entre Lubumbashi et Kasumbalesa (94,5 Km) ;
Réhabiliter et construire la seconde voie entre Kabalo et Kindu, entre Ubundu et
Kisangani, et relier Kindu à Ubundu par un tout nouveau chemin de fer ;
Doubler la voie et relier directement Bumba à Bondo, en construisant un tout
nouveau chemin de fer de connexion entre Mungbere et Komba.
Reconstruire et moderniser les 1. 561 kilomètres de route traversant Bondo,
Dulia, Buta, Kisangani, Nia-Nia, Komanda, Beni et Kasindi, qui forment le tronçon
manquant du « Corridor transafricain Lagos-Mombasa », ou « Autoroute
transafricaine 8 », qui commence au Nigeria, traverse le Cameroun, la République
Centrafricaine, la République Démocratique du Congo, l’Ouganda et le Kenya,
pour déboucher au port Mombassa ;
Construire un chemin de fer reliant Beni en RDC et Kasese en Ouganda, pour
connecter l’Est du Congo à la voie ferrée qui relie Kasese au port de Mombassa.
6. Je prévois la construction d’un grand « Port Transafricain à vocation industrielle et
logistique » à KISANGANI », avec aménagement d’une part d’un terminal à
conteneurs et, d’autre part, d’un terminal industriel polyvalent. Ce port intérieur sera
un maillon stratégique de la chaîne de transport qui permettra d’assurer le passage
du mode de transport ferroviaire, terrestre ou aérien, au mode de transport fluvial,
afin que les marchandises d’importation débarquées aux ports de Mombassa, de
Lagos et de Douala, ainsi qu’{ l’aéroport international de BANGOKA à Kisangani,
puissent atteindre rapidement KINSHASA et les autres villes du pays.
7. J’envisage la construction du « Port du Riz de Bumba », avec aménagement des
décortiqueries sur les rives du fleuve Congo et une plateforme de transformation, de
conditionnement et de commercialisation du riz local. La construction de ce port se
fera dans le cadre du « Programme d’Autosuffisance Nationale en Riz » que je
mettrai sur pied et qui aura comme priorités :
Le désenclavement des zones de production rizicole ;
Le développement de nouvelles zones de riziculture et de nouveaux modes de
culture, ainsi que la formation des paysans ;
La promotion du « consommer le riz local » ;
La promotion de la recherche-développement ;
Les différentes autres actions stratégiques de développement de la chaîne de
valeurs riz en termes de coûts et efficacité.
Le « Programme d’Autosuffisance Nationale en Riz » va exploiter de manière
optimale les trois écologies rizicoles majeures de la région, à savoir : la riziculture
pluviale ; la riziculture des bas-fonds et la riziculture irriguée.
8. Je veux ordonner la construction du « Port de Pêche de MBANDAKA », en
modernisant le port existant { travers l’amélioration des infrastructures de
débarquement et d’embarquement, de conservation et de conditionnement de
poissons, l’intégration des circuits de commercialisation de la pêche artisanale dans
les circuits de l’économie halieutique formelle, ainsi que le renforcement de l’espace
réservé aux installations techniques liées à la maintenance et à la mécanique pour la
réparation navale, y compris le stationnement et la réparation des pirogues.
9. En aval de Kisangani, de Mbandaka et du lac Maï-Ndombe, les trois principales zones
fonctionnelles halieutiques à l’ouest du pays, je veux lancer la construction de la
« Zone Spéciale de Pêche de KINKOLE ».
Point stratégique de confluence de la pêche fluviale ainsi que de toutes les
productions de pisciculture en étangs ou en rizi-pisciculture le long du fleuve, la
« Zone Spéciale de Pêche de KINKOLE » comprendra :
Un port de pêche doté des outils logistiques nécessaires pour la conteneurisation
à bord et à terre, le débarquement, le stockage par congélation et surgélation,
l’avitaillement en glace, la pesée collective, les viviers collectifs … jusqu’{ la
première mise en marché ;
Un parc d’industries du fumage, de salage, de conditionnement de poissons ;
Un grand Centre d’appui aux organisations professionnelles de la pêche
artisanale, ayant pour objectif de renforcer les organisations professionnelles et
faciliter leur accès à des équipements et à du matériel de production de qualité.
Mais aussi, contribuer à une amélioration des revenus et à une réduction sensible
de la vulnérabilité des producteurs, notamment les plus pauvres ;
Un Institut de Formation Professionnelle de pêche, d’Aquaculture et de Rizipisciculture ».
10. En vue d’accroitre la production halieutique nationale, estimée à 700 000 tonnes par
an, et dans la perspective de faire de Kalemie la ville de la pêche par excellence, je
veux créer la « Zone Economique Spéciale du lac Tanganyika », avec comme
objectifs :
Réhabiliter et moderniser le port existant, en développant ses capacités de
stockage par conteneurs frigorifiques ;
Aménager un tissu industriel à haute capacité de création d’emplois, dédié à
la transformation et à l’exploitation des produits de la pêche;
Programmer la transformation de la ville de Kalemie en « Pôle de compétitivité halieutique moderne », doté de moyens de recherche
innovation et formation, et d’un label spécifique de reconnaissance de qualité
et d’origine (les « mikebuka », les « kasangala » et les « ndakala » de Kalemie) ;
Promouvoir l’installation d’entreprises spécialisées en agrobusiness de la
pêche et de l’aquaculture ;
Assurer, dans le cadre de leur gestion et de leur utilisation, la conservation
des ressources en poisson d’eau douce et de leur habitat dans le lac ;
Améliorer et promouvoir la pleine participation de la Première nation du Lac
Tanganyika, qui est la RDC, à la gestion durable des ressources en poisson
d’eau douce dudit lac, que notre pays a en partage avec le Burundi et la
Tanzanie ;
Offrir des possibilités de pêche sportive de qualité au lac Tanganyika.
11. Je veux lancer un « Appel » au secteur privé pour le financement, la construction et
l’exploitation des infrastructures publiques. A ce propos, un « Contrat de Mise à
Disposition d’un Equipement Public » (le COMIDEP) » sera proposé aux investisseurs
privés. Le secteur privé sera responsable de la conception, de la construction, du
financement et de la maintenance de l’infrastructure. Ses revenus seront constitués
par des redevances de mise { disposition versées par l’Etat, le cocontractant public,
au travers d’une source publique de récupération de ces redevances dûment validée
et acceptée par l’investisseur privé. Pour l’Etat, cela représentera le double avantage
de soulager les finances publiques, tout en conservant le contrôle des orientations
stratégiques pour répondre aux besoins de l’aménagement du territoire.
12. Je vais créer un « Office National d’Infrastructures (ONI) ». L’office aura
notamment pour mission:
Dresser un répertoire des infrastructures prioritaires sur la base de leur coût
complet, en intégrant l’analyse coût/avantages ou ses équivalents, en vue de
prendre en compte l’ensemble des risques, externalités, incertitudes et autres
paramètres déterminants tout en améliorant la fiabilité des projets ;
Créer et gérer le marché national des infrastructures. Ce marché concernera
notamment les secteurs suivants : le marché des infrastructures sociales (écoles,
hôpitaux, équipements culturels et sportifs et autres bâtiments publics) ; le
marché des infrastructures de transports (autoroutes, réseaux ferroviaires,
transports en commun, aéroports et ports) ; le marché des infrastructures
d’utilité sociale et économique (production, transport et distribution de gaz, de
l’eau, de l’électricité, etc.); le marché des infrastructures pour l’environnement
(traitement de l’eau et des déchets, énergies renouvelables, efficacité
énergétique, aménagement paysager, etc.);
Coordonner les initiatives permettant de faciliter le financement à long terme des
infrastructures par les investisseurs privés nationaux ou étrangers.
13. Je veux réaliser la réhabilitation et l’optimisation des élevages bovin, caprin et ovin,
depuis des fermes jusqu’aux industries du lait, du fromage et production animale
industrielle.
14. Je veux entreprendre la modernisation des activités de production, de stockage, de
transport, de conditionnement, de distribution et d’exportation du secteur fruitier
(mangue, papaye, orange, citron, mandarine, banane de table, ananas, avocat…),
jusqu’{ la production industrielle des jus de fruits.
15. Je veux engager la réhabilitation des filières caoutchoutière, caféière et cotonnière,
depuis les champs et plantations jusqu’aux industries de conditionnement et de
transformation industrielle de l’hévéa ; jusqu’aux industries de décorticage,
d’égrenage et de transformation du café ; et jusqu’au renouveau de l’industrie textile
et à la relance du métier de couture, en ce qui concerne le coton.
16. Tout sera mis en œuvre pour gagner le pari de la rréhabilitation de la filière
cacaoyère, depuis des champs et plantations jusqu’aux industries de décorticage et
de transformation in situ du cacao.
17. Quoi qu’il en coûte, je veux réhabiliter les activités de production, de stockage, de
transport, de conditionnement, de distribution et d’exportation de l’huile de palme
et de l’huile palmiste.
18. Mon engagement et ma détermination seront sans faille dans la réorganisation et la
modernisation des activités de production, de stockage, de transport, de
décorticage, de conditionnement, de commercialisation et d’exportation des filières
maïs, manioc, haricot, arachide, soja, pomme de terre, bananes, sorgho, thé,
quinquina… Ce, depuis les champs et plantations jusqu’aux industries de
conditionnement, de transformation et d’emballage.
19. Dans le domaine des Forêts et de la Faune, je veux entreprendre l’aménagement et
le renouvellement des ressources forestières, la sécurisation et la valorisation des
ressources fauniques et des aires protégées, ainsi que la valorisation des ressources
forestières ligneuses et non ligneuses. Il sera davantage question notamment:
De développer des synergies d’actions avec les entreprises de la filière bois afin
d’opérer un saut qualitatif vers plus de transformation locale du bois;
D’accroître la production de bois légal ;
De promouvoir les essences peu connues et optimaliser leur commercialisation;
De gérer et exploiter durablement les zones de chasse;
D’augmenter la contribution du secteur de la faune à l’économie nationale;
D’augmenter la superficie des aires protégées.
20. En toute urgence, je prendrai la décision d’une « surtaxe spéciale sur l’importation
des meubles et accessoires d’ameublement », en vue de promouvoir, soutenir et
accompagner une mutation volontariste de la filière-bois, de l’artisanat { la
production industrielle nationale.
Dans le cadre de cette vision stratégique de structuration dynamique de la filière
bois, je veux ordonner notamment :
D’abord, la ferme interdiction pour toutes les institutions d’Etat, du chef de
quartier à la présidence de la République en passant par les entreprises
publiques et tout autre établissement public, d’équiper leurs bureaux en
meubles et accessoires d’ameublement importés ;
Ensuite, l’obligation d’équiper tous les bureaux d’Etat et toutes les
installations publiques en meubles et accessoires d’ameublement fabriqués
par la nouvelle industrie nationale du bois. Ainsi l’essor de cette production
industrielle stratégique, { fort potentiel de création d’emplois, aura comme
marché motivateur : la commande publique obligatoire.
Objectif principal de cette vision stratégique :
L’essor d’une industrie du bois créatrice de richesses et d’emplois dans
l’exploitation forestière, dans le sciage, le rabotage du bois, l’ébénisterie, la
menuiserie, la fabrication du papier, du carton, des panneaux de bois,
d’emballage en bois, d’ameublement, du bois de construction, et d’articles
divers en bois…
21. Dans le cadre de l’état d’urgence agricole, je veux lancer une « Directive portant
Nouvel Ordre Commercial pour Supermarchés, Hypermarchés, Magasins et
Boutiques ». L’élément-clé du recadrage pour ce nouvel ordre commercial est la
stricte règle de chaque année « 10% de produits en rayon issus de la production
nationale ». Le commerce de détail doit cesser d’être la vitrine des produits et biens
importés pour devenir, endéans 10 ans, le terminal commercial de la vitalité
productive de l’économie industrielle nationale dans tous les secteurs, de
l’agroalimentaire { l’électroménager, en passant par le cosmétique ainsi que tous les
autres biens marchands.
Des dispositifs incitatifs, des facilités administratives et divers autres
accompagnements seront prévus dans la « Directive », notamment pour soutenir la
mutation des grands opérateurs actuels du commerce de détail en clusters ou
cartels industriels de production et de distribution des biens de grande
consommation.
22. Toujours dans le cadre de l’état d’urgence agricole, je veux créer un « Commissariat
Général à la Sécurité Alimentaire Nationale », COGESAN en sigle, qui va élaborer et
gérer les Programmes et projets de sécurité alimentaire nationale.
C- Quels dispositifs financiers pour soutenir ce redressement économique décisif ?
23. Sans délai, je lance le « Grand Emprunt de l’Emergence Economique Nationale ». Il
sera question d’un appel de fonds multifocal, aussi bien { l’endroit des donateurs et
investisseurs tant institutionnels que privés, tant nationaux qu’internationaux, que
vers des particuliers, des philanthropes et d’organismes financiers divers, nationaux
et étrangers.
Le défi est un système alternatif de mobilisation des moyens financiers pour investir
dans des secteurs stratégiques à la fois décisifs pour le relèvement économique
national et rentables, afin que ces investissements puissent permettre, par retour
sur investissement, de dégager plus de moyens et de revenus pour que les finances
publiques entretiennent un cercle vertueux fait d’une grand marché national de la
dette qui nourrit un écosystème économique d’entreprises compétitives et
performantes, créatrices de richesses et d’emplois en masse, et capables de
rembourser à date fixe pour la soutenabilité de la nouvelle dynamique économique.
Il sera créé, à cet effet, une « Commission Nationale de la Dette et de l’Aide Publique
au Développement ». Elle aura 10 missions principales :
Définir les conditions techniques du « Grand Emprunt » ;
Identifier les cibles prioritaires vers lesquelles diriger les appels de fonds ;
Concevoir et élaborer des plans et stratégies de la politique d’endettement
public, intérieur et extérieur, et de l’Aide Publique au Développement ;
Assurer la fixation des objectifs généraux du Gouvernement en matière
d’endettement public intérieur et extérieur, y compris la dette garantie par
l’Etat ;
Assurer la mise en place d’un système d’information du public, du marché
financier et des partenaires au développement sur la politique d’endettement
et la gestion de la dette publique ;
Élaborer, publier et diffuser les rapports sur l’aide publique au développement
en République Démocratique du Congo;
Coordonner la renégociation des accords de prêts ;
Réaliser les émissions de titres publics sur les marchés financiers pour des
besoins de financement à moyen et long termes en relation avec les services
concernés;
Assurer la gestion du portefeuille de la dette publique ;
Coordonner la collaboration avec les parties prenantes et partenaires
endogènes : les banques commerciales en tant que structures du crédit, les
assureurs, la Fédération des Entreprises du Congo, les institutions du microcrédit, etc.
24. Dans les meilleurs délais, je veux instaurer « l’Impôt Forfaitaire Triennal Unique ».
C’est-à-dire : un impôt forfaitaire d’encouragement entrepreneurial pour trois ans
d’activités hors toute tracasserie administrative ou fiscale.
Deux objectifs :
mise à plat du système fiscal et sa modernisation subséquente en vue de réussir
l’intégration de l’économie informelle dans le fonctionnement économique
légal ;
assainissement du climat des affaires et enracinement d’un environnement
macro-économique attractif notamment pour les investissements directs
étrangers.
25. Dès le tout premier conseil du gouvernement, je décrète un « Moratoire biennal
reconductible sur tout déplacement à l’étranger aux frais du trésor public ». C’est-àdire : pendant deux ans, de 20119 à 2021, pour quelle que raison que ce soit, hormis
les missions scientifiques et techniques, aucun haut fonctionnaire, aucun agent de
l’Etat ou un quelconque responsable d’un organisme public ne se rendra à
l’étranger, en mission ou en soins médicaux, aux frais de l’Etat.
26. En priorité, je veux mettre au service de l’entreprenariat congolais, un « Programme
de Renforcement de Capacités du Secteur Privé National à participer aux appels
d’offres publics ». Dans le cadre de ce programme, la Banque Centrale, les banques
commerciales et les compagnies d’assurance seront mobilisés pour garantir des
facilités d’accès au crédit aux firmes du secteur privé national nécessitant une
garantie pour participer aux appels d’offre lancés par le Gouvernement. La
formation du secteur privé à travers des ateliers sur les règles des marchés publics
sera l’axe prépondérant de ce programme.
D -Intégrer la culture dans la production industrielle et fonder l’économie de la culture
27. L’audiovisuel, l’édition musicale et littéraire, ainsi que tous les autres biens culturels
forment des grandes opportunités d’industrialisation concernant leurs conditions de
production, de diffusion et de réception.
Ainsi, je veux spécialement confier au Ministère de la Culture la mission d’intégrer
toutes les activités culturelles dans des réseaux qui s’entremêlent aux industries
créatives et productives reliées à une vaste gamme de professions, représentant une
véritable économie de la culture.
28. Les 5 priorités de ma politique culturelle :
1. Élaborer une « Encyclopédie des valeurs traditionnelles congolaises ». Objectif :
pérenniser les savoirs anciens et enseigner les splendeurs et hauts faits
l’ancestralité congolaise;
2. Dresser le répertoire des instruments traditionnels de musique, en vue de leur
valorisation, leur modernisation, leur production en industrie et leur insertion
dans la production musicale moderne ;
3. Ecrire un « Livre Général de l’Art Culinaire Congolais », créer un réseau des «
Ecoles de la Gastronomie Congolaise »et promouvoir des « Restaurants
gastronomiques congolais» étoilés ;
4. Sélectionner les styles de coiffure ancestrale et envisager un « Festival de la
Haute Coiffure Congolaise »;
5. Mettre en œuvre un « Programme National de Sauvetage du Patrimoine
Culturel Congolais », dont la mission sera de récupérer, de protéger et de
préserver les importantes collections d’art, d’artefacts, d’objets de musée,
d’éléments architecturaux, de documents, de films, de photographies,
d’enregistrements vidéo et sonores du passé congolais.
E -Construire l’économie du sport
29. Je veux tout faire pour relever le défi de l’économie du sport, en conscience que les
rencontres sportives sont les éléments de base de la grammaire d’une société
combattante et compétitive, dans laquelle les inégalités et les différences sont
perçues et acceptées comme étant équitables puisque fruits non de la séparation
ontologique ni de la relégation naturelle, mais de mérite après saine confrontation
des talents, des intelligences et des capacités.
Qu’il s’agisse de la construction d’infrastructures sportives, de l’aménagement du
tissu national des académies de sports, de la production industrielle d’équipements
et accessoires des différentes pratiques sportives, de la fourniture de services
sportifs, de la diffusion d’informations, des recettes de spectacles sportifs, des
dépenses publicitaires ou des budgets de sponsoring, l’économie du sport que je
veux bâtir sera créatrice de richesses économiques et d’emplois, en plus de l’image
internationale du pays, ainsi que de ses bienfaits sur la santé et l’éducation de ceux
qui le pratiquent.
F- La Diaspora au cœur du redressement économique national
30. En conscience que les grandes économies émergentes doivent leur fulgurant
développement économique à leurs diasporas respectives, je veux instamment
mettre sur pied le « Programme de construction du Réseau Commercial et
Industriel de la diaspora congolaise».
Les structures et initiatives ci-après formeront les dispositifs stratégiques de
l’enracinement de ce « Réseau » :
Créer un « Bureau d’Accueil et d’Orientation professionnelle des Congolais de
l’Extérieur » ;
Mettre en place un « Office de Promotion de l’Investissement industriel des
Congolais de l’Extérieur ». L’office va assurer des facilités d’acquisition des
biens immobiliers à usage professionnel ? C’est-à-dire l’accès { l’immobilier
d’entreprise, d’usine, d’industrie ou de commerce ;
Créer des Consulats économiques au sein de nos ambassades en tant que
structures d’encadrement du commerce congolais { l’étranger ;
Négocier l’entrée en franchise de droits de douane et sans contingentement
des produits alimentaires, vestimentaires ou cosmétiques portant le label made
in DRC. Pour ce faire, doter les industriels congolais impliqués dans le système
d’un certificat spécial d’origine et de fabrication { présenter lors de la
déclaration en douane ;
Soutenir le développement des « Marchés Congolais { l’étranger » ou des
Centres commerciaux congolais { l’étranger (Washington, Bruxelles, Paris,
Londres, Johannesburg, etc.) ;
Encourager la maîtrise par des Congolais de tous les métiers en amont et en
aval de ces activités, du dédouanement à la vente en passant par le transport, le
gardiennage, le nettoyage, les différents services, afin que le « Réseau »
procure des emplois et des opportunités d’entreprenariat aux Congolais
résidant { l’étranger.