Congo. Nominations controversées, désordre à la gendarmerie, tensions dans des hôpitaux et à la Cour des comptes : des interrogations sur le respect des textes fragilisant Anatole Collinet Makosso et consorts (lecture en 4 mins)

PARLONS-EN. Plusieurs décisions administratives prises ces dernières semaines alimentent les débats au sein de l’administration publique congolaise.  Au Laboratoire national de santé publique (LNSP), dans les hôpitaux, le corps de la gendarmerie comme à la Cour des comptes et de discipline budgétaire (CCDB), des voix dénoncent les entorses aux textes en vigueur. Une situation qui met à mal l’autorité du  Premier ministre ACM et expose sa gestion administrative à des critiques sévères.*

ACM renonce à la restauration de l’autorité de l’Etat, la preuve, la note de service n°0410/MSP-CAB.26 du 19 juin 2026, signée par le ministre de la Santé, Jean-Rosaire Ibara qui procède à plusieurs nominations au sein du LNSP. Ces nominations créent la cacophonie administrative puisque n’obéissant pas au parallélisme de forme. Le décret n°2018-350 du 10 septembre 2018 portant délégation de pouvoir de nomination aux ministres ne confère pas au ministre de la Santé la compétence de nommer des directeurs centraux. Cette prérogative relève du premier ministre. Si cette interprétation est confirmée, les décisions concernées doivent être annulées. Il est triste, incompréhensible et impensable qu’un professeur de rang magistral nomme des gens à des postes fantômes ( 4/6 postes mentionnés dans ladite note ne figurent pas dans l’organigramme de LNSP). Il y a de quoi s’interroger sur la capacité de gestion de cet enseignant chercheur qui ne se conforme pas aux textes organisationnels  de l’établissement. L’inattendu, c’est l’installation à la Juda Iscariot, ce 6 juillet 2026, par Donatien Mounkassa, de Bredin Bissala Nkounkou, conseiller du premier ministre, à un poste inexistant et en l’absence du directeur général du LNSP. En acceptant cette forfaiture, M. Bissala Nkounkou -Juda, a fait une grosse entourloupe à son mentor, ACM. Car, l’acte qu’il a posé n’est autre chose qu’ embarrasser son chef, à défaut de diminuer son autorité. Jurisprudence oblige, désormais chaque ministre peut se permettre de nommer sans passer par le premier ministre. Bref, le leadership de ACM et Rosaire Ibara inquiète. Ils autorisent le professeur Léon Hervé Iloki, président du CODIR de l’Hôpital Spécialisé Mère-Enfant Blanche Gomes d’avoir un bureau résidentiel avec secrétaire dans cet établissement et lui octroient un salaire mensuel de deux millions cinq cent mille francs cfa. Depuis quand un président d’un comité de direction ou d’un conseil d’administration perçoit-il un salaire et bénéficie-t-il d’un bureau au sein de l’ administration qu’il préside ? Rosaire Ibara le tolère et l’encourage parce que lui-même est resté longtemps président du CODIR du CHUB avec beaucoup de privilèges. Pourtant, une indemnité de session suffirait comme émolument et non un salaire tel que perçu par le professeur Iloki dont on connaît les appétits. Multiplié par 12, ce pactole de 30.000.000 de francs cfa peut régler quelques problèmes d’un centre hospitalier ou payer les émoluments de dix salariés desdits centres qui ont des arriérés. Les hôpitaux sont sous tension avec le corps médical qui  totalise plusieurs mois d’arriérés, concourant à la démotivation. Comment donc ne pas s’étonner de l’hécatombe causée par les services de santé avec un tel désordre et une cupidité éhontée ! L’unique structure qui fonctionne bien est la CAMEPS propulsée par Lydia Mikolo et gérée par le colonel – major Makoumba-Nzambi, structure qui malheureusement, les mafieux D.G des hôpitaux zappent.

Confusion à la CCDB et à la Gendarmerie

Hormis la situation au LNSP et dans les hôpitaux, d’autres préoccupations sont exprimées au sujet du fonctionnement de la gendarmerie et de la CCDB. Une confusion règne entre les compétences de la CCDB détenues par l’intérimaire de Charles Émile Apesse, des avocats généraux et cohorte d’un côté, et celles du secrétaire général, Mme Moyen Ngnia-Ngama, de l’autre. Selon nos informations, plusieurs  décisions administratives sont prises par la secrétaire générale en dehors du cadre des compétences attribuées à la CCDB. En effet, le fonctionnement de cette institution devrait davantage s’appuyer sur ses membres légalement habilités afin de préserver son indépendance et le respect des procédures. La nomination du successeur d’Apesse via le Conseil supérieur de la CCDB s’impose afin d’empêcher que Bininga et sa complice Moyen Ngnia-Ngama continuent de perpétuer le pillage et le désordre. Ce désordre discrédite le Congo auprès des partenaires techniques et financiers internationaux pour lesquels la sécurité juridique, la gouvernance et le respect des procédures institutionnelles constituent des critères importants d’évaluation. Idem à la gendarmerie où le colonel Ifoko, parent du général Akouangué, discrédite sérieusement ce corps. Nous reviendrons avec force détails, sur les pratiques mafieuses et de moyen âge entretenues par ce dernier.

Au-delà des controverses actuelles, cette séquence rappelle que le respect des règles de compétence et des procédures administratives demeure un élément essentiel de la bonne gouvernance. Car, une vigilance accrue dans l’application des textes permettra d’éviter que des décisions administratives contestées ne viennent fragiliser l’action gouvernementale. Avec ce désordre, comment croire au discours des réformes d’ACM… ? ( A suivre)

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

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