Congo. Le ministère de la Dépravation des Mœurs (dit ministère de l’éducation nationale)

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Evrard Nangho.

TRIBUNE. La déclaration universelle des droits de l’homme affirme que l’éducation est un droit humain fondamental pour tous et indispensable en vue de l’exercice des autres droits humains.

Une éducation de qualité est la voie d’accès au plein épanouissement de l’être humain. Elle est l’un des outils les plus puissants pour sortir de la pauvreté les enfants et les adultes socialement exclus et faciliter leur insertion dans la société. Elle réduit les inégalités dont sont victimes les filles et les femmes enfin l’égalité des chances, l’accès universel à l’éducation ainsi que des normes de qualité appliquées et contrôlées sont les conditions à remplir pour que ce droit humain devienne une réalité pour tous.

A l’heure de la pandémie du Coronavirus, le système éducatif Congolais vient une fois de plus nous confirmer qu’il avait déjà rendu l’âme. Avec presque quatre départements ministériels (y compris le ministère de la recherche scientifique et de l’innovation technologique), l’école congolaise peine à sortir de l’ornière.

Avec le confinement décrété par les pouvoirs publics sans tenir compte de notre environnement sociologique, un coup de massue sur ce système éducatif en agonie.

Depuis 1960 aucune réforme importante n’a été entreprise dans ce secteur : programme scolaire obsolète et en inéquation avec le besoin de main d’œuvre. Plusieurs maux accablent l’école congolaise :dépravation des mœurs, la promotion canapé, la notion du mérite a disparu dans l’esprit des élèves, manque de déontologie des enseignants, etc…la liste n’est pas exhaustive.

Le fait de se targuer que les cours sont dispensés à la télévision, dans certains quotidiens de la place, la multiplication des fascicules pour permettre aux élèves en classe d’examen d’être prêts pour le jour-j ne suffisent pas.

Parmi les quatre ministres personnes, ne nous parlent de l’après confinement. Comment les examens vont se dérouler ? Pour les élèves en classe intermédiaire, comment ils vont procéder ? Au niveau de l’université Marien Ngouabi à quand le retour et à quand les examens ?

L’enseignement technique et professionnel, qui devrait permettre à notre pays d’amorcer aisément la phase transitoire de l’après pétrole, là encore rien n’est fait.

Enfin le COVID19 qui devrait révéler notre génie au niveau de la recherche scientifique, nous sommes les malheureux absents et l’innovation technologique est un chimère même le gouvernement peine à faire une visioconférence pour le conseil des ministres.

Un fait marquant depuis la pandémie du Coronavirus, le phénomène dit KULUNA a complètement disparu comme si ce virus est venu pointer du doigt le rôle cardinal de notre système éducatif et de l’impuissance de la force publique.

La décadence morale de notre société est due en grande partie à notre politique éducatif obsolète en manque de vision. C’est ainsi que Jules Ferry déclarait : « il y’a deux choses dans lesquelles l’Etat Enseignant et Surveillant ne peut être indifférent : c’est la morale et la politique, car en morale comme en politique, l’état est chez lui, c’est son domaine et par conséquent sa responsabilité ».

Evrard NANGHO

Président national du Modec.

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