
PARLONS-EN. Partout ailleurs, les différences revêtent un grand avantage et aident à l’équilibre. Or au Congo depuis une décennie, tous les dirigeants sortent d’un même moule. Conséquences, ces derniers n’arrivent pas à faire évoluer les idées même sur les problèmes sociétaux tels que ceux qui sont liés aux droits de la famille pour lesquels le premier ministre Anatole Collinet Makosso (ACM), le ministre de la justice Aimé Bininga et la ministre la femme Inès Ingani et Cie sont pointés du doigt pour non assistance à personne en danger.
Les familles congolaises avaient été nourries d’espoir par la ministre Inès Ingani qui avait, tambours battants, vanté le mérite de la loi Mouebara. Les mères de famille s’étaient frottées les mains et avaient chanté à l’unisson pour célébrer l’avènement d’une loi censée les protéger. Mais au fil du temps, cette loi a été confrontée à une applicabilité mitigée. Elle ne garantit pas vraiment les droits de la femme.
Même adossée à la déclaration universelle des droits humains, la loi Mouebara ne donne à la femme congolaise qu’une portion congrue de ce dont elle devrait normalement jouir. Beaucoup d’aspects restent couverts d’un voile épais. La loi ne sévit pas ou tout au moins n’arrive pas à enrayer le phénomène des violences faites aux femmes. Elle montre des faiblesses sur des questions de droits successoraux, sur le veuvage, sur la qualification des biens de la femme, simplement sur la vie de la femme dans son entièreté.
Le veuvage en Afrique et singulièrement au Congo Brazzaville a toujours été immergé dans des rituels traditionnels parfois insupportables. Combien de femmes n’ont pas été réduites à un stade de déshumanisation, subissant des traitements qui mettent à mal leur dignité. La dépossession des mères de famille des biens acquis en ménage est monnaie courante. Des épouses et des enfants jetés dans la rue se comptent par dizaines. Si elles ne sont pas accusées d’être à l’origine de la mort de leur conjoint, elles sont taxées de tous les torts du monde.
Les plus malheureuses sont celles qui n’ont pas eu d’enfants. Elles sont laissées pour compte dans de nombreuses familles. Un cas d’école récent, celui de Rigobert Sabin Banzani, enseignant à l’université Marien Ngouabi, avocat au barreau de Brazzaville et ancien député d’Éniellé décédé il y a peu. Les obsèques de cet avocat ont connu des péripéties inimaginables, entre le choix du lieu d’inhumation et la cupidité de la famille pressée de déposséder la veuve et les enfants encore sous le choc du deuil.
La veuve et son mari ont bâti leur empire pendant une trentaine d’années. Le barreau de Brazzaville ne se remet pas de cette situation, lui qui voulait rendre un hommage au confrère, ayant acheté un caveau construit au cimetière du centre-ville de Brazzaville, conformément aux dernières volontés du défunt. Voilà des cas où le droit doit primer et aider les familles à ester en justice. La peur et la crainte des représailles et de la sorcellerie doivent être annihilées et battues en bêche. Force est à la loi. C’est le lieu de dire que les communicants, journalistes et autres, les avocats ainsi que les notaires doivent aider à la vulgarisation du code de la famille et de la loi Mouebara.
Le viol est banalisé par les tribunaux et par ceux et celles qui ont la charge de protéger la femme. Des cas de viol ont défrayé la chronique ces derniers temps. Mais le mépris l’a emporté sur la compassion. L’initiatrice de la fameuse loi Mouebara, Inès Ingani a parfois du mal à prendre la mesure de la détresse des femmes. Il faut le dire, la loi Mouebara s’étiole dans son aspect pratique, et la ministre Ingani elle-même montre des signes d’essoufflement. Pourtant, elle déborde d’énergie pour l’OFC. Comme quoi, le cumul des fonctions peut être contre-productif.
ACM et Henri Bouka qui ont taillé la constitution sur les mesures de M. Sassou se préoccupent seulement de leurs poches plutôt que de la famille qui est la cellule originelle d’une société.
Ghys Fortune BEMBA DOMBE
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