Congo Brazzaville. La culture du ricin va t-elle tuer la relance de l’agriculture ?

TRIBUNE. La mise en œuvre du contrat amphitéotique conclu entre les autorités congolaises et le holding rwandais Crystal ventures, via sa filiale, AG Congo, partenaire financier et technique du projet de production de bio carburants au Congo par Eni, aura besoin de beaucoup de bras congolais, conformément aux clauses contractuelles qui consacrent l’exclusivité de la main d’œuvre nationale.

Le ricin, présenté comme l’or vert, au regard de la montée des cours sur le marché international, risque de d’occuper l’essentiel de la main nationale, au point laisser exsangue l’agriculture de subsistance voire commerciale que voudrait relancer Denis Sassou Nguesso.

C’est une information que nous avons dû taire pour des raisons de responsabilité professionnelle : une importante délégation d’hommes d’affaires rwaidais a discrètement séjourné au Congo en juillet dernier. Kigali est entrain d’exploiter à son compte les accords commerciaux qui le lient à Brazzaville. Il semblerait que la garantie du Franc Rwandais auprès de la Banque centrale du Rwanda, amène Kigali à se lancer dans l’achat d’or, au meilleur taux, en Afrique. Le Congo en est-il concerné. Difficile d’en savoir davantage.

Après une halte aux zones économiques de Maluku, au nord de Brazzaville, cédées à Crystal Ventures, les rwandais se sont également rendus dans la vallée du Niari, au sud du Congo, où seront exploités 150.000 hectares pour la culture du ricin, un produit dont le prix se situe aujourd’hui au dessus du prix du baril du pétrole. Est, par conséquent grand, le risque de voir, par effet, d’entraînement, ce produit occuper de nombreuses personnes, à la recherche du fric. Que deviendra alors le plan de relance de l’agriculture annoncé par le Chef de l’Etat ?

La dépendance du Congo en matière d’importations de produits alimentaires, qui absorbent plus de 700 milliards de fcfa par an, pourrait davantage s’elastifier.

Par A.Ndongo

Journaliste économique et financier

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