Russie/USA. Et si Trump et Poutine avaient conclu un accord en Alaska ?

TRIBUNE. Les trois heures d’échange entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur une base militaire en Alaska n’ont abouti à aucun « deal » ou avancée concrète. C’est en tout cas ce qu’a affirmé le président américain au sortir de la réunion avec son homologue russe. « Il n’y a pas d’accord », a-t-il déclaré. Volodymyr Zelensky et ses soutiens européens, qui craignaient que Russes et Américains décident du sort de l’Ukraine sans eux, ont poussé un ouf de soulagement. « C’est une très bonne nouvelle qu’il n’y ait pas eu d’accord, pour l’Ukraine et pour les Européens », estime Alberto Alemanno, professeur de droit européen à HEC Paris. De mon point de vue, il y a eu accord de principe entre Trump et Poutine sur la question ukrainienne. C’est dans l’ambiguïté du langage diplomatique utilisé par les deux présidents (surtout Donald Trump) que niche le diable. Eh oui ! En diplomatie, il ne suffit pas d’écouter ce qui est dit pour comprendre. Il est crucial d’examiner ce qui n’est pas dit dans les propos afin d’identifier les sous-entendus et les implicites. L’utilisation des termes volontairement vagues, polysémiques ou ouverts à interprétation multiple est essentielle quand on veut transmettre des messages délicats ou critiques. Deux aspects sont à considérer dans l’examen de la position russe : 1) la détermination de la Russie à conserver les territoires partiellement ou totalement conquis ; 2) les raisons profondes du conflit. Selon le Kremlin, il n’y aura pas d’accord avec les États-Unis sur la fin du conflit si les parties ne s’accordent pas sur ces questions fondamentales. Or à en croire Vladimir Poutine, Donald Trump désire « contribuer à la résolution du conflit ukrainien » et affiche « son désir d’en comprendre l’essence et d’en saisir les origines ». Autrement dit, Trump comprend mieux la position de la Russie, sans nécessairement la partager. Mais le meilleur est à venir. Dans son allocution, Poutine a également dit espérer que «L’ENTENTE» trouvée, selon lui, avec Trump puisse ouvrir « la voie à la paix en Ukraine », sans en préciser la teneur. « Nous espérons que Kiev et les capitales européennes prendront tout cela avec un esprit constructif et ne créeront pas d’obstacles ni ne tenteront de saper les progrès escomptés par des provocations ou des intrigues en coulisse », a poursuivi le président russe. Mais de quelle «entente» parle-t-il ? En tout cas, on comprend mieux les propos de Poutine en écoutant Donald Trump. Ce dernier a déclaré lors de la même conférence de presse : « Nous n’y sommes pas, mais nous avons fait des progrès », avant d’ajouter vaguement : « Il n’y a pas d’accord jusqu’à ce qu’il y ait un accord ». Cette phrase, à elle seule, dit tout et rien. L’ambiguïté du langage diplomatique n’est pas un simple défaut de communication, mais bien une stratégie délibérée qui permet de préserver des marges de manœuvre, d’éviter des ruptures brutales et de maintenir le dialogue entre acteurs dont les intérêts sont parfois irréconciliables. Mais le président américain ne s’arrête pas là. Il ajoute qu’ils (Poutine et lui) se sont « mis d’accord sur de nombreux points » sans livrer plus de détails. « Il n’en reste que très peu, certains ne sont pas très importants, mais l’un d’entre eux est probablement le plus important », a-t-il ajouté, tout aussi énigmatique. Pour couronner le tout, il a mis la pression sur Volodymyr Zelensky en déclarant sur Fox News qu’un accord pour mettre fin à la guerre « dépendait vraiment du président » ukrainien. Autrement dit, ce n’est plus Poutine le problème, mais Zelensky qui est invité à la Maison-Blanche ce lundi. Voilà pourquoi les principaux dirigeants de l’Union européenne sont en panique et ont décidé d’accompagner « bébé » Zelensky à Washington. Une «panique» qui en dit long sur la réalité de ce qui se passe en coulisse. Pour Donald Trump, qui est accusé injustement de tout concéder à la Russie, à défaut d’être un «agent russe», annoncer l’existence d’une entente ou même d’un accord de principe, au sortir de la réunion avec Poutine, aurait été imprudent, voire improductif. Il fallait donc montrer que les États-Unis n’ont rien cédé et entendent mêler l’Ukraine aux discussions. Ce lundi, on en saura davantage. Petite réflexion pour conclure : quand on est petit, voire insignifiant, on ne se mêle pas des linges sales des deux grandes puissances en jouant le sous-traitant de l’une au détriment de l’autre. Par Patrick Mbeko
Tribune: Quelles conséquences d’une interruption de 30 jours des importations de produits pétroliers en Afrique »

Les files d’attente pour s’approvisionner en essence s’étendraient de Lagos à Johannesburg, de Kinshasae à Addis-Abeba, jusqu’à Malabo. Les avions resteraient au sol. Les camions seraient à l’arrêt. Les hôpitaux plongés dans le noir. Les métropoles sombreraient dans le chaos. La machine économique du continent s’arrêterait en quelques jours seulement. Ce n’est pas un scénario catastrophe exagéré pour effrayer. C’est un angle mort stratégique, évident mais ignoré. Malgré une production quotidienne de plus de 5 millions de barils de pétrole brut, le continent importe encore plus de 70 % de ses produits pétroliers raffinés. Cette dépendance laisse l’Afrique dangereusement surexposée. Si les importations s’arrêtaient, l’effondrement ne serait pas seulement technique – il serait systémique. Aujourd’hui, l’Afrique dépend massivement des importations de carburants, ce qui la rend vulnérable aux chocs, avec des conséquences immédiates et profondes. Un continent pris en otage par ses importations de carburant Les effets d’une interruption prolongée des importations de carburant en Afrique s’amplifieraient rapidement et sur de multiples fronts. Les secteurs de l’aviation, du transport routier et de la construction seraient paralysés, les pénuries de kérosène isolant les pays. Des millions de tonnes de marchandises, de médicaments et de denrées alimentaires resteraient bloquées dans des entrepôts et des ports. Les infrastructures vitales tomberaient en panne : les générateurs au diesel – indispensables aux hôpitaux, aux antennes télécom, aux réseaux d’eau et aux banques cesseraient de fonctionner. Dans les petites communautés rurales, les cliniques seraient privées d’électricité ; dans les mégapoles de dix millions d’habitants, la pression de l’eau pourrait s’effondrer. Puis, avec la rupture des chaînes d’approvisionnement et la défaillance des services essentiels, l’insécurité énergétique se transformerait en troubles sociaux plus larges. Les pénuries de carburant provoqueraient une inflation alimentaire, des coupures de courant et une paralysie économique – des conditions propices à l’instabilité politique sur tout le continent. Des secteurs entiers s’arrêteraient du jour au lendemain : les mines en Afrique du Sud, au Nigeria, au Ghana, en RDC et en Zambie ; les exportations de cuivre de Zambie et de cobalt – essentielles à la filière mondiale des véhicules électriques – resteraient bloquées en RDC ; la production d’or du Ghana serait gelée. Les plateformes pétrolières, les navires et les engins lourds s’immobiliseraient. Des milliards de dollars de recettes seraient perdus en quelques jours. Le paradoxe énergétique africain : riche en pétrole brut, pauvre en raffineries L’Afrique est riche en pétrole brut mais souffre d’un manque chronique de capacité de raffinage. Le continent compte plus de 40 raffineries, mais beaucoup sont obsolètes, sous-utilisées ou à l’arrêt. Le Nigeria, premier producteur de pétrole d’Afrique, possède une capacité nominale de raffinage de 1,1 million de barils par jour, y compris la nouvelle raffinerie Dangote (650 000 b/j). Pourtant, il importe encore plus de la moitié de ses besoins en carburant. Partout sur le continent, la production de brut dépasse les capacités de raffinage. Au Congo Energy & Investment Forum, des plans ont été annoncés pour doubler la production nationale à 500 000 b/j, mais la raffinerie CORAF de Pointe-Noire ne peut traiter actuellement que 24 000 b/j, avec un objectif de 40 000 – bien en deçà du potentiel, malgré sa proximité avec des marchés clés comme la RDC. Pendant ce temps, la demande augmente rapidement : la population africaine devrait atteindre 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, avec des besoins énergétiques appelés à doubler. Cette dépendance aux produits raffinés importés compromet la souveraineté économique, creuse les déficits commerciaux, déstabilise les devises et freine l’industrialisation. Elle menace aussi les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en renforçant les dépendances externes au lieu de bâtir une résilience interne. Corriger ce déséquilibre exige une réponse coordonnée à l’échelle du continent – une démarche déjà amorcée par l’ARDA. La vision de l’ARDA : la sécurité énergétique comme moteur de prospérité La conférence ARDA Week 2025, tenue cette année au Cap sous le thème « Africa First », reflète la vision de l’African Refiners and Distributors Association : permettre au continent de maîtriser son avenir énergétique – en raffinant, distribuant et alimentant ses économies selon ses propres termes. La sécurité énergétique n’est pas un luxe : c’est une ligne de vie. Sans souveraineté énergétique, il n’y a pas de développement durable. Ce n’est pas qu’une question d’infrastructures : c’est l’avenir de l’Afrique. Pour éviter la paralysie économique qu’un arrêt soudain des importations provoquerait, l’ARDA déploie une stratégie continentale articulée autour de cinq piliers : 1. Moderniser et accroître la capacité de raffinage grâce à des projets résilients et viables commercialement. 2. Harmoniser les spécifications et réglementations des carburants pour stimuler le commerce intra-africain. 3. Attirer les investissements via la transparence, des projets bancables et des mécanismes de gestion des risques. 4. Développer les infrastructures : pipelines, dépôts, terminaux de stockage, usines d’embouteillage de GPL, réseaux logistiques. 5. Renforcer le capital humain dans la régulation, l’ingénierie, la finance et l’exploitation. Parmi les initiatives phares : étendre l’accès au GPL propre dans les ménages et les zones mal desservies – créant des millions d’emplois et réduisant la dépendance à la biomasse. Cette transformation ne se fera pas par le plaidoyer seul : elle requiert une action urgente et coordonnée. Assurer l’avenir énergétique de l’Afrique Les gouvernements doivent d’abord simplifier les procédures et accélérer l’approbation des projets. Les blocages d’infrastructures qui rendent le raffinage et la distribution locaux non compétitifs doivent être levés. Autre priorité : mobiliser le capital domestique. Avec plus de 4 000 milliards $ immobilisés dans les fonds de pension, les assurances et les fonds souverains, des politiques adaptées sont nécessaires pour réduire les risques et libérer ce potentiel de financement. En parallèle, l’Afrique doit lever les barrières commerciales internes afin de favoriser la libre circulation des carburants, du capital et des compétences. Les innovations financières (crédits carbone, financements mixtes, mécanismes de garantie) offrent des outils précieux pour stimuler l’investissement et réduire le risque. Les stocks stratégiques doivent aussi être intégrés à la stratégie. Beaucoup de pays africains n’ont que quelques jours de réserves de carburant, ce
Cameroun et insécurité : un mauvais sort qui s’éternise

PARLONS-EN. La violence s’est enracinée dans plusieurs régions de notre pays. Une barbarie innommable qui dure depuis plus d’une décennie. Le bilan est effroyable : des dizaines de milliers de morts, en majorité des civils. Des familles entières restent introuvables, disparues depuis plus de cinq ans pour certaines. Pas plus tard que le 14 Août dernier, profitant de l’état vétuste de la route entre Maroua et Kousseri, dans l’Extrême-Nord, onze personnes, dont cinq enfants d’une même fratrie, ont été enlevées. Selon certaines sources, il s’agirait d’un kidnapping perpétré par des membres de Boko Haram. Un groupe terroriste actif dans cette région depuis 2014. C’est un choc pour toute la nation, une tragédie encore plus insupportable pour les familles, dont je n’ose imaginer la douleur. Une douleur qui se mêle à la colère, celle d’une politique sécuritaire qui a échoué. Une politique plus réactionnaire qu’anticipative. N’oublions pas que le Cameroun est également empêtré, depuis 2017, dans une guerre de sécession dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Une guerre fratricide qui aurait pu être évitée par un simple dialogue, une écoute des revendications initialement corporatistes. Mais au lieu d’opter pour la carotte, le gouvernement camerounais, fidèle à sa tradition répressive, a choisi le bâton. Conséquence : des milliers de morts, des enfants privés d’école, des villes et villages entiers abandonnés, des compatriotes armés réfugiés dans les forêts, et nos forces de défense contraintes de tirer sur leurs propres frères. Comme le souligne le professeur Kamto dans son programme, le règlement de la crise sécuritaire doit être holistique. Concernant le terrorisme, l’approche doit combiner développement, éducation, sensibilisation et répression. Boko Haram se nourrit de la misère. Il recrute aisément parmi des jeunes désœuvrés, privés de perspectives. Il s’implante dans un espace à l’abandon, où l’école est quasi inexistante. Cette région septentrionale a besoin d’un plan de développement d’urgence, mais ce plan doit être mené de front avec la sensibilisation, la réforme de l’éducation et la traque des assaillants. S’agissant de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, il faut ajouter à ces leviers une approche historiographique. Il est indispensable de restaurer la vérité historique autour de la réunification des deux Cameroun. Beaucoup estiment que l’union s’est faite sur une base d’une duperie. Cette vérité rétablie, il faudra rappeler que la séparation n’est pas une option, et ne le sera jamais. Notre union dépasse les frontières territoriales : elle repose sur un ancrage traditionnel et spirituel. Notre pays a besoin d’un nouveau leadership, clairvoyant et proactif. Le système de 82, incarné par le président Paul Biya, a échoué sur tous les fronts. Par Teddy Patou Journaliste et animateur radio
Tragédie du 15 août au Congo : l’incompétence et la méchanceté du quator Obami-Itou, Mboulou, Tsiba et Collinet dévoilés (lecture en 5 min)

PARLONS-EN. Un drame sans nom et d’une cruauté inouïe s’est déroulé le 15 août au stade Massamba-Débat. Il rappelle la tonton -macoutisation et le jubilé apocalyptique d’un régime épuisé, rongé par des vers au col blanc. La fête de l’indépendance du 15 août 2025 devait être une célébration nationale, un moment d’unité et de mémoire collective. Elle s’est transformée en une apocalypse urbaine. Dans l’enceinte du stade, plus de 10 000 jeunes étaient venus écouter de la musique mais l’événement a été endeuillé par la mort de plusieurs d’entre eux. Les bandes autoproclamées « Bébés Noirs Américains » et « Bébés Noirs Arabes », ont transformé le concert en un champ de bataille : une personne éventrée au milieu de la pelouse, une autre, le crâne éclaté par les coups d’un objet contondant, etc. Des centaines de policiers et militaires étaient présents à l’intérieur et à l’extérieur du stade. Aucun n’a agi. Le pays entier a observé l’impuissance des forces de l’ordre réduites à une fonction décorative, une jeunesse livrée à elle-même, et l’État absent au moment où il devait incarner sa mission première : protéger la vie. Cet épisode n’est pas une bavure. Il est la révélation du délitement total d’un système où l’autorité s’est complètement effilochée. Le système ne contrôle plus rien. Il remue le spectre de la paix devenu le paravent de l’incompétence et de l’impuissance. Le Congo a exposé au monde le visage nu de son pouvoir : spectateur de sa propre décomposition. Le régime comme machine à produire l’impuissance L’événement ne peut être isolé d’une chaîne de responsabilités politiques. • Denis Sassou Nguesso, chef suprême des armées et garant constitutionnel de l’ordre public, a abdiqué de son rôle régalien. Après 40 ans cumulés au pouvoir, il a ensemencé désolation et désespoir. Que de morts jalonnent son règne. Tous les espaces sont devenus des mouroirs. La rue n’offre que insécurité et peur, les hôpitaux ne donnent plus confiance, et même les lieux de loisirs portent en eux les germes de la mort. Hier le stade Ornano, aujourd’hui le stade Massamba-Débat. Les massacres se déroulent devant la force publique figée dans un incroyable immobilisme. Ce silence et cette inaction signent une désertion symbolique assumée et partagée. Les gouvernants ne s’émeuvent nullement de ces drames récurrents. Quel cynisme! • Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso s’est illustré par ses interventions d’une vacuité sans pareille. Gestionnaire effacé, prisonnier d’une rhétorique creuse, il n’a ni donné l’alerte, ni exigé des comptes, contrairement à ses péroraisons ubuesques contre la France pour le poste de sécrétaire général de l’UNESCO il y a quelques jours. Son manque d’anticipation n’est pas un signe de prudence, loin s’en faut, il démontre toute la laideur de sa complicité par défaut ; • Le ministre de l’Intérieur Raymond Zéphyrin Mboulou, quant à lui, incarne la défaillance structurelle. Aucun renseignement sur la montée en puissance de l’insécurité urbaine. Les bandes écument nos villes et y paradent sans crainte. Rien ne sort des officines du ministère de l’Intérieur pour éradiquer le phénomène kuluna. Aucune initiative de grande envergure n’est prise pour sécuriser les populations. Aucune anticipation, non plus, pour la gestion des foules. L’inaction des policiers est le symptôme d’une chaîne hiérarchique brisée, où l’ordre de protéger n’a jamais été donné. En étendant ses échecs dans tous les domaines de la sécurité active d’un État (passeports, élections, visa, etc.) on sait que le Congo est devenu une passoire mondiale des réseaux de drogues (fentanyl et cocaïne). Cette paralysie va assurément conduire à la perte du régime qui va sombrer dans un renversement des institutions par les ennemis stratégiques et géopolitiques du Congo déjà à l’œuvre ; • Le général André Obami Itou Fils et l’état-major de la police nationale ont transformé leur institution en police d’apparat, spectatrice des massacres, plus obsédée par la protection des élites que par celle des citoyens. En somme, on assiste à la sclérose d’un régime qui a choisi de faire de la sécurité un instrument de répression politique et non un service public. Une police qui arrête les opposants, mais qui se tait face aux couteaux des bandes. Une police qui protège le palais, mais pas les rues. La tonton-macoutisation rampante Ce qui s’est produit au stade est révélateur de la tonton-macoutisation du Congo. Les Tontons Macoutes de Duvalier, de triste mémoire en Haïti, symbolisent une milice parallèle, instrumentalisée pour semer la terreur et maintenir le peuple dans la peur. Ils ont fait, malheureusement des émules au Congo qui connaît, depuis des années, la même dérive : 1) Une sécurité privatisée, éclatée entre gardes présidentielles, forces spéciales, polices parallèles, et réseaux clientélistes, 2) Une police régulière paralysée lorsqu’il s’agit de protéger la population, mais prompte à réprimer les opposants et les contestataires, 3) Une jeunesse laissée en friche, sans éducation civique ni avenir socio-économique, qui trouve dans la violence et dans les identités importées (« américains », « arabes ») une reconnaissance factice. Laisser des jeunes s’entre-tuer sous l’œil passif de centaines de policiers, c’est plus qu’un échec : c’est une forme de gouvernance par la peur. Car le message implicite est clair : l’État peut être spectateur de votre mort. C’est là la marque ultime de la tonton-macoutisation : une force publique qui ne protège plus, mais qui inspire crainte par son inertie. Au centre de tout ce désordre se trouve un certain général Florent Tsiba, gestionnaire en chef des festivités du 15 août qui n’a pas certainement et convenablement libéré les fonds à cet effet. Il en garde pour lui aux fins de continuer à constituer son trésor de guerre. Ghys Fortuné BEMBA DOMBE
Marché du travail au Maroc : Casablanca-Settat et le Sud en tête pour l’emploi et le chômage

MARCHE DU TRAVAIL. Selon les chiffres publiés récemment par le Haut-commissariat au plan (HCP), cinq régions abritent 72,3% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus au Maroc. Dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre de 2025, la région de Casablanca-Settat se situe en première position avec 22,2% d’actifs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (13,6%), de Marrakech-Safi (13%), de Fès-Meknès (11,8%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,7%). Les données recueillies montrent que quatre régions affichent des taux d’activité supérieurs à la moyenne nationale (43,4%): Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 47,9%, le Sud (46,6%), Casablanca-Settat (45,4%) et Marrakech-Safi (43,9%). « En revanche, les taux les plus bas sont enregistrés dans les régions de Béni Mellal-Khénifra (39,7%), de Drâa-Tafilalet (40,1%), de Sous-Massa (40,4%) et de l’Oriental (40,4%), a fait savoir l’institution publique. En ce qui concerne le chômage, il apparait que cinq régions concentrent également 72,3% des chômeurs. Il s’agit de la région de Casablanca-Settat (25,5%), de Fès-Meknès (14,8%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,1%), de l’Oriental (10,7%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (8,2%). Il est important de noter qu’au deuxième trimestre les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions du Sud (25,7%) et de l’Oriental (21,1%), comme le souligne la note du Haut-commissariat. Et de préciser qu’ »avec moins d’acuité, deux régions dépassent la moyenne nationale (12,8%) à savoir Fès-Meknès (16,2%) et Casablanca-Settat (14,7%) ». En revanche, tout indique que les régions de Drâa-Tafilalet, de Marrakech-Safi et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima enregistrent les taux les plus bas durant cette même période, respectivement 6,4%, 7,5% et 8,9%, a conclu le HCP. Martin Kam
Gabon : Oligui Nguema remet des logements aux forces de défense et lance la réinstallation des familles déplacées

Le Président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a procédé hier, vendredi 15 août 2025, à la remise officielle des clés de 160 logements du projet Bikélé Mvett aux Forces Armées Gabonaises sur les 170 prévus, a annoncé la présidence dans un comminiqué. Le chef de l’Etat gabonais a également inauguré 60 logements destinés à la Gendarmerie, selon la même source. D’après le communiqué, il a parallèlement « lancé la réinstallation à Bikélé Zong des familles déplacées par les travaux d’aménagement des bassins versants », précisant que sur un site de 100 hectares, 260 villas modernes ont déjà été livrées sur les 1 070 programmées. Un vaste chantier permet de reloger 300 familles avec la garantie d’un titre foncier pour un patrimoine durable. Patricia Engali
La littérature congolaise en mouvement, nouvelle parution aux éditions Renaissance Africaine de Noël Kodia-Ramata

LITTÉRATURE CONGOLAISE. Le roman congolais ne cesse d’être pérennisé par la nouvelle génération des écrivains. Déjà dans l’Anthologie analytique des écrivains congolais, publié aux éditions Langlois Cécile, Noël Kodia- Ramata nous analysait 80 ouvrages parmi un grand nombre de romans produits de 2006 à 2016, une suite logique du Dictionnaire des œuvres littéraires congolaises qui révèlent la fécondité de la littérature congolaise. Le roman apparaissant en ce moment comme le genre le plus prisé des créateurs des œuvres de l’esprit, Noël Kodia-Ramata continue ses recherches sur le roman en mettant en lumière les écrivains de la nouvelle génération, souvent méconnus par le public. Avec La littérature congolaise en mouvement : Analyse de 12 romans de la nouvelle génération des écrivains congolais aux éditions Renaissance Africaine, qui se sont rapprochés de l’auteur découvrent dans ce modeste travail leur roman analysé. Que les écrivains de la nouvelle génération dans le domaine du roman prennent leur mal en patience : ils auront éventuellement leur place dans les prochaines études critiques de l’auteur. Romans analysés dans cet ouvrage : -1 Fétiche dans la poche, Brice Patrick Ngabellet, éditions Mon petit Editeur, paris, 2015 -2Fatale obsession, Rebecca de Ibende, éditions l’harmattan paris, 2006 -3 L’affreuse vie de Ndinga, Ariane PrefnaMabiri-Ma-Kaya, éditions L’Harmattan, Paris, 20017 -4Comme c’est beau la France, Philippe Moukoko, éditionsL’Harmattan, Paris, 2017 -5 L’intruse de Khalifat, Charles Nkouanga, éditions La Doxa, Paris, 2018 -6 Longue est ma route, Paterne Ngoulou, éditions L’Harmattan, Paris, 2019 -7 Brazzaville ma mère, BedelBaouna, éditions Le Lys Bleu, Paris, 2019 -8 Rescapé, Anthony Mouyoungui, éditions Maïa, Paris, 2020 -9 Le spectre de l’amour, Emma Diamonéka, éditions Maïa, Paris, 2023 -10 La Cité d’attache du vieux port, Emile Gankama, éditions L’Harmattan, Paris, 2023 -11 Le livre de ma grand-mère, Prince ArnieMatoko, éditions Renaissance Africaine, Paris, 2023 12 Â l’ombre du désespoir, Ferréol Gassakys, éditions Les 3 Colonnes, Paris, 2024 Docteur en littérature française de l’université de Paris IV Sorbonne, Noël-Ramata-Kodiaa enseigné les littératures française, francophone et congolaise à l’Ecole Normale Supérieure de Brazzaville (université Marien Ngouabi) ; il s’intéresse à la recherche au niveau du roman congolais, français et francophone. Plusieurs articles dans les presses nationale et internationale. On retrouve également quelques-unes de ses contributions dansla rubrique « Arts et lettres » du magazinz panafricaine Afrique Education. On lui doit le premier Dictionnaire des œuvres littéraires congolaises dans le domaine des romans et des recueils de nouvelles, ouvrage publié en 2010 aux éditions Paari à Paris.
Congo : L’affaire Lassy Mbouity est une « légende » pour le Premier ministre Collinet Makosso

Anatole Collinet Makosso, Premier ministre de la République du Congo, a remis en cause le récit de l’agression, en mai dernier, de l’opposant Lassy Mbouity dans un entretien accordé récemment à Radio France Internationale (RFI). « Si on me cite un seul établissement sanitaire qui avait reçu Monsieur Lassy Mbouity, même de passage, même en hospitalisation de jour, eh bien il faut donc qu’on me cite un seul établissement sanitaire par lequel Monsieur Lassy Mbouity est passé », a réagit le chef du Gouvernement. Etant donné qu’il n’y a aucune information à ce sujet pour étayer ces accusations largement relayées dans les médias et réseaux sociaux à l’époque, le Premier ministre Collinet Makosso « considère tout le reste comme étant une légende ». Il y a fort à parier que les sympathisants du parti Les Socialistes et les défenseurs des droits de l’homme n’apprécieront pas les propos de ce dernier, comme en témoignent d’ailleurs les premières réactions des internautes qui se sont multipliées sur la toile au lendemain de cette interview. Enlevé chez lui par des hommes armés et encagoulés, quelques jours après l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle de 2026, l’opposant congolais a été tabassé pendant neuf jours avant d’être relâché et abandonné dans la rivière Madoukou à Brazzaville. Il est à signaler que d’autres sujets ont été abordés lors de cette brève interview: l’éventuelle candidature du président Denis Sassou Nguesso à la prochaine présidentielle, la possibilité d’une grâce pour les adversaires politiques Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa ainsi que la candidature d’Edouard Firmin Matoko au poste de directeur général de l’UNESCO. Adrien Thyg