L’élite politique jeune en Afrique : le cas du Cameroun et du Sénégal

L’élite politique jeune en Afrique : le cas du Cameroun et du Sénégal

TRIBUNE. Au Cameroun, quatre des douze candidats à la prochaine élection présidentielle d’octobre ont moins de cinquante ans. Mais contrairement au Sénégal, cette jeunesse politique peine à fédérer sa génération. La question c’est pourquoi? Au Sénégal, la nouvelle élite politique s’est imposée par la combativité, la cohérence et une opposition frontale au pouvoir. L’exemple d’Ousmane Sonko est révélateur : sa notoriété ne s’est pas seulement bâtie sur ses positions contre la Françafrique, mais surtout sur sa fermeté et ses actions déterminées face au régime de Macky Sall. Il n’a jamais hésité à mobiliser la rue, au prix de son intégrité et de sa liberté. Ses multiples arrestations, largement médiatisées, n’ont pas entamé sa détermination. Au contraire, elles ont renforcé l’image d’un leader prêt à tout sacrifier pour le changement. Son discours, sa pugnacité et son projet de société clair ont trouvé un écho profond auprès de la jeunesse sénégalaise. Aujourd’hui, lui et ses compagnons incarnent le renouveau politique au sommet de l’État. Au Cameroun, la situation est bien différente. L’élite politique jeune apparaît amorphe, complaisante, parfois même en connivence avec le régime qu’elle prétend combattre. Loin de risquer leurs privilèges, beaucoup préfèrent la posture confortable des plateaux de télévision climatisés, multipliant des déclarations alambiquées et soignant leur image. Mais rares sont ceux qui assument une véritable opposition, alors même que le contexte s’y prête. La réalité est simple : nous vivons en dictature. Et une dictature ne se renverse pas par des discours creux. Elle exige de la détermination, de la mobilisation et du courage. Elle exige qu’on descende dans la rue pour défendre les droits des citoyens et qu’on refuse le silence face au déclin du pays. L’exemple sénégalais rappelle que le changement n’est pas le fruit de la complaisance, mais celui de l’engagement, du sacrifice et de la conviction. Tant que la jeunesse politique camerounaise ne l’aura pas compris, elle restera spectatrice d’un pouvoir qu’elle dit vouloir combattre, mais qu’en réalité elle consolide par son inaction. Par Teddy Patou Journaliste et animateur radio

Congo. Tidiane Mario : « Ma musique ne sera jamais un instrument de division, encore moins une apologie de la violence »

Congo. Tidiane Mario : « Ma musique ne sera jamais un instrument de division, encore moins une apologie de la violence »

C’est ce qu’a déclaré la star congolaise Tidiane Mario dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, au lendemain des violences survenues lors de sa prestation à l’occasion des festivités de l’indépendance de la Répulique du Congo. Pour rappel, au cours de ces deux jours de festivités de l’indépendance de la République du Congo, alors que le chanteur congolais se tenait sur scène pour partager avec ses nombreux fans et à son public sa passion et son art, « j’ai été la cible d’actes regrettables : lynchage, lapidation. Ces violences ont entraîné une altercation entre certains de mes fans et ceux qui avaient choisi de troubler la fête », relate-t-il. Cette situation a visiblement affecté l’artiste qui n’a pas caché sa douleur face au déroulement des événements. « Monter sur scène, c’est offrir une part de soi, c’est tendre la main au public dans un geste d’amour et de partage. Voir cet instant transformé en chaos a profondément blessé mon cœur », avoue-t-il. L’occasion pour la star de hausser le ton pour dire : « ma musique ne sera jamais un instrument de division, encore moins une apologie de la violence. Elle restera toujours un chant d’unité, de paix et d’espérance. La haine n’aura jamais le dernier mot là où l’amour et l’art cherchent à guérir et à rassembler ». S’adressant particulièrement à ses fans et à tous ceux qui croient en lui, Tidiane Mario les appelle à « rester dignes, de ne jamais répondre à la violence par la violence ». Et de rappeler: « notre plus grande force réside dans notre capacité à rester debout, à garder la tête haute et à faire rayonner notre culture et nos valeurs au-dessus de toute provocation ». Avant de remercier tous ceux qui l’ont soutenu dans cette épreuve. Adrien Thyg

Russie/USA. Opération diviser pour régner

Russie/USA. Opération diviser pour régner

TRIBUNE. « J’ai une idée. Proposer à la Russie l’adhésion à l’OTAN. Bien sûr, en échange de cette incitation positive, Trump devra obtenir de Poutine tout ce qu’il souhaite concernant la cessation des hostilités, la coopération économique et les différends territoriaux. » voilà en substance cette étrange proposition émise par un des stratèges américains, celle d’admettre la Russie dans l’OTAN. Quoique cette proposition du républicain Matt Gaetz d’inviter la Russie à rejoindre l’OTAN soit une vieille idée déjà évoquée au comité sénatorial par la secrétaire d’État Albright, ainsi qu’aux articles de McFaul (2006) et Charles Chen (2010) dans Foreign Affairs, le contexte géopolitique actuel dans lequel se refait cette proposition insinue des calculs géostratégiques bien ciblés. Dans le tableau de plus en plus visible de la division monde entre deux blocs OTAN et BRICS et après l’échec militaire de Trump en Iran et son échec des menaces de sanctions économiques sur l’Inde, la Russie est redevenue aux yeux des yankees comme un facteur clé pour espérer diviser et affaiblir le BRICS, ce nouveau bloc international à même de mettre en péril la domination de l’OTAN depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Par ailleurs dans la bataille de conquête hégémonique mondiale entre les USA et la Chine, en voulant ouvrir largement la porte de l’OTAN à la Russie, c’est en réalité la Chine que les américains veulent déposséder d’un allié majeur dans son ambition de domination du monde. Cette proposition émise par un “républicain “ (même famille politique que le président Trump) donne matière à réflexion et lève un pan de voile sur les « câlins » diplomatiques de Trump vis-à-vis de Poutine soit dans leur rencontre à Alaska soit dans ses discours flatteurs en faveur de Poutine devant ses partenaires otaniens venus le voir à Washington. Seul couac à cet ambitieux projet : Vladimir Poutine n’est pas né de la dernière pluie et aura du mal à faire foi à une puissance impériale qui a voulu systématiquement dépecer son territoire national par une guerre par proxy ukrainien. Par Germain Nzinga

Décadence et faillite des services de sécurité congolais ( lecture en 4 minutes )

Décadence et faillite des services de sécurité congolais ( lecture en 4 minutes )

PARLONS-EN. Point fort des régimes depuis l’organisation laissée par la France à travers l’ancien SDECE, les services de sécurité de la République du Congo affichent une certaine fébrilité depuis le départ des piliers comme Emmanuel Ngouélondélé, Oko Camille, Pierre Oba converti en pillard des minerais, Okombi Salissa etc ; ce qui sonne le glas du pouvoir et de toute une génération 1930-1960 avec laquelle le phénomène bébé noir, demi terrain dans les transports urbains et autres n’auraient jamais pu avoir lieu. C’est plus qu’un scandale, une manifestation du pourrissement des activités administratives et régaliennes de l’État congolais. Ces signaux sont d’autant plus graves que la seule compétence reconnue au Président Sassou a toujours été la sécurité. Que s’est-il passé sur ces 25 dernières années ? La toute-puissante « Sécurité d’État » a une origine. En effet, lorsque le colonel Denis Sassou Nguesso renverse le général Jacques Joachim Yhombi Opangault le 5 février 1979, c’est le couronnement de la lutte des services de sécurité civile et populaire sur l’ensemble des forces du pays. L’armée apparaît dans toute sa réalité comme elle l’a toujours été : un vulgaire leurre qui prend sa genèse avec la direction générale des services de sécurité (DGSS). Après l’arrêt des accords de coopération militaires sous l’impulsion d’Alphonse Massamba-Débat, le 23 juin 1966, le décret nᵒ 66-208 fixe l’organisation des services de sécurité. C’est l’acte fondateur qui inscrit l’appareil de sûreté dans le droit positif congolais et lui donne une direction centrale identifiable. De 1968 à 1969, plusieurs décrets attestent d’une période de forte instabilité de cette direction mais aussi de recentrages politico-institutionnels. Cela s’explique par la conquête du pouvoir par l’aile d’extrême gauche du Mouvement national de la révolution (MNR). Elle prendra le nom d’un parti des travailleurs, le Parti congolais du Travail (PCT). Le 16 janvier 1968, M. Bernard MATINGOU est nommé directeur général des services de sécurité (décret nᵒ 68-21, JO 1968-03). Il restera en place 7 mois. Le 7 août 1968, il est remplacé par le lieutenant MAKOSSO Jean-Raymond qui lui succède (décret nᵒ 68-212, JO 1968-16). C’est le choix imposé par le capitaine Alfred Raoul pour le pouvoir occidental français qui rêve de mettre au pouvoir un vrai fils français, le colonel Augustin Poignet, fils du capitaine Poignet. Cela se passe du 3 au 4 août 1968. Le 11 septembre 1968, le capitaine Alfred Raoul, toujours président du Conseil des ministres, décide du rattachement de la DGSS au CNR (Conseil national de la Révolution), ce qui marque une politisation/militarisation accrue (décret nᵒ 68-244, JO 1968-19). Le capitaine Marien Ngouabi prend le pouvoir le 31 décembre 1968. Il décide de nommer ses proches claniques aux affaires sensibles et clés. Dès le 26 février 1969 : M. EBAKA Jean-Michel est nommé directeur général de la DGSS (décret nᵒ 69-100, JO 1969-06). Parallèlement, la montée en puissance des effectifs « nordistes » s’effectue à toute allure. Cela se lit surtout dans les textes de promotions exceptionnelles du Journal officiel (JO 1969-10). De 1971 à 1973, l’intégration de la gendarmerie et de la défense civile (dissoutes) à l’Armée populaire nationale entraîne la refonte organique de la DGSS. Le tournant est juridique et net. Le 28 juillet 1971, les services municipaux de la Protection civile sont rattachés à la DGSS (décret nᵒ 71-255, JO 1971-15). Le 19 janvier 1972, l’ordonnance nᵒ 02-72 intègre les forces de police dans l’Armée populaire nationale (APN) ; les services de sécurité relèvent dès lors pleinement du ministère de la Défense. Le 18 mai 1972, un décret d’application (nᵒ 72-180) précise les modalités de mise en œuvre de cette intégration, publié au JO 1972-11. Le 22 mars 1973, l’acte de refondation est parachevé : création, au sein de l’APN, d’un corps dénommé Direction générale des services de sécurité (DGSS) (décret nᵒ 73-101). Le JO 1973-09 en atteste la référence explicite (« Vu le décret nᵒ 73-101… »). La DGSS est donc la convergence de la totalité des services de sécurité du Congo : civile, militaire et de police. Est placé à la tête de cette DGSS par le capitaine Marien Ngouabi, chef de l’État et président du Conseil d’État, le lieutenant Denis Sassou Nguesso, jeune homme de main et de confiance absolue du Président. Cette situation va perdurer jusqu’à l’assassinat de ce dernier le 18 mars 1977. Les schémas de formation de l’élite laissés par les Français reprendront de la vigueur avec l’arrivée à la présidence de la république populaire du Congo du colonel Sassou. M. Albin Chalandon, D.G d’Elf Aquitaine et grand financier du renversement du général Joachim Yhomby Opangault, jugé « pro-américain » par les services français, va installer tout l’appareil du SDECE, dont lui-même est un ancien employé. Cela verra arriver entre autres le colonel Jean-Yves Olivier qui assurera la consolidation du régime. Nous sommes en 1979. On doit au caractère iconoclaste du professeur Pascal Lissouba (et ses conseillers, dont Benoît Koukebené), successeur de Sassou en 1992, l’explosion de ces accords en 1993. En effet, son refus d’obéir aux injonctions de Loïk Le Floch-Prigent, alors DG d’Elf Aquitaine. Plus tard, Loïc, sur les champs Elysées nous confirme : la crispation des rapports entre les services français et Lissouba était palpable. La rupture définitive interviendra en 1993 avec la signature de la vente du pétrole de Occidental Oil and Gas (OXY) à 3 dollars le baril de pétrole. Une opération totalement imbécile du point de vue économique et stupide face à la trahison de l’allié de toujours ELF Aquitaine qui va se venger dans un fracas de tonnerre et de sang. Ce sera la guerre de 1997 à 1999… 400000 morts selon Eric Denecé… ! Un choc que les Congolais n’arrivent pas à surmonter à ce jour, tellement le traumatisme collectif aura affecté les chairs et les esprits dans un choc désormais culturel, voire même d’ADN des habitants, pour au moins cinq (5) générations. Le « J’accuse – zéro morts – confusionniste des disparus du beach « , Anatole Collinet Makosso n’a jamais contesté le chiffre. ( La suite vendredi 22/08/25) Ghys

Maroc. L’inflation maintient sa tendance haussière

Maroc. L’inflation maintient sa tendance haussière

L’ indice des prix à la consommation (IPC) a poursuivi sa tendance haussière en juillet 2025, sous l’ef fet de la hausse de l’indice des pro duits alimentaires et de celui des produits non alimentaires, selon le Haut-Commissariat au plan (HCP). D’après les données publiées par l’institu tion publique, comparé au même mois de l’an née précédente, il a enregistré une hausse de 0,5% au cours du mois de juillet 2025. Bien qu’en légère baisse par rapport aux mois précédents, et nettement en dessous du pic atteint en février dernier (2,6%), cette évo lution confirme toutefois une tendance amor cée au cours des six premiers mois de l’année : juin (0,4%), mai (0,4%), avril (0,7%), mars (1,6%), février (2,6%) et janvier (2,0%). La légère progression de l’IPC observée au cours du mois précédent est la « conséquence de la hausse de l’indice des produits alimen taires de 0,9% et de celui des produits non ali mentaires de 0,2% », a expliqué l’organisme chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. En ce qui concerne les produits non ali mentaires, les variations allaient d’une baisse de 2,9% pour le «Transport» à une hausse de 3,4% pour les «Restaurants et hôtels», a indiqué l’ins titution publique dans sa note d’information relative à l’Indice des prix à la consommation (IPC) du mois de juillet 2025. A titre de comparaison, la hausse de l’in dice des prix à la consommation (0,4%) de juin 2025 avait été attribuée à celle de l’indice des produits alimentaires (0,8%) et de celui des produits non alimentaires (0,1%). En ce qui concerne les produits non ali mentaires, les variations s’étaient établies entre une baisse de 3,4% pour le «Transport» et une hausse de 3,8% pour les «Restaurants et hô tels». Un mois plutôt (mai 2025), la progression de l’IPC avait été justifiée par la hausse de l’in dice des produits alimentaires de 0,5% et de celui des produits non alimentaires de 0,3%. S’agissant des produits non alimentaires, les va riations s’étaient établies entre une baisse de 4,3% pour le «Transport» et une hausse de 3,9% pour les «Restaurants et hôtels». Comparé au mois de juin 2025, l’IPC a connu, au cours du mois de juillet 2025, une baisse de 0,1% par rapport au mois précédent, a fait savoir le Haut-Commissariat justifiant cette variation par la baisse de 0,5% de l’indice des produits alimentaires et de la hausse de 0,2% de l’indice des produits non alimentaires. D’après les données recueillies, les baisses des produits alimentaires observées entre juin et juillet 2025 ont concerné principalement les «Légumes» (4,7%), les «Fruits» (0,9%), les «Huiles et graisses» (0,5%), le «Pain et céréales» (0,3%) et les «Viandes» (0,1%). En revanche, ces données montrent que les prix ont augmenté de 2,7% pour le «Lait, fromage et œufs», de 0,6% pour le «Café, thé et cacao» et de 0,4% pour les «Poissons et fruits de mer», a poursuivi l’institution soulignant qu’en ce qui concerne les produits non alimen taires, la hausse a concerné principalement les prix des «Carburants» (3,5%). A titre de comparaison, les hausses des produits alimentaires observées entre mai et juin 2025 avaient concerné principalement les «Viandes» (4,0%), les «Poissons et fruits de mer» (3,9%), le «Café, thé et cacao» (1,8%), les «Fruits» (1,3%) et le «Lait, fromage et œufs» (0,2%). En revanche, les prix avaient diminué de 1,6% pour les «Huiles et graisses», de 0,6% pour les «Légumes» et de 0,4% pour le «Pain et céréales», avait indiqué le HCP dans sa pré cédente note d’information. S’agissant des pro duits non alimentaires, la hausse avait concerné principalement les prix des «Carburants» avec 0,3%, précisait-il. Il est à noter que les baisses les plus impor tantes de l’IPC ont été enregistrées à Meknès (0,7%), à Guelmim (0,6%), à Laâyoune et Set tat (0,5%), à Oujda (0,3%), à Marrakech, Rabat, Safi et Béni Mellal (0,2%). A l’inverse, les chiffres montrent que des hausses ont été enregistrées à Errachidia (0,8%), à Al Hoceima (0,4%), à Tétouan (0,2%). En juin dernier, les hausses les plus impor tantes de l’IPC avaient été enregistrées à Laâyoune et Béni Mellal (1,0%), à Guelmim (0,9%), à Oujda (0,8%), à Meknès (0,7%), à Tanger (0,5%), à Casablanca (0,4%), à Rabat, Tétouan, Dakhla, Settat et Errachidia (0,3%) et à Marrakech (0,2%). En revanche, des baisses avaient été enregistrées à Kénitra et Safi (0,1%). En conséquence, le Haut-Commissariat estime que l’indicateur d’inflation sous-jacente aurait connu au cours du mois de juillet 2025 une baisse de 0,1% par rapport au mois de juin 2025 et une hausse de 0,9% par rapport au mois de juillet 2024. Pour mieux apprécier cette variation, rap pelons qu’en juin dernier, il avait connu une hausse de 0,2% par rapport au mois de mai 2025 et de 1,1% par rapport au mois de juin 2024. Alain Bouithy

L’Union des Congolais du Maroc lance une série de rencontres communautaires

L’Union des Congolais du Maroc lance une série de rencontres communautaires

DIASPORA. L’Union des Congolais du Maroc (UCM) a donné le coup d’envoi, samedi 16 août, d’une série de rencontres communautaires baptisées « UCM vient chez vous ». La première étape s’est tenue à la Fondation Orient-Occident, située dans la commune de Yacoub El Mansour à Rabat, en présence des Congolais résidant à Rabat, Salé et Tamesna. Ces descentes de proximité ont pour objectif de présenter l’association, de rappeler ses missions et surtout d’échanger avec la diaspora congolaise installée au Maroc sur les difficultés rencontrées au quotidien. Après Rabat, l’UCM prévoit d’aller à la rencontre des compatriotes dans d’autres villes telles que Casablanca, Mohammedia, Tanger, Meknès, Marrakech, Fès ou encore El Jadida. « Cette initiative vise à comprendre les besoins de notre communauté afin de mettre en place des solutions concrètes », a expliqué le secrétaire général de l’UCM, Chris Ganga Oumba. Il a tenu à préciser que l’UCM n’est pas une caisse d’assurance sociale, mais une association fonctionnant grâce aux cotisations de ses membres et ouverte à tout Congolais vivant au Maroc. M. Oumba a également insisté sur la volonté du bureau de collaborer avec les autres associations congolaises du Royaume afin de bâtir un cadre fédérateur où solidarité et participation seront au cœur des actions. La chargée de la culture de l’UCM, Mme Aurore Boréale, a pour sa part souligné « la nécessité de construire une communauté plus unie, plus forte et mieux organisée, à l’instar d’autres diasporas africaines établies au Maroc ». Présents à la rencontre, plusieurs participants ont salué l’initiative. L’un d’entre eux, ayant requis l’anonymat, a déclaré : « Nous sommes très heureux d’avoir reçu le bureau de cette nouvelle association. Nous espérons qu’elle sera à la hauteur des attentes de notre communauté. » La rencontre s’est clôturée dans une ambiance fraternelle autour d’une collation, marquant ainsi le début d’un cycle de dialogues réguliers entre l’UCM et ses compatriotes. Fred Mbemba

Afrique. Akinwumi A. Adesina : «Gérées efficacement, les finances publiques peuvent servir de pierre angulaire à la prospérité»

Afrique. Akinwumi A. Adesina : «Gérées efficacement, les finances publiques peuvent servir de pierre angulaire à la prospérité»

GOUVERNANCE. «La manière dont une nation perçoit ses recettes, gère sa dette, alloue ses dépenses et assure le respect du principe de responsabilité dans l’utilisation des fonds publics détermine le bien-être de sa population », a affirmé le président du Groupe de la Banque africaine de développement et de ses Conseils d’administration, Akinwumi A. Adesina. S’exprimant lors de la Conférence 2025 de la Kenya Law Society qui s’est clôturée vendredi 15 août, ce dernier a estimé que «les finances publiques ne sont donc pas un grand livre de l’Etat ; elles reflètent les valeurs constitutionnelles et l’intégrité juridique d’une nation». Devant plus de 1.200 avocats, juges et responsables gouvernementaux réunis pour cette rencontre, le président de la Banque panafricaine a déclaré que «gérées efficacement, les finances publiques peuvent servir de pierre angulaire à la croissance économique, au développement durable et à la prospérité». Il a, par la suite, saisi cette occasion pour rappeler que le financement public est au cœur de l’engagement de la principale institution  de financement du développement en Afrique qu’il dirige «à promouvoir une gouvernance responsable, un développement durable et une résilience nationale». Ainsi qu’il a relevé dans son intervention qui portait sur le thème : «Les finances publiques, la gouvernance, la justice et le développement », le président de la BAD a indiqué qu’«à la Banque africaine de développement, les finances publiques sont considérées comme un instrument stratégique qui doit être régi de manière transparente, géré de manière durable et protégé par des cadres juridiques solides et l’Etat de droit». Insistant sur l’Etat de droit et le respect de la bonne gouvernance, deux volets chers à l’institution financière, Akinwumi A. Adesina a affirmé que «les nations qui renforcent l’Etat de droit et respectent la bonne gouvernance parviennent à des taux de croissance plus élevés, à un développement équitable et à une plus grande stabilité». S’adressant directement aux avocats, juges et responsables gouvernementaux prenant part à cette conférence, il a indiqué : «En tant que membres du système judiciaire, vous jouez un rôle majeur dans l’élaboration des trajectoires de développement des nations. La théorie de la justice et du développement offre un cadre contextuel efficace pour y parvenir, car elle favorise le progrès social et la cohésion». L’Afrique doit améliorer sa position sur l’indice de l’Etat de droit «L’un des aspects particulièrement importants est la manière dont l’État de droit stimule la croissance et le développement », a soutenu le patron de la BAD rappelant que l’indice mondial de l’Etat de droit montre que de 1996 à 2023, les six pays les mieux classés étaient la Finlande, le Danemark, la Norvège, la Suisse, l’Autriche et le Luxembourg. Il se trouve que, sur cet indice, les pays africains se classaient très bas dans la liste, avec les Seychelles en tête au 60e rang, suivies par le Botswana (70e), le Rwanda (80e), l’Afrique du Sud (85e), le Ghana (97e) et le Maroc (111e). Sur le renforcement de la gouvernance et de l’Etat de droit, Akinwumi A. Adesina estime que la transparence des systèmes de passation des marchés est au cœur des projets de développement financés par les gouvernements, sur leurs propres ressources budgétaires et par le financement des institutions de financement du développement. Ainsi, «le manque de transparence dans la passation des marchés dans le cadre de projets, dû à la faiblesse des capacités institutionnelles, des lois et des systèmes de passation des marchés, ainsi qu’à la corruption, pose des problèmes d’intégrité en matière d’utilisation efficace des financements publics destinés aux projets». Les finances publiques ne peuvent pas prospérer dans le vide Abordant la question du renforcement des tribunaux commerciaux en complément des réformes des finances publiques, il a indiqué que la BAD a réalisé des investissements substantiels dans le renforcement du système judiciaire en complément des réformes des finances publiques. Ces investissements sont tangibles, mesurables et transformateurs, citant les exemples du Rwanda, de la Côte d’Ivoire, du Malawi, de la Tunisie, de la Guinée, du Ghana, de l’Egypte et du Mozambique. « Collectivement, ces interventions font ressortir une vérité simple, mais profonde : les finances publiques ne peuvent pas prospérer dans le vide. Il faut les protéger par une gouvernance transparente, les renforcer grâce à l’efficacité judiciaire et les ancrer dans des protections constitutionnelles», a-t-il fait savoir. Des finances publiques sans supervision parlementaire sont antidémocratiques Dans son intervention, il a aussi été question de la supervision parlementaire et des finances publiques. Selon le président du Groupe, « la supervision parlementaire est l’épine dorsale démocratique des finances publiques». Pour la Banque panafricaine, «des finances publiques sans supervision parlementaire sont antidémocratiques et non viables. Un contrôle démocratique ne retarde pas le développement, il le protège. L’approbation parlementaire n’est pas un obstacle, mais une protection qui garantit que chaque dollar emprunté est consacré au bien public, plutôt qu’à des intérêts privés». Sur un tout autre point, tout aussi important, Akinwumi A. Adesina juge essentiel de renforcer les systèmes juridiques et le système judiciaire à l’échelle du continent, arguant que « le système juridique d’une nation en est l’épine dorsale institutionnelle, en préservant les ressources publiques, en protégeant les droits des citoyens et en instaurant la certitude et la prévisibilité dont dépendent toutes les activités économiques». Une justice compromise entraîne le contournement des règles budgétaires Selon lui, «lorsque l’indépendance judiciaire est compromise, les tribunaux sont exposés à l’influence politique, les règles budgétaires sont contournées, les emprunts publics échappent aux contrôles et la confiance du public est détruite ». On ne peut pas effectivement parler du constitutionnalisme, de l’Etat de droit et des investissements en Afrique sans résoudre la question fondamentale de l’accès à la justice et à des indemnisations équitables. Car, nul besoin de rappeler que «ce sont là les conditions qui favorisent la confiance du public et renforcent l’assurance dont les investisseurs ont besoin pour engager des capitaux», a-t-il soutenu. Alain Bouithy

Congo : le jubilé apocalyptique d’un régime épuisé (lecture en 3 minutes)

Congo : le jubilé apocalyptique d’un régime épuisé (lecture en 3 minutes)

La République du Congo entre dans une année symbolique. Si l’on cumule ses deux longs règnes (1979-1992 et 1997-2026), Denis Sassou Nguesso, avec toutes les péripéties, entre dans le jubilé de 50 ans de pouvoir. Dans l’Ancien Testament, le jubilé (Lévitique 25) est l’année de la libération : libération des esclaves, rémission des dettes, retour de chacun à sa terre, restauration d’un équilibre social brisé. Or, au Congo, le jubilé se présente à l’inverse : la dette est abyssale, multipliée par des emprunts colossaux et une captation par les élites ; la jeunesse est prisonnière de la pauvreté, la violence des bandes qui créent le désarroi, comme l’a avoué le directeur des informations à la grande édition du journal de 20 h 00 de Télé Congo, le 17 août 2025 ; la terre n’est pas rendue, mais confisquée par les mêmes clans depuis un demi-siècle ; la justice n’est pas restaurée, mais réduite à une fiction… Le jubilé congolais n’est donc pas une année de grâce mais une parodie apocalyptique. Là où la Bible annonçait libération et renaissance, le Congo vit captivité et effondrement. Le jubilé, au lieu d’être une réinitialisation, devient la célébration de l’usure et de la mort politique. 50 ans de pouvoir ininterrompu ont produit une société où la violence est banalisée, où la police est impuissante, où la jeunesse se déchire au lieu de bâtir l’avenir. L’apocalypse qui vient n’est pas seulement une métaphore biblique. Elle est aussi une description politique de ce qui va advenir. Quatre trajectoires sont possibles d’ici à la présidentielle de 2026 La première est celle de la banalisation du chaos. Elle suppose les affrontements récurrents, morts filmées en direct, embrasement multiquartiers. La violence urbaine devient la norme, et l’État se réduit à une façade. La deuxième mène au durcissement répressif. Avec ce scénario, le pouvoir a commencé la fuite en avant. Les procureurs de la République de Pointe-Noire et de Brazzaville ainsi que le directeur général de la police, King André Obami Itou Fils, ne vont pas nier les rafles massives, tortures, morts en garde à vue et les massacres perpétré des bébés noirs. Il sied de dire que cet autoritarisme brut alimente la radicalisation et isole le régime internationalement. La refondation minimale est la troisième trajectoire. Ici, le régime, sous pression, adopte une doctrine de sécurité claire, crée des centres de commandement, médicalise les événements, et associe justice et prévention. Ce scénario n’est possible que si une volonté politique réelle émerge. Enfin, la refondation ambitieuse est la quatrième trajectoire. Elle est improbable mais nécessaire avec une coalition exécutive-justice-villes-société civile qui refonde la sécurité citoyenne. Cela suppose un choc politique majeur, un sursaut collectif, et une mise en parenthèse du système Sassou. Le livre biblique de Lévitique au chapitre 25, verset 10, rapporte : « Vous proclamerez la liberté dans le pays pour tous ses habitants. » Mais les 50 ans de Sassou proclament l’absence de liberté, la confiscation de la mémoire et la perpétuation d’un État-spectateur. Certes, le 15 août, le Congo a célébré la fin d’un cycle politique usé, entré dans son jubilé apocalyptique, mais il n’est pas impossible de remédier aux choses si les décideurs choisissent entre la banalisation du chaos ou le sursaut de la refondation. Cette démarche s’impose. Anatole Collinet Makosso, Florent Tsiba et Cie qui ont géré les festivités du 65ᵉ anniversaire de l’Indépendance du Congo, devraient en être conscients. Ghys Fortune BEMBADOMBE