Maroc. Hausse remarquée des recettes douanières

Les recettes douanières nettes – comprenant les droits de douane, la TVA à l’importation et la TIC sur les produits énergétiques – se sont élevées à 54,79 milliards de dirhams (MMDH) à fin juillet 2025 contre 51,80 MMDH un an auparavant. Ce montant est en hausse de 5,8% (+2,98 MMDH) par rapport à son niveau à fin juillet 2024, selon les données publiées par la Trésorerie Générale du Royaume (TGR). A titre de rappel, les recettes douanières nettes s’étaient établies à 47,32 MMDH à fin juin 2025 contre 43,79 MMDH un an auparavant, enregistrant une hausse de 8,1% correspondant à +3,53 MMDH par rapport à leur niveau à fin juin 2024. Cette évolution tenait compte de remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux de 53 MDH à fin juin 2025 contre 60 MDH un an auparavant. Dans son Bulletin mensuel de statistiques des finances publiques (BMSFP) de juillet 2025, la Trésorerie générale précise que les recettes enregistrées en juillet dernier tiennent compte de « remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux de 58 MDH à fin juillet 2025 contre 69 MDH un an auparavant ». Dans le détail, les données montrent une hausse de 5,7% (+2,97 MMDH) des recettes douanières brutes par rapport à leur niveau à fin juillet 2024 atteignant 54,84 MMDH à fin juillet 2025 contre 51,86 MMDH un an auparavant. Rappelons à titre comparatif qu’à fin juin 2025, les recettes douanières brutes avaient été de 47,37 MMDH au lieu de 43,84 MMDH un an auparavant, soit une hausse de 8% (+3,52 MMDH) par rapport à leur niveau à fin juin 2024. En ce qui concerne les recettes nettes des droits de douane réalisées à fin juillet 2025, elles ont progressé de 1,1% (+99 MDH) pour atteindre 9,19 MMDH au lieu de 9,10 MMDH un an auparavant. A fin juin, elles s’étaient élevées à 7,93 MMDH contre 7,73 MMDH un an auparavant, soit une hausse de 2,6% correspondant à +197 MDH. De leur côté, « les recettes nettes provenant de la TVA à l’importation se sont établies à 34,27 MMDH à fin juillet 2025 contre 32,79 MMDH à fin juillet 2024 », a indiqué la TGR. Elles ont ainsi enregistré une hausse de 4,5% correspondant à +1,48 MMDH. A titre comparatif, rappelons également que ces recettes s’étaient établies à 29,70 MMDH à fin juin 2025 contre 27,40 MMDH à fin juin 2024, traduisant une hausse de 8,4% (+2,29 MMDH). Comme en juin 2025 où elle avait enregistré une baisse de 5,6% (-272 MDH) alors que celle sur les autres produits avait bondi de 11,4% (+2,56 MMDH), la TVA sur les produits énergétiques a accusé une baisse de 5,7% (-319 MDH) à fin juillet 2025 tandis que celle sur les autres produits a enregistré une augmentation de 6,6% correspondant à +1,80 MMDH. En hausse de 14,2% par rapport à leur niveau de fin juillet 2024 (+1,40 MMDH), les recettes nettes de la TIC sur les produits énergétiques ont atteint pour leur part 11,31 MMDH contre 9,91 MMDH. Elles s’étaient établies à 9,69 MMDH contre 8,65 MDH, réalisant ainsi une progression de 12% par rapport à leur niveau de fin juin 2024 (+1,03 MMDH). Selon la Trésorerie générale, l’évolution des recettes nettes de la TIC en juillet dernier tient compte « de remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux de 39 MDH à fin juillet 2025 contre 41 MDH un an auparavant ». Enfin, les recettes brutes de la TIC sur les produits énergétiques ont affiché une augmentation de 14,1% par rapport à leur niveau de fin juillet 2024 (+1,40 MMDH atteignant 11,35 MMDH contre 9,95 MMDH. A fin juin 2025, elles avaient été de 9,72 MMDH contre 8,69 MMDH, en augmentation de 11,9% par rapport à leur niveau de fin juin 2024 ou +1.037 MDH. Alain Bouithy
FAO : les prix mondiaux de la viande de bovins atteignent un nouveau record en juillet 2025

L’indice FAO des prix de la viande a affiché une valeur moyenne de 127,3 points en juillet 2025. C’est ce qui ressort du récent rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Selon l’organisation onusienne, il a gagné 1,5 point (1,2%) de plus qu’en juin et 7,3 points (6,0%) de plus qu’en juillet 2024 et enregistré le niveau le plus élevé jamais enregistré. L’agence des Nations Unies attribue cette hausse principalement à l’augmentation des prix de la viande de bovins et de la viande d’ovins, ainsi qu’à une légère progression des cours de la viande de volaille, tandis que les prix de la viande de porc ont diminué. Soutenus par l’accroissement des cours en Australie, sous l’effet d’une forte demande à l’importation, les prix mondiaux de la viande de bovins ont atteint un nouveau record. D’après la FAO, la tonicité de la demande mondiale a également contribué à l’affermissement des prix au Brésil. Pour le quatrième mois consécutif, les prix de la viande d’ovins ont connu une hausse qui s’explique par les disponibilités à l’exportation limitées en Océanie face à la demande mondiale soutenue. Quant aux prix de la viande de volaille, ils « ont légèrement progressé sous l’effet de l’augmentation des prix à l’exportation au Brésil, due à l’assouplissement des restrictions et à la reprise progressive des importations de plusieurs partenaires commerciaux clés », selon le rapport de la FAO. En ce qui concerne les prix de la viande de porc, la même source rapporte qu’ils ont en revanche décliné en juillet dernier, essentiellement en raison « de la baisse des cours dans l’Union européenne, où l’abondance des disponibilités intérieures a coïncidé avec une désaffection relative pour ce produit à l’échelle mondiale », a expliqué l’agence onusienne. Martin Kam
Accroître les financements et l’investissement en faveur de l’adaptation au changement climatique

L’impératif mis en exergue par l’OCDE et la BAD Mobiliser davantage d’investissements pour renforcer la résilience face à la hausse des températures et à l’intensification rapide des phénomènes météorologiques extrêmes. Tel est le défi auquel tous les pays sont aujourd’hui confrontés. Comme le souligne un récent rapport intitulé « Accroître les financements et l’investissement en faveur de l’adaptation au changement climatique est devenu un impératif », l’accélération de ces investissements constitue une composante cruciale des efforts plus généraux nécessaires pour accroître la résilience. Selon le document élaboré par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD), la situation demeure préoccupante. En 2024, les températures moyennes mondiales ont temporairement dépassé le seuil de 1.5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Une évolution bien plus qu’inquiétante d’autant plus que « l’augmentation rapide des pertes économiques dues à des événements climatiques extrêmes a des conséquences profondes sur les plans social et économique », rappellent les auteurs dudit rapport. Citant des données de la Banque mondiale (2024[1]), le rapport indique qu’environ 1.2 milliard de personnes sont exposées à un risque élevé de pâtir d’évolutions et d’événements extrêmes liés au climat, tels que les vagues de chaleur, les inondations ou les sécheresses. Pour l’OCDE et la BAD, ce risque touchera de manière disproportionnée les communautés vulnérables : jusqu’à 132 millions de personnes risquent de basculer dans l’extrême pauvreté en raison de l’évolution des régimes météorologiques d’ici à 2030 (Jafino et al., 2020[2]). Malgré la gravité de la situation, les apports de financements consacrés à l’adaptation sont entravés par plusieurs obstacles et contraintes interdépendants, souligne le rapport, préparé en contribution aux travaux du Groupe de travail sur la finance durable dans le cadre de la présidence sud-africaine du G20 de 2025. L’immédiateté du coût de l’investissement constitue l’une des principales difficultés sous-jacentes. Parmi les autres obstacles qui présentent des difficultés particulières pour les pays en développement, on peut citer les défis macroéconomiques, notamment une marge de manœuvre budgétaire limitée, le coût élevé du capital et les niveaux d’endettement existants. Le manque de données appropriées et de capacités permettant d’évaluer, de comprendre et de gérer les risques physiques liés au changement climatique ainsi que le manque d’accès à des outils adaptés de gestion des risques qui encouragent les investissements dans la réduction des risques climatiques, comme l’assurance et la réassurance, ainsi qu’une offre insuffisante dans ce domaine, entravent également la mobilisation des flux financiers. A tous ces obstacles s’ajoutent : l’insuffisance de la coordination et les carences des cadres institutionnels au niveau national, qui font obstacle aux apports de financements publics et privés ; les difficultés auxquelles se heurtent les pays en développement pour avoir accès aux financements concessionnels internationaux, notamment les obstacles institutionnels et le manque de coordination sans oublier le fait que nombre d’investissements dans l’adaptation ne génèrent pas de flux financiers directs. Intégrer les considérations climatiques dans les processus et outils budgétaires Ledit rapport met en lumière également les obstacles à l’investissement public national en faveur de l’adaptation, alors que les finances publiques nationales constituent une source essentielle. Dans un contexte marqué par de fortes tensions budgétaires, une fragmentation institutionnelle et des demandes concurrentes de ressources publiques, « les carences des systèmes de gestion des finances publiques entravent l’investissement public dans l’adaptation », constatent l’OCDE et la BAD. Selon le rapport, très peu de pays disposent d’une vision globale de l’impact de la hausse des températures et des phénomènes extrêmes sur leurs besoins et leurs dotations budgétaires. Autre observation relevée par les auteurs du rapport : les bénéfices de l’investissement dans l’adaptation présentent souvent des caractéristiques non marchandes qui peuvent ne pas être prises en compte par les outils qu’utilisent les pouvoirs publics, comme l’analyse coûts-avantages. D’après ces derniers, les spécifications et les critères d’évaluation utilisés dans les processus de passation des marchés peuvent dissuader d’investir dans l’adaptation s’ils empêchent le recours à d’autres solutions. Autre problème relevé : les flux de financement public national à l’appui de l’adaptation ne sont guère transparents. S’il existe des raisons économiques et financières évidentes d’investir dans l’adaptation, le sentiment que les rendements sont faibles nuit à l’investissement privé (Tall et al. 2021[3]). Mais pour l’OCDE, la déconnexion entre les rendements sociaux élevés de l’investissement et les faibles rendements de marché s’explique principalement par un ensemble d’obstacles sous-jacents (OCDE, 2024[4]). Lesquels incluent notamment les externalités et les décalages, les risques perçus, le moment de la concrétisation des rendements, l’accès au crédit et aux instruments financiers, ainsi que la stabilité de la réglementation et la confiance des investisseurs. Alain Bouithy 1 : Banque mondiale (2024), Rising to the Challenge – Climate Adaptation and Resilience, Banque mondiale, https://www.worldbank.org/en/publication/rising-to-the-challenge-climate-adaptation-resilience (consulté le 28 janvier 2025). 2 : « Revised Estimates of the Impact of Climate Change on Extreme Poverty by 2030 », Policy Research Working Paper, https://documents.worldbank.org/en/publication/documents-reports/documentdetail/706751601388457990/revised-estimates-of-the-impact-of-climate-change-on-extreme-poverty-by-2030 (consulté le 20 février 2025). 3 : Enabling Private Investment in Climate Adaptation and Resilience, Banquemondiale, Washington, D.C., http://hdl.handle.net/10986/35203 (consulté le 11 avril 2023). 4 : OCDE (2024), Climate Adaptation Investment Framework, Green Finance and Investment,Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8686fc27-en.
RDC/Congo. La rumba congolaise appelée à évoluer sans se dénaturer (opérateur culturel)

Un vœu a été émis mardi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, par un opérateur culturel au cours d’un échange avec l’ACP, de voir la rumba congolaise évoluer sans se dénaturer, après son inscription au patrimoine immatériel de l’humanité. «La rumba congolaise doit évoluer mais sans être dénaturée. Elle doit aussi être mieux encadrée et codifiée. C’est-à-dire qu’un étranger qui arrive à Kinshasa ou à Brazzaville, qui veut faire de la rumba, doit savoir par quoi commencer (…). Il faut que ce soit codifié pour que le monde entier sache ce qu’est la rumba congolaise», a indiqué Ossinondé, expert de la rumba congolaise. Pour ce spécialiste, la reconnaissance de la rumba comme patrimoine immatériel de l’humanité entend donner un coup de pouce aux jeunes artistes. «Cela arrive à point nommé, surtout à un moment où la production musicale entre les deux Congo connaît d’énormes difficultés. Je pense que la reconnaissance de la rumba comme patrimoine immatériel de l’humanité va donner un coup de pouce aux jeunes artistes, pour qu’ils s’approprient le travail sur ce sujet», a-t-il indiqué. Il a également recommandé la création d’un musée de la rumba, l’organisation régulière de festivals, ainsi que le positionnement des orchestres congolais dans les grands rendez-vous musicaux internationaux en vue de présenter la rumba sur la scène mondiale. Née sur les rives du fleuve Congo entre Kinshasa et Brazzaville, la rumba congolaise a traversé l’Atlantique lors de la traite négrière, tout en conservant son identité marquée par les notes de guitare et de basse. Aux dires de M. Ossinondé, la Rumba s’appelait à l’origine « Nkumba », un terme transformé en « Rumba » par les colons espagnols après leur arrivée dans les Caraïbes. ACP/ODM
Maroc/ Finance publique : Le déficit budgétaire s’accentue à fin juillet 2025

Le déficit budgétaire s’est aggravé à fin juillet 2025. Selon les chiffres publiés par la Trésorerie Générale du Royaume (TGR), il s’est élevé à 53,7 milliards de dirhams (MMDH), contre 35,3 MMDH un an auparavant. Rappelons que le solde des charges et ressources du Trésor, établi sur la base des recettes encaissées et des dépenses engagées, avait fait apparaître un déficit budgétaire de 24,8 MMDH à fin juin 2025, contre 20,4 MMDH un an auparavant. Dans son Bulletin mensuel de statistiques des finances publiques (BMSFP), la Trésorerie Générale précise que le déficit enregistré en juillet dernier tient compte «d’un solde négatif de 4,8 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor (CST) et les services de l’Etat gérés de manière autonome (SEGMA), contre un déficit du Trésor de 35,3 MMDH à fin juillet 2024 compte tenu d’un solde positif de 16,3 MMDH dégagé par les CST et les SEGMA». Dans le détail, les données recueillies montrent que les recettes ordinaires brutes ont progressé de 19,2% (+38,8 MMDH) pour s’établir à 241,1 MMDH contre 202,3 MMDH à fin juillet 2024. Cette évolution provient de «l’augmentation des impôts directs de 27,6%, des droits de douane de 1%, des impôts indirects de 9,6%, des droits d’enregistrement et de timbre de 7,6% et des recettes non fiscales de 34,4%», selon les explications de la TGR. En hausse de 17,2% (+30,8 MMDH), les recettes fiscales brutes ont été de 209,9 MMDH contre 179,1 MMDH à fin juillet 2024, suite à l’augmentation des recettes douanières de 5,7% et de la fiscalité domestique de 22,6%. Egalement en hausse, les recettes non fiscales se sont établies à 31,16 MMDH contre 23.185 MDH un an auparavant, soit une progression de 34,4% (+7.984 MDH). La TGR justifie cette évolution notamment par «l’augmentation des versements des comptes spéciaux du Trésor au budget général (14,47 MMDH contre 8,74 MMDH), des recettes de monopoles (9,34 MMDH contre 5,12 MMDH) et des fonds de concours (2,16 MMDH contre 601 MDH), conjuguée à l’absence de recettes au titre de la privatisation et des produits de cession des participations de l’Etat, qui ont été de 1,7 MMDH un an auparavant et à la baisse des recettes en atténuation des dépenses de la dette (3,08 MMDH contre 4,06 MMDH)». Pour leur part, à fin juillet 2025, les dépenses émises au titre du budget général ont augmenté de 5,9% par rapport à leur niveau à fin juillet 2024. Les données montrent qu’elles ont atteint 325,3 MMDH à fin juillet 2025, «en raison de l’augmentation de 16,1% des dépenses de fonctionnement et de 10,5% des dépenses d’investissement, conjuguée à la baisse de 19,1% des charges de la dette budgétisée», comme le souligne la Trésorerie générale dans son bulletin. Il est important de noter que les charges en intérêts de la dette ont également bondi au cours de la même période. En effet, elles ont augmenté de 10,8% (+2,9 MMDH) à fin juillet 2025 pour s’établir à 29,30 MMDH contre 26,44 MMDH à fin juillet 2024. La TGR justifie cette augmentation par «l’accroissement de 17,4% des charges en intérêts de la dette intérieure (23,68 MMDH contre 20,17 MMDH) et par la diminution de 10,4 % de celles de la dette extérieure (5.621 MDH contre 6.276 MDH)». En ce qui concerne les engagements de dépenses, y compris celles non soumises au visa préalable d’engagement, il ressort des chiffres qu’ils ont atteint 529,2 MMDH. Ce qui représente un taux global d’engagement de 55% contre 59% à fin juillet 2024 et un taux d’émission sur engagements de 85% contre 84% un an auparavant. Dans la rubrique « Comptes spéciaux du Trésor », il apparait que les recettes ont atteint 116,9 MMDH, compte tenu des versements reçus des charges communes d’investissement du budget général qui ont atteint 19,9 MMDH contre 20,7 MMDH à fin juillet 2024. De leur côté, les dépenses émises ont été de 122,7 MMDH, intégrant la part des CST au titre des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux pour 3,9 MMDH. Enfin, à fin juillet 2025, les recettes des SEGMA ont enregistré une hausse de 33,8%, s’établissant à 1 ,86 MMDH contre 1,39 MMDH à fin juillet 2024. Selon la TGR, les dépenses ont été de 793 MDH soit le même niveau qu’un an auparavant. Alain Bouithy
Beb Adon Ousmane Philemon : «Vivre la Coupe du monde au Maroc est une fierté pour tous les Africains»

Athlète en haltérophilie d’origine camerounaise, Philemon Beb Adon Ousmane évolue au sein du club le Coq de Bernoussi à Casablanca, sous la direction du coach Hicham. Dans cet entretien, il nous livre ses impressions sur l’organisation par le Maroc du Mondial 2030 et de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Pagesafrik/Libé : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? PBAO: Je suis Philemon Beb Adon Ousmane, international camerounais en haltérophilie. Je suis résident au Maroc et je participe au championnat du Maroc et à la Coupe du Trône d’haltérophilie. Actuellement, j’évolue au niveau du Club Olympique de Bernoussi, sous la direction du coach Hicham. Le Maroc, aux côtés du Portugal et de l’Espagne, organisera le Mondial 2030. Quelles sont vos impressions ? C’est une excellente opportunité pour le Maroc, un pays en pleine émergence dans de nombreux domaines, comme on peut le constater dans ses principales villes. Pour nous qui y vivons, nous avons confiance que le Royaume sera à la hauteur de cet événement mondial très attendu. C’est une grande fierté et vraiment un plaisir pour les Africains, particulièrement pour les sportifs du continent qui évoluent ici. Nous sommes heureux de pouvoir vivre les émotions de cette grande compétition sur place. Il faut reconnaître que beaucoup parmi nous n’imaginaient même pas avoir un jour cette chance. Savoir qu’elle se déroulera ici est tout simplement extraordinaire. Du point de vue des infrastructures, pensez-vous que le pays sera prêt? Je le pense. Le Royaume dispose déjà du minimum requis en termes d’infrastructures de qualité pour accueillir des événements de cette envergure. Il l’a démontré à maintes occasions dans divers secteurs. A ce titre, je tiens à saluer les réalisations du Maroc sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui œuvre sans relâche pour hisser le Royaume dans tous les domaines. Il est important que ces efforts soient préservés, car ils contribuent à l’émergence du Maroc. Par ailleurs, l’organisation devrait veiller à ce que l’esprit sportif et le fair-play soient mis en avant durant la compétition afin que la fête soit vraiment belle. Etes-vous également enthousiaste en ce qui concerne l’organisation de la CAN prévue en décembre prochain ? Je le suis évidemment. Le Maroc a toutes les capacités pour offrir à l’Afrique une CAN mémorable, qui sera l’une des plus marquantes de son histoire. Je m’attends à une édition bien meilleure à celles que nous avons connues jusqu’ici. Et comme pour le Mondial 2030, le fair-play devra primer et l’organisation tenir compte des écueils qu’on a pu observer par le passé, notamment lors d’autres compétions sportives panafricaines. Aujourd’hui, le Maroc est un pays émergent, respecté où le vivre-ensemble n’est pas un vain mot. Il est, sans doute, l’un des pays les plus appréciés du monde arabe. Nous saluons la générosité du peuple marocain, son ouverture et apprécions sincèrement l’accueil chaleureux qui nous est réservé dans les clubs. C’est important de le souligner ici parce que ce n’est pas toujours le cas sous d’autres cieux. Enfin, nous ne pouvons qu’espérer que cette CAN soit un grand succès et que le meilleur l’emporte. Propos recueillis par Alain Bouithy
Congo/ Guy Magloire MAFIMBA MOTOKI: Notre réaction suite à l’interview du Premier Ministre Anatole Collinet MAKOSSO sur RFI

REACTION. Le Premier Ministre Collinet Makosso se comporte comme un SG du PCT dans un système de parti unique, mieux, j’ai cru entendre l’ancien Capitaine Florent Tsiba entrain de lire les communiqués martiaux du CMP qui annonçaient les exécutions décidées nuitamment par une cour martiale. Une réaction sur un ton martial sur tous les sujets abordés. Au sujet d’André Okombi Salissa et Jean Marie Michel Mokoko, deux prisonniers politiques, Collinet Makosso manque de tact, de retenue, d’éthique de responsabilité au regard du sort injuste infligé à ces deux personnalités politiques. Pire, en traitant deux hommes qui ont contribué au sauvetage de Denis Sassou Nguesso de »la traque » lors de la conférence nationale pour Jean Marie Michel Mokoko, participer à la prise du pouvoir par les armes pour André Okombi Salissa en 1997, la surenchère »Atalaku de DSN en col blanc » n’est pas bien perçu au sein du cercle familial de Denis Sassou Nguesso. Par ailleurs, l’arrogance de Collinet Makosso, son mépris au sujet du martyr que subi le jeune LASSY va le rattraper un jour. Un premier ministre ne d’exprime pas de cette manière. Pour mémoire, Augustin Kala Kala qui a été admis dans une clinique a t-il bénéficié d’une assistance de la justice, alors qu’il a été victime du même mode opératoire ? Enfin, il »grille » la candidature MATOKO après sa vadrouille diplomatique , suite logique de la »diplomatie de l’esbroufe » de ce régime. Voilà un Collinet Makosso adopté un narratif musclé face à la France et l’UA comme si son régime a des coudées franches pour parler d’égal à égal avec ce partenaire bilatéral et multilatéral. Qui n’a pas souvenir du retour au pouvoir par les armes de Denis Sassou Nguesso grâce à la Jacques Chirac et la FrançAfrique ! Qui n’a pas souvenir des »vadrouilles » de Collinet Makosso en France faisant le »toutou » face à des interlocuteurs de bas niveau ! Qui n’a pas souvenir de Collinet Makosso s’extasié dans les gradins de l’hémicycle français tel un »premier Gaou » ….! »Le Pleurer-rire » d’Henri Lopes est à revisiter pour cerner les contours psychologiques de certains oligarques du régime de Brazzaville. En diplomatie, lorsqu’on adopte un narratif musclé, celui-ci doit précéder une action de même nature. La réalité est tout autre ! tel un »crapaud » qui se prend pour un »boeuf », Collinet Makosso est manifestement un attardé congénital qui occupe la fonction de premier ministre. Guy Magloire MAFIMBA MOTOKI Coordonnateur PCRC Représentant du président de l’IDC André OKOMBI SALISSA.
Congo. Les non-dits de l’hommage anthume au Pr Obenga : Pescennius Niger et l’art de la transition voilée (lecture en 5 minutes)

PARLONS-EN. L’hommage de la nation au Professeur Théophile Obenga le 25/ 07/ 2025 a été un kairos politique masqué, une exhortation à la rupture prononcée depuis le haut de la République lettrée. À travers Obenga, c’est l’Afrique qui rappelle que toute grandeur repose aussi sur l’art de s’effacer au bon moment. L’élévation du Pr Obenga à la dignité de Grand-Croix dans l’Ordre du Mérite congolais, n’est pas un simple geste honorifique. Il s’agit d’un acte d’intronisation civile d’un panthéon africain vivant, qui vient cristalliser l’ambivalence d’un pouvoir vieillissant dans son rapport au savoir et à la mémoire. Le pouvoir tente de s’approprier un capital symbolique d’envergure panafricaine à la proche de la mascarade électorale présidentielle qu’il organise. L’événement se distingue par une tonalité crépusculaire. À 89 ans révolus, cet hommage arrive tard. Le chef traditionnel des contrées de Boundji intronisé au grade de Mwene Ndzale, avec le recours au rite du Kiébé-Kiébé, exécuté sommairement, révèle une tension anthropologique : celle d’une autorité politique qui convoque les codes sacrés de la tradition mbochi uniquement pour légitimer son pouvoir, mais dont l’exécution désarticulée trahit l’usure du régime. Dans une société où l’intellectuel est muselé, étouffé, l’hommage anthume devient un double aveu : celui du constat de l’irréductible présence de l’intelligence critique, impossible à taire, mais aussi celui de la fatigue d’un pouvoir qui cherche encore ses mots pour signifier sa sortie. La ministre Emmanuel Adouki, n’arrive d’ailleurs pas à garder les temples du savoir (l’UMNG et l’UDSN) sur les rails éthiques et académiques. Les voleurs, tricheurs et escrocs du CAMES sont connus et sont légion : notes sexuellement distribuées, tribalisme, népotisme et crétinisme sont devenus la règle. Les bons enseignants sont tués par ceux qui s’arrogent les postes. Ils sont directeur de cabinet et secrétaire général simultanément, enseignants et ministres simultanément, etc. Le gouvernement Makosso est un record en la matière (30 % des effectifs) : Collinet Makosso, maître assistant (MA); Emmanuel Adouki, professeur titulaire (PT); Jean Rosaire Ibara (PT); Aimé Bininga (MA); Jean Claude Gakosso, maître de conférence (MC); Paul Ngobo (PT); Rosalie Matondo (MA); Jean Luc Moutou (PT); Thierry Maguessa Ebomé (MC); Irène Mboukou Kimbatsa (MC); Ludovic Ngatsé, assistant (A). Pourtant le gouvernement échoue et les diplômes congolais sont boudés en Occident. A-t-on réellement sélectionné les bons universitaires au gouvernement ? Pescennius Niger : un miroir historique tendu au Prince Le geste du Pr Obenga remettant à M. Sassou un portrait de Pescennius Niger n’est pas une anecdote érudite, loin s’en faut. Il peut s’interpréter comme un acte politique crypté, un message codé à l’intention de l’Histoire. En évoquant ce général romain proclamé empereur en 193, puis vaincu en 194 par Septime Sévère, Obenga tend au pouvoir un miroir antique de l’usurpation, du déclin et de la défaite inéluctable face au mouvement de l’Histoire. En effet, Pescennius Niger, soutenu par l’Orient de l’empire romain, avait la légitimité populaire et Sénatoriale certes, mais non l’approbation de la force militaire de la cité de Rome : allégorie parfaite d’un régime soutenu par une façade d’institutions, mais miné par la légitimité évanescente et la fatigue d’un peuple. Dans un tel geste, l’intellectuel reprend son rôle de scribe prophétique pour souligner que l’histoire du pouvoir est cyclique (À l’instar du cercle du Kiebe-Kiebe) et que toute tentative de pérennisation éternelle termine tragiquement. Le parallèle avec « l’Année des cinq empereurs » n’est pas fortuit : il suggère l’ouverture imminente d’un cycle de rivalités de prétendants. ( suite, jeudi 14/08/25) Ghys Fortuné BEMBA DOMBE