L’Afrique du Sud peut réaliser son potentiel gazier grâce à une stratégie équilibrée de conversion du gaz en liquides

TRIBUNE ECO. Il n’est pas exagéré de dire que les découvertes de gaz offshore en Afrique du Sud offrent à ce pays un potentiel de transformation économique comparable à celui du boom pétrolier en Guyane ou du secteur énergétique émergent au Suriname. Les estimations pour le projet de gaz à condensats Luiperd-Brulpadda, dans le bloc 11B/12B au large de la côte sud de l’Afrique du Sud, évaluent ses réserves à 3,4 billions de pieds cubes (tcf) de gaz et 192 millions de barils de gaz à condensats. La production sur ce site permettrait de créer des milliers d’emplois et de revitaliser des régions telles que Mossel Bay, où la raffinerie de gaz liquéfié d’Afrique du Sud alimentait autrefois l’emploi et l’industrie locaux avant que le déclin de la production n’oblige à procéder à des réductions. Malheureusement, tout cela pourrait n’être qu’un vœu pieux, car le retrait de TotalEnergies de ce projet en 2024 a révélé un obstacle majeur. Le potentiel gazier de l’Afrique du Sud est actuellement bloqué, en partie à cause des contestations judiciaires engagées par des groupes d’activistes environnementaux qui ont stoppé des projets d’une valeur de 1,6 milliard de dollars, mais aussi en raison de l’incapacité de toutes les parties concernées à s’entendre sur le prix d’achat du gaz. La solution GTL Une stratégie de conversion du gaz en liquide (GTL), qui lie les prix aux marchés spot du gaz naturel liquéfié (GNL) et inclut une participation significative de la communauté, contribuerait à équilibrer les besoins des investisseurs en amont, des utilisateurs en aval et des communautés côtières, tout en assurant une croissance durable pour le reste du pays. Le dilemme du prix du gaz est le principal obstacle. Les entreprises en amont telles que TotalEnergies exigent des contrats libellés en dollars afin d’atténuer le risque de change et de garantir le retour sur leurs investissements considérables dans l’exploration. Le gouvernement sud-africain se méfie à juste titre des accords libellés en dollars et préfère des prix en rands afin de protéger les consommateurs locaux et de maintenir des prix abordables. L’impasse rencontrée par TotalEnergies sur cette question est l’un des facteurs qui ont motivé son retrait du bloc 11B/12B, malgré les découvertes prometteuses et difficilement acquises sur le site. Le marché intérieur complique encore davantage la situation. Les producteurs d’électricité ont besoin de prix du gaz bas, car leurs marges sont faibles une fois pris en compte les coûts liés au carbone. Les opérateurs en amont, en revanche, doivent obtenir des prix plus élevés pour justifier le développement de leurs projets en eaux profondes, qui nécessitent d’importants investissements. Parallèlement, le marché mondial du GNL devrait rester saturé pendant les trois à cinq prochaines années, ce qui rend l’exportation de gaz sous forme de GNL moins compétitive pour l’instant. Sans compromis sur les prix, le gaz sud-africain reste inexploité, laissant de côté tous les profits et les opportunités qu’il représente. Une stratégie GTL offre toutefois une solution à plusieurs facettes. En revitalisant l’installation GTL de PetroSA à Mossel Bay et en convertissant le gaz naturel en combustibles liquides à haute valeur ajoutée tels que le diesel et le kérosène sur place, l’Afrique du Sud pourrait réduire sa dépendance vis-à-vis des importations de combustibles, renforcer sa sécurité énergétique et offrir des opportunités d’emploi à des milliers de travailleurs. Le précédent est clair : au Suriname, le projet en eaux profondes GranMorgu de TotalEnergies devrait créer 6 000 emplois locaux et injecter au moins 1 milliard de dollars dans l’économie. Une initiative similaire dans l’installation inactive de Mossel Bay pourrait transformer la côte sud de l’Afrique du Sud, fournissant au gouvernement de nouvelles recettes et une plus grande stabilité économique. Il ne s’agit pas là d’un simple optimisme ; ce plan d’action serait un moyen pratique de tirer parti des infrastructures existantes pour stimuler le développement régional. Mais, une fois encore, la viabilité économique d’une stratégie GTL comme solution pour la production de gaz sud-africaine dépend de la conclusion d’un accord sur les prix du gaz qui satisfasse à la fois les producteurs et les consommateurs. Pour résoudre cette impasse sur les prix, l’Afrique du Sud devrait adopter une formule qui lie le prix d’achat du gaz au prix spot mondial du GNL, moins un pourcentage reflétant l’absence de coûts de liquéfaction et de transport. Cette approche permettrait aux entreprises en amont de recevoir des paiements en dollars, satisfaisant ainsi leurs besoins financiers tout en s’alignant sur les fluctuations inhérentes au marché mondial. En aval, les producteurs d’électricité et les opérateurs GTL bénéficieraient de prix réduits, rendant les projets économiquement viables aux deux extrémités de la chaîne d’approvisionnement. En outre, le gouvernement pourrait encourager le développement du GTL par des allégements fiscaux, des subventions aux infrastructures ou des partenariats public-privé, de sorte que les avantages économiques de ces projets seraient plus susceptibles de l’emporter sur les coûts initiaux. Ce modèle de tarification constituerait un compromis équitable qui éviterait les écueils des contrats basés sur le rand et répondrait aux besoins de toutes les parties prenantes. Autres obstacles Surmonter l’opposition environnementale est une autre étape cruciale pour faire progresser le développement gazier, et négliger l’engagement communautaire à cet égard ne fait que donner aux organisations non gouvernementales (ONG) les moyens de contester les projets devant les tribunaux. Les campagnes de sensibilisation communautaire de l’Agence pétrolière sud-africaine, qui informent les populations locales sur les avantages et les risques du développement gazier, offrent un modèle d’amélioration dans ce domaine. L’extension de ces efforts pour inclure une participation précoce et transparente au processus d’évaluation de l’impact environnemental (EIE) contribuerait à instaurer la confiance et à réduire les motifs d’action en justice. Les réunions publiques et les résumés accessibles de l’EIE seraient un moyen de mettre en évidence les avantages économiques d’une stratégie GTL. En impliquant les communautés en tant que parties prenantes, le gouvernement et l’industrie peuvent travailler ensemble pour démontrer que le développement gazier peut créer une prospérité partagée. La mise en œuvre d’une stratégie GTL est en soi un autre moyen
États fragiles à la 30e Conférence des Parties (COP30) : nous sommes « exclus » du financement climatique

Le président de la COP30, André Corrêa do Lago, a déclaré que la conférence de cette année devait placer « les personnes au centre » de l’action climatique. Mais un réseau d’États fragiles affirme que plus d’un milliard des personnes les plus à risque au monde restent exclues de la discussion. Dans une déclaration publiée mardi, le Réseau pour un accès amélioré et équitable au financement climatique (Improved and Equitable Access to Climate Finance Network) a indiqué que les pays touchés par les conflits et la fragilité sont « exclus » des financements destinés à l’adaptation aux impacts climatiques. Le Réseau – composé de 10 pays confrontés à une gouvernance fragile et à des conflits, dont le Burundi, la Mauritanie, la Somalie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée – appelle les fonds climatiques et la COP30 à faire davantage pour combler « cet angle mort urgent au cœur du financement climatique ». UN ANGLE MORT CONCERNANT LES CONFLITS DANS LE FINANCEMENT CLIMATIQUE Plus d’un milliard de personnes vivent dans des pays affectés par les conflits, la violence et une gouvernance fragile. Pourtant, en 2022, ces pays n’ont reçu que 10 % du financement climatique mondial, alors même qu’ils comptent parmi les plus vulnérables aux impacts du changement climatique. Les pays sont confrontés à plusieurs obstacles pour accéder aux financements, notamment des délais longs et des exigences de candidature très strictes. Selon le ministre yéménite de l’Eau et de l’Environnement, Tawfiq Al-Sharjabi, qui s’exprimait lors d’un événement parallèle à la CCNUCC mardi : « Des procédures complexes, des capacités techniques limitées et l’absence d’instruments financiers flexibles – tout cela limite notre capacité à obtenir des financements climatiques. » En conséquence, il peut souvent être plus facile pour les pays d’obtenir de l’aide humanitaire que des financements climatiques, selon le ministre somalien de l’Environnement et du Changement climatique, Bashir Mohamed Jama. « La Somalie reçoit un peu plus de 300 millions de dollars de financements liés au climat chaque année, soit moins de 1 % du montant dont nous avons besoin pour nous adapter », a déclaré Jama. « À titre de comparaison, chaque année la Somalie reçoit 1,1 milliard de dollars d’aide humanitaire. » Jama a ajouté que cette différence met en lumière « un échec accablant au cœur du système de développement mondial : il est plus facile de débloquer des financements après les catastrophes que d’investir pour les prévenir ». Des procédures complexes, des capacités techniques limitées et l’absence d’instruments financiers flexibles – tout cela limite notre capacité à obtenir des financements climatiques Les négociations à la COP30 pour augmenter les flux de financement climatique confèrent une urgence supplémentaire à ce problème. « L’ambition de débloquer 1,3 billion de dollars supplémentaires à Belém est admirable, mais nous devons voir la même ambition pour faire en sorte que les fonds existants parviennent aux personnes qui en ont le plus besoin », a déclaré Mauricio Vazquez, responsable des politiques sur les risques et la résilience au sein du groupe de réflexion ODI Global. UNE DYNAMIQUE DE CHANGEMENT CROISSANTE Le Réseau pour un accès amélioré et équitable au financement climatique a été créé en 2024 pour attirer davantage l’attention sur cet angle mort dans le financement climatique. Mardi, trois nouveaux membres ont rejoint le Réseau : la Mauritanie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Soudan du Sud. Dans sa déclaration, le Réseau appelle les fonds climatiques et les banques de développement à poursuivre les réformes de leurs mécanismes d’allocation afin de garantir que les financements atteignent les populations vivant dans des zones touchées par les conflits et les crises humanitaires. Le Réseau plaide également pour que les financements soutiennent des projets à long terme visant à renforcer la résilience climatique des pays, plutôt que des interventions uniquement post-catastrophe. DES ENJEUX CRUCIAUX L’adaptation climatique figure en bonne place à l’ordre du jour de la COP30. À Belém, les gouvernements chercheront à finaliser un ensemble complet d’indicateurs pour l’Objectif mondial d’adaptation – un engagement collectif dans le cadre de la CCNUCC visant à définir et suivre la manière dont le monde renforce sa résilience et réduit sa vulnérabilité climatique. Mais les experts affirment que si davantage n’est pas fait pour inclure les pays fragiles et affectés par les conflits, les impacts du changement climatique ne feront qu’aggraver les conditions de vie, les moyens de subsistance et les économies entières de ceux qui sont laissés le plus en arrière. « Nous constatons directement les impacts des liens entre changement climatique et conflits », a déclaré Asif R. Khan, directeur de la division politique et médiation au sein du Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix des Nations unies, qui préside actuellement le Mécanisme Climat-Sécurité. La plupart des opérations de paix de l’ONU sont déployées dans des régions fortement exposées aux risques climatiques et parmi les moins équipées pour gérer les chocs climatiques. Khan a déclaré : « Le changement climatique amplifie les pressions qui alimentent les conflits et les déplacements. Par exemple, le manque d’accès à l’eau a accentué les tensions entre les communautés pastorales et sédentaires dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest. » La manière la plus efficace de soutenir les pays fragiles consiste à les rendre plus stables et pacifiques. Khan a ajouté : « Pour nous, aider les pays à gérer les risques climatiques s’inscrit dans un effort plus large de prévention des crises. Et cela signifie faire plus que planter des arbres ou installer des panneaux solaires. Il s’agit aussi d’impliquer toutes les composantes de la société afin de travailler ensemble dans la même direction pour renforcer la résilience et favoriser la paix. Cela implique, à son tour, des analyses de risques concertées, des partenariats durables et des financements adaptés à la réalité du terrain. » Cet accent mis sur la collaboration – entre consolidation de la paix, développement et adaptation climatique – est également au cœur de l’approche de plusieurs gouvernements donateurs. Neale Richmond, ministre d’État du ministère des Affaires étrangères de l’Irlande, a déclaré : « La politique de
10e Congrès de l’Ordre des experts-comptables : IA, durabilité et talents, les piliers d’une profession en pleine transformation (Maroc)

L’essor de l’intelligence artificielle, l’exigence de durabilité et la rareté des talents au cœur des échanges et débats ECONOMIE. « L’expert-comptable de demain sera un architecte de la confiance, un conseiller stratégique, un accompagnateur de la durabilité », a indiqué, jeudi 13, le président de l’Ordre des experts-comptables (OEC), Faiçal Mekouar. « Il aidera les entreprises à intégrer les critères ESG, à fiabiliser leurs données extra-potentielles, à mesurer leur empreinte carbone et à valoriser la durabilité comme un levier de compétitivité », a-t-il déclaré à l’ouverture du dixième Congrès de l’Ordre des experts-comptables (OEC), en présence de la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni. Organisée sur deux jours à Rabat, cette édition est placée sous le signe de l’intelligence artificielle, de la durabilité et des talents. « Trois piliers qui changeront le monde économique de demain et au-delà le fonctionnement de notre société », a souligné le président de l’OEC. Maîtriser un tant soit peu la cadence des changements Le thème choisi pour ce 10ème congrès, « IA, durabilité, talents : la stratégie gagnante », n’est pas fortuit. Comme l’a expliqué Faiçal Mekouar dans son propos préliminaire, l’Ordre des experts-comptables a initié ce débat aujourd’hui parce que « nous vivons et subissons souvent une époque marquée par la vitesse, l’interaction en machine et l’hyperinflation des régulations pour tenter de maîtriser un tant soit peu la cadence de nos changements ».Ainsi, débattre de ces sujets apparaît d’autant plus logique qu’il est désormais acquis que « l’intelligence artificielle, par exemple, bouleverse nos manières de produire, de consommer et de décider. Elle transforme les chaînes de valeur, redéfinit la compétitivité et redistribue le pouvoir de l’information », a soutenu Faiçal Mekouar ajoutant en outre que l’IA interroge aussi notre souveraineté technologique, notre éthique et notre capacité à préserver l’humain dans un monde d’algorithme.Sur la durabilité, qui n’est plus un luxe, ni une option morale, d’après lui, débattre de ce sujet permet de rappeler qu’elle « est désormais une condition d’accès aux marchés internationaux. Autant dire un impératif de survie pour nos entreprises ».Enfin, sachant que les talents deviennent la ressource la plus rare et la plus stratégique, la transformation numérique comme la transition écologique ne se feront pas sans une révolution de compétences. Aussi, « dans un monde où les machines apprennent plus vite que nous, la vraie valorisation sera humaine », a-t-il affirmé devant un parterre de représentants des institutions publiques, institutions partenaires, confrères des ordres étrangers et professionnels précisant qu’elle se matérialisera à travers la créativité, la responsabilité et la confiance.Ainsi, deux jours durant, la disruption créée par l’intelligence artificielle et les questionnements qu’elle pose sur le futur rôle de l’homme, la contrainte de durabilité et la construction des talents de demain ont nourri les débats et les réflexions, comme l’avaient annoncé Sophia Guessous et Ahmed Chahbi, respectivement présidente du Comité scientifique et président du Comité d’organisation dans la revue du congrès. Les équations économiques ressemblent de plus en plus à des algorithmes complexes Si certains qualifient le momentum actuel de formidable et que d’autres s’inquiètent du danger d’un progrès non maîtrisé, le président de l’OEC s’est attardé sur un constat : « Les équations économiques ressemblent de plus en plus à des algorithmes complexes, interconnectés et souvent imprévisibles ».La situation est telle que, « sur la scène mondiale, les grandes puissances reconfigurent leurs priorités autour de la transition verte, de la révolution numérique et de la requalification des compétences », a-t-il fait remarquer. Il est important de préciser que ces priorités figurent dans le nouveau modèle de développement (NMD), qui a placé la durabilité environnementale, l’inclusion sociale et l’économie du savoir au cœur de notre trajectoire internationale. S’il est admis que « l’intelligence artificielle fait peur, la durabilité coûte cher et les talents de demain sont rares », concède Faiçal Mekouar. Il rappelle une vérité immuable : « L’avenir appartient toujours à ceux qui savent conjuguer raison, passion et innovation ».Par ailleurs, « IA, durabilité et talent ne sont pas trois défis séparés, mais les trois moteurs d’une même ambition, celle d’un Maroc compétitif, responsable et humain », a-t-il jugé bon de souligner. Notons enfin que la forte présence d’experts-comptables à cet important événement « témoigne de l’importance des thèmes que nous allons aborder », a estimé la présidente du Comité scientifique Mme Sophia Guessous qui a salué la qualité et la cohérence des sessions programmées dans le cadre de ce congrès ponctué par des tables rondes, des ateliers ainsi que des conférences plénières animés par des experts de renom, des visionnaires et des pionniers qui ont partagé leurs analyses et leurs expériences.A signaler que la première journée a été marquée par la cérémonie de remise des trophées de l’Ordre des experts-comptables.Alain Bouithy
Accord de paix RDC-Rwanda : Félix Tshisekedi pris au piège de ses errements et du Rwanda ?

PARLONS-EN. Le régime de Félix Tshisekedi a fait du retrait des troupes rwandaises de la RD Congo le préalable à toute signature d’accords avec le Rwanda. Sur Radio France Internationale (RFI), le ministre congolais de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, qui est aussi porte-parole du gouvernement, a réitéré cela, déclarant que « le président Tshisekedi ne peut pas aller signer la paix à Washington sans qu’on puisse constater que les troupes rwandaises se sont retirées de notre territoire ». Or, il y a près d’une semaine, Kinshasa a finalement accepté de signer le volet économique de l’accord de paix (le fameux accord de coopération économique) avec Kigali, alors que les troupes rwandaises sont toujours présentes sur le territoire congolais. Pourquoi cette volte-face ? Selon Muyaya, le gouvernement congolais a paraphé ce document « parce qu’il y a eu un progrès ». Dans le document qui a été signé, une section a été ajoutée, conditionnant la mise en œuvre de la coopération économique à l’exécution du CONOPS. Et c’est bien là le problème. Comment peut-on demander aux Rwandais de quitter le territoire congolais, alors que la réalité de leur présence n’est pas officiellement reconnue dans l’accord signé par Kinshasa et Kigali ? L’autre problème (et c’est ce que les Congolais doivent comprendre) est que l’essentiel de ce qui doit être fait a déjà été fait. Autrement dit, l’accord de paix et son volet économique ont été signés. Félix Tshisekedi et Paul Kagame ne vont pas signer un AUTRE accord; ils vont tout simplement entériner ce qui a déjà été paraphé par leurs représentants. Tout ceci témoigne de l’amateurisme avec lequel le régime de Tshisekedi a géré ce dossier depuis le début. Il n’y a pas de lisibilité ni de cohérence dans la démarche de Kinshasa. Si Félix Tshisekedi n’entérine pas les accords signés, il y a de fortes chances qu’il soit accusé de tous les maux, d’autant que Kinshasa n’a pas ratifié, à ce jour, l’accord de paix signé à Washington, alors que le Kigali l’a fait. Les Américains en sont conscients. S’il le fait, il va, d’une certaine manière, « récompenser » le Rwanda pour la guerre qu’il a menée contre le Congo et son peuple. Dans tous les cas, Tshisekedi est pris au piège de ses errements et du Rwanda, qui, faut-il le dire, n’a, en réalité, aucun intérêt à voir l’accord de paix (et son volet économique) aller de l’avant, même si celui-ci lui est profitable. La prédation dans le chaos est toujours plus profitable qu’en période de paix ou de stabilité. La RDC n’aurait pas dû signer l’accord de Washington. Patrick Mbeko
Gabon : Sylvia et Noureddin Bongo dans la presse nationale et internationale (Revue de presse)

Jeudi 13 novembre. DW : Président de l’ONG SOS Prisonniers, le député de la Transition également juriste, Lionel Ella Engonga, estime cependant que le déroulé même du procès suscite des interrogations : « Nous pensons que ces deux personnes qui étaient aux bancs des accusés, bien qu’absents, ne sont pas les seuls responsables de la situation du Gabon… » Mercredi 12 novembre. La Croix : Sylvia et Noureddin Bongo, épouse et fils du président gabonais déchu Ali Bongo, ont été condamnés mercredi 12 novembre à 20 ans de réclusion criminelle en leur absence, notamment pour détournement de fonds publics. Gabon Média Time : Le président de la Cour, Jean Mexant Essa Assoumou, a rendu la décision, ce 12 novembre 2025, au nom du peuple gabonais, déclarant Sylvia Bongo coupable de recel et de détournement de fonds publics, de blanchiment de capitaux, d’usurpation de fonds et d’instigation au faux. TV5 Monde : La cour criminelle spécialisée de Libreville a donc rendu un verdict lourd à l’encontre de Sylvia Bongo Valentin et de son fils Noureddin Bongo Valentin, respectivement épouse et fils de l’ancien président déchu Ali Bongo Ondimba. Jeune Afrique : Dix anciens proches collaborateurs des Bongo, pour la plupart, eux aussi, arrêtés lors du coup d’État de 2023, comparaissent encore jusqu’à vendredi. Ils sont accusés notamment de complicité de détournement de fonds publics, corruption active, commotion cérébrale, faux et usage de faux, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux. RFI : Le président de la cour criminelle spécialisée, Jean Mexant Essa Assoumou a déclaré Sylvia Bongo coupable de « recel et de détournement de fonds publics et de blanchiment de capitaux, usurpation de fonds et d’instigation au faux », et Noureddin Bongo de « détournement de deniers publics, de concussion, d’usurpation des titres et de fonction, de blanchiment aggravé de capitaux et d’association de malfaiteurs » BBC : Mardi soir, Sylvia Bongo et Noureddin Bongo ont tous deux été condamnés à une amende de 100 millions de francs CFA (177 000 dollars ; 135 000 livres sterling), Noureddin étant également condamné à verser 1 200 milliards de francs CFA (2,1 milliards de dollars ; 1,6 milliard de livres sterling) au titre du préjudice financier subi par l’État gabonais. France 24 : Les récits de certains co-accusés et témoins au cours des deux jours de procès ont révélé un système de captation de l’argent public « au profit d’intérêts privés », se chiffrant en milliards de francs CFA selon le réquisitoire du procureur général Eddy Minang. Africanews : Sylvia Bongo et son fils, installés à Londres, ne se sont pas présentés à l’audience. Leurs avocats dénoncent un procès mené dans des conditions qui, selon eux, ne garantissent pas un jugement équitable. Le Monde : Au cours de ce procès, Eddy Minang, procureur général, a dénoncé un « braquage de la République », en expliquant les rouages du « système Bongo » : un enrichissement personnel au sommet de l’Etat grâce à un entrelacs de sociétés-écrans et des revenus pétroliers occultes. Adrien Thyg
République du Congo. Pour l’unité et la cohésion nationales, comparaison pourrait valoir raison

PARLOSN-EN. TRIBUNE. Aussi pénible que ce soit pour moi de le répéter, encore ici, trois compatriotes, des figures bien connues, ont été condamnées à des peines d’emprisonnement par les Tribunaux Congolais. Deux anciens Ministres, MM. Benoit Koukebene et André Okombi Salissa. Le troisième, M. Jean Marie Michel Mokoko, ancien Chef d’Etat-Major des Forces Armées Congolaises. M. Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont incarcérés à la Maison Centrale d’Arrêt de Brazzaville, en 2016 et 2017, au lendemain de leur participation, comme candidats aux élections présidentielles congolaises de mars 2016, face au Président Denis Sassou Nguesso, vainqueur dudit scrutin. Les deux purgent des peines d’emprisonnement de 20 ans, pour « atteinte à la sûreté de l’État et détention illégale d’armes. Le Ministre Benoit Koukebene, de son exil forcé, hors du Congo, au sortir de la guerre meurtrière du 5 juin 1997, à Brazzaville, est condamné, dans le dossier Oxy de pétrole, pour dit-on, crimes économiques. Du Congo, son pays qu’il aime passionnément, il n’a plus qu’un vague souvenir, depuis 28 ans. Diverses personnalités indépendantes congolaises et étrangères, non des moindres, ainsi que des Organisations Non Gouvernementales dont la Coalition Tournons-la-Page Congo, n’arrêtent pas de demander au Président Denis Sassou Nguesso la remise en liberté de ces trois compatriotes. Invoquant, d’une part, des raisons humanitaires qui s’imposent à tous, comme une juste cause, ou tout au moins, comme une cause qui ne peut être combattue, dans son fondement même. De l’autre, la nécessité de promouvoir l’unité et la cohésion nationales au Congo, dans un contexte où le pays, au fil des événements douloureux qu’il connaît, a de plus en plus besoin de s’approprier ces deux valeurs. Le Gouvernement congolais a toujours affirmé que MM. Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa sont des détenus de droit commun et que la justice est indépendante, au Congo. Soit. A l’occasion de 67 ème anniversaire de la proclamation de la République du Congo, le 28 novembre 2025, je me joins à ces autres compatriotes qui en appellent à la clémence, à la générosité et à l’esprit de solidarité du Président Denis Sassou Nguesso pour libérer ses deux anciens Collaborateurs M. Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa ainsi que le Ministre des Hydrocarbures du Président Pascal Lissouba, M. Benoît Koukebene. C’est là un geste qui contribuerait à renforcer l’apaisement sur l’ensemble du territoire. Y affermir l’unité et la cohésion nationales, dans un contexte particulier. La grogne couve dans le pays, pour divers motifs sociaux, et le Gouvernement congolais est dans une phase préparatoire de la perspective des élections présidentielles de mars 2026. Même si comparaison n’est pas raison, le Président Denis Sassou Nguesso, par grandeur d’âme, pourrait se référer à l’exemple de son collègue Président Algérien qui a tranché, au prix de mille et une négociations, avec la France et l’Allemagne, le cas de l’écrivain Franco Algérien Boualem Sansal. Celui ci a été gracié, le 12 novembre 2025, par le Président Algérien Abdelmadjid Tebboune, après un an de détention en Algérie, pour « atteinte à l’unité nationale et outrage à corps constitué, pratiques de nature à nuire à l’économie nationale et détention de vidéos et de publications menaçant la sécurité et la stabilité du pays ». Une libération qui est le résultat éclatant d’un intense travail diplomatique mené conjointement par la France et l’Allemagne. Il semble que les relations tendues entre la France et l’Algérie, notamment dues aux attaques de l’ancien Ministre Français Bruno Retailleau, aient retardé la décision de grâce. Elle serait peut-être survenue plus tôt. L’Allemagne ayant joué un rôle décisif dans cette remise en liberté, de l’écrivain Boualem Sansal la considère comme un geste humanitaire et une vision politique à long terme. La décision fort attendue par les Congolais du Président Denis Sassou Nguesso de remettre en liberté MM. Benoit Koukebene, Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, à l’occasion de la fête de la République, le 28 novembre 2025, l’élèvera et le grandira. La grandeur de l’homme est dans sa décision d’être plus fort que sa condition. Au demeurant, le geste contribuerait à créer au Congo, les conditions d’une consolidation d’une concorde et d’une communion nationales aux fondements bien fragiles. Par conviction personnelle, ma culture et ma formation, j’estime juste cette cause que je défends. Aussi, je ne me lasse pas de la répéter jusqu’à son aboutissement que je crois possible. Dieu a donné à toute cause une raison. A toute raison, une détermination. Paris 13 novembre 2025 Ouabari Mariotti Ancien Ministre de la Justice République du Congo
Trois questions à Serge Aime Guemou : « Nous voulons implanter cette conscience collective dans nos pays d’origine »

Le président-fondateur du Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc est très apprécié dans le milieu associatif sur le territoire chérifien. Ce natif du Camerounais est rigoureusement engagé dans la défense des Droits de cette catégorie de population, venue de loin de l’autre partie du continent noir. Son histoire est inspirante à plus d’un titre. Interview express. La genèse du Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc découle d’une histoire de faim, de justice et de solidarité. Pouvez-vous nous la raconter ? Bien évidemment. En effet, c’est l’histoire d’un jeune garçon de quinze ans, arrêté pour avoir volé — non pas de l’or, ni de l’argent — mais du pain et un peu de fromage. Lorsqu’on lui demanda pourquoi, il répondit simplement : « C’était pour ma mère malade. Nous n’avions rien à manger ». Ce fut un silence assourdissant dans un tribunal. Le juge, ému, prononça des paroles qui résonnent encore aujourd’hui : « Si un enfant doit voler du pain pour nourrir sa mère malade, alors c’est nous, la société, qui avons échoué ». Il fit alors ce que peu de gens auraient eu le courage de faire. Il déclara que chaque personne présente dans la salle, lui y compris, devait payer une amende pour avoir permis que la faim et l’injustice persistent. Parce que la faim d’un seul être humain est une défaite pour l’humanité entière. Ce fut donc votre source d’inspiration ? Cette histoire, bien qu’ancienne, est toujours la nôtre. Elle parle de solidarité, de responsabilité collective et de dignité humaine. Il s’agit des valeurs fondamentales que le Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc (C.M.S.M.) porte depuis 20 ans. Depuis deux décennies, notre association se bat pour que plus jamais un être humain ne soit contraint à l’injustice, à la faim ou à l’exclusion simplement parce qu’il est migrant, pauvre ou sans voix. Nous avons appris que la migration n’est pas un crime, mais une quête de vie, de dignité et d’avenir. Comme le rappelait Nelson Mandela : « Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes, c’est vivre d’une manière qui respecte et renforce la liberté des autres ». Au Conseil, notre engagement est de fournir un soutien aux migrants et réfugiés par le biais d’une série d’objectifs stratégiques soigneusement élaborés, visant à promouvoir leur intégration et leur développement durable. Qu’en est-il vers des pays d’origine et de départ des migrants ? Au Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc, nous croyons que la solution durable aux défis migratoires commence dans les communautés d’origine. Nos expériences, nos connaissances et notre expertise en matière de gouvernance associative, de protection sociale, de formation, et de dialogue interculturel doivent désormais servir de modèle et d’inspiration à d’autres initiatives locales en Afrique subsaharienne. Le C.M.S.M. veut ainsi devenir un pont humain et institutionnel entre le Nord et le Sud mais surtout entre les pays du Sud eux-mêmes, en renforçant la coopération, la co-construction et la transmission des savoirs. Pour finir, je paraphraserai Cheikh Anta Diop qui disait que le développement d’un peuple ne peut se concevoir qu’à partir de sa propre conscience et de sa propre humanité. Nous voulons implanter cette conscience collective dans nos pays d’origine. Propos recueillis par Kankanbgè Wassoulou
Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc : Beaucoup de réalisations à l’actif, en 20 ans d’existence déjà !

C’est sous le thème : « Vision Sud-Sud : Renforcer les liens entre les pays du Sud pour une migration durable » que le Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc (C.M.S.M.), une Association à but non lucratif, célèbre, dans la communion et la fraternité, ses 20 d’existence. Ce sera les 14 et 15 novembre 2025 à la Salle Allal El Fassi à Rabat. Ce moment n’est pas une simple fête car l’ONG « entend poursuivre son engagement en faveur de la justice sociale, de l’inclusion et de la dignité humaine, tout en partageant ses expériences et bonnes pratiques au niveau régional et continental », comme le souligne Serge Aime Guemou, le président du Conseil (lire trois questions). C’est dans ce combat collectif, et face à l’urgence humanitaire au quotidien, que voit le jour le 10 novembre 2005 dans la capitale administrative du Royaume. Initiée par des jeunes volontaires subsahariens résidents au Maroc, une terre accueillante, la nouvelle structure s’est assignée pour mission de défendre les droits, la dignité et la sécurité des migrants dans ce pays hospitalier, en partenariat avec des associations marocaines et internationales. En deux décennies d’existence, depuis les tragiques événements survenus à Ceuta et Melilla, les 28 et 29 septembre 2005, marqués par des pertes humaines parmi les migrants subsahariens et de graves violations des droits fondamentaux, l’association œuvre sans relâche pour la protection et la promotion des Droits des migrants, le renforcement de la cohésion sociale, la construction d’un dialogue constructif entre migrants, institutions et société civile. Et aujourd’hui, à l’aube de ses deux décades de vie, le C.M.S.M est plus que requinqué pour une migration fluide, équitable et durable dans la prospérité et la prospérité. C’est dans ce cadre, et à travers cette célébration, le Conseil souhaite non seulement honorer son parcours et ses pionniers, mais aussi raviver l’esprit de solidarité qui a guidé sa création. Car ce 20ᵉ anniversaire sera un tournant symbolique, porteur d’un message fort : « Vingt ans de lutte, de dignité et de solidarité pour un avenir commun ». Cet événement commémoratif, de deux journées, rassemblera environ 150 participants issus du Maroc et de l’étranger, dont, entre autres, des représentants d’associations de migrants et ONG partenaires, des autorités locales, des diplomates et représentants institutionnels, des chercheurs, leaders communautaires et acteurs du développement. Pour le Conseil, cette rencontre constituera un espace d’échanges et de réflexion autour des enjeux migratoires, d’intégration et de co-développement mais également une commémoration symbolique rendant hommage aux figures marquantes de la lutte pour les droits des migrants. Ce sera aussi un moment de reconnaissance envers les partenaires, alliés et institutions qui ont soutenu les actions du C.M.S.M. depuis sa création, soulignent les organisateurs. Sans oublier que l’événement sera rythmé par des tables rondes, témoignages, projections, expositions, activités culturelles et artistiques, ainsi qu’une cérémonie de distinction pour honorer les acteurs engagés dans la défense des droits humains. In fine, l’objectif recherché est de renforcer les liens entre migrants, autorités locales, organisations internationales et pays d’origine afin de consolider le dialogue et la confiance mutuelle. Ce sera l’occasion, sans aucun doute, de sensibiliser le public et les décideurs aux enjeux contemporains de la migration, de l’inclusion sociale et du vivre-ensemble, tout en mettant en valeur les initiatives réussies, les bonnes pratiques et la coopération Sud-Sud dans le domaine migratoire. Il sera question, sur autre plan, de consolider les partenariats existants et encourager la mise en place de nouvelles collaborations durables. Kankanbgè Wassoulou