La Convention du travail maritime a 20 ans

La Convention du travail maritime a 20 ans

Adopté le 23 février 2006 par la Conférence internationale du travail maritime La Convention du travail maritime (CTM) a soufflé ses 20 ans lundi 23 février 2026. Ce traité historique a été adopté le 23 février 2006 par la Conférence internationale du travail maritime à travers un consensus tripartite sans précédent et constructif entre gouvernements, armateurs et gens de mer. «Cet engagement partagé a permis d’aboutir à une convention à la fois ambitieuse dans ses protections et pragmatique dans sa mise en œuvre au sein d’un secteur véritablement mondial », ont affirmé l’Organisation internationale du travail (OIT), la Chambre internationale de la marine marchande (ICS) et la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) dans une déclaration conjointe publiée à l’occasion des 20 ans de la CTM. Un pilier du travail décent en mer En parvenant à consolider et à moderniser près de soixante-dix instruments relatifs au travail maritime au sein d’un cadre international unique et complet,  ce jalon de la Convention du travail maritime « a établi des normes minimales contraignantes en matière de salaires, de durée du travail et de repos, de soins médicaux, d’hébergement, de rapatriement et de protection sociale, créant ainsi une base mondiale claire et cohérente pour le travail décent en mer », expliquent-ils. Appel renouvelé pour un transport maritime mondial équitable et durable, protégeant les droits des gens de mer Pour l’OIT, l’ICS et l’ITF, il ne fait aucun doute que, depuis son entrée en vigueur, ce traité « a permis des améliorations tangibles des conditions de vie et de travail à bord des navires, renforcé le respect des normes grâce aux contrôles exercés par les Etats du pavillon et les Etats du port, et offert un mécanisme structuré pour faire face aux défis émergents ». Dans un autre communiqué conjoint, l’OIT et l’Organisation maritime internationale (OMI) ont estimé que la Convention a apporté des améliorations concrètes pour des millions de gens de mer au cours des deux dernières décennies. Contribution à la réalisation du travail décent en mer  Explications : « En établissant des normes minimales claires et applicables couvrant les conditions d’emploi, les salaires, la durée du travail et les périodes de repos, le logement, la protection de la santé, les soins médicaux, le bien-être et la sécurité sociale, et en les appuyant sur des mécanismes de conformité et d’application solides, la CTM 2006 a effectivement contribué à la réalisation du travail décent en mer ». Ce n’est pas tout. Les deux organisations assurent que la Convention a parallèlement contribué à uniformiser les règles du jeu pour les armateurs responsables en réduisant la concurrence déloyale fondée sur des conditions de travail inférieures aux normes. Ce faisant, elle a renforcé la sécurité, l’efficacité et la résilience du transport maritime, pilier essentiel de l’économie mondiale. Dans leur déclaration conjointe, l’OIT, l’ICS et l’ITF se réjouissent de constater  que « les amendements adoptés au cours de la dernière décennie ont renforcé les garanties en matière de sécurité financière, soutenu les gens de mer en cas d’abandon ou de criminalisation, et consolidé les protections face à la pandémie de Covid-19 ainsi qu’aux violences et au harcèlement à bord ». De l’avis des trois organisations, ce traité a transformé les conditions de travail et de vie des gens de mer dans le monde entier et renforcé la concurrence équitable dans le transport maritime mondial. Bien qu’elle constitue un exemple emblématique du dialogue social et de la coopération multilatérale en action,  et malgré des progrès indéniables, l’OIT et l’OMI estiment que la CTM 2006 est confrontée à des défis majeurs. Et pour cause : «Les gens de mer et l’industrie maritime continuent de faire face à des attaques illégales contre les navires, à l’abandon et à la criminalisation des gens de mer, à la fatigue, aux salaires impayés et au refus de permission à terre », déplorent-elles. Garantir la solidité de la MLC et sa pleine mise en œuvre. Ainsi, l’OMI et l’OIT appellent tous les Etats et les parties prenantes de l’industrie à respecter ses normes, à renforcer la conformité et à œuvrer en partenariat pour garantir les droits des gens de mer et promouvoir un avenir équitable, inclusif et durable pour le transport maritime mondial, et saisissent l’occasion du 20e anniversaire de la MLC pour réaffirmer leur engagement envers les principes et les protections qu’elle consacre et reconnaître l’impact profond qu’elle a eu sur les gens de mer et sur le transport maritime mondial. Alain Bouithy

Congo. Non à la révision opportuniste de la Constitution – oui à la stabilité, et à la responsabilité républicaine

Congo. Non à la révision opportuniste de la Constitution – oui à la stabilité, et à la responsabilité républicaine

TRIBUNE. À l’approche de l’élection présidentielle de mars 2026, certains cercles agitent l’idée d’une révision de la Constitution du 25 octobre 2015, invoquant les prétendus dysfonctionnements du quinquennat. Cette manœuvre, présentée comme un ajustement institutionnel, ressemble en réalité à un calcul politique. Depuis la sortie médiatique de Denis Christel Sassou Nguesso, ministre de la Coopération internationale et de la Promotion du Partenariat Public-Privé, des voix issues de certaines officines plaident pour la création d’un poste de vice-président, à l’image du modèle sud-africain. Mais peut-on comparer mécaniquement nos réalités politiques à celles de Afrique du Sud sans tenir compte de notre propre trajectoire institutionnelle ? Ne nous y trompons pas : derrière l’argument institutionnel se joue une guerre d’influence. La bataille des clans est ouverte. Chacun aiguise ses stratégies, non pour renforcer la République, mais pour consolider ses positions en vue des échéances à venir. La présidentielle de 2026 et les législatives de 2027 se préparent dès aujourd’hui dans les états-majors politiques, où l’enjeu réel est la recomposition du pouvoir. Le mandat 2026-2031 s’annonce comme un tournant historique. Selon la Constitution en vigueur, il serait le dernier du Président Denis Sassou Nguesso. La question de la succession devient donc centrale. Dans un contexte de rivalités exacerbées, imposer un dauphin relèverait de l’équilibrisme politique. Chaque clan aspire à l’après-Sassou, et la tension pourrait s’intensifier à mesure que l’échéance approche. Dans ces conditions, ouvrir le chantier d’une révision constitutionnelle pour créer un poste de vice-président serait perçu par beaucoup comme une manœuvre de repositionnement stratégique plutôt qu’une réforme d’intérêt national. Le peuple congolais, éprouvé par un mandat 2021-2026 jugé difficile, attend des réponses concrètes à ses préoccupations sociales, économiques et institutionnelles — non une reconfiguration opportuniste du sommet de l’État. Si changement il doit y avoir, qu’il soit profond, structurant et consensuel. Qu’il ouvre la voie à une République renouvelée, portée par de nouvelles énergies, une gouvernance apaisée et une vision claire pour l’avenir du Congo. La stabilité institutionnelle ne peut être sacrifiée sur l’autel des ambitions personnelles. L’histoire nous enseigne que l’évolution est nécessaire, mais qu’elle doit servir l’intérêt général, non les stratégies de clans. L’heure est à la responsabilité, à la lucidité et au courage politique. Qui vivra verra. Fait à Orléans, le 24 février 2026 Evrard NANGHO Le Patriote Engagé

Manque d’études ou manque de gouvernance ?Le défi des partenariats au Congo

Manque d’études ou manque de gouvernance ?Le défi des partenariats au Congo

Notre réaction à la vidéo du ministre Denis Christel Sassou Nguesso PARLONS-EN. À l’approche de l’élection présidentielle de mars prochain, le débat sur le bilan gouvernemental s’intensifie et met en lumière les forces comme les fragilités de l’action publique. Si plusieurs ministres ont choisi les plateaux de télévision pour défendre leurs résultats, la sortie remarquée du ministre de la Coopération internationale et de la Promotion du Partenariat public-privé, Denis Christel Sassou Nguesso, a suscité une attention particulière. Un choix singulier dans un contexte où la communication gouvernementale se veut collective et coordonnée. En évoquant publiquement le manque d’études comme principal frein à l’attraction des investissements, il a ouvert un questionnement plus large : s’agit-il d’un simple constat technique, d’un aveu de difficultés structurelles ou du révélateur d’un problème plus profond dans la gouvernance des projets au Congo ? Cette prise de parole relance ainsi le débat sur l’expertise nationale, la responsabilité politique et les voies concrètes de renforcement de l’action publique. Le constat : le manque d’études Dans cette intervention, le ministre a pointé une difficulté majeure : l’absence ou l’insuffisance d’études solides pour structurer et attirer des investissements et des partenariats. Pour un ministère dont la mission première est précisément de mobiliser des financements, d’encadrer les partenariats et de sécuriser les projets, l’aveu interpelle. S’agit-il d’un constat lucide sur les faiblesses structurelles de l’administration ? D’un aveu d’échec après plusieurs années d’exercice ? Ou d’un signal indirect adressé au chef du gouvernement et, au-delà, au sommet de l’État ? La question reste ouverte. À l’issue de cette tribune, une vidéo montée et diffusée sur les reseaux sociaux a suscité des réactions. Parmi elles, celle de Marion Michel Madzimba Ehouango, qui a proposé la création, au sein du ministère, d’une structure de validation des projets. Faut-il créer une structure interne ? En réaction à cette proposition, nous avons avancé une autre perspective : au lieu de créer une nouvelle structure administrative, pourquoi ne pas faire appel à des cabinets privés spécialisés, capables d’apporter expertise, indépendance et efficacité ? Cette approche n’est pas inédite. En Allemagne, Angela Merkel a largement fait appel à des cabinets d’expertise externes pour accompagner l’évaluation et la structuration de politiques publiques complexes, avec des résultats reconnus en matière de rigueur et d’efficacité. Au fil de l’échange avec Marion Michel Madzimba Ehouango, il est apparu que ce type de structure existe – ou a existé – au Congo. Le cas de E3M-Consulting Sarlu, cabinet-conseil en investissement public, spécialisé dans l’analyse du risque-pays et collaborant avec des plateformes financières internationales comme AACD Singapore PTE LTD, en est une illustration. Une opportunité pour le Congo Au-delà du débat circonstanciel, une perspective plus large se dessine : celle du développement d’une véritable culture des cabinets d’expertise au Congo. Le pays compte déjà des cabinets médicaux, des cabinets d’avocats, des cabinets d’architectes. En revanche, les cabinets d’études stratégiques, d’ingénierie financière, d’évaluation et de validation de projets restent rares ou insuffisamment valorisés. Pourtant, cette filière pourrait représenter une opportunité concrète pour de nombreux diplômés congolais sans emploi. Structurer, analyser, évaluer, certifier les projets publics ou mixtes : voilà des compétences qui existent, au pays comme dans la diaspora. Encore faut-il les identifier, les mobiliser et leur faire confiance. Les vraies questions Reste une interrogation politique essentielle : le ministre avait-il déjà fait état de cette difficulté auprès du Premier ministre ou du président de la République ? A-t-il exploré les ressources existantes dans les annales des entreprises congolaises ? A-t-il recherché, de manière systématique, des expertises locales capables de répondre à ce besoin ? Ou cette sortie médiatique vise-t-elle à justifier des résultats jugés insuffisants après plusieurs années d’exercice ? Quoi qu’il en soit, cette séquence ouvre un débat utile. Il existe des Congolais capables de produire les études, d’évaluer les risques, de structurer les partenariats dont le pays a besoin. La question n’est peut-être pas l’absence de compétences, mais leur mobilisation. Il suffit de les chercher. Il suffit de leur faire confiance. Et il appartient aussi aux Congolais qui sont au pays comme à l’étranger, de faire connaître leurs sociétés, leurs initiatives et leur expertise. Car la souveraineté économique ne se décrète pas : elle se construit, notamment par la valorisation des compétences nationales. Par Serge Armand Zanzala Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika

Congo : la mort de Firmin Ayessa révèle la persistance des rites Andzimba au cœur du pouvoir ( lecture en 3 minutes )

Congo : la mort de Firmin Ayessa révèle la persistance des rites Andzimba au cœur du pouvoir ( lecture en 3 minutes )

PARLONS-EN. La mort de Firmin Ayessa, cadre historique du régime et figure des Andzimba, déclenche un deuil national boudé par beaucoup pour son caractère sélectif. Loin d’une simple nécrologie, cet événement expose les tensions entre l’État moderne et les rites ancestraux qui régissent encore la disparition des puissants. « Ave Caesar Sassou, morituri te salutant », pourrait-on dire : le défunt salue le pouvoir en emportant plusieurs secrets rituels bien qu’il ait pû initier de nombreux jeunes. Journaliste chevronné, ministre d’État à la Fonction publique et député du Parti congolais du Travail (PCT), Ayessa (75 ans) incarnait l’homme-pont postcolonial : formé à la communication et à l’administration occidentale, mais ancré dans les cosmogonies locales des Andzimba, société initiatique dont il était Mwéné (chef rituel). Le décret 2026-86 du 21 février impose drapeaux en berne et deuil national. Mais un autre récit surgit : exposition du corps aux quatre vents, dessiccation lente des tissus, refus de l’embaumement chimique. Ces pratiques, confirmées par des rumeurs persistantes, transforment la mort en processus rituel étiré, vecteur de continuité ontologique pour le pouvoir. La mort d’Ayessa à quelques jours de la présidentielle, comme celle de Guy Brice Parfait kolelas, soulève des interrogations. Cependant, il faut reconnaître qu’au nom de la paix et pour que soient autorisés les obsèques à Makoua, M. Sassou a dû intervenir en envoyant Gilbert Ondongo supplier les sages de la localité,  » d’ouvrir la terre  » qui était  » fermée  » depuis la disparition du fils de maman Angèle parti chercher du gravier et autres collées sur des Andzimbas dirigés par le de cujus.Il est vrai, les sacrifices de sang existent partout, mais dire que M. Sassou en a besoin pour gagner sa présidentielle, cela ne tient pas la route devant ses faire valoir de candidats. Choc des temporalités : État républicain contre cosmogonie Andzimba L’État exige rapidité, hygiène et clôture symbolique. Les Andzimba imposent lenteur et redistribution des forces vitales au plus fort – un rituel de stabilisation métaphysique. Ayessa, qui avait rompu tôt avec la franc-maçonnerie au profit des rites endogènes, illustre cette ambivalence. « Ces sociétés ont leurs propres technologies du sacré », glissent des témoignages. Son corps, rapatrié de nuit par des « agents funéraires » municipaux (soupçonnés Andzimba), devient un enjeu de souveraineté : mise à l’écart d’acteurs incompatibles, débat sur les objets rituels. Qui gouverne la mort des gouvernants ? L’État, la famille ou les initiés ? Un miroir des rivalités élitaires congolaises Cette friction traverse les élites depuis l’indépendance. Saturnin Okabé, Akwa comme Ayessa, fut inhumé dans l’indifférence ; Ayessa, lui, primait l’Andzimba sur les imports européens. À l’approche des échéances politiques sous Denis Sassou Nguesso, sa disparition rappelle les failles et soupçons : d’empoisonnement d’Adouki Lambert, mort d’Auxence Ickonga (1989), d’Alphonse Foungui (2004), du Général Emmanuel Avoukou (2013), de Charles Emile Apesse (2025). Rivalités Oyo-Makoua, éviction d’Athanase Ngassaki pour Jean Baptiste Ondaye (2022), emprisonnement de Jean-Marie Michel Mokoko depuis 2016… Obtenir la caution Andzimba, arrachée par Ayessa contre vents et marées, exige désormais un aggiornamento des axes Bokouélé-Tchikapika. Le Congo de 2026 n’est pas seulement fait de lois et de budgets : il repose sur rites et mémoires profonds. La fin de l’histoire à la Fukuyama ? Pas ici.(À suivre) Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

Maroc : L’inflation marque le pas en janvier 2026

Maroc : L’inflation marque le pas en janvier 2026

Après la hausse de fin 2025 Début d’année sous le signe de l’accalmie des prix. Après une hausse de 0,8% enregistrée au terme de l’année 2025, l’indice des prix à la consommation (IPC) a baissé au cours du mois de janvier 2026. Selon le Haut-commissariat au plan (HCP), en glissement annuel, il a reculé de 0,8% au cours du mois de janvier 2026. Cette variation est la « conséquence de la baisse de l’indice des produits alimentaires de 2,1% et de la hausse de celui des produits non alimentaires de 0,4% », a indiqué l’organisme public chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. En glissement annuel, l’IPC a toutefois progressé de 0,3 % En ce qui concerne les produits non alimentaires, les données recueillies montrent que les variations sont allées d’une baisse de 2,9% pour le «Transport» à une hausse de 2,8% pour les «Biens et services divers», a précisé l’institution dans sa note d’information relative à l’indice des prix à la consommation (IPC) du mois de janvier 2026. A titre de rappel, la précédente baisse de l’IPC remontait au mois de novembre 2025. L’indice s’était alors établi à 0,3%, en raison du recul de l’indice des produits alimentaires de 1,2% et de la hausse de celui des produits non alimentaires de 0,4%. S’agissant des produits non alimentaires, l’institution avait également expliqué, dans une note relative à cette période, que les variations étaient allées d’une baisse de 1,5% pour le «Transport» à une hausse de 2,5% pour les «Restaurants et hôtels». Comparé au même mois de décembre 2025, l’indice des prix à la consommation a connu, au cours du mois de janvier 2026, une hausse de 0,3%, poursuit l’institution dans sa note. Selon les explications de l’institution, «cette variation est le résultat de la hausse de 0,8% de l’indice des produits alimentaires et de la baisse de 0,1% de l’indice des produits non alimentaires». Il est important de noter que les hausses des produits alimentaires observées entre décembre 2025 et janvier 2026 ont concerné principalement les «Poissons et fruits de mer» (10,4%), les «Légumes» (2,7%), les «Fruits» (0,7%), les «Viandes» (0,4%) et le «Café, thé et cacao» (0,2%). En revanche, les prix ont diminué de 3,1% pour les «Huiles et graisses» et de 0,3% pour le «Lait, fromage et œufs», selon le Haut-Commissariat qui fait état, s’agissant des produits non alimentaires, de la baisse de 5,9% des prix des «Carburants». A titre de comparaison, les baisses des produits alimentaires observées entre novembre et décembre 2025 avaient concerné principalement les «Huiles et graisses» (3,9%), les «Fruits» (2,8%) et les «Viandes» (1,2%).  En revanche, les prix avaient augmenté de 3,3% pour les «Poissons et fruits de mer», de 2,8% pour les «Légumes», de 0,6% pour le «Lait, fromage et œufs» et de 0,4% pour le «Café, thé et cacao». Pour ce qui est des produits non alimentaires, la baisse avait concerné principalement les prix des «Carburants» (0,5%). Toujours selon l’institution, au cours du mois de janvier 2026, « les hausses les plus importantes de l’IPC ont été enregistrées à Béni Mellal (1,5%), à Settat et Al Hoceima (0,7%), à Guelmim et Safi (0,6%), à Marrakech (0,5%), à Agadir (0,4%) et à Casablanca, Tétouan et Meknès (0,3%) ». En revanche, il ressort des données que des baisses ont été enregistrées à Dakhla (0,3%), à Tanger (0,2%) et à Fès (0,1%). Il est à rappeler qu’en décembre dernier, les hausses annuelles les plus importantes de l’IPC avaient été enregistrées à Fès (1,7%), à Kénitra (1,3%), à Guelmim (1,2%), à Settat (1,1%), à Tétouan (1,0%), à Rabat et Errachidia (0,9%), à Agadir et Tanger (0,8%), à Casablanca (0,7%), à Meknès, Dakhla et Al Hoceima (0,5%), à Béni Mellal (0,4%) et à Marrakech (0,2%). Alain Bouithy

SERIES. « Rass Jbel », l’adaptation marocaine d’un phénomène arabe qui prend racine

SERIES. « Rass Jbel », l’adaptation marocaine d’un phénomène arabe qui prend racine

Une fresque aux accents contemporains SERIE. Diffusé jeudi 19 février pour la première fois sur MBC5 à 20h15, le premier épisode de « Rass Jbel »  lance officiellement une fresque produite par Cedars Art Production et Ali n’ Productions. Réalisée par Ayoub Lahnoud et écrite par Basma El Hijri, l’œuvre s’appuie  sur une cellule d’auteurs composée notamment de Mounia Magueri, Oussama Oussous, Adil Yachfine et Manal Khalou ; sous le regard des producteurs Rafic El Zein, Nabil Ayouch et Amine Benjelloun. Portée par Assaad Bouab, Hiba Bennani, Nora Skalli, Amine Ennaji, Sahar Maataoui, Med Ghali Ahmamou, Oussama Bastaoui, Nasser Akabab, Salwa Zarhane, Fati El Jaouhari et Saad Mouaffak, cette adaptation marocaine d’un phénomène arabe s’inscrit dans une démarche de création exigeante et collective. Adapter une série devenue culte dans tout le monde arabe représentait un défi de taille. Lorsque le producteur Rafic El Zein a souhaité développer une version marocaine, l’enjeu était clair : préserver le socle narratif tout en évitant la redite. L’équipe d’écriture a donc choisi de conserver les grandes lignes dramatiques et les dilemmes universels qui ont fait le succès de l’œuvre originale, tout en réinventant en profondeur la structure des intrigues et la trajectoire des personnages. Le travail s’est concentré sur l’enrichissement des arcs narratifs. De nouvelles intrigues ont été créées pour chaque épisode afin de donner à la série une identité propre et une dynamique autonome. Plusieurs personnages ont été entièrement réécrits, d’autres supprimés lorsque leur présence ne faisait plus sens dans le contexte marocain. L’objectif était de construire des figures complexes, dotées de motivations claires, de valeurs parfois contradictoires et d’une véritable évolution dramatique sur la durée. La marocanisation du récit s’est faite de manière organique. Les auteurs ont intégré des traditions locales, un rapport spécifique à la famille, à l’honneur et au regard social, tout en retirant certains éléments présents dans la version originale, notamment les logiques de clans armés et les zones de non droit. Le récit se recentre ainsi sur l’humain, sur les choix cornéliens et sur leurs conséquences irréversibles. Dès les premières phases de développement, Ayoub Lahnoud a été impliqué dans le processus créatif. Cette collaboration en amont a permis d’assurer une cohérence entre l’écriture et la mise en scène. Le réalisateur a apporté son regard d’auteur, enrichissant la narration et donnant davantage de relief aux personnages et aux enjeux dramatiques. Ce dialogue constant entre scénaristes et réalisateur a structuré la série dès sa conception. Un soin particulier a été apporté aux décors naturels et à la direction artistique. Les paysages marocains ont été pensés comme des espaces narratifs à part entière, évitant toute approche folklorique. L’esthétique générale, le choix des lieux et la construction visuelle contribuent à ancrer la série dans un contexte réaliste et incarné, où l’environnement participe activement à la dramaturgie. La direction de casting a constitué une étape déterminante. Le choix d’Assaad Bouab pour incarner le protagoniste masculin répond à une volonté d’allier présence, complexité et intensité dramatique. Hiba Bennani s’impose comme une révélation, apportant à son personnage une profondeur émotionnelle saluée dès les premières projections. Autour d’eux, Nora Skali, Amine Ennaji, Oussama Bastaoui, Nasser Akabab, Salwa Zarhane, Fati El Jaouhari, Saad Mouaffak, Sahar Maataoui et Med Ghali Ahmamou incarnent des figures qui dépassent l’écriture pour devenir pleinement vivantes à l’écran. Leur interprétation donne chair à des personnages aux trajectoires croisées, nourrissant la densité de la fresque. Avec ce premier épisode, Rass Jbel ne se contente pas d’annoncer une adaptation. La série dévoile le résultat d’un travail collectif exigeant, où écriture, réalisation, production et interprétation ont été pensées dans une même dynamique de cohérence et d’authenticité.

Les danseurs du prestigieux Ballet de Milan salués par le public casablancais

Les danseurs du prestigieux Ballet de Milan salués par le public casablancais

Grand gala de danse italienne à Casablanca Le Balletto di Milano (Ballet de Milan), l’une des compagnies de danse classico-moderne les plus prestigieuses d’Italie, a récemment illuminé la scène du Centre culturel « Studio des arts vivants » lors de son Grand gala de danse, une soirée d’exception portée par le Consulat général d’Italie et Dante Alighieri de Casablanca. Dirigée par Carlo Pesta, la célèbre et prestigieuse compagnie a offert aux Casablancais « un voyage émotionnel et artistique » d’une grande classe à travers des performances chorégraphiques qui confirment le talent de ses danseurs. « Une expérience unique pour tous, en particulier pour les passionnés de danse ». C’est la promesse formulée par le Consulat général d’Italie et la Dante Alighieri de Casablanca, à l’occasion de ce Grand gala de danse. Une promesse largement tenue au regard de la qualité du spectacle proposé  par le ballet, mondialement reconnu pour ses interprétations classiques et contemporaines de haut niveau. Un public cosmopolite, près d’un demi-millier de spectateurs venus nombreux des quatre coins de la ville, n’a cessé d’applaudir la troupe tout au long du spectacle. Malgré les humeurs de la nature – rafales de vent, froid persistant et pluie menaçante – rien n’a empêché les Casablancais de faire le déplacement, parfois de loin, pour assister à ce spectacle alliant prouesses chorégraphiques et musique de divers auteurs, dans un décor soigné, servi par des artistes réputés pour leur technique parfaite et l’intensité de leur interprétation. Il faut dire que le spectacle présenté ce soir-là « représente un voyage au cœur de l’art de la danse », comme l’a souligné, dans son mot de présentation, la présidente de la Dante Alighieri de Casablanca, Dr Marina Sganga Menjour. « Le Grand gala de danse du Balletto di Milano est bien plus qu’un simple spectacle : c’est une immersion totale dans les multiples expressions de l’art chorégraphique, capable d’enchanter, d’émouvoir et de célébrer la danse dans toute sa beauté », a-t-elle ajouté avant que les danseurs ne prennent possession de la scène. Décliné en deux temps, le spectacle a émerveillé la salle dans le premier comme dans le second acte. Parents, enfants, professionnels de danse et nombreux curieux ont été tour à tour éblouis et captivés. Les salves d’applaudissements ponctuant chaque prestation témoignaient de l’enthousiasme du public. Un voyage au cœur de l’art de la danse Il faut dire que les 16 danseurs dont 7 danseuses ont proposé ce soir-là un parcours artistique d’une grande richesse, entraînant le public de la magie lyrique du Lac des Cygnes, symbole absolu du Ballet romantique, au dynamisme moderne des ballets Frida et Lux Aeterna, extraits de leur dernière production « La Dolce Vita ». Comme l’avait annoncé un peu plus tôt la présidente de l’association culturelle italienne, chaque tableau exprimait « la polyvalence et la passion des danseurs ».  Il est à souligner que le programme de cette soirée, qui s’est achevé avec une création exclusive du Balletto di Milano, le célèbre Boléro, sur la musique de Ravel, devenu une œuvre culte de la compagnie, a rendu également hommage au grand répertoire classique comme Les flammes de Paris et Casse-Noisette. Nul doute que ce spectacle a suscité des vocations chez les jeunes et les moins jeunes et ravivé chez nombre de professionnels le souvenir de leurs débuts dans la danse. A 21h38, une première haie de danseuses s’est formée pour saluer la salle, suivie d’une seconde composée de leurs collègues danseurs, avant que l’ensemble de la compagnie ne rejoigne la scène, comme le veut la tradition, pour clore un spectacle salué par une longue ovation. Deuxième compagnie de Milan après la Scala de Milan, le Balletto di Milano est considéré parmi les plus prestigieux d’Italie. Il a été nommé Ambassadeur de la danse italienne à travers le monde. « Notre mission est de représenter notre spectacle à travers le monde, y compris en Italie », a confié Carlo Pesta, directeur du ballet et Chevalier officier de la République italienne pour ses mérites dans le domaine artistique et théâtral. Sa renommée est telle que « tous les artistes veulent venir travailler chez nous, ce qui nous permet de recruter les meilleurs danseurs », a-t-il poursuivi. La compagnie, qui s’est produite dans 14 pays à l’étranger depuis le début de l’année, revenait de Paris où elle a donné une série de représentations. «Nous sommes venus directement au Maroc et poursuivrons en Italie pour deux spectacles avant de nous envoler pour le sud de la France, à Marseille. Tout cela grâce à des collaborations, notamment avec la société Dante Alighieri à l’étranger», a précisé Carlos Pesta. Et d’annoncer également d’autres productions prévues d’ici la fin d’année à Malte et dans le sud de la France. Alain Bouithy     

Congo : numérique en pleine tourmente et hécatombe à tous les étages ( lecture en 4 min )

Congo : numérique en pleine tourmente et hécatombe à tous les étages ( lecture en 4 min )

PARLONS-EN. Un vent eschatologique souffle sur le Congo ces derniers temps. Les rafales secouent le secteur du numérique et fauchent également des vies humaines. Les décès récents au sommet de la pyramide se sont ajoutés à ceux que le Congo enregistre quotidiennement. Firmin Ayessa, Philippe Mvouo et Saturnin Okabé se sont éteints, comme des Congolais ordinaires, ceux qui sont abandonnés à leur triste sort dans les hôpitaux de Brazzaville. Tandis que, Nick Fila est en France pour des contrôles sanitaires et Pierre Oba malade depuis des années est à cheval entre Brazzaville et l’Afrique du Sud. Ces événements animent le débat public. La mort et la maladie en Afrique ont toujours fait polémiques et suscitent boucs émissaires. Au Congo, en particulier, chaque décès et maladie suscitent des théories conspirationnistes. Sassou-Nguesso, sorciers ou riches deviennent les cibles faciles. Certaines églises, focalisées sur l’évangile de la prospérité, les fausses prophéties et l’argent, appelées églises de réclame, feignent d’esquiver ces sujets. Les leaders d’opinion brillent par leur silence, laissant les internautes spéculer à l’approche de l’élection présidentielle. Pendant ce temps, les conditions de vie se détériorent, les hôpitaux sont défaillants, et des fonds massifs partent en évacuations sanitaires ou rapatriements de corps des dignitaires qui sont enterrés en grande pompe. L’argent du Congo sert à cela et non au paiement des budgets de transfert, des pensions de retraite, des bourses, des salaires, des entrepreneurs, etc. L’hécatombe dessine son ombre sur le Congo. Numérique : cœur de la puissance nationale sous pression Le numérique n’est plus un simple outil d’innovation : il bat au rythme de la politique, de l’économie, de l’éducation, de la santé et de la démocratie. La régulation et Congo Télécom restent au centre des enjeux. Congo Télécom est acteur majeur de la numérisation du Congo malgré l’augmentation du parc d’abonnés en fibre optique aujourd’hui à 40 milles clients sur un potentiel de 800 milles ( chiffres E2C) mais est orphelin financièrement. L’Agence de régulation des postes et communications électroniques (Arpce) impose une transparence qui ferme les zones grises et les rétrocommissions jadis captées par des réseaux opaques. L’État congolais hésite entre modernisation fiscale et arrangements familiaux informels, avec des menaces contre l’Arpce. Au-delà des télécoms, la souveraineté numérique est en jeu. Christian Yoka outrepasse les directives de la Cemac, pressant un trésor public non structuré – encore dépendant de signatures manuelles – pour contrôler toutes les institutions, au mépris de la séparation des pouvoirs prônée par la Cemac et M. Sassou. De son côté, Christel Denis Sassou-Nguesso voit son heure venue. Son neveu, Junior Omar Bongo, qui après le pétrole, s’implante chaque jour encore plus dans le secteur par sa société Yao Corp dans les fibres optiques via Silicon Connect. Depuis trois ans, il domine le projet de Facture Numérique, à coup de milliards de fcfa au détriment d’initiatives déjà opérationnelles, comme l’ont confié des parlementaires sous anonymat lors de notre enquête. Que devient ce secteur, fierté de la révolution numérique déclenchée par Yves Castanou depuis 2010, face à la prolifération d’acteurs, l’appât du gain, les échecs et les influences politiques ?Collinet Makosso ferme-t-il les yeux sur les errements de Christian Yoka et Léon Juste Ibombo, tolérant folklore et manque de cohésion ? Les faux pas d’Ibombo et la taxe numérique controversée Le ministre Ibombo crée une commission dite « indépendante et inclusive », mais viole les textes en imposant unilatéralement un organe de gestion, sans sessions statutaires. Cette maladresse a occasionné contestations internes et une convocation parlementaire de Ibombo devant la commission des lois – signe d’un déficit institutionnel et juridique. Ibombo, en glissant une taxe sur les terminaux dans la loi de finances, au profit d’une Agence de développement du numérique (Aden) contredit M. Sassou qui vante la vulgarisation du numérique dans ses discours. Cette mesure impopulaire freine l’accès aux équipements en faveur des jeunes et des ménages modestes; elle est sans résultats visibles ni redevabilité. Elle risque de : Ghys Fortune BEMBA DOMBE