CONGO. Bienvenue Gertrude Hobain Mongo : une ascension qui a défié tous les déterminismes

CONGO. Bienvenue Gertrude Hobain Mongo : une ascension qui a défié tous les déterminismes

ZOOM. Certains événements laissent une empreinte indélébile dans notre mémoire collective et dans l’histoire de la République du Congo. Parmi eux, la nomination de la première femme à la tête de la Télévision Nationale Congolaise demeure sans doute l’un des moments les plus marquants. Née le 2 mars 1969 à Dolisie, dans le département du Niari, Bienvenue Gertrude Hobain Mongo est l’une des pionnières de l’audiovisuel public congolais. Comptable de formation, journaliste de métier, écrivaine et mère de quatre enfants, elle demeure à ce jour la seule femme à avoir occupé la fonction de Directrice Générale de la Télévision Nationale Congolaise, depuis la création de l’institution, le 28 novembre 1962. Un parcours professionnel marqué par la détermination Pendant plus de vingt ans, cette femme d’une cinquantaine d’années s’est imposée comme une figure influente dans les sphères administrative, politique et sociale du pays. Après avoir obtenu son baccalauréat série D en 1990, Bienvenue Gertrude Hobain Mongo a très tôt découvert le monde du travail. En 1992, elle a commencé à aiguiser ses compétences administratives en tant qu’agent de liaison (réceptionniste) chez TRANSLO-CONGO, une société dirigée par M. Paul Obambi. Elle exerçait à temps partiel tout en poursuivant une licence en gestion d’entreprise au C.U.F.C.A.E (actuel SGEAE). Les premières initiatives entrepreneuriales Pour des raisons familiales, elle interrompit ses études et enchaîna des contrats à durée déterminée dans le secteur privé. En août 1994, elle lança sa première activité commerciale en ouvrant une boutique de mode nommée « Winners » (Les Vainqueurs). Pendant deux ans, elle parcourut le monde, découvrant plusieurs pays africains, européens et américains, avec pour seul objectif la satisfaction d’une clientèle grandissante. Le retour à la passion et la création d’entreprises En 1996, elle retrouva sa passion pour le travail en répondant à un appel à candidatures, ce qui lui permit d’obtenir un contrat à durée indéterminée en tant qu’assistante de direction. Malheureusement, cet emploi fut de courte durée, suite à la guerre du 5 juin 1997.En 1999, Bienvenue s’envola pour Montréal, au Canada, pour poursuivre ses études à l’Institut de Brossard, où elle obtint en 2000 une Attestation d’Études Collégiales (A.E.C) en commerce international. L’année suivante, elle s’inscrivit au Collège supérieur de Montréal (CSM) et décrocha un Diplôme Professionnel (DEP) en comptabilité. À la fin de cette année-là, elle rentra au Congo avec un projet concret : la création de « Les Établissements Winners », qui donna naissance à d’autres unités commerciales telles que ELLEM Boutique, Winners Food, Win’s Fashion, HM Business Center ou encore Win’ Resto. Une carrière dans la fonction publique et la communication Recrutée dans la fonction publique en 2002, elle fut mise à disposition du Ministère de la Communication, affectée à la Direction d’équipements et de la planification. En avril 2005, elle passa à la Direction de l’information de la Télévision Nationale Congolaise. En mai 2006, elle devint chef de division information au Ministère des Affaires Étrangères et de la Francophonie. La même année, elle obtint une licence en gestion financière, option comptabilité, à l’Institut Supérieur de Gestion (UMNG). L’ascension vers la direction En juillet 2007, Bienvenue fut nommée Directrice des Affaires Administratives et Financières de la Télévision nationale. En janvier 2008, tout en conservant cette fonction, elle fut promue Directrice Générale par intérim, poste qu’elle occupa jusqu’en décembre 2009. Une reconnaissance institutionnelle majeure En juin 2012, elle fut nommée par décret présidentiel au Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC), représentant la Présidence de la République. Elle fut ensuite élue Secrétaire-Comptable et rapporteur de cette instance, poste qu’elle occupa jusqu’en septembre 2016. La première femme à la tête de la Télévision nationale Ce jour-là, une étape décisive de sa vie se transforma en une véritable histoire. La nomination de Bienvenue Gertrude Hobain Mongo à la tête de la Télévision Nationale Congolaise ne fut pas un simple changement officiel. Elle fut une rupture dans une longue tradition institutionnelle, une avancée symbolique majeure : la première femme à occuper ce poste.Ce changement ne s’est pas fait dans l’éclat d’un coup de théâtre, mais dans la sobriété d’une décision administrative. Pourtant, derrière cette simplicité apparente se cache une portée exceptionnelle. Elle représentait une véritable révolution, fruit de la volonté et du courage politique d’un visionnaire, le ministre de la Communication de l’époque, Alain Akouala Atipault, qui avait brisé le plafond de verre qui pesait depuis près d’un demi-siècle sur la carrière des femmes dans cette institution. Un héritage concret dans la gestion de la télévision L’héritage de Bienvenue Gertrude Hobain Mongo ne se limite pas seulement à cette symbolique. Son passage à la direction a été marqué par des actions concrètes et innovantes : amélioration des conditions de travail, formations pour accompagner la transition numérique, renforcement des capacités des journalistes et opérateurs, acquisition d’équipements modernes, augmentation des moyens de transport, émancipation des opératrices de vue (OPV) féminines, signature de partenariats avec Deutsche Welle et Euro News, révision des contrats avec les opérateurs de téléphonie mobile, ou encore installation de Télé-Congo dans le bouquet de Canal+.Elle a aussi mis à profit son expérience conjugale de journaliste pour réduire le temps de production d’un reportage, en accélérant la mise en place de stations de montage. Engagements en faveur des médias et de la société En mars 2015, lors de la Journée internationale des droits de la femme, Bienvenue, alors Secrétaire-Comptable du Conseil supérieur de la liberté de communication, fit une donation de matériels techniques, de fournitures et de motos aux médias publics et privés, contribuant ainsi à renforcer le secteur. Une formation continue et l’expansion entrepreneuriale En 2018, elle obtint un Master I en comptabilité, audit, finance et management à l’Institut de Formation Comptable Européen (IFCE) à Strasbourg, en France. De retour au Congo en 2019, elle développa ses entreprises en créant « HMB Corporation », une société regroupant plusieurs secteurs : voyages, immobilier, communication, informatique, restauration, habillement. Une vie politique et sociale engagée Candidate indépendante aux élections législatives de juillet 2022 dans le district de Banda, dans le Niari, elle fut désinvestie par le Parti congolais

Farida Bemba Nabourema​​​​​​​​​​​​​​​​ à Macron : « Le panafricanisme n’est pas né à Paris. Il n’a pas été théorisé dans les couloirs de Sciences Po »

Farida Bemba Nabourema​​​​​​​​​​​​​​​​ à Macron : « Le panafricanisme n’est pas né à Paris. Il n’a pas été théorisé dans les couloirs de Sciences Po »

LIBRES PROPOS. « Le panafricanisme est, dans sa forme la plus fondamentale, la philosophie politique qui a dit non à tout ce à quoi la France a dit oui pendant quatre siècles: l’esclavage, la colonisation et la néocolonisation », écrit la militante togolaise des droits de l’homme et écrivaine Farida Bemba Nabourema dans une lettre ouverte adressée au président français, Emmanuel Macron, à lire ci-dessous. « Lettre Ouverte à Emmanuel Macron Sur l’audace particulière de revendiquer ce que vous avez passé des générations à détruire Monsieur Macron, Vous vous êtes levé à Nairobi en Mai 2026, lors d’un sommet que vous avez convoqué à la hâte pour sauver ce qu’il restait de la crédibilité africaine de la France, après que les dignes peuples du Mali, du Niger, du Burkina Faso ont expulsé vos soldats, vos bases et vos drapeaux de leur sol, et vous avez déclaré, devant une salle pleine de chefs d’état africains qui ont eu le malheur historique de s’y asseoir en silence, que “vous ( les français) êtes les vrais panafricanistes”. J’ai essayé, avec un effort intellectuel sincère, d’identifier la catégorie précise d’échec moral et cognitif qui produit une déclaration d’une telle magnitude, livrée avec ce degré de sang-froid, et j’ai conclu qu’elle échappe à toute taxonomie existante. Ce que vous avez dit à Nairobi est sa propre espèce de stupidité. Une stupidité si magistralement accomplie, qu’elle exige un mot nouveau. Un néoligisme qui se situerait quelque part à l’intersection exacte de l’analphabétisme historique le plus crasse, de l’impudence institutionnelle la plus consommée, et de cette arrogance civilisationnelle particulière que votre république a si patiemment raffinée sur cinq siècles qu’elle ne ressemble plus à un choix mais à une condition congénitale. Cher Emmanuel Macron : on ne devient pas capable de dire ce que vous avez dit hier (10 mai 2026, DNR) à Nairobi par accident. On y arrive au terme d’une longue éducation dans l’art de ne jamais avoir à rendre de comptes: une éducation que la Cinquième République dispense à ses présidents avec une générosité qu’elle n’a jamais étendue aux peuples qu’elle a colonisés.​​​​​​​​​​​​​​​​ Permettez-moi donc de vous offrir ce que votre éducation, aussi coûteuse et célébrée qu’elle ait sans doute été, a manifestement omis de vous fournir : une leçon d’hustoire. Le panafricanisme n’est pas né à Paris. Il n’a pas été théorisé dans les couloirs de Sciences Po ni dans les salons de votre république. Il est né dans les cales des navires négriers, dans les champs de plantation de Saint-Domingue, dans l’exil d’hommes et de femmes que votre république et ses prédécesseurs ont traqués, empoisonnés, abattus, disparus et enterrés dans des fosses communes précisément parce qu’ils avaient l’audace de croire que les peuples africains et d’origine africaine méritaient de se gouverner eux-mêmes. Le panafricanisme est, dans sa forme la plus fondamentale, la philosophie politique qui a dit non à tout ce à quoi la France a dit oui pendant quatre siècles: l’esclavage, la colonisation et la néocolonisation. C’est la tradition intellectuelle et organisationnelle construite en opposition directe et irréconciliable avec le projet que votre nation a mené sur ce continent avec une constance et une brutalité que votre repositionnement rhétorique actuel ne peut pas blanchir rétrospectivement. Vous connaissez les noms, Monsieur Macron, car ils figurent dans les archives que votre gouvernement a passé des décennies à gérer avec un soin exquis, à publier sélectivement, à classer stratégiquement, et sans jamais les confronter avec la pleine honnêteté sans médiation que la justice exigerait. Toussaint Louverture, qui a conduit la seule révolution d’esclaves réussie de l’histoire humaine et que votre prédécesseur Napoléon Bonaparte a fait empoisonner dans une prison française en 1803, parce que l’existence d’une république noire libre était une contradiction philosophique intolérable pour le projet impérial français et pour l’esclavage que votre république avait brièvement aboli avant de le rétablir. Ruben Um Nyobe, le leader indépendantiste camerounais que les forces françaises ont traqué à travers les forêts de son propre pays et tué en 1958, avant même que l’indépendance ne soit formellement accordée, parce qu’il représentait la possibilité d’un Cameroun qui ne servirait pas les intérêts français. Felix Moumie, également camerounais, empoisonné à Genève en 1960 par vos services de renseignement parce qu’il poursuivait le travail d’Um Nyobe avec une déférence insuffisante envers les préférences françaises. Sylvanus Olympio, le premier président démocratiquement élu du Togo qui construisait une monnaie nationale abattu à Lomé en 1963 par des soldats qui avaient servi dans votre armée coloniale, avec votre gouvernement reconnaissant et soutenant la junte qui lui a succédé jusqu’à ce jour. Mehdi Ben Barka, le leader de l’opposition marocaine qui a disparu à Paris en 1965 avec la complicité directe des services de renseignement et de la police française, dont le corps n’a jamais été retrouvé, et dont le cas demeure l’une des illustrations les plus soigneusement documentées de la manière dont votre république traite le leadership politique africain qui refuse d’être soumis. Modibo Keita du Mali, déstabilisé et renversé. Sekou Toure de Guinée, que votre gouvernement a tenté d’assassiner à huit reprises distinctes après qu’il eut la dignité singulière en 1958 de dire non à l’offre de de Gaulle de tutelle française continue, et quand les assassinats ont échoué, votre gouvernement a imprimé de la fausse monnaie guinéenne en quantités industrielles et a inondé son économie, parce qu’une Guinée libre avec une monnaie indépendante fonctionnelle était menaçante pour les intérêts français. Thomas Sankara, l’intelligence politique la plus lumineuse qu’ait produite l’Afrique de l’Ouest au vingtième siècle, assassiné en 1987 par un homme que votre gouvernement a armé, soutenu, puis maintenu au pouvoir pendant 27 ans pendant que le Burkina Faso était systématiquement pillé et affamé. Et au-delà des individus parlons des massacres. Au moins 250 000 Camerounais tués entre 1958 et 1962 dans une campagne de contre-insurrection que votre gouvernement a menée au napalm et par la punition collective et la destruction systématique de villages. Une campagne si soigneusement supprimée dans la mémoire historique française que la plupart des citoyens français l’ignorent totalement aujourd’hui,

INTERVIEW. Lucile Bernard : L’amour est la colonne vertébrale affective de tout individu

INTERVIEW. Lucile Bernard : L’amour est la colonne vertébrale affective de tout individu

Entre la France et le Maroc, Lucile Bernard poursuit son exploration de l’écriture avec une sensibilité qui lui est propre. Dans son nouveau roman, « Le monde peut tourner sans nous », paru aux Editions L’Harmattan (collection Amarante), la romancière, poétesse et nouvelliste explore les fragilités humaines, les non-dits familiaux, les liens qui nous unissent et ce qui demeure lorsque tout vacille. Alors qu’elle termine actuellement une série de rencontres en France, la  fondatrice du Centre de création artistique Riad Sahara Nour à Marrakech s’apprête à retrouver, dès le mois d’octobre, ses lecteurs marocains lors de séances de signatures prévues notamment à Marrakech, Rabat et Tanger, dans ces librairies «qui ont une âme» auxquelles elle est profondément attachée. Entretien. Pagesafrik.com/Libé : Votre nouveau roman, «Le monde peut tourner sans nous», est désormais disponible en librairie. Avant d’y revenir, pourriez-vous nous parler de votre précédent ouvrage, «Carrousel d’automne», et nous dire ce qui a évolué dans votre écriture depuis ? Lucile Bernard : Chaque roman que j’écris est toujours pour moi une nouvelle expérience. C’est à la fois une histoire enfouie au plus profond de moi, toujours la même, qui m’habite avec ses thèmes récurrents, déclinés en différentes versions, et en même temps c’est une recherche inlassable, obstinée de l’écriture, un désir d’aller toujours plus loin dans cette exploration des mots, dans ce territoire infini de création. Dans « Carrousel d’automne» (L’Harmattan), ma recherche dans l’écriture a été de naviguer dans l’espace-temps en entremêlant les dates et par là même de perdre, de déstabiliser le lecteur, le faire sortir de ses points de repère. Moi-même en écrivant ce livre, j’avoue que je me suis aussi un peu perdue… J’ai été très fortement inspirée pour cela par l’immense écrivain William Faulkner, plus précisément par son roman «Le bruit et la fureur», par cette façon que ce génie de l’écriture a d’embarquer le lecteur à son insu, de brouiller les pistes. Dans mon nouveau roman «Le monde peut tourner sans nous », j’ai eu cette fois-ci envie de m’atteler à l’écriture de dialogues, de faire cette expérience qui mettrait en avant la communication orale entre les différents personnages, de planter un décor, qui ferait de ce roman un genre de littérature cinématographique. Mes sources d’inspiration furent à la fois le metteur en scène François Truffaut et l’écrivaine Marguerite Duras, deux grands géants eux aussi, chacun dans sa spécificité. C’est pour cela qu’on ne peut pas parler véritablement « d’évolution dans l’écriture » mais d’une recherche différente, tout aussi passionnante dans laquelle je m’aventure à chaque fois. Dans la famille d’Auguste, personnage central de votre nouveau roman, «on n’a jamais trop su se dire des mots d’amour». Ce manque d’expression des sentiments est-il, selon vous, à l’origine de sa détresse et des épreuves qu’il traverse ? Oui, je le pense sincèrement. L’amour, dès le plus jeune âge, est nécessaire à l’évolution, la structure psychique de tout individu. Il constitue la colonne vertébrale sur le plan affectif pour le devenir de l’enfant et de l’adolescent jusqu’à l’âge adulte. Dans certaines familles, un manque d’amour peut se faire cruellement ressentir pendant cette période et être la source de maux tels que le mal-être, la souffrance psychologique, le renfermement, l’agressivité. Il peut être à l’origine de déviations comportementales parfois graves qui peuvent perdurer tout au long de sa vie. Parfois l’amour est là mais il y a quelque part une incapacité à le dire, le formuler, mettre des mots dessus, soit par pudeur, soit parce dans la famille on n’a jamais trop su se dire «ces choses-là». Et cette incapacité à se le dire, ces non-dits peuvent engendrer chez l’autre un sentiment d’incompréhension, d’amertume, voire de colère, de regrets et être source de conflits. Auguste entretient des relations souvent tendues avec ses frères et sœurs et peine à trouver sa place au sein de la famille. A travers cette cellule familiale, quel regard portez-vous sur les dynamiques familiales contemporaines ? Chaque famille est une cellule familiale avec ses propres règles, ses propres fonctionnements, ses valeurs. Au sein de cette cellule, on retrouve des choses pérennes comme l’amour, le non-amour, le respect, la violence, l’indifférence, la jalousie, la tendresse, etc.  A l’heure actuelle, il semblerait qu’il y ait une évolution vers une prise en compte des désirs de l’enfant, l’enfant devient sujet, (cf. les recherches de la psychanalyste Françoise Dolto «L’enfant est une personne»). Il paraît qu’il y ait moins de coercition dans l’éducation, on sort de l’emprise parentale, d’une autorité aveugle qui s’exerçait alors parfois au détriment de l’enfant. On voit aussi dans certains pays émerger une prise en compte de la femme quant à sa liberté, ses droits… Mais malheureusement dans cette société actuelle où tout va trop vite, dans cette accélération forcenée qu’on est en train de vivre à tous les niveaux, on peut être aussi confronté parfois à des cellules familiales qui éclatent du fait d’un manque de points de repères, voir s’installer un manque véritable de communication induite entre autres par cette prise de pouvoir monstrueuse qu’opèrent ces géants de l’informatique Microsoft, Apple, Meta… Il n’y a qu’à s’attabler sur une terrasse de café et voir le spectacle désolant de ces familles, assises autour d’une table, chacun sur son portable… Auguste, dit Gus, véritable orfèvre de l’imaginaire, multiplie les plans qu’il échafaude sans échapper à la solitude et aux désillusions. Comme dans «Carrousel d’automne», la joie reste rare. Est-ce un choix délibéré dans votre univers romanesque? J’ai toujours une vision assez pessimiste sur l’amour mais aussi sur le monde actuel, même si cela n’enlève en rien à cette foi irréductible que j’ai en eux. Nous vivons en ce moment dans un monde hanté par les guerres, les catastrophes écologiques, asservi à la cause du profit, la toute-puissance des médias. Nous vivons dans un monde en pleine perte de sens. Et c’est justement ce que dénonce Auguste dans le roman, une des raisons pour laquelle il aboutit à ce constat amer de désillusions, «les autres, ils se sont bien foutus de nous». Avec ces mots, il porte par là même sur

Congo : le Ministre Jean Olessongo Ondaye engage une vaste purge aux Services de l’Immigration

Congo : le Ministre Jean Olessongo Ondaye engage une vaste purge aux Services de l’Immigration

LA BONNE SURPRISE. Déterminé à traduire dans les faits la lutte contre les antivaleurs prônée par le sommet de l’État, le nouveau ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local, Jean Olessongo Ondaye, vient de frapper un grand coup. En engageant un remaniement en profondeur au sein de la Direction des Services de l’Immigration, il signe la fin de l’impunité pour les réseaux qui entravaient la délivrance des documents officiels. Le grand ménage au sommet de l’Immigration Le signal fort de cette reprise en main a été le limogeage sans équivoque du Directeur des services de l’immigration, le Colonel-Major Louis Marie Tondo. Mais la purge ne s’est pas arrêtée à la tête de la pyramide. Dans un souci de démanteler les chaînes de complicité, plusieurs hauts gradés ont également été relevés de leurs fonctions. Parmi eux figurent le Colonel Midio ; le Commandant Phaï ; le Commandant Moundia et le Commandant Ondélé. Cette vague de sanctions illustre la volonté du ministre de ne plus tolérer de « zones d’ombre » dans la gestion des effectifs et des carrières au sein de cette administration stratégique. Le passeport : de « document de luxe » à un service public retrouvé Avant l’arrivée de Jean Olessongo Ondaye à la tête du ministère de l’intérieur, la situation de l’immigration était devenue critique. Le passeport, pièce d’identité fondamentale et droit pour chaque citoyen, était devenu une denrée rare, voire un objet de spéculation.L’opinion publique dénonçait régulièrement des pratiques déviantes, telles que la création de réseaux parallèles de délivrance ; le clientélisme et la corruption systémique et une rareté artificielle entretenue pour faire monter les enchères. En imposant son rythme et sa cadence dès sa prise de fonction, le ministre entend transformer ce parcours du combattant en un service fluide, transparent et accessible à tous, conformément aux attentes légitimes du peuple congolais. La « Méthode Olessongo », rigueur, discipline et transparence L’approche du ministre Jean Olessongo Ondaye repose sur un triptyque clair : éliminer l’incompétence, extirper la corruption et restaurer la discipline. Pour le nouveau patron de l’Intérieur, le comportement de certains agents a trop longtemps terni l’image des forces de sécurité intérieure et de l’État congolais.Cette réforme n’est pas qu’administrative ; elle est morale. Il s’agit de : rétablir la confiance ; réconcilier le citoyen avec ses institutions en supprimant les barrières monétaires illégales ; renforcer le contrôle ; reprendre en main la chaîne de production des documents de voyage pour garantir la sécurité du territoire ; sanctionner l’inertie et remplacer les cadres passifs ou complices par des profils intègres et dynamiques. Un signal fort pour l’avenir Si l’étendue des défis reste immense, ce premier acte de « salubrité administrative » marque un tournant. Le ministre Jean Olessongo Ondaye ne se contente pas de discours ; il lie l’acte à la parole. Ce remaniement est un avertissement direct à tous les services sous sa tutelle : la performance et l’intégrité sont désormais les seules garanties de maintien en poste. Alors que les usagers commencent à observer les premiers signes d’un changement de paradigme, les prochaines étapes de cette réforme seront scrutées de près par la population et les partenaires internationaux du Congo, impatients de voir l’administration publique retrouver ses lettres de noblesse. En définitive, le ministre Jean Olessengo Ondaye a scellé la rupture entre les pratiques du passé et une dynamique nouvelle, plaçant désormais la protection de l’intérêt général au cœur de l’action des services de l’immigration. Wilfrid Lawilla D.

Gabon : Dénouement de la crise à l’ambassade du Congo grâce à la médiation du président de la communauté congolaise

Gabon : Dénouement de la crise à l’ambassade du Congo grâce à la médiation du président de la communauté congolaise

TRIBUNE. Un retour au calme a été observé le 4 mai 2026 à l’ambassade de la République du Congo à Libreville, mettant fin à plusieurs heures de vives tensions entre les ressortissants congolais et les autorités consulaires. Ce dénouement est le fruit de la médiation menée par M. Gildas Parfait Diamonéka, président de la communauté congolaise au Gabon. Une réunion de concertation a été organisée sous l’autorité de l’ambassadeur du Congo au Gabon, M. François Ibovi a permis de rétablir le dialogue entre les ressortissants congolais et les autorités consulaires. Une crise ouverte a été évitée de justesse entre les ressortissants congolais du Gabon et leur représentation diplomatique à Libreville. Après vingt-quatre heures de vive tension marquées par la frustration et des mouvements d’humeur, le calme est revenu. Ce dénouement fait suite à une médiation de Gildas Parfait Diamoneka, président de la communauté congolaise au Gabon, qui a permis aux compatriotes d’obtenir les éclaircissements attendus. Épaulé par les membres de son bureau national, notamment M. Mombo Sivo, chatgé de la communication et relations extérieures) et M. Ghislain Tchikaya en charge du sport et culture, le président de la communauté a œuvré de manière décisive à la désescalade des tensions. Une réunion d’urgence pour éviter l’escalade Pour répondre à la grogne croissante, une réunion de crise a été convoquée sous la haute autorité de l’ambassadeur François Ibovi. Cette initiative visait à apaiser la situation au sein de la représentation diplomatique congolaise au Gabon. Sous le signe du dialogue, cette rencontre a mis face à face l’administration consulaire, notamment Serge Alain Ossenguet et Marien Iboulamoki et les représentants de la communauté congolaise au Gabon. L’objectif commun était de dénouer sans délai une situation devenue inconfortable pour l’ensemble des parties prenantes. Des zones d’ombre entourant la manipulation d’un fonds de 5 millions de FCFA À l’origine de la crise se trouve un incident survenu lors de l’accueil du président Denis Sassou-N’Guesso à l’aéroport international Léon-Mba de Libreville. La polémique s’est cristallisée autour d’une enveloppe remise publiquement aux ressortissants, laquelle aurait été préalablement ouverte, suscitant ainsi l’indignation des compatriotes présents. Selon les précisions fournies lors de la réunion, l’enveloppe de cinq millions de francs CFA, don du Chef de l’État destiné à remercier les 437 compatriotes mobilisés pour l’accueil, a été présentée déjà ouverte par les autorités consulaires. Ce détail a été le point de friction majeur lors des échanges. A ce fait, s’est ajouté un climat d’hésitation dans la transmission du Don, devant une foule déjà fatiguée par l’attente mais attentive aux moindres gestes. Cette succession d’éléments imprévisibles a provoqué des interprétations diverses et nourri un sentiment de méfiance parmi les autorités présentes sur place. Beaucoup y ont vu un manque de transparence. Suite à cet incident et aux vives protestations qui ont suivi, le président de la communauté congolaise a été appelé à mener une médiation pour désamorcer la crise. M. Gildas Diamonéka s’est d’abord employé à apaiser ses compatriotes en les invitant à la retenue et à la confiance envers les autorités consulaires. Il a ensuite rappelé les valeurs qui ont motivé leur forte mobilisation pour l’accueil du Chef de l’État. Enfin, le président a précisé que cette organisation s’inscrivait dans le cadre rigoureux défini lors de la réunion préparatoire tenue le 30 avril 2026 à l’ambassade. Selon le président de la communauté congolaise au Gabon, M. Gildas Diamonéka, l’incident découle principalement d’une erreur de gestion dans la perception des foules et d’un manque de communication concernant la remise du don présidentiel. Il a tenu à préciser qu’il ne s’agissait en aucun cas d’une intention délibérée de l’ambassade de léser les participants. Par Prosper Makaya

Congo – stupre : premier clash entre Sassou, Bouya et Collinet sur fond de….( Dossier en 5 mins)

Congo – stupre : premier clash entre Sassou, Bouya et Collinet sur fond de….( Dossier en 5 mins)

INDISCRETION. Après les errements de Malanda Samba qui a tenté de s’accaparer du Figa pour en faire un patrimoine personnel, on a cru que les politiques accorderaient leurs violons pour rehausser le niveau de l’éducation et pour améliorer l’offre de santé détruits par Rosaire Ibara, Bruno Jean Richard Itoua, Anatole Collinet Makosso (ACM), Gilbert Ondongo et autres, grosse erreur ! Les récentes décisions de la ministre Delphine Édith Emmanuel Adouki soutenues par le président Sassou Nguesso contre la forfaiture de Makani et Cie qui s’appuient sur les réseaux de ACM et Jean Jacques Bouya sont au centre des tensions. Aux origines de la dégradation du système éducatif À la suite des évènements de 1997, l’université Marien Ngouabi (UMNG) fonctionnait avec des moyens limités. Malgré un budget modeste, le recteur Charles Gombé Mbalawa, le vice-recteur Laurent Tchissambou, le secrétaire général Jean Marie Soungoua sous le magistère du ministre François Lumwamu, avaient engagé des efforts de réhabilitation des infrastructures détruites et tenté de maintenir la qualité de la formation universitaire. Mais la cadence imprimée par cette équipe post-conflit n’avait pas été suivie par les cadres nommés plus tard, et ce, en dépit de l’augmentation des budgets alloués. Ces cadres se sont progressivement illustrés par des dérives dans la gouvernance des universités tant publiques que privées : recrutements abusifs et sélectifs (des demoiselles et autres devenues amantes et maîtresses), droit de cuissage, détournements de fonds, délivrance des faux diplômes, spoliation des immobilisations corporelles de l’université et du CHUB (terrains et bâtiments), le cas du terrain situé à côté du Service d’hygiène où plusieurs personnes dont, le ministre Pierre Nzila, avait fait construire sa villa… Le ministre Henri Ossebi, son remplaçant, s’était solidarisé de cette spoliation. Il n’en avait dit mot. Fermeture et ouverture controversées En 2013, face à la multiplication de cas de fraudes académiques et de falsification de diplômes sous les yeux du ministre Ange Abena, Georges Moyen prend la mesure forte de suspendre la formation des masters pour l’ensemble des établissements privés d’enseignement supérieur. Propulsé ministre sous les auspices reconnaissantes de JDO ( dont-il avait sauvé l’enfant et l’épouse au CHUB), il suscite l’ire et l’opprobre d’un club ethno-politique de Bayardel. En 2018, Bruno Jean Richard Itoua (Lucifer), au mépris des avis contraires, procède à la réouverture en accordant anarchiquement des agréments pour les licences et les masters. Dans le même sillage, Jean-Rosaire Ibara (Juda) commence l’oeuvre de crucification de l’UMNG : recrutements d’enseignants sans qualification entre 2018-2021 dont plusieurs sont détenteurs de Master pourtant interdits car produits entre 2012 et 2018; régularisation de ces faux diplômés devenus opportunément CETP (Chargés d’Encadrement Technique et Professionnels). Lesdites régularisations ont été faites via de pseudo thèses de doctorat passées après une année académique au lieu de trois ou quatre ans, le cas à la fac des sciences sous Mathias Adrien Ndinga : c’est le règne des rabaisseurs de formation avec des étudiants qui viennent baver en Occident. Pareil dans les établissements privés, sans fondement ni corps professoral permanent sérieux. ESGA et ENAM sous les feux des projecteurs Lundi 4 mai 2026, l’ESGAE de Makany a récidivé en s’engageant dans la soutenance de thèse alors que son établissement est dépourvu d’une école doctorale. Malgré l’absence du décret et l’interdiction du ministre Adouki par lettre n°00342/MERSIT/CAB/DGESUP du16/05/22, Makani perdure dans ses thèses, autorisé par Lucifer via Macaire Batchi. Des doctorats refusés au Cameroun par le ministre Jacques Fame Ndongo, mais soutenus au Congo par ces compatriotes. La situation s’est empirée à l’ENAM avec l’arrivée du Pr Yvon Ndongo Ibara : le concours d’entrée 2026 a été glauque et pourri dans tous les départements de formation dont celui de la Magistrature. Les recalés du Bénin ont été recasés portant la formation d’un numérus clausus de 75 à plus de 250 (c.f rapport d’enquête de la CID ). D’ailleurs, le profs Parisse Akouango et Cie ont été entendus à la CID. A son temps, Pacifique Issoibeka avait suspendu les formations d’Inspecteur des impôts, des douanes et du trésor. En 2009, sans maîtriser les contours, Gilbert Ondongo (Belzébuth), les réouvre, résultats : vols, concussion, tromperies et autres comportements s’accélèrent dans les administrations financières. Complexé et obséder de paraître, les congolais sont à la quête des distinctions honorifique. Rien que pour l’année 2025, 120 doctorats honoris causa ont été délivrés : Silvère Dongou, docteur honoris causa contre espèces sonnantes, Céphas Germain Ewangui, Luc Missidimbazi, Flavie Lombo, Innocent Péa, Yves Moundélé Ngolo…Ces doctorats ne sont reconnus, ni par les universités membres du CAMES ni dans le monde et n’ouvrent à aucun droit à former, moins encore à enseigner. Au Nigeria, leur mention est strictement interdite. Pourquoi cette profusion de diplômes ? La reconnaissance par l’État ouvre au recrutement à la fonction publique et dans le secteur privé. Même l’UMNG a des Masters ESGAE qui travaillent et enseignent en son sein depuis la forfaiture du Prof Gontran Ondzotto, président de l’UMNG (2021-2024). Ainsi, les ATOS deviennent enseignants avec le CETP faisant exploser le budget de l’université de 38 à 63 milliards. Certes, la ministre Emmanuel Adouki a annulée cette fameuse thèse de doctorat en gestion et pris des décisions pour restaurer la crédibilité académique, mais des observateurs pensent comme nous l’avions esquissé dans notre livre ,  » le système éducatif francophone au creux de la vague : cas du Congo « , que, les problèmes d’éducation sont connus. A M. Sassou de prendre des mesures de protection et de sauvegarde de tout le système de formation universitaire public et privé. ACM, censé apporter le changement est lui-même cité dans cette confusion pour avoir validé des recrutements à l’université des enseignants de masters ( ex Parfait Iloki ) et son Université dit Internationale de Brazzaville (UIB) à… Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Roch Régis BIKOUA : Nous continuons à brasser du vent pendant que les catastrophes climatiques se multiplient

Roch Régis BIKOUA : Nous continuons à brasser du vent pendant que les catastrophes climatiques se multiplient

INTERVIEW. « Dix ans après l’Accord de Paris, les promesses ne sont toujours pas tenues », constate l’écrivain congolais Roch Régis Bikoua qui a construit une réflexion profondément nourrie par son engagement pour l’environnement et par les réalités climatiques vécues sur le continent africain. Dans La gouvernance responsable pour le climat, son nouvel ouvrage paru aux éditions libres-opinions, le Président de l’association Espoir pour l’avenir dénonce une diplomatie climatique mondiale qu’il juge prisonnière des discours, des effets d’annonce et de l’inaction. Pour l’auteur de Un regard sur l’environnement au Congo et L’excellence environnementale, une énergie à bon marché, l’heure n’est plus aux grands discours.  PAGESAFRIK.COM : « La gouvernance responsable pour le climat » est le titre de votre nouvel ouvrage. Quel constat principal vous a poussé à poursuivre cette réflexion et pourquoi estimez-vous que, dix ans après l’Accord de Paris, les résultats restent insuffisants ? Roch Régis BIKOUA : L’idée de mon troisième livre est née d’une colère froide, celle de voir l’intelligence humaine et la puissance diplomatique s’enliser dans une mise en scène permanente où l’on feint de soigner le malade tout en alimentant sa fièvre. J’ai écrit ce livre pour celles et ceux qui, comme moi, se sentent trahis par l’écart considérable entre les discours et les actes lors des grands soirs de signatures internationales sur le climat. On organise des sommets qui coutent très chers pour promouvoir juste «  les effets d’annonce » pendant le monde brule. Les populations les plus vulnérables payant le prix d’une crise qu’elles n’ont pas provoqué, ont besoin des actes palpables sur le terrain que les effets d’annonce des décideurs. Le problème est que les promesses des Etats riches ne sont toujours pas tenues et qu’ils refusent de financer d’avantage et c’est le point de blocage dans les négociations internationales. C’est ainsi où je me suis posé des questions sur la crédibilité de la parole politique. Comment sortir de la pauvreté sans polluer la planète ? Comment donner l’accès à l’énergie aux populations du sud qui ont des problèmes d’électricité ? Comment se développer ? Bref ! Dix ans après l’accord de Paris, les promesses ne sont toujours pas tenues Les Pays riches font un semblant de promouvoir les énergies renouvelables avec les publicités des voitures électriques mais aucune mesure sur les énergies fossiles qui continuent à faire d’eux les pays les plus riches. Dix après l’accord de Paris, la planète est loin d’être sauvée. On nous embrouille dans les médias des pays riches avec des trajectoires montrant une légère baisse des émissions du CO2  alors que sur le terrain Il y a un constat sur la hausse des émissions de gaz à effet de serre causant des catastrophes énormes dans les pays pauvres. Ceci étant, dix ans après l’accord de Paris, dix ans après la mise en place des objectifs de développement durables des Nations unies, rien n’a avancé dans les actes et cela met en cause le leadership climatique. C’est ainsi où j’alerte que La COP21 est un accord histotoxique trahi par l’inaction d’une part, et d’autre part il y a l’échec des ODD en matière climatique. Vous évoquez un fossé entre les discours et les actes, tout en dénonçant l’écoblanchiment et l’inaction institutionnelle. Comment ce décalage se manifeste-t-il aujourd’hui dans les politiques climatiques internationales ? Des prétentions écolo qui ne sont pas appuyées par les faits se manifestent du jour au lendemain. Ce marketing commercial originaire des pays riches, a été inventé pour plonger le monde dans un embrouillamini, est une preuve de l’irresponsabilité pour le climat. Il se manifeste en attirant les consommateurs soucieux de l’environnement en présentant des publicités, des slogans, des logos et des emballages soulignant les attributs ou les avantages environnementaux d’un produit ou service. Le non-respect des engagements climatiques est aussi une forme d’écoblanchiment malgré la multiplicité des discours écolo sans lendemain. Présenter un produit ou service comme ayant plus d’avantage environnemental qu’ils n’en ont pas, est illégal car c’est une publicité trompeuse. Dans les politiques climatiques internationales, on nous fait croire que le thermomètre mondial est placé sous haute surveillance diplomatique. Pourtant, quand on regarde les graphiques de concentration de concentration de CO2 dans l’atmosphère, on a l’impression d’observer les débris d’un naufrage. Quand l’accord de Paris devient aujourd’hui une cathédrale de papier, magnifique à contempler mais incapable de nous abriter contre les catastrophes climatiques, est une trahison historique. Car il est insupportable de voir un succès médiatique planétaire se transformer en un désert législatif national. Les grandes puissances économiques portent-elles, selon vous, une responsabilité particulière dans l’échec des engagements climatiques et l’inefficacité des mécanismes de justice climatique ? Les responsables historiques de la dégradation du climat mondial sont censées être exemplaires dans la lutte contre le réchauffement climatique surtout en ce qui concerne le respect des engagements. Triste est de constater l’écart considérable entre les discours et les actes. La diplomation mondiale pour le climat a brillamment échoué. Cependant, je m’explique : Les pays ayant ratifié l’accord de Paris, avaient pris l’engagement de le faire valider au niveau de leur parlement respectif ? Est-ce le cas aujourd’hui ? Même la France, pays organisateur de la COP21 n’a jamais pensé faire valider cet accord dans son arsenal législatif. Pourquoi ce refus tacite des dirigeants du monde d’intégrer l’accord de Paris dans la loi nationale des pays ayant ratifié ledit accord? A mon avis, les décideurs ont peur que le juge puisse annuler une décision gouvernementale au nom de la protection du climat. Voilà la raison du refus de faire entrer l’accord de Paris dans la loi ; le refus de donner le pouvoir au citoyen de trainer leur propre Etat devant les tribunaux pour « faute climatique ». Vous affirmez que l’Afrique paie le prix d’une crise qu’elle n’a pas provoquée. Quels sont aujourd’hui les impacts climatiques les plus alarmants sur le continent et que faudrait-il changer concrètement ? Les impacts climatiques les plus alarmants sont partout en Afrique : Bref, la liste des catastrophes climatiques en Afrique est tellement longue que le temps de cette interview n’y suffirait pas. Voilà pourquoi le changement ne peut que

D.A.T.A 2026 : les étudiants de l’INPT lancent un rendez-vous dédié à la data et à l’IA à Rabat

D.A.T.A 2026 : les étudiants de l’INPT lancent un rendez-vous dédié à la data et à l’IA à Rabat

Deux jours de débats, workshops et hackathon autour de l’intelligence artificielle La première édition de D.A.T.A – Data & AI Talents Assembly se tiendra les 14 et 15 mai 2026 à Rabat au Maroc, à l’initiative des étudiants de la filière Data Science de l’Institut national des postes et télécommunications (INPT) qui annoncent la participation de près d’une vingtaine de grandes écoles. Consacré aux enjeux de la donnée et de l’intelligence artificielle au Maroc, cet événement inédit « vise à devenir le rendez-vous annuel fédérateur de l’écosystème numérique marocain », soulignent les organisateurs qui souhaitent créer, à travers cette rencontre, un espace d’échange réunissant décideurs, entrepreneurs, chercheurs, experts et jeunes talents autour des grandes transformations technologiques en cours. Une initiative portée par les étudiants pour contribuer à la compétitivité du Maroc dans la révolution des données et de l’intelligence artificielle Placée sous le thème « Innover ou dépendre : Startups, souveraineté numérique & compétitivité économique à l’horizon 2030 », un choix qui s’inscrit pleinement dans les priorités actuelles de l’écosystème technologique et économique marocain, soulignent-ils. Plus de 200 participants issus des milieux académique, professionnel et entrepreneurial sont attendus à cette édition, qui mettra en lumière les défis liés à la souveraineté technologique, à l’innovation et à la compétitivité économique dans un contexte mondial marqué par l’accélération de la transformation numérique. Seront notamment du rendez-vous : des étudiants, professionnels, experts et acteurs du numérique. S’articulant autour de deux journées dédiées à la réflexion, à la pratique et à l’innovation autour de la data et de l’intelligence artificielle, le programme comprendra des conférences, des panels d’experts, des workshops pratiques ainsi qu’un hackathon. La première journée sera marquée par des panels et workshops animés par des professionnels du secteur numérique. Un panel plénier réunira, en martinée, des experts issus d’entreprises de premier plan du secteur numérique pour débattre des enjeux de l’écosystème data, IA et startups au Maroc, avant un atelier pratique prévue dans l’après-midi et consacré à l’IA agentique, permettant aux participants de découvrir et d’expérimenter des outils d’IA appliqués à des cas concrets. La deuxième journée sera entièrement consacrée à un hackathon autour d’une problématique réelle liée à la data et à l’IA dans le contexte économique marocain. Les équipes participantes devront concevoir et développer des solutions innovantes avant de présenter leurs projets devant un jury lors d’un pitch final. Les trois meilleures équipes seront récompensées à l’issue de la cérémonie de clôture. Patricia Engali A PROPOS DE L’INPT ET DE LA FILIÈRE DATA SCIENCE. L’Institut National des Postes et Télécommunications (INPT) est un établissement d’enseignement supérieur d’excellence, rattaché à l’ANRT. Fort de ses valeurs d’innovation, d’entrepreneuriat et d’ouverture, l’école forme les leaders de demain et contribue activement au développement de l’écosystème numérique marocain et africain. C’est dans cette dynamique de formation et d’innovation que s’inscrit la filière Data Engineer de l’INPT qui forme des ingénieurs spécialisés dans la gestion, l’analyse et l’exploitation des données à grande échelle. Elle combine l’ingénierie des données (architecture, stockage, pipelines, gouvernance) et l’intelligence artificielle (modélisation statistique, machine learning, aide à la décision). Les ingénieurs formés interviennent sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la donnée, avec une double maîtrise technique et managériale qui les distingue sur le marché du travail