RDC. Comprendre les sanctions américaines contre Joseph Kabila

SANS DETOUR. Les États-Unis, via le département du Trésor, ont sanctionné l’ancien président, Joseph Kabila, l’accusant de « semer l’instabilité » dans le Kivu en apportant un soutien financier, opérationnel et politique à l’AFC/M23, qui est soutenu par le Rwanda. Les sanctions américaines entraînent l’inscription de son nom sur la liste noire de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), le gel des avoirs éventuels aux États-Unis et l’interdiction pour les citoyens ou entreprises américaines de commercer avec lui. La nouvelle, qui a surpris plus d’un observateur, a suscité de nombreuses réactions. À Kinshasa, le régime de Félix Tshisekedi et ses partisans ont salué les sanctions américaines, y voyant le signe d’un soutien marqué de l’administration Trump envers Kinshasa. Mais que révèlent réellement ces sanctions ? Que disent-elles des intentions de Washington, de son rapport au pouvoir de Kinshasa et de sa lecture de la crise congolaise ? Plusieurs observations s’imposent. Primo, contrairement aux déclarations du gouvernement congolais, ces sanctions confirment que Joseph Kabila n’est pas le créateur de l’AFC/M23. L’ancien président est plutôt présenté comme un soutien du mouvement rebelle. Ce qui se comprend dans la mesure où Kabila a clairement fait savoir dans une interview à La Libre Belgique qu’il s’inscrivait dorénavant dans une logique de confrontation avec le régime de Félix Tshisekedi. La lecture du communiqué du département du Trésor donne à penser que l’ancien président est désormais à la manœuvre. Ce qui nous amène à la seconde observation : les sanctions américaines visant Joseph Kabila doivent être interprétées moins comme un geste de complaisance envers le régime de Kinshasa que comme un signal politique. Washington sait pertinemment que l’ancien président congolais ne détient probablement pas d’avoirs significatifs aux États-Unis. Dès lors, l’annonce du gel de ses biens relève davantage d’une mesure symbolique que d’un dispositif réellement contraignant sur le plan financier. L’objectif ici semble plutôt être de lui adresser un avertissement clair, tout en signifiant que les États-Unis entendent exercer une pression politique sur les acteurs congolais susceptibles de peser sur l’évolution de la crise actuelle, y compris Tshisekedi lui-même. En fait, ces sanctions s’inscrivent dans la foulée de mesures prises par les États-Unis contre des officiers rwandais des Forces de défense rwandaises (RDF) sanctionnés par Washington, il y a peu. À Kinshasa, le régime de Tshisekedi et ses laudateurs ont crié victoire, ne réalisant pas que la position américaine n’avait absolument rien à voir avec la défense des intérêts de la RDC. Il faut, à cet effet, rappeler que les sanctions contre le Rwanda restent limitées et ne s’accompagnent d’aucune remise en cause des coopérations les plus sensibles. Le Rwanda demeure un partenaire important pour Washington. Du moins pour le moment. Les États-Unis n’ont d’ailleurs pas dégainé l’arme des sanctions parce que Kigali violait l’intégrité territoriale de la RDC et pillait ses ressources naturelles, mais parce que les Forces de défense rwandaises et le M23 avaient attaqué les positions des FARDC et pris la ville stratégique d’Uvira, au Sud-Kivu, quelques jours seulement après la signature de l’accord de paix. À Washington, cet épisode a été perçu comme un affront direct au président Donald Trump, qui avait parrainé la cérémonie de signature. De fait, les sanctions s’apparentent davantage à une tape sur les mains qu’à des mesures véritablement coercitives. Une mise en garde, certes significative et inédite, mais qui ne bouleverse ni les équilibres politiques ni les rapports de force militaires. La preuve en est que le conflit se poursuit, que le Rwanda et ses supplétifs sont toujours à la manœuvre, et que les États-Unis se limitent à appeler les parties à la retenue et au respect de l’accord de Washington. Une véritable «diplomatie de l’équilibre». Il n’en demeure pas moins que Félix Tshisekedi a toutes les raisons de se réjouir. Ses ennemis sont sanctionnés par les États-Unis, qui n’entendent pas laisser le Rwanda et ses supplétifs s’enfoncer davantage dans le territoire congolais. Du moins pour l’instant. Tshisekedi semble avoir ici une certaine marge de manœuvre et entend tout donner aux Américains pour continuer à bénéficier du soutien relatif de la Maison-Blanche. Le problème, c’est que toutes les localités tenues par le M23 sont, de facto, gouvernées par le Rwanda. Et pour l’heure, Washington semble avoir opté pour le statu quo. Comme cela avait été rappelé au M23 et à Kigali après la chute d’Uvira, chaque partie est appelée à conserver les positions qu’elle occupait avant la signature de l’accord. Autrement dit, il ne s’agit pas nécessairement de restaurer pleinement l’autorité de Kinshasa sur les territoires conquis, mais d’empêcher une nouvelle détérioration militaire susceptible de compromettre l’agenda diplomatique et économique américain. L’essentiel, comme le souligne le communiqué du département du Trésor, est de « faire avancer un cadre d’intégration économique régionale visant à développer le commerce et les investissements, à renforcer la transparence dans les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et à ouvrir la voie à davantage d’investissements dans la région ». Autrement dit, l’exécution sans entrave de l’accord de Washington. Celui-ci vise non pas à solder les causes profondes du conflit qu’à créer les conditions politiques, sécuritaires et économiques d’un nouvel arrangement régional, profitable d’abord aux intérêts américains, puis, dans une moindre mesure, à la RDC et au Rwanda. Je bois mon lait nsambarisé. Par Patrck Mbeko
Pool : entre le buffle, le chasseur et l’épine — lecture stratégique et morale des violences politiques

LIBRES PROPOS. Denis Sassou Nguesso, ou l’État qu’il incarne, n’a pas un problème spécifique avec Ntumi en tant qu’individu, mais plutôt avec les populations du Pool, qu’il a souvent perçues comme étant en opposition à son autorité. Que cela soit clairement établi. Une incompréhension récurrente du débat sur le Pool Chaque fois que les violences politiques dont sont victimes les filles et fils du Pool sont dénoncées, une réponse revient de manière presque automatique dans les échanges publics : « débarrassez-vous de Ntumi ». Cette réaction, répétée au fil des années, traduit une lecture réductrice d’une situation pourtant profondément complexe. Dans une précédente publication, nous avions déjà tenté d’aborder cette question en refusant les simplifications faciles. Car réduire les tensions du Pool à un seul acteur revient souvent à masquer les dynamiques structurelles, les responsabilités multiples et surtout les conséquences humaines durables de ces violences. C’est dans cette logique que nous proposons aujourd’hui une relecture à travers une métaphore, non pas pour caricaturer, mais pour mieux éclairer les rapports de force, les logiques politiques et les responsabilités morales en présence. La métaphore du buffle, du chasseur et de l’épine Pour comprendre les violences politiques dans le Pool, nous utilisons l’image du buffle, du chasseur et de l’épine. Dans cette représentation, le buffle incarne Denis Sassou Nguesso, symbole de la puissance de l’État, de sa force institutionnelle et militaire, et de sa capacité de contrainte. Le buffle avance avec lourdeur et détermination, parfois sans percevoir les conséquences de sa course sur le terrain humain qu’il traverse. Le chasseur représente les populations du Pool. Il incarne la vie quotidienne, la survie, la mobilité contrainte, mais aussi la résilience. Le chasseur avance dans un environnement instable, marqué par les tensions, les déplacements forcés et la recherche permanente de sécurité. L’épine, enfin, représente Ntumi, perçu comme un élément de friction, une source de blessure dans le parcours du chasseur. En marchant dessus, celui-ci se blesse, saigne et souffre, ajoutant une douleur supplémentaire à un contexte déjà difficile. Lecture stratégique : comprendre les rapports de force Au-delà de la métaphore, une lecture stratégique s’impose. Dans toute configuration de conflit, il existe des niveaux de danger différents. L’épine est visible, localisée, et peut être contournée ou retirée avec des moyens adaptés, dans un environnement sécurisé. C’est souvent en fuyant la furie du buffle que le chasseur perd le contrôle de sa trajectoire et finit par marcher sur l’épine. Elle représente un problème tactique, souvent circonscrit. Le buffle, en revanche, incarne une force systémique. Il agit à grande échelle, avec un impact direct sur l’ensemble de l’espace traversé. Sa trajectoire, sa puissance et sa dynamique déterminent l’état général du terrain. Dans cette logique, réduire toute la problématique du Pool à l’épine revient à ignorer la structure du danger principal. Le chasseur peut survivre à une blessure, se soigner, s’adapter et même résoudre ce problème dans un cadre apaisé. Mais face au buffle en mouvement, sans espace de protection ni de médiation, les marges de manœuvre se réduisent considérablement. Lecture politique : la confusion des responsabilités Sur le plan politique, cette métaphore met en lumière une confusion fréquente dans les débats publics : celle qui consiste à confondre cause structurelle et facteur déclencheur. En désignant uniquement l’épine comme problème central, on occulte la question de l’environnement global dans lequel elle existe. Or, aucune épine ne peut être analysée indépendamment du terrain dans lequel elle s’inscrit, ni des forces qui l’écrasent ou la renforcent. Ainsi, limiter la lecture des violences dans le Pool à une seule figure revient souvent à déplacer le débat et à éviter les questions de gouvernance, de gestion des conflits et de responsabilité de l’État dans la protection des populations. Lecture stratégique : sortir du piège de la focalisation D’un point de vue stratégique, toute approche durable d’un conflit suppose une hiérarchisation claire des problèmes. Une erreur fréquente consiste à traiter les symptômes comme des causes principales. Dans le cas du Pool, la focalisation exclusive sur l’épine détourne l’attention des dynamiques plus larges. Or, tant que le cadre global reste instable, toute tentative de traitement localisé reste fragile et souvent temporaire. La véritable stratégie de paix ne peut donc pas reposer sur la seule élimination d’un acteur, mais sur la transformation de l’environnement qui produit les tensions et les violences. Lecture morale : responsabilité et conscience Au-delà de la stratégie, une dimension morale essentielle doit être prise en compte. La question centrale est celle de la protection de la vie humaine. Quelle que soit la lecture que l’on adopte des responsabilités individuelles ou collectives, aucune justification ne peut rendre acceptable la souffrance prolongée des populations civiles. La morale impose donc une hiérarchie claire : la protection des vies humaines doit toujours primer sur les considérations politiques, sécuritaires ou symboliques. Dans cette perspective, continuer à exposer durablement les populations du Pool à des logiques de violence, quelles qu’en soient les justifications, pose une question éthique fondamentale. Conclusion : vers une sortie par le haut Ainsi, que le buffle laisse le Pool en paix. Les filles et fils du Pool, en tant que chasseur, sauront eux-mêmes, dans un cadre apaisé, comment gérer l’épine, traiter les blessures et reconstruire leur trajectoire. Mais aucune solution durable ne peut émerger dans un environnement dominé par la peur, la contrainte et la répétition des violences. La paix véritable ne naît pas de la disparition d’un seul élément du problème, mais de la transformation de l’ensemble du cadre qui produit ces déséquilibres. Et c’est à cette condition seulement que le chasseur pourra marcher sans blessure, et que le terrain pourra enfin redevenir un espace de vie et non de survie. Serge Armand Zanzala Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika
Voyage de M. Sassou en Russie : le Congo sur une ligne de crête géopolitique ( dossier en 6 minutes )

ON VA PLUS LOIN. Le président congolais Denis Sassou Nguesso a bouclé mardi 1er mai une visite officielle de quatre jours à Moscou, du 28 avril au 1er mai. Précédée d’une délégation russe à Brazzaville le 16 avril, cette étape s’inscrit dans une série de déplacements en Azerbaïdjan, à Dubaï, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, axés sur la quête de financements et autres. Une équipe avancée ( incluant le colonel Louis Marc Sakala, le directeur général Raoul Ominga et la première ministre bis Françoise Joly ) avait pavé la voie en toute discrétion avant que le gouvernement ne prenne officiellement le relais. Ces manœuvres laissent les partenaires occidentaux interrogateurs qui suspectent un alignement idéologique avec la Russie. Brazzaville s’en défend plutôt, revendiquant une approche pragmatique visant à tirer parti des recompositions géopolitiques en cours.Officiellement, les autorités congolaises cherchent primo à consolider un appui en matière de défense dans un contexte interne jugé fragile; secundo, à obtenir un soutien diplomatique, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies, et tertio à accéder à des technologies d’exploitation énergétique que certains partenaires occidentaux hésitent encore à déployer dans des zones forestières soumises à de fortes contraintes environnementales. De son côté, Moscou perçoit le Congo comme un point d’ancrage stratégique au cœur du bassin du Congo, une région clé tant pour ses ressources naturelles que pour sa position géographique, en particulier en lien avec la République Centrafricaine (RCA). Le pipeline : projet sous tension Long d’environ 1000 kilomètres, le projet de pipeline reliant Pointe-Noire à Ouesso constitue l’une des infrastructures les plus ambitieuses du pays. Il traverse une grande partie du territoire congolais jusqu’aux zones frontalières avec le Cameroun et la RCA. Il vise à faciliter l’acheminement du pétrole extrait des blocs situés dans le nord du Congo. Au-delà de cet objectif affiché, le projet soulève plusieurs enjeux stratégiques. D’une part, ce tracé pourrait servir de corridor vers la RCA favorisant divers flux sous couvert d’activités énergétiques. D’autre part, sa traversée de la forêt équatoriale fait craindre l’émergence d’activités informelles difficiles à encadrer : exploitation illégale du bois, extraction clandestine de minerais ou encore trafic de faune. L’expérience montre que ce type d’infrastructure, en zone forestière, s’accompagne souvent de dynamiques économiques parallèles. Les ministres Arlette Soudan Nonault et Rosalie Matondo conviendraient avec nous que ce projet met en lumière une contradiction de fond. Le Congo ambitionne de valoriser son capital carbone à travers des mécanismes tels que REDD+ et autres, tout en développant des infrastructures susceptibles de fragiliser ces mêmes écosystèmes. Cette double approche permettrait de capter des revenus à la fois liés à la préservation et à l’exploitation des ressources naturelles.Dans un contexte de prix élevés du pétrole, le pipeline répond également à une logique d’urgence économique. Pour Brazzaville, il s’agit avant tout de valoriser ses réserves, indépendamment des agendas de transition énergétique définis à l’échelle internationale. Enjeux sécuritaires, économiques et environnementaux Au-delà de sa dimension pétrolière, ce projet met en lumière une équation particulièrement complexe : un État en quête de liquidités rapides, un partenaire russe désireux d’étendre son influence, et une forêt équatoriale au cœur des engagements climatiques internationaux. Dans ce contexte, les relations avec les partenaires traditionnels, notamment la France et, plus largement, les acteurs occidentaux, pourraient être mises à l’épreuve. Le repositionnement stratégique de Brazzaville traduit une volonté d’autonomie, mais il comporte aussi des risques réels de tensions diplomatiques.L’équilibre est d’autant plus fragile que les enjeux sécuritaires, économiques et environnementaux s’entrecroisent. Le Congo avance sur une ligne de crête, où chaque décision engage simultanément sa souveraineté, sa stabilité interne et son image internationale. Un fait curieux: l’absence remarquée, au sein de la délégation, de plusieurs responsables, experts et Hommes d’affaires directement concernés par différents projets, notamment Rosalie Matondo, Arlette Soudan Nonault, Christian Yoka, Lydia Mikolo, Emmanuelle Delphine Adouki, les conseillers à la défense et autres cadres. La ratification de la loi n°8-2025 relative à l’oléoduc cristallise les critiques. Le montage diabolique accorde en effet 90 % des parts à la société russe ZNGS-Promety, contre seulement 10 % à la SNPC. Une répartition qui limite fortement la maîtrise congolaise du projet, tant sur les choix technologiques que sur la tarification ou les orientations stratégiques. De plus, en cas de différend, l’arbitrage est confié au Centre d’arbitrage international de Dubaï (DIAC), selon les règles de la CNUDCI, écrasant ainsi, la souveraineté juridictionnelle du Congo. Le dispositif contractuel renforce ces déséquilibres. La clause de stabilisation fiscale prévoit que toute évolution future de la fiscalité congolaise ne s’appliquera pas au projet pendant 25 ans, une durée potentiellement prorogeable. Par ailleurs, des garanties d’indemnisation étendues sont accordées à la partie russe en cas de changement politique, de nationalisation ou de conflit, transférant ainsi une grande partie des risques sur les finances publiques congolaises. À cela s’ajoutent d’importantes exonérations fiscales (impôts, TVA, droits de douane, taxes environnementales), des subventions logistiques et la garantie d’un tarif minimum de transport du pétrole.Dans ce schéma, les ressources publiques sont fortement mobilisées sans assurance claire de retombées fiscales ou économiques à court terme. Le modèle BOOT (Build-Own-Operate-Transfer) retenu confère en outre à la partie russe la pleine propriété et l’exploitation des infrastructures pendant 25 ans, avant un transfert ultérieur dont les conditions restent incertaines. Enfin, ce projet pourrait être interprété comme un choix d’alignement stratégique durable, susceptible d’affecter les relations du Congo avec d’autres partenaires majeurs, tels que l’Union européenne, les États-Unis ou les institutions financières internationales. Dans un contexte international fragmenté, miser sur un partenaire unique pour un projet d’une telle envergure expose le Congo à un risque d’isolement diplomatique et réduit ses marges de manœuvre. Les risques d’un virage trop marqué Écarter Paris ( acteur clé du dispositif du franc cfa et influent au sein du FMI) comporte un risque réel : celui de compliquer, voire de bloquer, les négociations sur la dette. Par ailleurs, des groupes comme TotalEnergies et Perenco, risquant de perdre des parts dans l’offshore congolais du fait du projet d’oléoduc, pourraient réagir de manière défavorable et peser sur l’environnement
Congo. De quoi le ministre délégué à l’Industrie touristique sera-t-il capable ?

ON VA PLUS LOIN. Nommé Ministre délégué en charge de l’industrie touristique, Prince Bahamboula, proche lieutenant de Jean-Jacques Bouya, est désormais attendu sur des résultats concrets. À travers une ambition affichée d’« accélération de l’industrie touristique », il lui revient de démontrer, dans les cent premiers jours de son action, sa capacité à impulser une véritable dynamique de transformation de ce secteur stratégique en République du Congo. L’enjeu est de taille : positionner le tourisme comme un levier majeur de croissance économique, capable de générer des revenus substantiels et de contribuer de manière significative au budget national. À l’échelle mondiale, l’industrie touristique s’impose aujourd’hui comme un pilier essentiel du développement. De nombreux pays ( France, Espagne, Grèce, Maroc, États-Unis, Thaïlande, etc…) ont su capitaliser sur ce potentiel et tirent pleinement profit de cette manne économique. L’accession de ce jeune cadre issu de la FMC du PCT à des fonctions gouvernementales constitue une opportunité décisive pour faire ses preuves. S’il a deja fait du tourisme dans sa vie, ça sera plus facile pour lui d’accélérer la marche du développement de l’industrie touristique. Elle engage également sa responsabilité à répondre aux attentes des Congolais, en apportant des résultats tangibles et mesurables. Au-delà de son apport économique, le secteur touristique représente un instrument efficace de lutte contre le chômage, notamment chez les jeunes. Son développement peut favoriser la création d’emplois directs et indirects, tout en stimulant l’entrepreneuriat local. Dans ce contexte, l’heure n’est plus aux concertations répétitives, aux colloques ou aux séminaires. Les diagnostics ont été largement établis, et les défis sont clairement identifiés. Le moment est désormais à l’action, à la mise en œuvre de politiques publiques efficaces et à l’obtention de résultats concrets. Le peuple congolais attend aujourd’hui une gouvernance orientée vers la performance, fondée sur des réalisations visibles et un impact réel sur le développement socio-économique du pays. Napoléon Bonaparte : « Une bonne politique est celle qui produit des faits. » Winston Churchill : « Les actions sont les seules preuves sincères de la volonté. » Thomas Jefferson : « Les actions parlent plus fort que les mots. » Fait à Paris, le 30 Avril 2026 Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
RDC. Les Congolais et Paul Kagame : un même combat ?

SANS DETOUR. Les Congolais regardent leur pays avec la même convoitise que Paul Kagame porte, depuis des années, sur les richesses du Grand-Kivu. Pour beaucoup d’entre eux, à commencer par les tenants du régime Tshisekedi, la RD Congo n’est pas une nation à reconstruire et à servir, mais un morceau de viande juteux qu’il faut dépecer, chacun cherchant à en arracher sa part pour la jouissance immédiate de ses papilles. À Kinshasa, comme partout ailleurs en RDC, les deniers publics sont pillés avec une telle ardeur, une telle désinvolture et une telle gourmandise prédatrice qu’on en vient presque à se demander si Paul Kagame n’est pas, en réalité, l’élève de ces Congolais qui saignent leur propre pays avec une délectation méthodique. La prédation extérieure trouve ainsi son pendant dans une prédation intérieure tout aussi ravageuse. Le paradoxe congolais est là : l’ennemi n’est pas seulement à la frontière, il siège aussi au cœur de l’État et dans le pays. Si Paul Kagame nourrit une obsession pour les minerais du Kivu, nombre de Congolais, à commencer par leurs dirigeants, semblent, eux, n’aimer le Congo que pour ce qu’il leur rapporte. Leur attachement n’est pas celui que l’on porte à une nation, à une histoire commune ou à un destin collectif ; c’est l’attachement intéressé de ceux qui voient dans l’État une rente, dans le pouvoir un butin, et dans la République une mangeoire. Bien entendu, les tenants du régime de Kinshasa et leurs relais congolais et étrangers ne vous le diront pas. Ils se contentent de souligner à longueur de journée le rôle du Rwanda et de Paul Kagame, occultant sciemment celui joué par tous ces Congolais censés protéger les intérêts de la République et de son peuple. En réalité, la RDC est confrontée à une double prédation : celle de l’étranger qui convoite et pille ses richesses, et celle de ses propres fils qui les dilapident sans scrupule. Entre l’appétit du petit Rwanda pour les minerais du Kivu et la voracité des Congolais pour les ressources publiques (y compris les minerais du pays), le Congo de Lumumba se retrouve pris en étau, livré à ceux qui le dépècent de l’extérieur comme à ceux qui le vident de l’intérieur. Il faut le dire : le premier ennemi du Congo, c’est souvent le Congolais lui-même. Je ne parle pas ici du peuple dans sa souffrance, mais de cette partie des Congolais qui a cessé de voir dans ce pays qui nous est si cher une terre à protéger pour n’y voir qu’un plat savoureux à consommer. Très peu d’entre nous aiment réellement ce pays d’un amour exigeant, désintéressé, voire sacrificiel. Je bois mon lait nsambarisé.
Xénophobie et violences contre les étrangers africains en Afrique du Sud : un héritage de l’ère Mandela ?

TRIBUNE. Les violences xénophobes qui visent aujourd’hui des Africains en Afrique du Sud ne suscitent presque aucune réaction significative sur le continent ou dans la diaspora. Pourtant, si des scènes comparables se déroulaient dans un pays occidental, l’indignation serait immédiate et massive. Il ne s’agit pas de minimiser le racisme réel qui existe en Occident, mais de rappeler une évidence trop souvent éludée en Afrique : le racisme et la xénophobie ne sont pas des phénomènes exclusivement occidentaux. Ils traversent toutes les sociétés, y compris africaines. Tout en dénonçant la xénophobie des Sud-Africains, l’on ne peut s’empêcher de se poser des questions sur ses causes profondes. Comment l’Afrique du Sud, marquée elle-même par une histoire de ségrégation et de domination, en est-elle arrivée à devenir un espace d’oppression pour d’autres Africains ? Comment expliquer qu’un peuple longtemps perçu comme « frère » se retourne ainsi contre ceux qui lui ressemblent ? Les raisons de ce déchainement de haine et de violence sont multiples. Mais une chose semble certaine : ce qu’il se passe en Afrique du Sud est la conséquence directe d’un compromis historique qui, sous l’ère Mandela, a privilégié une réconciliation symbolique au détriment d’une transformation sociale réelle. La majorité noire, laissée dans la pauvreté structurelle héritée de l’apartheid, se retrouve aujourd’hui prise dans un cycle de frustrations économiques et politiques que certains acteurs instrumentalisent contre les étrangers africains. Ce n’est pas une excuse, mais un constat. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la figure de Nelson Mandela a été célébrée par les puissances occidentales tandis que d’autres, comme Robert Mugabe et Mouammar Kadhafi, ont été vilipendées. Les trajectoires politiques qui privilégient la stabilité symbolique au détriment de la redistribution sociale sont souvent privilégiées par les promoteurs du « capitalisme sorcier ». Pour le reste, il faut avoir le courage de dénoncer sur le continent africain ce que l’on dénonce ailleurs. Je bois mon lait nsambarisé Par Patrick Mbeko
Le nouveau gouvernement congolais face à l’épreuve des 100 jours : entre attentes populaires et impératif de résultats

PARLONS-EN. À la suite de la séquence électorale marquée par l’élection présidentielle, l’investiture et la mise en place du gouvernement du quinquennat 2026-2031, une nouvelle phase s’ouvre : celle de l’évaluation par les faits. Le cap des cent (100) premiers jours s’impose désormais comme un test décisif pour mesurer la capacité du Gouvernement à répondre aux attentes du peuple congolais. Dès la prestation de serment du Président Denis Sassou Nguesso, les orientations ont été clairement définies. À travers son projet de société « Accélérons la marche vers le développement », décliné en « dix commandements », le Chef de l’État a fixé une feuille de route ambitieuse. Celle-ci appelle à une action gouvernementale rapide, coordonnée et résolument tournée vers des solutions concrètes face aux défis structurels du pays. Dans ce contexte, les 100 premiers jours ne sauraient être une période d’observation ou de diagnostic. Le temps des analyses prolongées est désormais dépassé. Le Gouvernement, renouvelé à près de 70 %, est attendu sur sa capacité à transformer les engagements en résultats tangibles. Les Congolais n’attendent plus des discours, mais des actions visibles et mesurables. Le temps des séminaires Gouvernementaux est révolu ainsi que des colloques, des symposiums, des conférences, des ateliers, etc… C’est le temps du concret ,des solutions car tous les diagnostics ont été déjà faits dans notre pays. Il n’y a plus de place pour l’amateurisme et les tergiversations car l’urgence s’impose et les Congolais sont impatients de voir les résultats. Les priorités sont connues et sans équivoque : garantir un accès généralisé à l’eau potable, assurer une fourniture stable d’électricité sur l’ensemble du territoire — de la Likouala au Kouilou —, renforcer la sécurité des citoyens, et surtout créer des opportunités d’emploi pour la jeunesse. À cela s’ajoute la nécessité d’améliorer substantiellement le climat des affaires afin d’attirer les investissements, tant nationaux qu’internationaux. Le principe du « Congolais d’abord » doit se traduire en politiques publiques concrètes et inclusives. Ce délai de 100 jours constituera également un révélateur des performances individuelles des ministres. Qu’ils soient figures expérimentées ou nouveaux entrants, notamment les jeunes cadres promus, tous sont soumis à une exigence immédiate d’efficacité. Étant donné que c’est toujours les même qui sont depuis des décennies, ils ne peuvent en aucun cas bénéficier d’un état de grâce, pas d’excuses, pas de mea culpa . Ils ont droit qu’à l’action immédiate et efficace. L’absence d’état de grâce traduit l’urgence de la situation nationale et la nécessité d’une mise en action rapide. En perspective, l’échéance des élections législatives de 2027 confère à cette période une dimension stratégique supplémentaire. Elle pourrait ouvrir la voie à un réajustement de l’équipe gouvernementale. Dans cette optique, les 100 jours apparaissent comme une véritable période probatoire. En définitive, chaque membre du Gouvernement évolue sous une pression politique forte, comparable à une épée de Damoclès. Dans un contexte marqué par des attentes sociales élevées et des défis urgents, seule une gouvernance efficace, pragmatique et orientée résultats permettra de consolider la confiance des citoyens. Le moment n’est plus aux approximations, mais à l’action rigoureuse et à l’impact concret. Citations d’internautes. « L’action politique se mesure non aux discours, mais aux transformations qu’elle produit. » « Un gouvernement crédible est celui qui livre des résultats, pas des intentions. » « Le peuple ne juge pas les intentions, il juge les résultats. » « En politique, l’urgence n’est pas de convaincre par les mots, mais de prouver par les actes. » « L’inaction est le luxe des gouvernements déconnectés des réalités. » Fait à Chambéry, le 29 Avril 2026 Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
Mali : une crise politique et sécuritaire aggravée par la mise à l’écart du politique

TRIBUNE. La crise malienne, loin de se résumer à une simple lutte contre le terrorisme, révèle une recomposition profonde des équilibres politiques, sécuritaires et institutionnels. Pour en comprendre les ressorts, une distinction essentielle s’impose. D’un côté, les groupes jihadistes, tels que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, poursuivent un projet idéologique fondé sur la violence et doivent être combattus sans ambiguïté. De l’autre, les acteurs liés à la question de l’Azawad, historiquement engagés dans des revendications politiques et territoriales, inscrites dans le cadre de l’Accord d’Alger. Confondre ces deux dynamiques constitue une erreur d’analyse majeure. Un basculement depuis les coups d’État : Le Mali a connu une rupture institutionnelle avec le coup d’État du 18 août 2020, suivi d’un second le 24 mai 2021, consolidant l’arrivée au pouvoir du colonel Assimi Goïta. Ces événements ont marqué une confiscation du pouvoir politique par les militaires, interrompant un processus démocratique déjà fragile. Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’une victoire confisquée au peuple malien, dont les aspirations à une gouvernance démocratique ont été mises entre parenthèses. L’effacement progressif du politique: Depuis lors, la classe politique a été progressivement écartée de la gestion du pays et des conflits. Les partis politiques, les organisations de la société civile et les acteurs du débat public ont vu leur rôle réduit, puis marginalisé. Ce processus a culminé avec des décisions particulièrement marquantes : Ces mesures ont profondément restreint l’espace démocratique et supprimé les cadres traditionnels de médiation. Or, dans un contexte de crise, l’absence de relais politiques favorise mécaniquement la montée des logiques de confrontation. Des alliances opportunistes sur fond de vide politique Dans ce contexte, les alliances observées sur le terrain — y compris des rapprochements ponctuels entre groupes rebelles et jihadistes — ne sont pas fortuites. Elles s’inscrivent dans une dynamique où l’absence de cadre politique structurant laisse place à des convergences opportunistes. Ces alliances ne sont pas la cause de la crise, mais bien le symptôme d’un déséquilibre plus profond. Un isolement régional et international croissant Parallèlement, le Mali s’est progressivement isolé sur la scène régionale et internationale. Les relations avec la CEDEAO se sont fortement dégradées, aboutissant leur retrait de cette institution régionale, et à des tensions durables avec plusieurs États de la sous-région. Sur le plan international, la rupture avec certains partenaires traditionnels a réduit les capacités de coopération et les marges de manœuvre diplomatiques. Le recours controversé aux mercenaires russes: Dans ce contexte d’isolement, les autorités maliennes ont fait le choix de recourir à des acteurs sécuritaires russes, notamment le groupe Wagner, remplacé par Africa Corps. Présenté comme une alternative stratégique, ce partenariat soulève de nombreuses critiques : Loin de stabiliser la situation, ce choix a contribué à accentuer les tensions et à dégrader davantage l’image du Mali sur la scène internationale. Une crise aggravée, des libertés en recul : La militarisation de la gestion de la crise n’a pas permis d’améliorer durablement la situation sécuritaire. Parallèlement, les restrictions des libertés publiques se sont multipliées :-Réduction au silence des voix critiques Ces évolutions traduisent un recul préoccupant des principes démocratiques et justifient en grande partie la situation sécuritaire actuelle. Une sortie de crise nécessairement politique : Face à une crise multidimensionnelle, une réponse exclusivement militaire apparaît insuffisante. La stabilisation du Mali passe par : Le retour à un ordre constitutionnel légitime apparaît aujourd’hui comme une condition essentielle pour espérer une sortie de crise durable. Par Paraclet Milos HEMILEMBOLO Secrétaire national chargé des relations internationales de la Convergence Citoyenne.