Interview express avec Amadou Sadio Baldé de GMD : L’élection présidentielle 2025 en Guinée pose les jalons d’une démocratie renforcée

Cela fera date dans l’histoire contemporaine de la Guinée. En effet, comme une seule personne, les Guinéens du Maroc, à l’instar de leurs compatriotes au pays, se sont mobilisés massivement, ce dimanche 28 décembre, pour s’acquitter de leur devoir civique à l’occasion de l’élection présidentielle 2025. Un scrutin qui a connu la participation de neuf candidats dont le Général Mamady Doumbouya, Président sortant. Témoignage avec Amadou Sadio Baldé de GMD (Génération pour la modernité et le développement), une coalition de partis politiques, des mouvements, des associations. PagesAfrik.com : Que représente pour vous cette élection présidentielle 2025 ? Amadou Sadio Baldé : Nous sommes aujourd’hui le 28 décembre, une date qui était très longuement attendue. Et aujourd’hui nous sommes le jour Z. Vous savez que les Guinéens, depuis le référendum du 21 septembre passé, les Guinéens attendaient l’élection présidentielle. Et depuis l’avènement du CRM2, la Guinée attendait sa sortie de la transition pour aborder la constitution, c’est-à-dire un État qui a une constitution établie. La constitution a été adoptée. Aujourd’hui, la particularité de cette élection, c’est une élection vraiment qui n’a pas à être comme les autres élections. Pourquoi ? Parce que là… Quelle est donc sa particularité ? Sa particularité, c’est l’apaisement, la politique ne fait plus peur et ne divise plus. D’ailleurs, les neuf candidats, qui étaient en lice, beaucoup sont sortis dans la peur et sillonné l’ensemble du territoire national sans heurts ni empêchements. Et vous savez aussi que c’est la première fois qu’une élection soit organisée par l’État. C’est-à-dire que l’État qui organise qui tout pris en charge sur fonds propre, donc la souveraineté économique. Comme cela se pas dans d’autres pays de la sous-région à l’instar du Sénégal. C’est ça qu’on a vraiment fait et qu’on est entrain de tester. Et je pense que ça a bien marché. L’État est là. Les partis politiques, les candidats indépendants, ils sont tous là et représentés. L’État joue le rôle de l’arbitre. L’État va arbitrer. Et le gagnant va sortir comme un gagnant pour tous les peuples de Guinée. Quelles sont vos impressions de ce scrutin ? Vous savez, nous, on n’a pas un parti. Notre candidat, Mamadi Doumbouya, a été représenté par les associations, le mouvement de soutien, femmes et jeunes, les religieux et tout le monde. Nous sommes regroupés au sein du GMD (Génération pour la Modernité et le Développement. C’est-à-dire une coalition de partis politiques, de mouvements, d’associations qui ont porté notre mentor comme candidat indépendant. Et ça, j’en suis sûr qu’il est en bonne position de remporter le suffrage. Car il c’est son bilan qui plaide en faveurs. Comment ce soutien qui s’est-il présenté au Maroc ? Au du Maroc, nous avons, comme vous le savez, plusieurs bureaux de vote. C’est la première fois, d’ailleurs, qu’on a installé à Rabat, à Casablanca ainsi que dans plusieurs autres villes des bureaux de vote. Notamment, nous avons un bureau de vote à Dakla, deux à Agadir, un à Marrakes et un bureau de vote à Tanger. Nous sommes allés installer des bureaux de vote avec un travail extraordinaire du ministère des Affaires étrangères à travers son représentant ici au Maroc, qu’est l’ambassade de Guinée. Et j’en suis sûr que c’est un exemple qu’il faut remarquer. Enfin, quelles sont vos impressions de cette élection présidentielle 2025 par rapport aux précédentes dans le passé ? Il y a une grande différence car c’est la première fois que la Guinée organise son élection présidentielle 100% financée par l’État Guinée. C’est aussi la première fois que l’État organise une élection où tous les candidats peuvent compétenir en même temps et au même pied d’égalité d’égalité. Au terme du scrutin, le gagnant d’aujourd’hui soir va être le président de tous les Guinées. Et j’en suis sûr que notre candidat, il est bien en position de remporter cette élection.
Bagamboula-Mbemba, dit « Tostao » : « L’équipe nationale congolaise est devenue l’une des plus mauvaises d’Afrique »

Tostao brise le silence sur le déclin des Diables Rouges Malgré le recours massif à des joueurs évoluant à l’étranger, les Diables Rouges du Congo ne progressent pas et peinent à se qualifier depuis plus de dix ans, déplore Bagamboula-Mbemba, dit « Tostao », constatant que la sélection nationale est devenue l’une des plus mauvaises d’Afrique. Comment le football congolais a-t-il pu en arriver là ? Icône incontestée et légende vivante du football congolais, il a sa propre analyse. Il pointe d’abord un réel problème d’organisation au sein du football national. Dans un entretien accordé à La Semaine Africaine, l’ancienne gloire du football rappelle que « actuellement, les grands pays de football sont ceux qui sont les mieux organisés. Ils mettent d’énormes moyens à la disposition du football. Sans moyens, on n’arrive à rien ». Il relève par la suite le « manque de stabilité au niveau des sélectionneurs et de l’ossature des Diables Rouges », affirmant que « changer trop souvent d’entraîneur n’est jamais bon ». Autre grief, et pas des moindres : les grands dirigeants sont devenus denrée rare, constate Bagamboula-Mbemba. Aussi, poursuit-il, « beaucoup n’ont pas de projet de développement pour leur équipe. Certains ont même pris leur club en otage, décident de tout et s’entourent de courtisans ». Tostao rappelle qu’à son époque, « le club n’était pas l’affaire du président seul, mais une famille où chacun faisait son travail dans un climat de confiance mutuelle ». Quoi qu’il en soit, le fait que certains dirigeants soient confrontés à des problèmes financiers accentue davantage la crise. Bien que la situation soit préoccupante, l’ancien Diable Rouge croit encore à un renouveau, qui passe par une meilleure organisation, une bonne préparation et la régularité des championnats dans toutes les catégories. Il préconise, en outre, « la création de centres de formation à travers le pays afin de préparer la relève. Il faut donc investir dans la formation ; chaque club doit se fixer cet objectif ». Il estime par ailleurs que l’État doit définir une « véritable politique sportive ». Et de conclure : « Je suis convaincu que tous — fédération, clubs, ministère des Sports, anciens joueurs, entraîneurs, arbitres, etc. — nous pouvons réhabiliter la pratique sportive et redorer le blason de notre football ». Martin Kam
Emmanuel Boundzeki Dongala : la littérature congolaise a sa place aux côtés de la littérature universelle

La littérature congolaise a toute sa place aux côtés de la littérature universelle, affirme l’écrivain et chimiste Emmanuel Boundzéki Dongala, invité de la Phratrie congolaise, organisée du 28 au 31 octobre 2025 à Brazzaville en République du Congo. « Il n’y a plus rien à dire, c’est reconnu, c’est célébré, et nos écrivains sont traduits dans toutes les langues », a déclaré l’auteur du roman Un fusil dans la main, un poème dans la poche (Paris, Albin Michel, 1973) et du recueil de nouvelles Jazz et Vin de palme (Paris, Hatier, coll. « Monde Noir » no 13, 1982) dans un entretien accordé à La Semaine Africaine En ce qui le concerne, l’auteur, à qui l’on doit Le Feu des origines (Albin Michel, 1987), ajoute qu’il est traduit dans une douzaine de langues. C’est dire que la littérature congolaise occupe ainsi pleinement sa place aux côtés de la littérature universelle. Bien qu’il n’aime pas donner de conseils,Emmanuel Boundzeki Dongala à consenti à en donner aux jeunes qu’il encourage « de lire beaucoup, lire les autres; travailler; travailler; travailler. Quand on a son manuscrit, le relire, le revoir, etc ». L’écrivain qui réside actuellement en France rappelle en outre que « L’inspiration c’est bien, mais c’est juste une petite part, le reste c’est le travail. Si non tout le monde est inspiré, si tu as une idée, et tu ne te mets pas à l’écrire, et bien rien ne sortira, si non, le travail c’est devant ton ordinateur, et devant ta feuille de papier ». Et de conclure: voilà les deux précieux conseils, « beaucoup lire, partager ce que l’on fait avec les autres, et retravailler ses textes, les revoir » A signaler que « La Sonate à Bridgetower« , Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français » est le livre le plus récent de Boundzeki Dongala, publié en 2017. Patricia Engali
Visa For Music : la RDC portée par l’engagement de Déborah Lomboto Mongoo (INTERVIEW)

Assistante exécutive au sein de l’ONG Kongo River depuis cinq ans, Déborah Lomboto Mongoo est également, depuis cette année, la représentante de Visa For Music (VFM) en République démocratique du Congo (RDC). Elle a répondu aux questions de Pagesafrik.com à l’issue de la 12e édition du festival Visa For Music, organisé du 19 au 22 novembre 2025 à Rabat. PAGESAFRIK.COM : Vous avez été nommée cette année représentante de Visa For Music en RDC. Qu’est-ce que cela représente pour vous et quelles sont vos missions ? Déborah Lomboto Mongoo : C’est un véritable honneur. Je remercie Visa For Music pour la confiance qu’ils ont accordée à ma modeste personne.Dans ce rôle, je suis chargée d’identifier les talents de mon pays, de faciliter leur participation au festival et de porter haut la création congolaise sur les scènes africaine et internationale. J’assure également le lien entre les acteurs des industries culturelles et j’œuvre à sensibiliser sur les enjeux de mobilité, de formation et de structuration du secteur. En parallèle, vous occupez une fonction clé au sein de l’ONG Kongo River. Pouvez-vous nous présenter cette organisation ? Avec plaisir ! Kongo River organise chaque année le Festival du même nom, considéré comme le premier rendez-vous touristique en RDC. L’ONG défend la mise en valeur et la préservation du fleuve Congo, de son bassin versant et de ses écosystèmes, tout en soutenant les communautés qui en dépendent.Nous nous appuyons sur l’art, la culture, les échanges scientifiques et le tourisme pour sensibiliser et transmettre. Comment conciliez-vous ces responsabilités ? Les deux engagements sont à temps partiel, ce qui me permet de les exercer simultanément et sereinement. La présence de Kongo River a été très remarquée lors de cette 12ᵉ édition de VFM. Comment comptez-vous capitaliser sur cette visibilité pour l’édition 2026 ? Nous sommes heureux de cet engouement. Visa For Music est une plateforme unique pour les musiques d’Afrique et du Moyen-Orient. Elle favorise les rencontres professionnelles, encourage les coopérations et participe à structurer les filières artistiques.Pour nous, cet événement est l’occasion de créer une dynamique commune entre créateurs et acteurs du secteur autour d’une démarche écologique : « Créer pour protéger ». La culture devient un outil puissant de développement durable et de valorisation du bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète. Quelles actions avez-vous déjà menées pour sensibiliser à la protection du fleuve Congo et de son bassin ? Plusieurs initiatives ont été déployées, notamment : Nous préparons également pour 2026 un nouveau programme intitulé « Héritage », dédié à la sauvegarde du bassin du Congo, avec l’appui d’Africalia et d’Enabel. Quel message souhaitez-vous adresser aux artistes, aux partenaires et au public en vue de la prochaine édition ?Je vous remercie pour cet échange. J’encourage les créateurs et les professionnels à mettre l’art et la culture au service de notre continent et de notre planète. Ensemble, nous formons une force immense ! Propos recueillis par Fred Gunther Mbemba.
Trois questions à Serge Aime Guemou : « Nous voulons implanter cette conscience collective dans nos pays d’origine »

Le président-fondateur du Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc est très apprécié dans le milieu associatif sur le territoire chérifien. Ce natif du Camerounais est rigoureusement engagé dans la défense des Droits de cette catégorie de population, venue de loin de l’autre partie du continent noir. Son histoire est inspirante à plus d’un titre. Interview express. La genèse du Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc découle d’une histoire de faim, de justice et de solidarité. Pouvez-vous nous la raconter ? Bien évidemment. En effet, c’est l’histoire d’un jeune garçon de quinze ans, arrêté pour avoir volé — non pas de l’or, ni de l’argent — mais du pain et un peu de fromage. Lorsqu’on lui demanda pourquoi, il répondit simplement : « C’était pour ma mère malade. Nous n’avions rien à manger ». Ce fut un silence assourdissant dans un tribunal. Le juge, ému, prononça des paroles qui résonnent encore aujourd’hui : « Si un enfant doit voler du pain pour nourrir sa mère malade, alors c’est nous, la société, qui avons échoué ». Il fit alors ce que peu de gens auraient eu le courage de faire. Il déclara que chaque personne présente dans la salle, lui y compris, devait payer une amende pour avoir permis que la faim et l’injustice persistent. Parce que la faim d’un seul être humain est une défaite pour l’humanité entière. Ce fut donc votre source d’inspiration ? Cette histoire, bien qu’ancienne, est toujours la nôtre. Elle parle de solidarité, de responsabilité collective et de dignité humaine. Il s’agit des valeurs fondamentales que le Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc (C.M.S.M.) porte depuis 20 ans. Depuis deux décennies, notre association se bat pour que plus jamais un être humain ne soit contraint à l’injustice, à la faim ou à l’exclusion simplement parce qu’il est migrant, pauvre ou sans voix. Nous avons appris que la migration n’est pas un crime, mais une quête de vie, de dignité et d’avenir. Comme le rappelait Nelson Mandela : « Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes, c’est vivre d’une manière qui respecte et renforce la liberté des autres ». Au Conseil, notre engagement est de fournir un soutien aux migrants et réfugiés par le biais d’une série d’objectifs stratégiques soigneusement élaborés, visant à promouvoir leur intégration et leur développement durable. Qu’en est-il vers des pays d’origine et de départ des migrants ? Au Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc, nous croyons que la solution durable aux défis migratoires commence dans les communautés d’origine. Nos expériences, nos connaissances et notre expertise en matière de gouvernance associative, de protection sociale, de formation, et de dialogue interculturel doivent désormais servir de modèle et d’inspiration à d’autres initiatives locales en Afrique subsaharienne. Le C.M.S.M. veut ainsi devenir un pont humain et institutionnel entre le Nord et le Sud mais surtout entre les pays du Sud eux-mêmes, en renforçant la coopération, la co-construction et la transmission des savoirs. Pour finir, je paraphraserai Cheikh Anta Diop qui disait que le développement d’un peuple ne peut se concevoir qu’à partir de sa propre conscience et de sa propre humanité. Nous voulons implanter cette conscience collective dans nos pays d’origine. Propos recueillis par Kankanbgè Wassoulou
Elvis Kiminou, chef d’orchestre de Ballet Africa : « Une tournée européenne réussie »

INTERVIEW. « Nous sommes heureux d’avoir dignement représenté le Congo-Brazzaville, notre pays d’origine, ainsi que le Royaume du Maroc, notre terre d’accueil. D’un point de vue artistique, nous sommes disposés à accompagner le Maroc dans le cadre de la CAN », a confié à PAGESAFRIK.COM le chef d’orkestre du groupe Ballet Africa, Elvis Kiminou. PAGESAFRIK.COM : Quelles sont vos impressions après votre récente tournée en Roumanie ? Elvis Kiminou : Cette tournée en Roumanie a été une expérience formidable, pleine d’émotions et de belles rencontres. Le public roumain a accueilli notre groupe avec beaucoup de chaleur et d’enthousiasme. C’était un vrai plaisir de partager la richesse des danses et rythmes africains dans un pays qui a une culture très différente que la nôtre, mais qui a su se montrer réceptif et ouvert. Pour nous, c’était une confirmation que l’art et la musique n’ont pas de frontières. Quelles sont les villes dans lesquelles vous vous êtes produits ? Nous avons eu la chance de nous produire dans plusieurs villes importantes de Roumanie, notamment Braila, Slobozia, Galati Chaque ville avait son atmosphère particulière, mais partout l’accueil a été chaleureux et le public très réactif j’en garde de bons souvenirs Les trophées reçus témoignent du succès de votre tournée. Qu’est-ce que cela représente pour vous en tant que chef du groupe Ballet Africa Maroc ? Recevoir des trophées et diplômes parmi les 12 pays participants est une grande fierté, non seulement pour moi en tant que chef du groupe, mais surtout pour toute l’équipe. C’est une reconnaissance de notre travail, de notre discipline et de notre passion. Pour moi, cela confirme que nous sommes sur la bonne voie et que notre message artistique, qui allie tradition et modernité, touche les cœurs partout où nous passons. Le groupe Ballet Africa du Maroc compte en son sein des jeunes Marocains. Pouvez-vous affirmer que ce groupe est la preuve d’une intégration culturelle réussie ? Absolument. Le groupe Ballet Africa Maroc est l’exemple vivant d’une intégration culturelle réussie. Nous réunissons des artistes venus de différents horizons, africains et marocains, et nous travaillons ensemble dans le respect, le partage et la créativité Les jeunes Marocains qui font partie du groupe démontrent que l’unité africaine n’est pas un vain mot, mais une réalité concrète. et d’un point de vue artistique nous sommes disposes à contribuer a la réussite de la coupe d’Afrique des nations que le Maroc organise en décembre 2025 » Quelles sont les perspectives du groupe Ballet Africa Maroc ? Nos perspectives sont ambitieuses. Nous souhaitons continuer à représenter le Maroc et l’Afrique dans les plus grands festivals internationaux. Nous travaillons aussi sur de nouveaux spectacles qui mêlent davantage les influences africaines et marocaines, afin de proposer une identité artistique encore plus forte. À long terme, nous espérons créer un centre de formation où les jeunes talents pourront apprendre, s’exprimer et perpétuer cet héritage culturel. Propos recueillis par Fredrich Gunther M’bemba
Beb Adon Ousmane Philemon : «Vivre la Coupe du monde au Maroc est une fierté pour tous les Africains»

Athlète en haltérophilie d’origine camerounaise, Philemon Beb Adon Ousmane évolue au sein du club le Coq de Bernoussi à Casablanca, sous la direction du coach Hicham. Dans cet entretien, il nous livre ses impressions sur l’organisation par le Maroc du Mondial 2030 et de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Pagesafrik/Libé : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? PBAO: Je suis Philemon Beb Adon Ousmane, international camerounais en haltérophilie. Je suis résident au Maroc et je participe au championnat du Maroc et à la Coupe du Trône d’haltérophilie. Actuellement, j’évolue au niveau du Club Olympique de Bernoussi, sous la direction du coach Hicham. Le Maroc, aux côtés du Portugal et de l’Espagne, organisera le Mondial 2030. Quelles sont vos impressions ? C’est une excellente opportunité pour le Maroc, un pays en pleine émergence dans de nombreux domaines, comme on peut le constater dans ses principales villes. Pour nous qui y vivons, nous avons confiance que le Royaume sera à la hauteur de cet événement mondial très attendu. C’est une grande fierté et vraiment un plaisir pour les Africains, particulièrement pour les sportifs du continent qui évoluent ici. Nous sommes heureux de pouvoir vivre les émotions de cette grande compétition sur place. Il faut reconnaître que beaucoup parmi nous n’imaginaient même pas avoir un jour cette chance. Savoir qu’elle se déroulera ici est tout simplement extraordinaire. Du point de vue des infrastructures, pensez-vous que le pays sera prêt? Je le pense. Le Royaume dispose déjà du minimum requis en termes d’infrastructures de qualité pour accueillir des événements de cette envergure. Il l’a démontré à maintes occasions dans divers secteurs. A ce titre, je tiens à saluer les réalisations du Maroc sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui œuvre sans relâche pour hisser le Royaume dans tous les domaines. Il est important que ces efforts soient préservés, car ils contribuent à l’émergence du Maroc. Par ailleurs, l’organisation devrait veiller à ce que l’esprit sportif et le fair-play soient mis en avant durant la compétition afin que la fête soit vraiment belle. Etes-vous également enthousiaste en ce qui concerne l’organisation de la CAN prévue en décembre prochain ? Je le suis évidemment. Le Maroc a toutes les capacités pour offrir à l’Afrique une CAN mémorable, qui sera l’une des plus marquantes de son histoire. Je m’attends à une édition bien meilleure à celles que nous avons connues jusqu’ici. Et comme pour le Mondial 2030, le fair-play devra primer et l’organisation tenir compte des écueils qu’on a pu observer par le passé, notamment lors d’autres compétions sportives panafricaines. Aujourd’hui, le Maroc est un pays émergent, respecté où le vivre-ensemble n’est pas un vain mot. Il est, sans doute, l’un des pays les plus appréciés du monde arabe. Nous saluons la générosité du peuple marocain, son ouverture et apprécions sincèrement l’accueil chaleureux qui nous est réservé dans les clubs. C’est important de le souligner ici parce que ce n’est pas toujours le cas sous d’autres cieux. Enfin, nous ne pouvons qu’espérer que cette CAN soit un grand succès et que le meilleur l’emporte. Propos recueillis par Alain Bouithy
Carlos Justiniani : « Au Maroc, beaucoup de personnes découvrent leur infection à l’hépatite à un stade avancé»

SANTE. « Le Maroc a pris des mesures importantes pour lutter contre les hépatites virales», affirme Carlos Justiniani, Country Manager Roche Diagnostics Morocco & North West Africa Network Lead. Il estime toutefois essentiel de briser la stigmatisation qui entoure cette infection et qui freine le recours au dépistage. Interview. PAGESAFRIK.Com/LIBE: Le Maroc a commémoré la Journée mondiale contre l’hépatite lundi 28 juillet. Pourquoi cette journée est-elle importante et comment la maladie a-t-elle évolué dans le pays ? Carlos Justiniani : La Journée mondiale contre l’hépatite nous rappelle que l’hépatite reste l’une des maladies infectieuses les plus meurtrières au monde, juste après la tuberculose. Au Maroc, cette réalité est tangible : il y a seulement sept ans, nous avons connu deux épidémies d’hépatite simultanées. Ces événements ont montré à quelle vitesse la maladie peut se propager et perturber la vie quotidienne. La bonne nouvelle est que l’hépatite est évitable et traitable si elle est détectée tôt. En parlant de l’hépatite et en encourageant le dépistage, nous pouvons éviter des décès inutiles, protéger nos familles et réduire le lourd fardeau financier pesant sur notre système de santé. Le Maroc a pris des mesures importantes pour lutter contre les hépatites virales, en particulier l’hépatite C, en mettant en place un plan stratégique ambitieux et en garantissant l’accès gratuit aux traitements. Quels sont les types d’hépatite et les modes de transmission les plus courants au Maroc ? L’hépatite est une inflammation du foie causée par cinq virus : A, B, C, D et E, chacun ayant des modes de transmission différents : A et E : souvent liés à des aliments ou de l’eau contaminés. B, C et D : transmis par le sang et les fluides corporels, via du matériel médical non stérilisé, le partage de rasoirs, les relations sexuelles ou la transmission de la mère à l’enfant à la naissance. Au Maroc, les hépatites B et C sont les plus préoccupantes, car elles peuvent entraîner des infections chroniques, une cirrhose, un cancer du foie et des décès prématurés. Dans le monde, 354 millions de personnes vivent avec une hépatite chronique B ou C, et le Maroc contribue à ce fardeau, souvent à son insu, en raison du faible recours au dépistage. Les hépatites B et C sont-elles encore considérées comme des «tueuses silencieuses» ? Peut-on en guérir ? Oui, on les appelle souvent des « tueuses silencieuses », car les personnes infectées peuvent vivre des années, voire des décennies, sans aucun symptôme. Souvent, lorsque des symptômes apparaissent, il est déjà trop tard et des dommages graves au foie sont survenus. L’hépatite C peut aujourd’hui être guérie grâce à des traitements antiviraux à action directe, tandis que l’hépatite B peut être efficacement prise en charge afin d’éviter les complications. Au Maroc, beaucoup de personnes découvrent leur infection à un stade avancé, ce qui rend le dépistage précoce indispensable. Pourquoi de nombreux Marocains hésitent-ils encore à se faire dépister ? Les tabous ou idées fausses jouent-ils un rôle ? Une étude chez Roche a démontré que 60 % des Marocains interrogés sont peu enclins à se faire dépister. Les idées fausses en sont une raison majeure : beaucoup pensent que l’hépatite ne touche que les consommateurs de drogues ou les personnes aux comportements « à risque », ce qui est faux. D’autres craignent la stigmatisation sociale ou le jugement de leur entourage. Cette stigmatisation peut avoir des conséquences graves. Par exemple, certaines personnes évitent de se faire tester, même si elles soupçonnent une exposition passée, par peur de la discrimination. Nous devons banaliser le dépistage afin qu’il devienne aussi naturel que de vérifier sa tension artérielle. Comment prévenir l’hépatite ? Le moyen le plus efficace de prévenir l’hépatite est de connaître son statut grâce au dépistage. La détection précoce permet de recevoir un traitement à temps, d’éviter de graves complications hépatiques et de ne pas transmettre involontairement le virus à d’autres. Il est tout aussi important de respecter des pratiques médicales sûres, comme l’utilisation de matériel médical stérile et l’interdiction du partage d’objets personnels comme les rasoirs, afin de réduire significativement les risques de transmission. Briser la stigmatisation liée à l’hépatite est aussi essentiel : l’éducation dans les écoles, les lieux de travail et les communautés peut inciter au dépistage et aux soins sans peur ni hésitation. Enfin, la vaccination contre l’hépatite B reste une mesure préventive importante à long terme, offrant une protection sûre et efficace, notamment pour les nouveau-nés et les groupes à risque. Quels sont les principaux obstacles au diagnostic et au traitement, en particulier dans les zones rurales ? Le Maroc dispose d’un Plan stratégique national pour l’élimination de l’hépatite, mais certains défis persistent : Le dépistage n’est pas encore totalement intégré dans l’ensemble des services de soins primaires. L’accès aux diagnostics reste limité dans les zones rurales et reculées. Le coût des traitements à un stade avancé est élevé, atteignant plusieurs dizaines de milliers de dirhams par patient et par an, alors qu’un test coûte seulement 100 à 150 MAD. Si seulement 30% des cas restent non diagnostiqués et que 10% d’entre eux développent des complications graves, la pression sur le budget de la santé au Maroc pourrait être considérable. Que faut-il faire pour améliorer la situation? Les campagnes de dépistage à grande échelle et son intégration dans les soins primaires sont-elles pertinentes? Absolument. L’intégration du dépistage des hépatites virales dans les services de santé de routine et le lancement de campagnes nationales permettraient de détecter les cas plus tôt et de sauver des vies. Ainsi en complément des plateformes décentralisées, l’équipement des centres de référence avec des plateformes évolutives, automatisées et intégrées permettrait une gestion optimisée des flux générés par les campagnes nationales. La campagne égyptienne «100 millions de vies saines » a dépisté plus de 60 millions de personnes et traité 4 millions, obtenant le statut Or de l’OMS pour l’élimination de l’hépatite C. Le Maroc peut suivre ce modèle, en combinant volonté politique, partenariats public-privé et mobilisation communautaire. Propos recueillis par Alain Bouithy BIO-EXPRESS. À la