
Tostao brise le silence sur le déclin des Diables Rouges
Malgré le recours massif à des joueurs évoluant à l’étranger, les Diables Rouges du Congo ne progressent pas et peinent à se qualifier depuis plus de dix ans, déplore Bagamboula-Mbemba, dit « Tostao », constatant que la sélection nationale est devenue l’une des plus mauvaises d’Afrique.
Comment le football congolais a-t-il pu en arriver là ? Icône incontestée et légende vivante du football congolais, il a sa propre analyse. Il pointe d’abord un réel problème d’organisation au sein du football national.
Dans un entretien accordé à La Semaine Africaine, l’ancienne gloire du football rappelle que « actuellement, les grands pays de football sont ceux qui sont les mieux organisés. Ils mettent d’énormes moyens à la disposition du football. Sans moyens, on n’arrive à rien ».
Il relève par la suite le « manque de stabilité au niveau des sélectionneurs et de l’ossature des Diables Rouges », affirmant que « changer trop souvent d’entraîneur n’est jamais bon ».
Autre grief, et pas des moindres : les grands dirigeants sont devenus denrée rare, constate Bagamboula-Mbemba. Aussi, poursuit-il, « beaucoup n’ont pas de projet de développement pour leur équipe. Certains ont même pris leur club en otage, décident de tout et s’entourent de courtisans ».
Tostao rappelle qu’à son époque, « le club n’était pas l’affaire du président seul, mais une famille où chacun faisait son travail dans un climat de confiance mutuelle ».
Quoi qu’il en soit, le fait que certains dirigeants soient confrontés à des problèmes financiers accentue davantage la crise.
Bien que la situation soit préoccupante, l’ancien Diable Rouge croit encore à un renouveau, qui passe par une meilleure organisation, une bonne préparation et la régularité des championnats dans toutes les catégories.
Il préconise, en outre, « la création de centres de formation à travers le pays afin de préparer la relève. Il faut donc investir dans la formation ; chaque club doit se fixer cet objectif ».
Il estime par ailleurs que l’État doit définir une « véritable politique sportive ». Et de conclure : « Je suis convaincu que tous — fédération, clubs, ministère des Sports, anciens joueurs, entraîneurs, arbitres, etc. — nous pouvons réhabiliter la pratique sportive et redorer le blason de notre football ».
Martin Kam