« Sang Froid : Chroniques de l’enfant-soldat », le nouveau roman de Ghisse ONTSIRA, sera lancé à Casablanca le 13 décembre

« Sang Froid : Chroniques de l’enfant-soldat », le nouveau roman de Ghisse ONTSIRA, sera lancé à Casablanca le 13 décembre

LIVRE. Le nouveau roman de Ghisse ONTSIRA, « Sang Froid : Chroniques de l’enfant-soldat », sera officiellement lancé, en partenariat avec Les Éditions Gorée, le samedi 13 décembre 2025, à partir de l3h30, à l’Hôtel Adagio à Casablanca au Maroc. Engagé, « ce roman est un appel à regarder, à entendre, à ne pas oublier. Sang Froid ne cherche pas à briser les cœurs, mais à ouvrir les consciences », confie  l’écrivain et orateur congolais. A travers ce nouveau récit, Ghisse ONTSIRA explore les blessures de l’enfance volée par la guerre, mais aussi la résilience et l’espérance qui subsistent malgré la violence. Mais attention, Sang Froid n’est pas seulement une fiction. Bien plus qu’un simple récit littéraire, cette œuvre – que nous vous invitons à lire absolument – c’est une interpellation collective, un appel à la mémoire et à la dignité. Le roman met en lumière la fragilité des destins brisés trop tôt, tout en rappelant la force de l’éducation, de l’amour et de la patience comme remparts contre la barbarie. En donnant voix à ceux que l’Histoire réduit souvent au silence, l’auteur invite à réfléchir sur la responsabilité des sociétés face à leurs enfants, et sur la nécessité de construire des espaces de réparation et de transmission. Ce texte, à la fois intime et universel, s’inscrit dans une littérature qui refuse l’oubli et qui choisit de transformer la douleur en conscience partagée. Revenons à la cérémonie de lancement pour dire qu’en ouverture des écrivains émergents partageront des extraits de leurs ouvrages. Cette initiative vise à offrir une visibilité à de nouvelles voix littéraires et à rappeler l’importance de soutenir les talents en devenir, a-t-on appris. Nous apprenons par ailleurs que VWAMA, une société de conciergerie haut de gamme, basée en Chine, et envisageant prochainement une implantation au Maroc, est le sponsor exclusif et officiel de l’événement. Spécialisée dans l’accompagnement lifestyle, business et événementiel, VWAMA apporte à ce lancement une dimension premium. S’est également associée à ce lancement, la Fédération des Associations Subsahariennes au Maroc (FASAM) qui sera représenté par son président traduisant ainsi l’écho particulier que trouvent, au sein de la communauté, les valeurs de solidarité et de transmission portées par ce roman.

SOCIÉTE CONGOLAISE : Ouenzé, un berceau politique et culturel

SOCIÉTE CONGOLAISE : Ouenzé, un berceau politique et culturel

TÉMOIGNAGE D’UN ÉCRIVAIN POUR UN HOMME POLITIQUE Un souvenir inoubliable d’élève : Comment suis-je devenu poète ? Un souvenir qui me revient, chaque fois que je termine un texte. Un souvenir qui date des années 70 de mon passage au lycée Savorgnan de Brazza au moment où je vivais encore dans mon Ouenzé natal. Nous sommes dans un lycée où tous les professeurs sont presque de nationalité française. Je suis en classe de Seconde C où sont à l’honneur les matières scientifiques comme les mathématiques, la physique, la chimie et la biologie appelée aujourd’hui SVT (Sciences de la Vie et de le Terre). Et j’ai un frère en classe de Terminale A (classe qui met en valeur les sciences humaines comme la philosophie, l’histoire et la géographie, les langues vivantes tels l’anglais, l’espagnol et le russe, la littérature…) ; ce frère, un grand dandy de l’époque liant agréablement l’amour de l’école à celui de la vie mondaine de Brazzaville en général et du quartier cosmopolite de Poto-Poto en particulier. Nous habitions le même arrondissement : moi dans la rue Mboko, et lui à quelques encablures de mon domicile, plus précisément dans la rue Impfondo, cette rue qui deviendra plus tard l’avenue Lénine pour des raisons politiques. Dans ma classe, notre professeur de Français nous avait donné comme devoir à faire, un commentaire composé sur un poème de Ronsard. Je commence mon devoir en me posant mille questions si je suis vraiment sur la bonne voie. Pas sûr de ce que je suis en train de faire, je me décide d’aller dans la rue Impfondo, voir mon frère que j’ai toujours admiré comme bon élève depuis le collège, le CEG d’application jusqu’au lycée Savorgnan de Brazza où il s’est fait marquer par presque tous ses professeurs qui l’ont eu comme élève. Il m’a étonné par son cursus scolaire atypique au lycée : admis en classe de Seconde C après son admission au Brevet d’Études Moyennes Générales (B.E.M.G), il passe en suite en classe de Première D avant de quitter le lycée en 137 classe de Terminale A après avoir décroché son BAC « du coup », comme on aimait le dire à notre époque. Il poursuivra ses études supérieures en URSS, actuelle Russie. Mais revenons plutôt à mon devoir de commentaire composé sur le poème de Ronsard. La veille du jour qu’il fallait remettre le devoir à notre professeur, je vais demander à mon frère de me donner quelques idées pour parfaire mon devoir car le texte de Ronsard me paraissait un peu difficile et ambigu à exploiter, surtout que le langage poétique me paraissait toujours énigmatique en ce temps-là. Arrivé chez lui, mon frère se préparait pour sa sortie vespérale qui devait l’emmener vers l’ambiance juvénile de Poto-Poto. Je commence à lui expliquer pourquoi je suis venu le voir. Mais tout de suite il comprend la raison de ma visite inopinée chez lui en s’apercevant que j’ai dans mes mains, un cahier et le Lagarde et Michard du XVIe siècle. Il me demande de lire mon poème à haute voix tout en jetant un coup d’œil sur sa montre bracelet. J’exécute. Il écoute et me demande de le relire. Il écoute de nouveau tout en nouant sa cravate après avoir ciré ses Pierre Cardin et me demande de prendre des notes qui me serviraient de construire mon commentaire composé. Tout s’est passé en quinze minutes. « Speece ! Je pense qu’avec ça, tu pourras faire un bon devoir », me lançe-t-il. (Speece était mon petit surnom au lycée). De retour chez moi, je travaille mon devoir sans conviction car je pouvais comprendre comment mon frère pouvait il s’imprégner de ce poème en un laps de temps tout en nouant sa cravate. Je suis surprise quelques jours à la remise de nos devoirs par le professeur ; j’avais obtenu, et cela pour la première fois, la note de 14/20 et je me rappelle toujours cette appréciation de mon professeur : « M. Kodia, bon plan du commentaire et bonne exploitation des émotions de Ronsard devant sa mort prochaine ; émotions que seuls les poètes peuvent avoir le courage de décrire ». Depuis ce jour-là, j’ai commencé à aimer la poésie qui m’a poussé même à terminer mon cycle du lycée par la série littéraire avec des figures emblématiques dans le domaine des Lettres comme Emile Tambaud, Matondo Kubu Turé et Alfoncine Nyelenga Bouya, pour ne citer que ces trois compagnons de classe de l’époque. Un autre souvenir inoubliable des années 70 : mon frère aimait, comme moi, la musique de l’African Fiesta avec son idole, mon idole, notre idole Rochereau Tabu Ley ; Je ne sais pas s’il se rappelle encore ses exhibitions au « Mess des Sous-officiers », un lieu d’agrément des militaires, pendant un concert nocturne de notre orchestre préféré avec des chansons sentimentales telles Hortense, Mocrano, Mon mari est capable, Pic Nic Ya N’sele, Christine et Gipsy pour ne citer que celles-là. Chaque fois que j’écoute ces mélodies poétiques, je ne cesse de penser à lui, dansant sous le regard des étoiles d’après-minuit. 138 Comme c’était beau cette époque inoubliable pour les jeunes dandys que nous étions ! Et ce frère, qui m’a fait aimer la littérature, n’est autre que Isidore Mvouba qui, au lycée, prendra le surnom de Osdet, un professeur français qui l’appréciait dans son travail en classe, un professeur qu’il admirait et qui l’admirait dans le vestimentaire. Surnom qu’il va immortaliser à sa manière plusieurs années plus tard. Aussi, dirai-je que je suis devenu écrivain à partir de cet amour pour la poésie déclenché par mon commentaire composé du sonnet de Ronsard intitulé « Je n’ai plus que les os », un travail réussi grâce à la contribution de mon frère Isidore Mvouba, devenu un grand homme politique de notre génération, un homme à qui je ne cesse de rendre hommage quand « mon cœur, ma plume et ma muse s’amusent » comme le dirait Pierre Ntsemou, un illustre poète congolaisde la nouvelle génération  dans Mon

Littérature congolaise : Pachelbel, ce génie méconnu de Ferréol  Gassackys

Littérature congolaise : Pachelbel, ce génie méconnu de Ferréol  Gassackys

L’étroite relation qu’il y a entre la littérature et la musique demeure irréfutable. La jonction entre les deux arts ou médias, s’ancre dans une modernité apparente, tant ils demeurent le lieu privilégié d’exploration de notre inconscient sur le réel et l’irréel. L’exploration musicale se rapporte très souvent, à la présence des traces musicales dans le texte littéraire ; aussi bien dans l’évocation de l’objet-musique, ou dans les portraits des figures musicales. À cet effet, Ferréol Gassackys s’inscrit dans le même contexte que Sylvain Bemba, Mfumu Fylla Saint-Eudes ou Clément Ossinonde dont les œuvres contribuent de façon significative à la connaissance de la musique congolaise. À la différence de ceux-ci, ou bien de tous ceux qui ont écrit ou écrivent sur la musique congolaise des deux rives du fleuve Congo, il nous plonge à son tour dans la musique baroque à travers l’évocation  de la figure de Johann Pachelbel (1963-1706) dont l’œuvre reste d’actualité. La lecture de cet ouvrage a suscité en nous des interrogations sur les motivations de cette scripturalité et la portée d’une telle évocation historique. De prime abord, l’intitulé du livre semble bien clair : Pachelbel, ce génie méconnu. La thèse de Ferréol Gassackys consiste à démontrer, d’une part, l’objet de cette méconnaissance (si réellement méconnaissance il y a), et de célébrer avec faste  ce génie de Pachelbel à travers son œuvre intemporelle. L’on comprend bien évidemment qu’il tient à saluer l’immensité artistique de cette figure légendaire, son influence et la portée sous-jaccente de son œuvre. Toutefois, il y a lieu de s’interroger sur le présumé génie méconnu vu l’abandonnace d’informations que nous livre Internet sur son mythique canon en ré majeur. Ce qui en revange, suscite en nous, l’hypothèse d’une compréhension, ou d’une connaissance-méconnaissance de la figure de Pachelbel, ou de n’importe quelle icône, par rapport aux données anthropologiques et culturelles. D’où le questionnement ci-après : Qu’est-ce qui nous rapproche culturellement de Pachelbel, voire de la musique classique ? En quoi cette forme de musique presque « élitiste » influencerait-t-elle notre conscience culturelle ? Pour quoi serait-il important d’aujourd’hui d’écouter ou de parler de Pachelbel ou de sa musique pour un Congolais dès lors qu’il ignore sa culturelle originaire, ses musiques traditionnelles, lesquelles manquent de canaux de rébondissement capables de favoriser leur éclosion ?  Bref, cet ouvrage complète la bibliographie déjà abondante de Ferréol Gassackys et atteste, de surcroit, de son penchant indiscutable pour la musique, son éclectisme et sa boulimie du savoir.  Sur  le plan formel, la page de couverture de cet essai de Ferréol Gassackys nous laisse apprécier le regard scrutateur de Pachelbel. Les éléments de parure que l’on retrouve sur la photo ici,  illustrent le contexte sociologique de l’époque. Outre le titre qui parait déjà clair et précis, « Pachelbel, ce génie méconnu », nous retrouvons sur la même page de couverture,  et ce, de façon conventionnelle, le nom de l’auteur, puis la maison d’édition (les 3 colonnes). Sauf que l’éditeur ne précise pas directement le genre littéraire auquel appartient l’ouvrage. Il s’agit d’un essai littéraire à valeur historique. L’objet principal du livre est déjà connu à travers son titre. Ferréol Gassackys défend la thèse selon laquelle le génie de Pachelbel serait méconnu. Le livre s’ouvre aussitôt par une dédicace, puis une page péritextuelle où l’auteur précise le genre de musique qu’a pratiqué Pachelbel, sa nationalité et ses tendances. S’enchainent après, des chapitres (dix sept au total) à travers lesquels l’auteur soutient sa démarche, fait assoir sa réflexion, bref exploite à son tour son propre génie dans la restitution d’une histoire aussi complexe. C’est précisément en 2005 que Ferréol Gassackys découvre le talent inébranlable de Pachelbel lors d’un séjour à New York. Depuis lors, il s’est engagé à mieux le connaitre et à perpétuer les valeurs et la magie de sa musique. Il affirme à cet effet : « […]Je me suis senti investi d’une mission, celle d’expliquer la résilience d’une telle œuvre musicale supérieure, en tentant de découvrir, la nature, la vie de cet homme que l’on pourrait assurement qualifier de génie dans l’ombre, tant  son Canon en ré majeur pour trois violons et basse, nous accompagne de manière prodigieuse depuis plus de trois siècles » (p.12). Ce qui semble frappant dans cette écriture de Ferréol Gassackys, c’est surtout sa connaissance de l’histoire. Cette grande connaissance qui  nous avait déjà subjugué dans Frikiapèlerin des âges et Brèves réflexions sur le vertueux, l’instinctif, le truand et l’autre, nous amène à nous regarder à notre tour à travers l’histoire, à s’approprier ses enjeux et à promouvoir la lecture comme valeur essentielle du développement. L’imaginaire de Ferréol Gassackys se construit autour des réalités historiques et multiculturelles. Aussi la défense de cette figure stellaire devient-elle une possibilité d’ancrage systématique de l’auteur  dans son univers passionnel qui est la musique. Outre l’évocation historique de la figure de Pachelbel, Ferréol Gassackys nous invite également à découvrir sa simplicité digne et sa foi chrétienne. En effet, le Canon de Pachelbel est aussi lumineuse par sa mélodie envoûtante qui nous rappelle la beauté et le parfum de la vie. Sa partition harmonieuse s’empare du corps charnel pour nous exposer à un monde plus spirituel, plein de sérenité et de transcendance. Il vibre en chacun de nous, résonne tel un appel au mervelleux et à la méditation spirituelle. C’est une onde à la vie et à la spiritualité, tout en assurant une fonction thérapeutique. Par ailleurs, c’est l’occasion pour nous de remercier l’auteur de ce livre, grâce auquel nous avons découvert la figure de Pachelbel et l’influence de son œuvre. Nous espérons que cette volonté de l’auteur de promouvoir la musique va se poursuivre dans le cadre des figures musicales congolaises qui jusque-là peine à se faire connaitre, en dépit de leurs œuvres à valeur planétaire. Rosin LOEMBA rosinloemba@gmail.com

Institut français du Congo. Célébration de la phratrie : que de bons et beaux souvenirs avec mon grand-frère Dongola avec Jazz et vin de palme

Institut français du Congo. Célébration de la phratrie : que de bons et beaux souvenirs avec mon grand-frère Dongola avec Jazz et vin de palme

La célébration de la phratie s’est tenue du 28 au 31 octobre 2025 à Brazzaville dans l’enceinte du l’Institut français du Congo. Spectacles, lectures, slam, projection, tables rondes et expositions ont été de la partie.  A cette occasion j’ai pu rencontrer de nouveau le seul « baobab-écrivain » qui nous reste après la disparition de Sylvain Bemba. Cinq autres figures emblématiques en dehors de ce dernier ont été à l’honneur : Sony Labou Tansi, Emmanuel Dongala, Henri Lopes, Jean Baptiste Tati Loutard, Tchicaya U Tam’si. Comme ça été beau de rigoler encore avec Emmanuel Dongala, lui rappelant encore et encore le petit et succulent livre Jazz et vin de palme que nous faisions venir de Paris par l’intermédiaire de nos parents et amis stewards d’Air Afrique à cette époque car censuré par le Parti Congolais du Travail. Longtemps mis à l’écart par la censure de l’époque car naviguant dans le bateau du monopartisme, Jazz et vin de palme était enfin accepté par les réalités du pluralisme démocratique dans lequel s’était mis notre Congo après la Conférence nationale. Jazz et vin de palme, publié aux éditions Hatier en 1982,est un recueil de huit nouvelles qui se lit facilement car son cours narratif épouse la réalité sociopolitique de l’époque et dont le point culminant est la satire politique. Emmanuel Dongala dénonce, sans fausse honte, lesvices et défauts de la société congolaise d’alors. Le miroir sociopolitique dans Jazz et vin de palme reflète essentiellement les hommes politiques et plus précisément les militants du socialisme scientifiquedans lequel était plongé son Congo à l’époque où il avait écrit son roman, socialisme souvent en contradiction avec les réalitéssociales des années d’avant le pluralisme démocratique. Satire, réflexion sur l’intellectuel africain qui se trouvait gagné par les idées marxistes-léninistes tout en étant à certains moments accrochés à son « authenticité » africaine, tels sont les deux idées principales qui se dégagent dans ce recueil de nouvelles dont la pièce maîtresse serait le texte intitulé « L’étonnante et dialectique déchéance du camarade Kali-Tchikati » qui développe le thème de la sorcellerie en dénonçant l’hypocrisie des cadres révolutionnaires africains ; c’est l’histoire d’un marxiste-léniniste convaincu (il a étudié les sciences sociales à Moscou) qui veut donner des explications scientifiques à ses problèmes liés à la réalitésocioculturelle africaine. Kali ne comprend pas pourquoi sa femme qui n’est pas physiologiquement stérile n’arrive pas d’avoir d’enfant malgré les traitements médicaux des grands spécialistes. Tout va s’arranger quand celui-ci va demander pardon à ses parents qui ne voulaient pas de cette femme au début de leur union. Fervent militant du parti, Kali-Tchikati est à l’origine de l’exclusion d’un camarade pour « avoir demandé pardon » à un parent mort car cela est incompatible à l’idéologie marxiste : « Lorsque Kali Tchikati apprit par la suite qu’un membre éminent du parti avait pris part à cette cérémonie(funéraire), il piqua une autre colère, convoqua la Commission de vérification du parti et l’homme fut exclupour fétichisme et pratiques occultes, puis lynché verbalement à la radio » (p.22). Jazz et vin de palme est un livre qu’il faut lire car quelques-uns de ses textes mettent à nu une Afrique qui essaie de se reconstruire depuis son entrée dans le pluralisme démocratique. Mais on remarque que certains dirigeants politiques veulent encore s’accrocher à un système moribond en modifiant les Constitutions pour se maintenir au pouvoir, s’adossant à la dictatured’une minorité, système qui s’essouffle pour la naissance d’un vrai développement d’une démocratie intégrale conséquente. Noël Kodia-Ramata

Maroc/« Koutoub 2025 ». El Jadida capitale de la littérature

Maroc/« Koutoub 2025 ». El Jadida capitale de la littérature

LIVRES. «Koutoub » est le rendez-vous de tous les acteurs du livre: auteurs, illustrateurs, éditeurs, diffuseurs, conférenciers, penseurs, libraires, critiques, bibliothécaires, lecteurs. Et des arts aussi : plasticiens, musiciens… Prévu du 16 au 18 octobre 2025 à l’ORMVAD d’El Jadida, l’événement  vise à célébrer la richesse de la création littéraire actuelle, locale et internationale, sous toutes ses expressions.  Cette importante manifestation, orchestrée par l’Association des Amis d’Ibn Zaidoun et le Laboratoire de Traduction, Communication et Littérature (TCL) de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Chouaïb Doukkali à El Jadida, a concocté un programme abondant, diversifié mais soigneusement orienté pour plaire à tous les intérêts : des rencontres littéraires, des débats, une exposition artistique, des ateliers d’écriture, ainsi que des hommages rendus à d’importantes personnalités de la littérature et des arts… À cette célébration de la littérature et de l’art, on attendra la présence de nombreux auteurs, poètes, narrateurs, éditeurs, libraires, conférenciers et critiques littéraires, du Maroc et d’ailleurs, sans oublier les musiciens et artistes.  Pendant trois jours, « Koutoub » aspire à être un lieu d’interactions et de dialogues entre les différents intervenants dans le domaine du livre et de l’édition. « Au cœur d’El Jadida, cité millénaire bercée par les souffles de l’Atlantique et les murmures des siècles, naît Koutoub qui est une célébration de la puissance des mots, un carrefour où les langues, les cultures et les imaginaires convergent. Plus que des rencontres, Koutoub est une expérience sensorielle et intellectuelle et un hommage vibrant à l’écriture sous toutes ses formes. Ici, le patrimoine littéraire renaît, les créations se rencontrent et les voix de demain s’inventent.», précisent les organisateurs dans un communiqué de presse. Cet événement vise non seulement à rendre hommage au livre et à l’art dans toute leur beauté, mais aussi à maintenir l’héritage littéraire d’une ville aux racines profondes. Il a pour objectif de rassembler des auteurs et artistes marocains et du monde entier en ce lieu singulier où l’océan fusionne avec différentes cultures et formes d’art.  Il s’agira, selon les organisateurs, d’un laboratoire des futurs possibles, une nouvelle génération de conteurs, d’écrivains, de poètes et de penseurs. Ainsi, avec des auteurs venus du monde entier et des animations jeunesse et tout public (conférences, lectures, spectacles, rencontres…),  Koutoub, pendant trois jours, promet plusieurs activités dédiés aux livres, à la lecture et aux débats.  Mais ce n’est pas tout. En parallèle de cet événement, les amateurs d’art contemporain marocain auront la chance de voir et d’apprécier les créations récentes des artistes Abdelkarim Elazhar et El Mostafa Akil, au Complexe culturel de l’OCP d’El Jadida. Ajouter à cela, un des points saillants de cet événement sera la tribute dédiée à l’auteur, poète et journaliste Said Mountassib, lauréat du Prix de la Nouvelle 2024. Il faut dire que «Koutoub» aspire à être un point de rencontre d’échanges passionnants, où des voix diverses se regroupent pour honorer l’abondance du patrimoine littéraire et artistique. Les participants auront donc la chance de s’enrichir les uns les autres, de profiter des influences réciproques et de redécouvrir la force des mots. Le tout porté très haut par la peinture et la musique. «Nous proposons une immersion totale de l’intime solidarité d’auteur à auteur, pacte invisible où chacun devient le promoteur de l’autre, à la transmission exigeante lors d’ateliers dirigés par des maîtres, des livres mis en mouvement et qui dialoguant avec la peinture et la musique, aux conférences hommages qui lient mémoire et modernité», poursuit-on dans le communiqué de presse. Grâce à cette collaboration entre auteurs, artistes et chercheurs, le cœur sensible de cette manifestation est de mettre en place un échange dynamique et éternel qui préserve la culture sous ses diverses facettes. Ainsi, du 16 au 18 octobre 2025, El Jadida sera la capitale de la littérature où « les pages s’ouvrent, les encres voyagent et les voix résonnent bien au-delà des frontières», conclut-on. Soyez au rendez-vous ! Et on y sera ! A.A

Congo/Vient de paraitre : Des mots, de l’amour et des larmes de Césaire Baltazard Obambi : un hymne à l’amour

Congo/Vient de paraitre : Des mots, de l’amour et des larmes de Césaire Baltazard Obambi : un hymne à l’amour

La littérature congolaise vient de s’enrichir d’une nouvelle parution, à savoir : Des Mots, de l’amour et des larmes (2025) de Césaire Baltazard Obambi. Déjà connu dans l’univers de la police nationale, Césaire Baltazard Obambi dévoile dans cette somme poétique, dense de significations, une autre figure de sa personnalité : celle d’un poète faisant l’apologie des mots et d’amour.  1. Présentation formelle du recueil Publié aux Editions L’harmattan-Congo, Des mots, de l’amour et des larmes compte 80 pages reparties en 48 poèmes de proportions variées, et de quelques éléments péritextuels. L’ouvrage s’ouvre par un discours dédicatoire, puis une mention mémorielle ; avant de se poursuivre par des remerciements et de chuter par la préface de Prince ArnieMatoko. La préface dans sa fonction notoire donne un aperçu général de l’ouvrage en s’appuyant sur la thématique centrale qui n’est autre que l’amour. En réalité, cette préface oriente davantage le lecteur autant qu’elle légitime la qualité thématique et stylistique de l’écrivain. Sur la page de couverture, la dimension chromatique nous place, de prime abord, dans l’univers amoureux, dont la substance sémantique nous est d’ailleurs proposée à travers un champ lexical spécifique, des vocables complétifs autour desquels s’organise l’instance titrologique : les mots, l’amour et les larmes. Le rapport du titre à l’illustration de la page de couverture (un arbre dont le feuillage est présenté sous forme de cœur) est somme toute évident. Il s’agit bel et bien d’un hymne à l’Amour au sens noble du terme.  Les trois termes constituant l’ossature de ce titre (les mots, l’amour et les larmes) se complètent du point de vue sémantique et traduisent la volonté du poète de reconnaitre et de propulser la valeur des mots, de la littérature en société, voire de la recherche d’une paix intérieure. Les mots dont il use ici et auxquels il s’adonne sans faille, sont l’expression d’une quête personnelle. Le poète s’en sert pour dire l’amour qu’il vit au quotidien, la femme dans sa beauté, sa douceur mais aussi ses paradoxes. La prise en compte de l’ambiguïté de l’amour l’amène à évoquer son corollaire, les larmes. Le titre de Césaire BaltazardObambi met aussi en lumière l’une des fonctions de l’écriture en général et de la poésie en particulier. C’est indirectement une manière de reconnaitre l’importance de la poésie (les mots) dans la résolution des conflits psychologiques, dans la recherche de la paix, de l’amour et de la sérénité. La sémantique de cet énoncé titrologique trouve assez de résonnance dans l’extrait poétique ci-après: « La poésie dans notre vie Pour nous montrer le chemin […] La nourriture vivifie le corps La poésie l’âme […] La poésie est toujours présente » (« Autopsie », p.67) La conscience poétique consiste ici, en la reconnaissance de sa portée salutaire et thérapeutique. Les mots ne servent pas seulement à décrire les choses, mais aussi à les récréer, à guérir, voire à sauver l’homme de ses turpitudes. La poésie de Césaire BaltazardObambi est aussi marquante sur le plan stylistique. Son style est partagé entre les jeux de mots, la recherche du conformisme scriptural classique, l’humour et la création des néologismes comme « inhomage » et « amourose ». Bref, son style, voire son écriture n’est pas assujettie à une règle quelconque. C’est en toute liberté qu’il écrit, tout comme  évoque l’amour dans sa plénitude. 2.L’expression lyrique de l’amour Les textes qui composent ce recueil nous renseignent beaucoup plus sur l’expérience sentimentale de Césaire BaltazardObambi, et attestent de sa grande sensibilité et sa tendance humaniste. L’affleurement lyrique que nous y découvrons traduit un imaginaire créatif  qui a pour socle initial la propension vénusienne et la volonté majestueuse de déifier la femme, de chanter sa beauté et de reconnaitre son importance dans la construction des sociétés. Le poète nous dévoile son intimité amoureuse, tant il concilie paradoxalement l’amour au chagrin. C’est d’ailleurs le sens de l’oximore qu’il y a lieu de cerner dès le titre entre l’amour et les larmes. Ce qui confère à l’amoureux un statut de martyr sentimental, puisqu’en lui, se construit toujours le paradoxe amoureux : « Je n’arrive plus Je ne supporte plus De cette geôle, tire-moi Même si tu ne veux plus de moi Ne m’ignore pas Souviens-toi » (« Aubade », p.20) Le scénario amoureux que décrit CésaireBaltazardObambi dans la quasi-totalité de ses textes nous rappelle sans nul doute Pierre de Ronsard dans « Les Amours de Cassandre » ou dans « Sonnet pour Hélène ». En réalité, l’amoureux est soumis à une sorte de sadomasochisme qui le condamne à sa propre dépravation tant l’être aimé devient le point culminant d’une existence rêvée. Autrement dit, plus on aime, plus on souffre de ce fait d’aimer sans toutefois que l’expression sentimentale ne soit réciproque au final. Au poète de marteler douloureusement ce qui suit : « Tu as fait bâtir En moi une image envoûtante Une image ensorcelante Qui me hante » (« Aubade », p.21) L’amour est ainsi traité avec acuité dans ce recueil de poèmes, donnant lieu à une mythologie personnelle qui traduit le penchant intimiste, sentimentaliste, épicurienne, voire féministe du poète. Ce thème de l’amour se révèle à travers plusieurs poèmes, à l’instar de « Aubade » (1, 2, 3, 4 et 5), « Tout à fait eau coulante »,  « Amour sauvage », « Destination confins d’amour », « Dépose ton cœur »,  « Que cela soit ainsi »,  « Amourose », « Sans rayon d’amour », « Ma vedette personnelle », « Larmes taries » ou « Cœur en hibernation ». L’amour est présent dans ce recueil sous plusieurs formes dont les plus récurrentes sont : l’exploration d’un sentiment personnel, le souvenir de l’amante, la nostalgie amoureuse, le bonheur d’être aimé, l’exaltation de la beauté féminine ou de la femme tout court, l’érotisme, le champ réflexif sur l’amour de façon générale, etc. Par ailleurs, la datation de certains poèmes de ce recueil, notamment ceux qui portent particulièrement sur l’amour, nous fait penser à une origine lointaine de cette verve poétique de Césaire BaltazardObambi. C’est dire tout simplement qu’il a commencé à écrire plusieurs décennies avant la parution de ce recueil, ainsi que nous le laisse deviner certains poèmes à la fin desquels le poète prend le soin de mentionner les dates de leur écriture (1996, 1997, 1998), mais aussi les lieux de leur gestation (Okaya, Louangué). Outre l’amour qui

Mali/Année de la culture : la 5ème édition du SIAMA officiellement lancée

Mali/Année de la culture : la 5ème édition du SIAMA officiellement lancée

La salle des banquets du Centre International de Conférences de Bamako (CICB) a accueilli, ce jeudi 4 septembre 2025, la cérémonie de lancement officiel de la 5ᵉ édition du Salon International de l’Artisanat du Mali (SIAMA). Présidée par le Ministre en charge de la Culture, M. Mamou DAFFÉ, en présence du Ministre de la Communication, de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration, M. Alhamdou Ag ILYÈNE, et de la Ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sall SECK, du Président de l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers du Mali (APCMM), des représentations diplomatiques de l’AES ainsi que des acteurs du monde de la culture et de l’artisanat. Organisée par le Ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, en collaboration avec l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers du Mali (APCMM) et les Organisations Professionnelles d’Artisans (OPA), cette édition du SIAMA se tiendra du 27 novembre au 07 décembre 2025 au Parc des Expositions de Bamako, sous le thème : « Artisanat, facteur de développement et de sauvegarde de notre identité culturelle ». Cette édition est placée sous le Haut Patronage de Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État, et s’inscrit dans le cadre de l’Année de la Culture au Mali décrétée par le Président de la Transition. Le SIAMA, selon le Ministre DAFFÉ, est un espace de célébration de l’unité nationale et d’affirmation de l’identité nationale de notre pays. Le SIAMA, selon lui, va au-delà de l’aspect économique : il est un espace de préservation de notre héritage commun. Soutenir l’artisanat, c’est soutenir l’économie malienne. Le Burkina Faso et la République du Niger seront les pays invités d’honneur de cette édition qui proposera un programme riche et diversifié. Durant dix (10) jours, il est prévu des panels de haut niveau, des ateliers thématiques, des défilés de mode, des animations artistiques et socioculturelles, un circuit touristique, une soirée de gala consacrée à la distinction des lauréats, entre autres. Le rendez-vous est donc pris du 27 novembre au 07 décembre 2025 au Parc des Expositions de Bamako.

Burkina Faso/Littérature : Yentema Raïssa Doumi publie son premier roman « La Garde du Corps »

Burkina Faso/Littérature : Yentema Raïssa Doumi publie son premier roman « La Garde du Corps »

L’écrivaine burkinabè Yentema Raïssa Doumi vient de signer son premier roman intitulé « La Garde du Corps », une œuvre qui met en lumière le combat d’une orpheline pour s’imposer dans un monde masculin. Le récit met en lumière Ange, une jeune femme orpheline qui, malgré les épreuves et le rejet, réussit à s’imposer dans un univers masculin en devenant garde du corps. Admirée pour son professionnalisme, elle incarne la résilience, la foi et la quête d’amour. À travers ce roman, l’autrice explore des thématiques profondes telles que l’émancipation professionnelle des femmes, l’unité familiale, la complicité parents-enfants, la spiritualité, l’amour et la solidarité. Née le 5 octobre 1995, Yentema Raïssa Doumi est communicatrice de formation, chroniqueuse et animatrice, aujourd’hui engagée dans la littérature. Le roman « La Garde du Corps », 231 pages, est paru aux Éditions Céprodif et disponible au prix de 7 000 F CFA dans les librairies DIACFA, MERCURY et JEUNESSE D’AFRIQUE et à Fada N’Gourma au télécentre YENKILMA (Grand marché). AIB