Collection « Nid d’artistes » : Une archive vivante pour une souveraineté culturelle africaine

Collection « Nid d’artistes » : Une archive vivante pour une souveraineté culturelle africaine

Une consécration internationale pour l’édition marocaine et continentale : le 4ème opus sur Cotonou sacré « Plus beau livre africain » à Paris. C’est une reconnaissance internationale qui vient couronner une démarche éditoriale inédite sur le continent. À l’occasion du Salon du livre africain de Paris, qui s’est tenu du 21 au 22 mars 2026, Malika Éditions s’est vue décerner le prestigieux Prix du plus beau livre africain pour le quatrième opus de sa collection « Nid d’artistes », dédié à Cotonou et au Sud Bénin. Décerné par la Maison de l’Afrique, ce prix réaffirme une ambition claire : valoriser l’excellence éditoriale et artistique du continent tout en faisant rayonner la richesse de ses patrimoines. Réalisé avec le soutien de BANK OF AFRICA, cet ouvrage vient récompenser un projet de longue haleine. Après avoir exploré l’âme de Casablanca, le souffle de Dakar et l’énergie d’Abidjan, la collection « Nid d’artistes » confirme, avec cette distinction, son statut d’œuvre majeure à l’échelle du continent. Initiée en 2019 par Malika Éditions, cette collection s’impose aujourd’hui comme une archive précieuse et nécessaire : une mémoire vivante de l’Afrique racontée par ceux qui la créent. Une série de beaux-livres qui dépasse la simple chronique artistique pour s’affirmer comme un acte de résistance culturelle. Réappropriation du récit : Une mémoire construite de l’intérieur À une époque où l’image de l’Afrique a trop souvent été construite par un regard extérieur, « Nid d’artistes » opère un renversement fondamental. La collection est née d’une conviction profonde : la souveraineté culturelle commence par la maitrise de son propre récit et l’archivage de sa mémoire. Il ne s’agit pas seulement de montrer l’art, mais de documenter l’histoire en train de s’écrire. En donnant la plume et la voix aux artistes, écrivains et penseurs locaux, la collection répond à un véritable impératif d’archivage. Elle constitue une mémoire sensible, émotionnelle et visuelle de l’effervescence africaine pour les générations futures, offrant un espace d’expression à ceux et celles qui façonnent l’imaginaire de leurs villes. C’est une réappropriation du narratif, une manière de dire au monde : « Voici qui nous sommes, vus par nous-mêmes ». « Il est crucial que l’Afrique se raconte elle-même au lieu de laisser les autres la raconter à leur façon. Les artistes, les écrivains et les penseurs savent mieux que quiconque percevoir ce que nous ne voyons pas et exprimer ce que nous n’arrivons pas à dire », affirme Malika Slaoui, éditrice et fondatrice de la collection. « Ces ouvrages sont une source d’information pour les prochaines générations. C’est un travail de mémoire engagé : archiver la parole des créateurs aujourd’hui, c’est préserver l’identité de demain et protéger des voix, des visions et des gestes qui, sans cela, risqueraient de se perdre ». Une promenade émotionnelle et une archive esthétique À travers une mise en page exigeante et une iconographie généreuse, ces beaux-livres invitent à une promenade émotionnelle guidée par les gardiens du temple artistique africain. Véritable conservatoire vivant, chaque volume fédère une centaine d’acteurs culturels : plasticiens, photographes, designers, slammeurs, écrivains et musiciens. Qu’ils soient jeunes talents émergents ou ténors reconnus à l’international, ils tissent ensemble le récit intime et mémoriel de leur cité. Ils y déposent leurs visions singulières dans une histoire commune et une mémoire partagée, transformant chaque page en une archive précieuse du présent. C’est une ode à la diversité, une palette inépuisable de couleurs et de mots qui capture l’effervescence des capitales créatives. L’immersion et l’humilité comme méthode de travail La force de la collection « Nid d’artistes » réside aussi dans la méthodologie unique de son éditrice. Rejetant l’approche superficielle et loin de la compilation à distance, chaque livre est le fruit d’une immersion longue et patiente sur le terrain. C’est cette présence qui permet de constituer une équipe au niveau local (auteurs, contributeurs…) et favorise la rencontre, le dialogue et la collaboration dans une dynamique collective où la création se construit à plusieurs voix. « Pour chaque ville, je mène un travail immersif de terrain de plusieurs mois. Je vais personnellement à la rencontre des artistes, des écrivains et des acteurs culturels. Cette proximité constitue le socle de ma démarche. Elle me permet de tisser des liens forts et de restituer une vision juste, sensible et profondément humaine de la scène artistique. Le partage et l’échange sont au cœur de ce projet, qui s’inscrit pleinement dans notre ligne éditoriale axée sur la préservation de la mémoire, la transmission et le dialogue entre les cultures », explique l’éditrice.« J’ai profondément ressenti que, de Casablanca à Cotonou, ces scènes ont en commun une volonté farouche de raconter le monde depuis leur propre réalité. » Cette méthode, fondée sur l’humilité et l’écoute, permet de capter l’énergie brute des métropoles africaines. De Cotonou à Casablanca, ces villes partagent une vitalité incroyable et une volonté commune : interroger l’identité, le territoire et le présent. À propos de Malika Éditions. Fondée en 1998, Malika Éditions est une maison indépendante spécialisée dans les beaux-livres sur le patrimoine historique et artistique. Reconnue pour ses co-éditions prestigieuses avec des maisons européennes (Actes Sud, Gallimard, Somogy), elle a su enrichir sa ligne éditoriale en s’ouvrant à la scène contemporaine africaine. Sa signature : un dialogue constant entre l’image et le texte, au service de la transmission et du dialogue entre les cultures.

Kongo Atlantique : Rêve d’un État fédéral : un livre qui défie les chefs d’État

Kongo Atlantique : Rêve d’un État fédéral : un livre qui défie les chefs d’État

PARUTION. La Société Littéraire a le plaisir d’annoncer l’ouverture d’un grand chantier de réflexion, d’étude et de valorisation autour de l’ouvrage de Serge Armand Zanzala : Kongo Atlantique : Rêve d’un État fédéral! Sous-titré : « Je sais que cela vous amuse, mais j’ose quand même: pour une parole qui défie l’impossible et ouvre le débat » Cet ouvrage s’inscrit dans une démarche ambitieuse, à la croisée de l’histoire, de la culture et du politique. Il propose une relecture profonde de notre passé, en invitant à reconnaître et à mettre en lumière les formations politiques, sociales et culturelles qui structuraient l’espace bantou bien avant la colonisation. Des royaumes et empires tels que le Kongo, le Loango, les ensembles Téké, Luba et Lunda, jusqu’aux royaumes de Ndongo et Matamba, sans oublier les réseaux des peuples Ngala, Fang, Mpongwe, Punu ou Nzebi, se dessine une histoire riche, plurielle et profondément interconnectée. Au cœur de cette mémoire se trouve le puissant Royaume Kongo, véritable centre de gravité politique et civilisationnel, autour duquel s’organisaient échanges, alliances et équilibres régionaux. Ce chantier éditorial vise à : Réhabiliter cette mémoire historique souvent fragmentée, Valoriser les continuités culturelles et civilisationnelles, et Nourrir une réflexion contemporaine sur l’avenir politique de cet espace Le concept de Kongo Atlantique s’inscrit dans cette dynamique : il ne s’agit ni de nier les États actuels ni d’effacer les frontières, mais de proposer une lecture fédératrice d’un héritage commun, enracinée dans l’histoire et tournée vers l’avenir. Un sous-titre à la fois interpellateur et provocateur Le sous-titre de l’ouvrage se distingue par sa force et son audace. À travers cette formule, l’auteur interpelle directement les consciences et ose bousculer les certitudes établies. Cette parole, volontairement provocatrice, semble s’adresser en particulier aux quatre chefs d’État représentés en couverture : João Lourenço (Angola), Félix Tshisekedi (République Démocratique du Congo), Denis Sassou Nguesso (République du Congo) et Brice Oligui Nguema (Gabon). En affirmant « j’ose quand même », l’auteur pose un acte intellectuel fort : celui de défier les logiques politiques actuelles et d’ouvrir un débat que beaucoup jugent sensible, voire impossible. Ce sous-titre devient ainsi une interpellation directe des dirigeants, les invitant à réfléchir à l’histoire commune, aux responsabilités présentes et aux perspectives d’un avenir fédéral repensé. Un ouvrage qui rend hommage à une mémoire partagée et ouvre un débat essentiel sur l’unité, la souveraineté et la renaissance culturelle. Puisse cette réflexion collective inspirer nos quatre chefs d’Etat ainsi que les générations présentes et futures. Serge Armand Zanzala Directeur de Publication de La Société Littéraire et auteur du livre

Congo. « Gouvernance responsable pour le climat » : l’essai de Roch Régis Bikoua qui interpelle les décideurs

Congo. « Gouvernance responsable pour le climat » : l’essai de Roch Régis Bikoua qui interpelle les décideurs

LIVRES. Dans son combat pour la protection de l’environnement, le Président de l’association Espoir pour l’avenir, l’écrivain Roch Régis BIKOUA publie son troisième livre intitulé La gouvernance responsable pour le climat aux éditions libres-opinions et contenant 15 chapitres illustrant une critique constructive sur la gouvernance climatique mondiale. Dans cette troisième signature, l’écrivain Roch Régis BIKOUA s’interroge sur la crédibilité de la parole politique dans le contexte climatique. Il met en lumière le fossé entre les promesses faites dans les sommets internationaux et la réalité des actions sur le terrain. L’auteur demande de repenser les mécanismes de responsabilité climatique et met en avant l’idée d’un tribunal climatique international, indépendant, pour juger des manquements aux engagements. Et y ajoute le rôle que pourrait jouer la société civile dans le contrôle et le suivi de ces engagements, en renforçant la transparence et la pression publique. Cet essai politique et environnemental est un appel à la prise de conscience mondiale pour le climat. Notons que l’écrivain congolais Roch Régis BIKOUA est auteur de plusieurs publications:

Brouxou ou quand l’imagination dépasse le réel

Brouxou ou quand l’imagination dépasse le réel

LIVRES. Il est des mots qui naissent d’une erreur de prononciation et deviennent des royaumes de rêves. Dans la nouvelle « Brouxou », extraite du recueil Une petite vie à Sidi Youssef Ben Ali de My Seddik Rabbaj, le réel et l’imaginaire s’entrelacent avec une délicatesse nostalgique pour raconter une histoire dont le théâtre est le quartier Sidi Youssef Ben Ali, à Marrakech. À travers une simple déformation phonétique — « Bruxelles » devenue « Brouxou » — l’auteur construit une méditation sensible sur l’enfance, le langage, l’exil rêvé et la désillusion. L’histoire est dédiée au poète et dramaturge belgo-marocain Taha Adnan, dont le parcours entre le Maroc et la Belgique éclaire le sens profond du texte. Tout commence dans ce quartier populaire où des enfants espiègles transforment le trajet vers la place Jemaa el-Fnaa en une aventure. Ils préfèrent s’accrocher discrètement aux calèches. Cependant, goûter à l’ivresse du risque, à la liberté conquise est payé parfois à coup de fouet. L’avion surgit dans la nouvelle comme une figure surnaturelle. Ni oiseau ni voiture : un « merveilleux entre-deux ». Un jour, à l’école, le maître explique que l’avion permet d’atteindre des capitales européennes comme Paris, Londres, Amsterdam et Bruxelles. Mais l’enfant entend « Brouxou ». Ce malentendu devient le point central du récit. Pour lui, « Brouxou » n’est pas une ville réelle : c’est un lieu mystérieux, riche, presque magique. Le mot lui-même le fascine par sa sonorité. Il le répète, le savoure, l’adopte. Rapidement, le terme se répand parmi ses amis et devient une expression du quartier. On l’utilise pour parler du luxe, de l’élégance ou d’un comportement prétentieux. Ce passage montre clairement comment le langage peut transformer la réalité. Un simple mot, mal compris, devient un symbole collectif. L’imaginaire des enfants remplit le vide laissé par l’ignorance géographique. Le génie de la nouvelle tient à cette alchimie. Le signifiant — le mot — précède le signifié — la réalité. « Brouxou » n’est pas encore un lieu géographique ; c’est un espace imaginaire, un pays où l’argent ne manque jamais, où les rues flottent dans l’air. Le narrateur invente ce qu’il ne connaît pas. Il partage le mot avec ses amis. Il l’élève au rang de mythe collectif. Brouxou devient une expression, un code, une mesure du luxe et de l’élégance. Le langage crée un monde parallèle. Plus tard, au lycée, la révélation tombe : Brouxou n’est autre que Bruxelles. Le choc est discret mais profond. La magie se fissure. L’erreur d’enfance devient faute linguistique. Le narrateur tente d’effacer l’ancien mot, d’adopter la prononciation correcte — « Brucelles » — comme on enfile un masque social. Derrière cette anecdote phonétique se cache une réflexion subtile sur l’ascension sociale et la honte des origines. Dire correctement le nom d’une capitale devient un signe d’appartenance. Mal le dire, c’est trahir le quartier. Le langage est ici territoire et frontière. En perdant « Brouxou », le narrateur perd une part de lui-même. L’enfance se retire comme une marée silencieuse. La ville réelle entre en scène à travers Taha Adnan, ami et confident, parti étudier en Belgique. À travers ses récits, le narrateur espère retrouver son mythe. Mais la description est prosaïque : studios exigus, difficultés financières, survie étudiante. La capitale européenne n’est plus cité enchantée mais espace de lutte. Brouxou vacille. Plus tard, le narrateur lui-même obtient l’occasion d’aller en Belgique. L’excitation est immense. Pourtant, à deux reprises, le périphérique l’empêche d’entrer dans le centre-ville. La ville est là, toute proche, mais inaccessible. L’ironie est poignante : arrivé enfin à Bruxelles, il ne rencontre toujours pas Brouxou. La déception est décrite avec une pudeur bouleversante. Ce n’est pas seulement un itinéraire contrarié ; c’est une collision entre imaginaire et réalité. L’enfant intérieur attendait un miracle. L’adulte se heurte à la logistique, aux horaires, à l’indifférence fonctionnelle des chauffeurs. La dédicace à Taha Adnan éclaire le texte d’une lumière fraternelle. À travers l’ami parti en Europe, le narrateur a voyagé sans quitter son quartier. Les récits de l’autre ont entretenu la flamme du mythe. Brouxou devient alors symbole du lien entre deux rives, entre deux langues, entre deux réalités. Le style de My Seddik Rabbaj est limpide, presque oral, mais traversé de fulgurances poétiques. Les comparaisons sont issues du quotidien : un château de sable qui s’effondre, un cadeau dont l’emballage dissimule un vide, une boule dans la gorge impossible à avaler. Cette simplicité donne au texte sa force. Elle permet au lecteur de reconnaître sa propre « Brouxou » — ce mot, ce lieu, cette illusion d’enfance qu’il a dû abandonner.  Par Youssef Ait Bihi

Vision de la Chine 2030 : Nouvelle parution, anticiper le monde qui vient

Vision de la Chine 2030 : Nouvelle parution, anticiper le monde qui vient

 LIVRES. La publication de Vision de la Chine 2030, ouvrage de Nasrallah Belkhayate, s’inscrit dans un moment décisif de l’histoire mondiale, où les recompositions économiques, technologiques, diplomatiques et civilisationnelles imposent une lecture plus fine des grands centres de puissance du XXIe siècle. À travers cet ouvrage, il s’agit d’éclairer, avec rigueur et hauteur de vue, les dynamiques profondes qui structurent l’ascension de la Chine et redessinent progressivement les équilibres internationaux. Ce livre n’est pas seulement une analyse de conjoncture. Il propose une grille de lecture stratégique destinée à comprendre la trajectoire chinoise dans ses dimensions les plus déterminantes : la puissance industrielle, la maîtrise technologique, la planification de long terme, l’influence financière, la diplomatie d’initiative et la capacité de Pékin à articuler vision nationale et projection globale. Vision de la Chine 2030 entend ainsi offrir aux décideurs, chercheurs, diplomates, entrepreneurs et lecteurs avertis un instrument de compréhension d’un monde en mutation accélérée. Dans un contexte international marqué par la rivalité des puissances, la fragmentation des chaînes de valeur, la bataille des normes et la transformation des espaces d’influence, la Chine apparaît comme l’un des acteurs majeurs autour desquels se recompose le futur. Comprendre la Chine de 2030, c’est donc anticiper les nouveaux rapports de force, les opportunités de coopération, les risques de dépendance et les marges d’autonomie stratégique ouvertes aux nations qui souhaitent penser leur avenir avec lucidité. À travers cette publication, Nasrallah Belkhayate porte une ambition claire : dépasser les lectures superficielles, sortir des réflexes idéologiques et proposer une approche structurée, géostratégique et prospective. L’ouvrage invite à interroger non seulement ce que la Chine devient, mais également ce que son évolution implique pour l’Afrique, pour le monde arabe, pour l’Europe et pour l’ensemble des pays appelés à redéfinir leur positionnement dans le nouvel ordre international. Vision de la Chine 2030 est ainsi conçu comme une contribution au débat intellectuel et stratégique de notre temps. Il appelle à une réflexion exigeante sur la redistribution de la puissance mondiale, sur les nouvelles centralités économiques et sur les formes émergentes de souveraineté dans un monde où la vitesse des transformations impose davantage de clairvoyance que de réaction. La sortie de cet ouvrage constitue, en ce sens, une invitation à penser l’avenir avec méthode, profondeur et discernement. Elle s’adresse à tous ceux qui considèrent que la compréhension des trajectoires chinoises est devenue indispensable pour anticiper le monde qui vient. Pagesafrik.com REPERES SOBRES, LISIBLES ET UTILES. Nasrallah Belkhayate est un auteur et géostratège engagé dans la lecture des grandes mutations du monde contemporain. Son travail s’inscrit dans une approche qui relie civilisation, souveraineté,diplomatie et transformations géopolitiques de long terme.Président de la Fondation Trophée de l’Africanité, il porte une réflexionattentive aux équilibres entre l’Afrique, l’Asie et les nouvelles dynamiques duSud global.Ses analyses privilégient la clarté, la profondeur historique et l’intelligence desrapports de puissance.Il s’intéresse particulièrement aux recompositions de l’ordre international, auxstratégies d’influence et aux modèles de modernisation.À travers ses écrits, il cherche à rendre accessibles des enjeux complexes à unlectorat diplomatique, institutionnel et intellectuel.Son regard accorde une place centrale au dialogue entre les continents, auxmémoires politiques et aux trajectoires nationales.Dans cet ouvrage, il propose une lecture structurée de la Chine contemporaineà partir des discours, des orientations et des ambitions de Xi Jinping.Cette démarche vise à offrir des repères sobres, lisibles et utiles à celles et ceux qui observent l’évolution du système international. Son écriture associe exigence analytique, sens de la synthèse et volontéconstante de replacer les faits dans leur horizon stratégique

PARUTION. « Élections en Afrique : Entre légitimation et refondation institutionnelle » de Serge Armand Zanzala

PARUTION. « Élections en Afrique : Entre légitimation et refondation institutionnelle » de Serge Armand Zanzala

En vente dans toutes les boutiques en ligne d’Amazon LIVRES. L’écrivain et chercheur Serge Armand Zanzala vient de publier un nouvel ouvrage intitulé Élections en Afrique : Entre légitimation et refondation institutionnelle, paru le 8 mars en édition Kindle. Dans cet essai, l’auteur – également directeur de La Société Littéraire et initiateur du projet Kongo Ya Sika – propose une analyse des enjeux liés aux processus électoraux sur le continent africain. Cette réflexion s’inscrit également dans le prolongement du débat intellectuel lancé par Franklin Nyamsi, qui, à travers sa question provocatrice « Les élections en Afrique : gâchis ou maquillage démocratique ? », invite à une remise en question profonde des fondements mêmes de la démocratie africaine. Cette interrogation, formulée à la lumière des élections présidentielles récentes au Cameroun, en Côte d’Ivoire et en Guinée, met en exergue les tensions et contradictions qui traversent le processus électoral sur le continent. Dans ces pays, les scrutins ont été marqués par des contestations, des accusations de fraudes, des incidents lors des campagnes et des controverses sur la transparence et la crédibilité des résultats. Chaque cas illustre à sa manière la fragilité des institutions et le décalage parfois dramatique entre les promesses de la démocratie et la réalité vécue par les citoyens. Au Cameroun, par exemple, les débats autour de l’équité des conditions de candidature et de l’indépendance du processus électoral ont suscité un questionnement profond sur la légitimité des résultats. En Côte d’Ivoire, la répétition de tensions électorales et les accusations de manipulation des listes électorales ont relancé le débat sur la capacité des institutions à garantir une participation véritablement libre et équitable. En Guinée, le contexte postélectoral a mis en lumière l’impact des pressions politiques et sécuritaires sur la tenue de scrutins crédibles, révélant des défis structurels qui dépassent les enjeux partisans. En dialoguant avec ces réalités et ces interrogations, l’auteur ne se limite pas à une simple dénonciation des dysfonctionnements. Au contraire, il cherche à comprendre les mécanismes, héritages et pratiques qui façonnent ces processus électoraux et à identifier les leviers capables de les réformer en profondeur. L’enjeu est double : il s’agit d’abord de reconnaître les insuffisances et limites des systèmes actuels — hyperprésidentialisme, contrôle des institutions par l’exécutif, influence des dynamiques économiques et sociales sur le vote — puis de proposer des pistes de refondation institutionnelle qui puissent restaurer la crédibilité et la légitimité des élections. Cette approche dépasse la polémique facile et la critique superficielle ; elle vise à construire une vision analytique et constructive, capable d’éclairer les réformes à entreprendre. L’objectif de cette démarche est également de replacer les citoyens au centre du processus démocratique. Trop souvent marginalisés ou confrontés à des institutions incapables d’assurer transparence et responsabilité, les citoyens africains se trouvent dans une position d’observateurs passifs, alors même que leur engagement est essentiel pour la consolidation de la démocratie. En explorant des modèles de gouvernance alternatifs et en réfléchissant à des mécanismes institutionnels durables, l’auteur propose de dépasser les limites de la simple légitimation formelle du pouvoir pour instaurer des processus électoraux réellement au service du peuple.

THÉÂTRE. L’ailleurs-Monde express de Maxime N.Débéka, une fantasmagorie sur scène

THÉÂTRE. L’ailleurs-Monde express de Maxime N.Débéka, une fantasmagorie sur scène

Du théâtre traditionnel avec des célèbres monuments tels Molière, Racine et Corneille à l’anti-théâtre dont la figure notoire est Ionesco avec En attendant Godot, pour ne parler que de la littérature française, s’est créée une grande métamorphose dans la présentation scénique. Habitués aux spectacles moralisants et comiques du théâtre traditionnel, moult amateurs de la scène ont été frustrés par L’ailleurs-Monde expressde Maxime N’Débéka. Ce dernier est sorti de la norme scénique incarnée par ses compatriotes tels Guy Menga, Antoine Letembet Ambily, Sylvain Bemba et bien d’autres auteurs que nous révèle l’auteur dans sa longue dédicace à ses collègues artistes. Avec L’ailleurs-Monde express, Maxime N.Débéka sort des sentiers battus du théâtre congolais. On voit comment dans cette pièce l’auteur va à l’encontre des principes élémentaires que lui a enseigné le théâtre traditionnel. Et, dans la présentation, n’apparait pas en filigrane la règle des trois unités (unité de temps, de lieu et d’action) héritées du théâtre traditionnel français qui assure la vraisemblance et l’intensité dramatique. Avec L’ailleurs-Monde express, les dialogues que nous renvoient les personnages vont en l’encontre de la règle des trois unités, le temps de l’action des personnages qui se passe sur un lieu déterminé. Du nouveau dans le théâtre où l’espace et le temps libèrent agréablement l’action des acteurs dans le rôle des personnages que l’auteur nomme par Ganach, Yézadie, Zourbi, Sylphéa, Loufding, La Voix, élément de personnage irréel. Dans le théâtre traditionnel, c’est la journée qui définit l’action. Déjà dans cette station de GARE DE PARTOUT que nous présente la scène, on voit le personnage de Ganach qui se confronte à la notion du temps : « A 12 heures précises, on se serre vite fait les louches (…) Ton ticket de train est dans l’enveloppe » 13 heures déjà » (p.15). Et avec ce personnage à la forme imprécise qu’est La Voix qui interpelle Ganach, le début de la pièce incite le spectateur à accepter l’univers fantastique et féérique dans lequel vont se mouvoir tous les personnages. Dans cette espace de GARE DE PARTOUT, apparait un autre personnage, Yezadie, jeune femme qui s’apprête à rencontrer son fiancé qui l’attend à la gare d’En Bout de Nulle part depuis des années comme elle le fait savoir : « En Boutde Nulle Part. Monhomme m’a fixé rendez-vous là-bas avant de me quitter. (…) pour pas que j’oublie, Y m’a écrit ça (…) « La veille du nouveau millénaire, rejoins-moi sans faute à la gare d’En Bout de Nulle Part. N’oublie surtout pas… » Y a bien écrit ces mots, n’est-ce pas ? J’attends ce jour depuis 20 ans » (p. 20). Et les heures de départ des trains que Ganach et Yezadie comptent prendre pour leur voyage sont aléatoires : celui de Ganachqui est prévu pour 12 heures n’est pas toujours en gare avec trois heures de retard. La notion du temps est aussi mise en relief par la jeune Yezadie qui attend le jour du rendez-vous avec son amoureux depuis 20 ans, le temps qu’il faudra à ce dernier pour préparer leur avenir. Devant l’étonnement deZourbi qu’elle vient de rencontrer en gare, Yezadie confirme ce temps d’attente : « Ben oui ? 20 ans qu’Y est parti pour préparer le terrain de notre bonheur » (p.26).  Cette pièce de théâtre met en cause l’unité de temps par les entrées et sorties des personnages dans les espaces de GARDE DE PARTOUT et de la gare d’EN BOUT de NULLE PART. Elle se caractérise par une scène unique qui se dilue dans un acte unique ; ainsi les gares, l’intérieur des trains deviennent des lieux mythique et fantastique comme le rappelle le dramaturge (l’auteur) dans ses interventions : « Bourrasque violente. Cris puissants d’oies (ou canards) sauvages, l’alarme du train se déclenche suivie de sifflements stridents de freins. Bruits de ferraille. Noir total sur le plateau. Puis un temps, éclairage très doux du plateau. On voit les voyageurs étendusça et là » (p.53). On voit aussi l’imaginaire du concepteur de cette pièce de théâtre qui fait entrer le spectateur dans le monde du bestiaire avec la présence des oies ou canards sauvages dans le déroulement du spectacle. Et c’est dans ce monde merveilleux où évoluent les personnages de cette fantasmagorie théâtrale. L’action de cette pièce se focalise sur le thème du voyage dont les points cardinaux sont les gares de GARE DE PARTOUT et d’EN BOUT DE NULLE PART. S’y manifeste aussi le thème de l’amour qui nous rappelle En attendant Godot :  un personnage nous rappelle Yezadie attendue à EN BOUT DE NULLE PART par son amour Clisthidepuis 20 ans. Des acteurs sur scène, le spectateur découvre pour la première fois le personnage atypique de Loufding. Comme on peutleremarquer,c’est un personnage imaginaire et mythique car, à sa voix s’ajoutent deux autres : celle du robot et celle de la marionnette quand il s’adresse à Yezadie: « Ah, non, ! Suis pas jaloux de Phéa… Enfin. Peut-être. Mais juste un chouïa. Je l’avoue. Bien que j’sois mal fichu, j’en ai pas moins de sentiments. Comme tout le monde… Etc’est pas toujours facile ma vie entre vous deux. Phéa et toi, ouais… Mais la vérité de ma mère, t’en veux pas. (Voixde Loufding). T’as pas de maman. Tu le sais. (Voix du robot ou de la marionnette). Eh !Bien, je jure quad même. (Puis s’adressant à Sylphéa). Hé ! Phéa. Dirait-on pas que la grande madame-là tape la flambe sous ton nez ? » (pp.43-44).  Habitué dans la monotonie théâtrale sur fond de la morale et du comique, le spectateur se retrouve devant une fantasmagorie qui luidémontre que l’art évolue dans l’espace et dans le temps. Et l’auteur de L’ailleurs-Monde express pourrait être classéparmi les premiers rénovateurs de l’écriture théâtrale congolaise. Avec le théâtre de Maxime N’Débéka, l’intérêt de l’art semble prendre agréablement le dessus sur l’intérêt de la pédagogie moralisante du public du théâtre traditionnel fondé sur la règle des trois unités (temps, lieu, action) que nous avons évoquée antérieurement. En conclusion, on peut affirmer sans ambages, qu’avec L’ailleurs-Monde express, s’est ouvert un nouveau palier du théâtre congolais. En réalisant cette fantasmagorie scénique, Maxime N’Débéka, dont le nom figure déjà sur le palmarès des poètes

Festival de la Hadra féminine et de la musique de transe : « Mysticité et Plasticité » de Loubaba Laalej mise à l’honneur à Bayt Dakira

Festival de la Hadra féminine et de la musique de transe : « Mysticité et Plasticité » de Loubaba Laalej mise à l’honneur à Bayt Dakira

La dixième édition du Festival de la Ḥaḍra féminine et de la musique de transe, orchestrée par l’Association des Ḥaḍdarates Souiriyates, a marqué les esprits par sa richesse artistique, son organisation impeccable et l’enthousiasme massif du public. Cette manifestation culturelle s’affirme désormais comme un rendez-vous incontournable du patrimoine spirituel marocain, témoignant de la maturité atteinte par les troupes participantes.  En complément de la programmation artistique, cette édition s’est distinguée par une table ronde organisée à Bayt Dakira (Maison de la Mémoire), renforçant son approche réflexive. Axée sur l’exploration des dimensions spirituelles, culturelles et esthétiques de la présence féminine dans les pratiques soufies, cette rencontre a été animée par des interventions marquantes. Parmi elles, on retient La femme dans l’expérience soufie présentée par Noureddine Danyaji, ainsi que La ḥaḍra féminine dans la culture hassanie : la danse de la Guedra comme modèle assurée par Brahim El Haissen, avec une introduction du critique et artiste Chafik Ezzouguari. L’un des moments forts du festival a été la présentation et la signature du livre *Mysticité et Plasticité*, fruit du travail poétique et artistique de Loubaba Laalej. Cette séance, enrichie par une lecture en arabe réalisée par le traducteur et critique Abdellah Cheikh, a offert une expérience particulièrement intense sur le plan symbolique. Les participants, provenant de différentes régions du Maroc et au-delà, incluaient mélomanes, chercheurs et passionnés de culture soufie.  Selon Loubaba Laalej, dont les passages du recueil ont été évoqués durant la rencontre, la poésie naît d’un mouvement intérieur profond, proche d’une expérience spirituelle. Le langage devient alors plus qu’un moyen d’expression : il devient un espace de révélation. Pour elle, écrire revient à effectuer une traversée où le poème n’explique pas le mystère mais l’effleure à travers des souffles, des images et des silences.  Cette approche a été longuement analysée par les préfaciers Noureddine Danyaji et Mohamed Alout, qui voient en *Mysticité et Plasticité* une œuvre à la frontière entre poésie et méditation. Ils soulignent que Loubaba Laalej ne propose pas une poésie illustrant le mysticisme, mais une écriture qui s’ancre dans l’expérience même. Sa poétique réside dans cette capacité à faire du poème un espace d’écoute intérieure, où les émotions s’expriment avec retenue et profondeur dans une économie savamment dosée des mots. Une œuvre à la croisée de l’esthétique et du spirituel  Les textes introductifs des préfaciers insistent sur la réflexion implicite menée dans ce recueil autour de la condition humaine, de la perception du temps et de la quête de l’absolu. Selon Mohamed Alout, cet ouvrage constitue un jalon unique en tant que première thèse esthétique autour de la relation entre mysticité et plasticité. Il le considère comme une référence majeure dans les recherches liées à l’imaginaire créatif.  De son côté, Noureddine Danyaji souligne dans sa préface que nous sommes face à une représentation spirituelle qui dépasse la simple énonciation, la révélation mystique ou les indications spirituelles. Cette démarche transcende ces dimensions en explorant une rare représentation philosophique au sein du domaine artistique de la plasticité. Un autre moment fort de cet événement a sans doute été la lecture poétique assurée par Loubaba Laalej elle-même. En sélectionnant plusieurs extraits de son recueil écrit en français (Le pur et le simple, Un appel intérieur profond, Dans l’union divine, L’amour de l’aimé, Émerveillement illuminé, Deux vécus différents dans une même conscience, Plasticité et la mysticité convergentes, Mysticité plasticité tel un couple qui se rejoint, Femmes derviches, Rabéa el Adawia, Lalla Fatima-Zahraa, Reine des Kotbs…), elle a offert une performance d’une profondeur remarquable. Sa voix émouvante, mêlant rythme harmonieux, intonations précises et silences éloquents, conférait au texte une dimension intimiste et transcendante. L’audience, profondément touchée par cette lecture, a salué la finesse de son interprétation et la manière dont elle parvenait à prolonger l’émotion du texte au-delà des simples mots. Lors de cette conférence, Loubaba Laalej a mis en lumière le lien subtil entre poésie et mysticisme. Elle a développé cette relation en soulignant que le mysticisme atteint son apogée dans la poésie par l’usage des métaphores et des symboles porteurs d’une intense spiritualité. Elle évoque la notion d’amour divin dans la poésie mystique comme une voie permettant d’atteindre un état de transcendance et de fusion avec l’univers. Exprimant sa vision artistique et spirituelle à travers ses écrits, elle conclut que mysticité et plasticité transcendent l’espace et le temps pour atteindre une satisfaction absolue. Pour l’auteure, ces deux dimensions sont unies par un souffle extatique commun, illuminant par une grâce semblable à la splendeur du soleil. Leur énergie créatrice génère une renaissance empreinte de lumière et de connaissance. Elle parle d’une alchimie poétique entre ces deux réalités interconnectées : la mysticité et la plasticité se rejoignent dans un éclat partagé. Le processus créatif se nourrit de silence, de solitude, de contemplation et d’un rapport particulier au temps. Cette intensité émotionnelle devient alors un moteur de transformation profonde : elle purifie, transcende les failles du passé et inonde l’instant présent d’extase. Bio express Native de Fès, Loubaba Laalej est une artiste peintre et écrivaine prolifique. Membre de la Ligue des écrivaines du Maroc et du Bureau permanent de la Ligue des Écrivaines d’Afrique, elle a obtenu en 2019 un doctorat honorifique délivré par le Forum International des Beaux-arts (Fine Arts Forum International), en reconnaissance de son parcours artistique et intellectuel. Son œuvre, à la croisée de la poésie et des arts plastiques, comprend de nombreuses publications consacrées à l’expérience créative et  à la relation entre art, spiritualité et imaginaire. Plusieurs ouvrages sont actuellement en cours de publication. «Émergence fantastique», «Mes univers», «Matière aux sons multiples», «Abstraction et suggestion», «Dames du monde : entre l’ombre et la lumière». Parmi ses recueils de poésies (écrits et oeuvres) :«Fragments», «Pensées vagabondes», «Mysticité et plasticité», «Melhoun et peinture», «Poésie et peinture», «Icônes de la plasticité au féminin», «Chuchotement du silence», «Musique et plasticité» (Tome I et Tome II), «Vivre avec soi», «Vivre ensemble», «Danse et plasticité» (Tome I et Tome II), «L’Amour et l’Art», «La Mort et l’Art», «La Beauté et l’art», «La Route de lumière »,