Le Président Diomaye face au mur : Dissoudre l’Assemblée ou laisser le régime se consumer de l’intérieur

Le Président Diomaye face au mur : Dissoudre l’Assemblée ou laisser le régime se consumer de l’intérieur

TRIBUNE. Le pouvoir actuel était arrivé avec une promesse simple : casser le vieux système, tourner la page, ouvrir une nouvelle ère. Mais à force de vouloir faire du neuf avec du vieux, le régime donne aujourd’hui l’impression d’avoir simplement repeint les murs d’une maison dont les fondations restent occupées par les mêmes réflexes, les mêmes habitudes et les mêmes survivants du système d’hier. Le président Bassirou Diomaye Faye voulait incarner la rupture. Pourtant, en maintenant une partie des mécanismes de l’ancien appareil, il a progressivement installé un climat de malaise politique au sommet de l’État. Au plan politique, peut-être que Ousmane Sonko et Diomaye ont des divergences. Peut-être même des désaccords profonds sur la méthode, les priorités ou la direction du fameux “Projet”. Mais au plan institutionnel, ils continuent officiellement de travailler ensemble. Et c’est précisément là que réside le paradoxe : un pouvoir qui affiche l’unité devant les caméras pendant que les rumeurs de fractures internes envahissent les couloirs du pouvoir, les réseaux sociaux et les états-majors politiques. Alors oui, si — je dis bien si — ces divergences existent réellement et qu’elles deviennent suffisamment profondes pour paralyser durablement le fonctionnement du sommet de l’État, alors le président n’aura bientôt plus que ses choix à faire. Pas ses hésitations. Pas ses calculs tactiques. Ses choix. Car depuis plusieurs mois, le Sénégal donne parfois le spectacle d’un exécutif absorbé davantage par ses tensions internes que par les urgences nationales. Pendant que les Sénégalais affrontent la vie chère, le chômage et les difficultés quotidiennes, le sommet de l’État semble prisonnier d’une guerre froide politique permanente. Et certains pensent encore que limoger le Premier ministre réglerait le problème ? Ce serait probablement l’erreur politique la plus risquée du quinquennat. Parce que la réalité parlementaire est brutale : l’actuelle majorité reste largement acquise à Sonko et à PASTEF. Écarter le Premier ministre reviendrait à ouvrir une crise institutionnelle majeure où chaque vote deviendrait un champ de bataille et chaque décision un bras de fer. Quant à gouverner par ordonnances pendant trois ans, cela transformerait la présidence en bunker politique assiégé, isolé et continuellement contesté. Le Sénégal n’a pas besoin d’un pouvoir qui se surveille lui-même. Le Sénégal a besoin de clarté, de stabilité et de cohérence. La seule issue crédible aujourd’hui exige du courage politique et non des calculs de survie : Dissoudre l’actuelle Assemblée nationale, Organiser des élections législatives anticipées, Redonner la parole au peuple sénégalais. Et si, à l’issue de ces élections, le président n’obtenait pas une majorité claire, stable et renouvelée, alors il devrait avoir l’élégance républicaine de mettre son propre mandat dans la balance. Oui, ce serait un séisme politique. Mais ce serait aussi un acte inédit de responsabilité démocratique dans une Afrique où beaucoup considèrent encore le pouvoir comme une propriété privée. Car au fond, l’Histoire ne retient jamais ceux qui se sont accrochés au fauteuil. Elle retient ceux qui ont accepté de risquer leur pouvoir pour préserver la crédibilité des institutions et la dignité de la République. Par Malick BA Journaliste

Sénégal. Désonkorisation en marche : Diomaye déroule… jusqu’où ?

Sénégal. Désonkorisation en marche : Diomaye déroule… jusqu’où ?

TRIBUNE. Le mot est lâché, brutal, sans vernis : désonkorisation. Et depuis quelques semaines, il ne relève plus du fantasme mais d’un mode opératoire. Décret après décret, le Président Diomaye taille, ajuste, remplace, toujours avec le même fil conducteur : les fidèles de Sonko sortent, les profils “Diomaye Président” entrent. Ce n’est plus du réglage, c’est une ligne politique. Le limogeage d’Ousseynou Ly, aussitôt remplacé par Me Tine, n’est qu’un épisode de plus dans ce feuilleton où la loyauté d’hier devient le motif d’éviction d’aujourd’hui. Une mécanique froide, assumée, presque chirurgicale : on efface les traces du projet originel pour redessiner le pouvoir à son image. Dans les salons, personne n’est dupe. Derrière cette valse des postes, une cible flotte comme une évidence : Ousmane Sonko. L’homme, le symbole, l’ombre portée. Le cœur du logiciel qu’on semble vouloir réécrire. Et voici que les rumeurs ajoutent de l’électricité à l’air déjà chargé : un décret de limogeage visant Sonko serait prêt, posé quelque part sur la table du Président. Prêt à être signé… mais retenu au dernier moment. Pourquoi ? Parce qu’au-delà du geste, il y a le rapport de force. Et il mène tout droit à l’Assemblée nationale, où Sonko pèse lourd, très lourd. Un terrain miné où chaque décision peut se transformer en bras de fer institutionnel. Voilà le hic : on ne rase pas une maison quand on ne tient pas toutes les clés. Sans majorité parlementaire totalement acquise, Diomaye avance… mais contraint. Le bulldozer reste au garage, remplacé par un scalpel politique. On écarte, on isole, on repositionne, en attendant le moment décisif. En face, Sonko ne plie pas. Il verrouille. Refus catégorique de démissionner. Posture droite, presque provocante. Et pendant que certains s’accrochent aux fauteuils, lui coupe dans les privilèges : fonds politiques supprimés, salaire abandonné, argent réinjecté dans des causes sociales. Un contre-récit puissant dans un système habitué aux accumulations discrètes. Résultat : le contraste claque. D’un côté, un pouvoir qui recompose en silence. De l’autre, un leader qui radicalise l’éthique. Deux trajectoires. Deux visions. Et entre les deux, un projet qui tangue. Alors la vraie question n’est plus de savoir s’il y a désonkorisation. Elle est déjà là. La seule inconnue, la vraie, la dérangeante : Diomaye ira-t-il jusqu’au bout de sa logique ? Signera-t-il ce décret… au risque d’ouvrir une guerre frontale avec Sonko et son bastion parlementaire ? Dans ce théâtre politique aux allures de purge douce, chacun affine déjà sa position. Car au final, les postes passent, les décrets s’effacent… Mais les lignes de fracture, elles, restent. Par Malick BA Journaliste

BAL 2026 : l’ASC Ville de Dakar qualifiée pour les Finals 8 

BAL 2026 : l’ASC Ville de Dakar qualifiée pour les Finals 8 

L’ASC Ville de Dakar (ASCVD) s’est qualifiée pour les Finals 8 de la Basketball Africa League (BAL), après avoir enregistré une troisième victoire, 79 à 62, contre les Maktown Flyers, lors du dernier match de la Conférence Sahara, dimanche, à Rabat. ‎La phase finale (Finals 8) est prévue à Kigali, au Rwanda, du 22 au 31 mai. Le club sénégalais rejoint les quatre meilleures équipes de la Conférence Kalahari, disputée du 27 mars au 5 avril 2026 à la SunBet Arena de Pretoria. Il s’agit d’Al Ahly de Tripoli (Libye), champion en titre, de Petro de Luanda (Angola), de Dar City Basket (Tanzanie) et de l’APR (Rwanda), qualifiés à l’issue de cette conférence. Auteur d’une excellente compétition, Samba Fall a particulièrement brillé lors de ce dernier match, terminant meilleur marqueur avec 20 points. Le vainqueur de la BAL 2023, Al Ahly (Égypte), s’est également qualifié pour les Final 8 après un troisième succès, vendredi. Le Club Africain de Tunis est la première équipe à avoir validé son ticket, après avoir remporté ses trois premiers matchs. La dernière place revient au FUS de Rabat, déjà qualifié, qui dispute actuellement son dernier match contre Al Ahly. APS

SENEGAL. Macky Sall face à l’ombre de ses propres tempêtes

SENEGAL. Macky Sall face à l’ombre de ses propres tempêtes

PARLONS-EN. Et si, par un de ces tours de prestidigitation dont raffole la diplomatie mondiale, Macky Sall passait du fauteuil présidentiel aux ors feutrés du secrétariat général de l’ONU ? Le costume serait le même, sombre, impeccable, seule la scène changerait : de Dakar à New York, des sirènes de manifestations aux applaudissements polis des assemblées générales. Ironie bien repassée. L’histoire, elle, a le chic pour recycler ses paradoxes. Tenez, Kurt Waldheim : après son passage à la tête de l’ONU (1972–1981), le diplomate modèle s’est retrouvé, en 1986, au cœur d’une tempête internationale. Des révélations sur son passé d’officier dans les Balkans sous le régime nazi ont fissuré le vernis. Inscrit sur des listes de criminels de guerre, élu malgré tout président de l’Autriche, puis frappé d’un statut de persona non grata aux États-Unis en 1987. Comme quoi, même les carrières les mieux cirées peuvent laisser apparaître des taches indélébiles sous la lumière crue des archives. Dans notre fiction très peu fictionnelle, Macky Sall endosserait à son tour les habits du gardien des valeurs universelles, récitant avec gravité le catéchisme des droits humains. Pourtant, dans l’ombre de ces discours, une autre litanie persiste : celle des accusations lourdes qui planent sur son bilan, plus de 80 morts évoqués, des jeunes brisés, certains amputés, des arrestations en série. Autant de cicatrices qui hantent la mémoire collective. Et pendant que les projecteurs éclairent la scène new-yorkaise, une autre scène, plus discrète mais tout aussi bruyante, s’active : la plateforme “Non à Macky” (nonamacky.org) revendique déjà des dizaines de milliers de plaintes — 23 600, dit-elle — visant l’ancien président. Des dossiers que ses initiateurs affirment avoir adressés aux cinq gardiens du temple onusien : les Conseil de sécurité des Nations unies : États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie, ces puissances à droit de veto qui, à elles seules, peuvent faire et défaire les destins diplomatiques de la planète. Car voilà la mécanique implacable : dans ce club fermé, il suffit d’un seul refus pour briser une ambition mondiale. Et si, en coulisses, ONG, rapports internationaux ou chancelleries venaient à noircir davantage le tableau, évoquant atteintes à l’État de droit, dérives sécuritaires ou passif politique, la candidature la mieux ficelée peut vaciller, puis s’effondrer avec élégance… ou fracas. La diplomatie excelle dans l’art du camouflage lexical : les morts deviennent des “incidents”, les dettes des “ajustements”, les répressions des “mesures de maintien de l’ordre”. Le langage se fait anesthésiant, et la réalité, elle, continue de saigner hors champ. Mais l’histoire est une créancière patiente. Elle ne signe pas d’accords, ne négocie pas d’immunité, et ne se laisse pas distraire par les honneurs. Hier Waldheim, aujourd’hui peut-être d’autres. Les trajectoires diffèrent, mais une constante demeure : tôt ou tard, les zones d’ombre réclament leur lumière. Alors, Macky Sall secrétaire général ? L’hypothèse amuse, inquiète ou scandalise selon les camps. Mais au-delà du poste, une question persiste, obstinée : peut-on incarner la conscience du monde quand son propre passé reste un dossier ouvert dans la mémoire des siens ? Par Malick BA Journaliste

SENEGAL. PASTEF, ou la République des fidèles : quand la révolution se dote d’un annuaire de loyauté

SENEGAL. PASTEF, ou la République des fidèles : quand la révolution se dote d’un annuaire de loyauté

TRIBUNE. Dans la nouvelle République estampillée “rupture”, on n’entend plus le bruit des bottes… mais celui des stylos qui nomment. À la chaîne. À la pelle. À la confiance surtout. Le parti PASTEF Les Patriotes, en pleine mue stratégique, vient d’accoucher d’un bureau politique qui ressemble moins à une architecture institutionnelle qu’à une constellation de fidélités orbitant autour d’un seul soleil : Ousmane Sonko. Le Conseil national du 19 avril 2026 aura donc servi de salle d’accouchement pour cette nouvelle élite politico-partisane, où les vice-présidents poussent comme des champignons après la pluie électorale. Quatre vice-présidents, rien que ça. À ce rythme, bientôt chaque courant d’air aura son vice-président pour le représenter. Mais qu’on se rassure : ici, on ne parle pas de diversité d’opinions. Non. On parle de diversité… dans la loyauté. Car le message est clair, limpide, presque cristallin : le temps des camarades turbulents est révolu. Place aux hommes de confiance. Ceux qui ne posent pas trop de questions, mais qui savent hocher la tête avec discipline. La révolution, oui, mais sous contrôle. Le “gardien de la révolution” semble désormais préférer des clés bien rangées à des serrures capricieuses. Au Secrétariat général, la symphonie continue. Une armée mexicaine de secrétaires généraux adjoints, comme si chaque décision devait passer par une haie d’approbation silencieuse. On empile les titres comme on empile des briques, espérant construire une forteresse politique… ou peut-être un bunker contre les tempêtes à venir. Et puis viennent les secrétaires nationaux, ces nouveaux chevaliers de la communication, de l’organisation et de la formation. Des postes stratégiques, certes, mais qui ressemblent de plus en plus à des postes de vigie : surveiller, cadrer, canaliser. La parole devient discipline. L’organisation devient contrôle. La formation devient formatage. Il faut toutefois préciser que cette vague de nominations s’inscrit davantage dans une logique de renforcement que de bouleversement : de nouveaux visages font leur entrée dans le Bureau politique pour consolider le dispositif, tandis que les secrétariats nationaux non concernés demeurent solidement en place, comme pour garantir une continuité dans la mécanique déjà huilée du parti. Le Mouvement national des cadres patriotes (MONCAP), lui, parachève le tableau : une élite dans l’élite, un club dans le club, une République dans la République. Comme si le parti, déjà au pouvoir, avait besoin d’un pouvoir parallèle pour sécuriser… son propre pouvoir. Mais au fond, il faut le dire sans détour : Ousmane Sonko joue ici une partition que l’histoire politique rend presque incontournable. Une révolution ne se pilote pas avec des doutes ambulants ni avec des ambitions centrifuges. Elle exige des hommes et des femmes alignés, soudés, presque immunisés contre les tentations de la trahison. Dans un champ politique où les fidélités se négocient parfois au gré des vents, s’entourer de fidèles devient moins un caprice qu’un mécanisme de survie. Ce choix n’est pas une fermeture, mais une consolidation. Ce n’est pas un repli, mais une mise en ordre. Car avant d’ouvrir les fenêtres, encore faut-il s’assurer que la maison tient debout. Et dans cette architecture en construction, la loyauté devient le ciment, la confiance le mortier, et la discipline la charpente. Ici, la fidélité n’est pas un défaut démocratique, mais une stratégie de stabilisation. Elle permet d’éviter les fractures précoces, les coups de poignard dans le dos, les alliances nocturnes qui défont au petit matin ce qui a été construit à la lumière du jour. En somme, c’est le prix à payer pour transformer une ferveur populaire en machine politique durable. La vraie interrogation n’est donc plus de savoir s’il s’entoure de fidèles, mais ce qu’il fera de cette fidélité : en fera-t-il un levier d’efficacité ou un confort d’entre-soi ? Car bien utilisée, la loyauté peut être une force redoutable, mal gérée, elle devient une douce illusion. Par Malick BA Journaliste

Sénégal/USA. Sonko tire à balles réelles sur Trump : la fin du silence africain ?

Sénégal/USA. Sonko tire à balles réelles sur Trump : la fin du silence africain ?

TRIBUNE. Dans les relations internationales, il arrive que les figurants deviennent des lanceurs de pavés. Et ce jour-là, depuis Sénégal, Ousmane Sonko a décidé de ne pas jouer les silhouettes diplomatiques. Non. Il a sorti la sulfateuse verbale, direction Donald Trump avec une phrase qui claque comme une gifle dans un sommet feutré : « Monsieur Trump n’est pas un homme de paix. C’est un homme de déstabilisation du monde. » Dans le jargon diplomatique habituel : on ne partage pas entièrement la même vision stratégique. Traduction réelle version Sonko : le cow-boy Trump met le feu à la prairie et vend ensuite les extincteurs. Car il fallait oser. Dans un monde où les dirigeants africains ont longtemps pratiqué l’art délicat du sourire crispé face aux puissants de ce monde, voilà que Sonko, lui, choisit la franchise brutale, presque insolente. Comme si la diplomatie sénégalaise avait troqué ses gants blancs contre des gants de boxe. Et il faut le dire sans détour : Ousmane Sonko n’est pas de ces hommes qui tremblent devant leurs propres idées. Il les porte, il les assume, il les projette. Un homme courageux, donc, au sens rare du terme, qui préfère le risque de la parole à la sécurité du silence. Haro, dès lors, à ceux qui bavardent sur son audace sans jamais avoir affronté le vertige de dire ce qu’ils pensent. Car enfin, qu’est-ce qu’un leader qui se tait ? Souvent un esprit enchaîné. Une personne qui possède un avis mais craint de l’exprimer est prisonnière de l’inhibition : elle doute, elle redoute le jugement, cette vieille compagne appelée atélophobie, ou pire encore, elle se noie dans le people pleasing, cette maladie moderne qui transforme les convictions en pâte molle prête à épouser toutes les formes. Ce profil trahit une carence fondamentale : l’absence d’affirmation de soi. Or, Sonko n’habite pas ce territoire-là. Il appartient à une autre catégorie : celle des personnalités assertives. Il dit, clairement, directement, sans détour inutile et surtout sans cette agressivité hystérique qui trahit souvent la faiblesse, ni cette passivité molle qui signe la résignation. Il parle en acteur, pas en spectateur. En stratège, pas en suiveur. Bref, un leader audacieux, proactif, qui préfère tracer sa ligne plutôt que marcher dans les empreintes des autres. Et pendant qu’il parle, il imprime le tempo. Ousmane Sonko ne suit pas l’actualité, il la fabrique, il la cadence, il lui impose son rythme. Autour de lui, une nuée de stagiaires politiciens tente de s’agripper à cette pulsation nouvelle, courant derrière chaque déclaration comme des sprinteurs sans souffle. Mais l’essoufflement les guette déjà : on ne court pas longtemps dans les pas de quelqu’un qui avance plus vite que son époque. Certains, grisés ou irrités, murmurent déjà des grands mots. D’autres, plus audacieux, le classent sans trembler parmi les prétendus « maîtres du monde » — clin d’œil ironique à Les Maîtres du Monde de Pascal Boniface. Provocation ? Hyperbole ? Peut-être. Mais derrière l’emphase, une réalité politique s’impose : celle d’un homme qui pèse, qui dérange et qui imprime sa marque bien au-delà de ses frontières. Face à lui, Donald Trump, incarnation assumée du chaos organisé, architecte de tweets incendiaires et pyromane en chef d’une géopolitique sous stéroïdes. Un homme pour qui la paix ressemble souvent à une pause publicitaire entre deux conflits d’intérêts. Et Sonko, dans un rare moment de clarté géopolitique sans anesthésie, résume l’affaire en une phrase que beaucoup pensent tout bas, mais que peu osent hurler tout haut. Mais derrière la formule choc, il y a une ligne de fracture. D’un côté, ceux qui pensent, parlent et assument. De l’autre, cette cohorte docile, véritables moutons de Panurge, comme dans Gargantua de François Rabelais, qui attendent qu’une voix s’élève pour bêler en chœur, découvrant soudain des convictions qu’ils n’avaient pas la veille. Et pendant que certaines chancelleries africaines ajustent encore leurs courbettes protocolaires, le Sénégal version Sonko semble dire : ici, on ne chuchote plus, on parle. Quitte à déranger. Quitte à froisser. Quitte à rappeler que la paix n’est pas un slogan de campagne, mais une denrée rare que certains leaders manipulent comme un vulgaire outil de communication. Alors oui, au bout de cette tirade qui dérange et qui divise, il reste une image : celle d’un homme qui marche vite, parle fort et pense libre. Un homme qui, pour beaucoup, honore Sénégal et donne des raisons de fierté à une partie de l’Afrique. Chapeau, Maître, chapeau notre gardien de la révolution. Par Malick BA Journaliste

Notes toxiques et dette sous tutelle : le Sénégal défie l’orthodoxie financière

Notes toxiques et dette sous tutelle : le Sénégal défie l’orthodoxie financière

TRIBUNE. Dans les bureaux où se trament les destinées économiques du monde, une odeur de cigare froid et de panique mal dissimulée flotte désormais à chaque évocation du Sénégal. Oui, ce petit caillou insolent sur la carte des puissances financières semble avoir commis l’impardonnable : refuser de jouer le rôle de débiteur docile dans les marchés internationaux. Car voilà le crime. Pendant que les grandes officines de la finance mondiale, ces lobbies en costume trois pièces, qui parlent en taux d’intérêt et respirent en spreads obligataires, resserrent l’étau, le Sénégal, lui, refuse de suffoquer. On lui ferme les robinets internationaux ? Il ouvre grand les fenêtres de l’UEMOA. On lui promet l’asphyxie ? Il répond par une respiration locale, presque insolente. Mais l’Empire n’aime pas qu’on lui échappe. Alors entrent en scène les prêtres modernes de la crédibilité financière : Standard & Poor’s et Moody’s. Deux noms qui sonnent comme des jugements divins, deux plumes capables de transformer une économie en mirage ou en miraculée. Et voilà que les notes tombent, glaciales, chirurgicales, prétendument techniques mais étrangement synchronisées avec les humeurs des marchés dominants. Dégradation par-ci, perspective négative par-là… Le tout servi avec le vernis de la rigueur méthodologique. Pourtant, sur le terrain, une autre musique se joue : des chantiers qui avancent, une dynamique sociale qui résiste, une économie qui, malgré les vents contraires, refuse de plier l’échine. Deux réalités. Deux récits. Et entre les deux, une bataille silencieuse pour le contrôle du narratif. Car ce que redoutent ces architectes de la dette, ce n’est pas seulement un défaut de paiement. Non. Ce qui les empêche de dormir, c’est le précédent. L’exemple. L’idée contagieuse qu’un pays puisse dire non. Non à la restructuration imposée, non aux recettes standardisées, non à la camisole financière. Et au cœur de cette insubordination calculée, un homme cristallise les crispations : Ousmane Sonko. En refusant la « restructuration », ce mot poli pour désigner une mise sous tutelle déguisée, il a brisé un tabou. Il a rappelé, presque brutalement, que la souveraineté ne se négocie pas à la décimale près. Alors oui, les notes chutent sur le papier. Mais dans les rues, dans les marchés, dans les circuits alternatifs de financement, quelque chose d’autre monte. Une forme de défi. Une volonté presque obstinée de reprendre la main sur son destin économique. Parce qu’au fond, tout le monde a compris l’enjeu : si le Sénégal réussit ce pari, ce ne sera pas seulement une victoire nationale. Ce sera une fissure dans l’édifice. Une tache d’huile sur le costume impeccable de l’orthodoxie financière. Et ça, pour certains, c’est tout simplement inacceptable. Alors on agite les menaces, on brandit les notes, on susurre le mot « défaut » comme une malédiction. Mais en face, une autre vérité s’impose, rugueuse, imparfaite, mais tenace : la souveraineté a un prix. Et visiblement, le Sénégal semble prêt à le payer. Reste à savoir si le peuple, lui aussi, est prêt à tenir la ligne non pas par naïveté, mais avec lucidité, vigilance et exigence. Car dans ce bras de fer, il ne s’agit pas seulement d’économie. Il s’agit de dignité. Par Malick BA Journaliste

ONU : la candidature fantôme de Macky Sall, propulsée en catimini par Évariste Ndayishimiye, fracasse l’Union africaine

ONU : la candidature fantôme de Macky Sall, propulsée en catimini par Évariste Ndayishimiye, fracasse l’Union africaine

Dans les couloirs feutrés de la diplomatie internationale, où l’on murmure plus qu’on ne parle, une farce aux relents de tragédie se joue à ciel ouvert : celle d’un ancien monarque républicain, Macky Sall, bien décidé à s’offrir un ultime trône, celui de Secrétaire général de l’ONU, quitte à transformer l’Union africaine en théâtre d’ombres et de manœuvres de coulisses. Car enfin, quelle épopée grotesque que cette candidature surgie des limbes, parachutée sans concertation, comme un décret nocturne griffonné à la hâte ! Une ambition emballée dans les habits trop larges d’un consensus africain… qui n’existe que dans l’imaginaire de ses promoteurs. À défaut de soutien continental, voilà que le lobby s’active, fébrile, bricolant une légitimité de fortune, avec pour seul pilier visible l’ombre portée de Évariste Ndayishimiye, devenu pour l’occasion chef d’orchestre d’une symphonie dissonante. Mais la partition a vite viré à la cacophonie. Depuis Kigali, la voix tranchante du ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Olivier Nduhungirehe, a claqué comme un coup de fouet diplomatique, dénonçant une dérive inquiétante : un président de l’UA, en poste depuis à peine deux mois, qui se permet de court-circuiter les règles, d’ignorer ses pairs, et de travestir les procédures en instruments de passage en force. Une Union africaine transformée, le temps d’un caprice politique, en machine à valider des ambitions personnelles. Et que dire de cette “procédure de silence”, ce bijou d’ingénierie bureaucratique détourné en outil de pression ? Vingt-quatre heures pour avaliser une décision aussi lourde, ou se taire à jamais : voilà donc la nouvelle définition du consensus africain selon Gitega. Une diplomatie du chantage feutré, où le silence vaut consentement et où la précipitation tient lieu de légitimité. Mais cette fois, le silence s’est brisé. Une vingtaine d’États africains ont refusé de jouer les figurants dans cette pièce mal écrite. Ils ont rompu le mutisme imposé, opposé un veto cinglant à cette mascarade procédurale, et rappelé, fait rare, que même dans les arènes diplomatiques africaines, l’État de droit n’est pas une option décorative. Une gifle institutionnelle qui résonne encore dans les couloirs d’Addis-Abeba. Pendant ce temps, à Dakar, le soutien se fait aussi discret qu’un secret honteux. Le pays même de Macky Sall observe, distant, presque gêné. Pas d’embrasement patriotique, pas de levée de boucliers, juste un silence lourd de sens, celui d’une nation qui refuse d’endosser une ambition qu’elle n’a ni portée, ni validée. Et comme un clou supplémentaire dans le cercueil de cette candidature chancelante, Seydi Gassama est venu rappeler, avec la sobriété des convictions solides, que les postes internationaux ne sont pas des refuges pour héritages politiques en quête de recyclage. Que la paix, la démocratie et les droits humains ne sauraient être les accessoires d’une carrière prolongée. Au final, cette tentative ressemble moins à une candidature qu’à une fuite en avant. Une course solitaire, menée tambour battant par un lobby essoufflé, qui confond vitesse et précipitation, influence et isolement. Dans cette tragédie burlesque, une vérité s’impose : on ne devient pas Secrétaire général des Nations Unies à coups de lettres surprises et de silences forcés. Et surtout, on ne parle pas au nom de l’Afrique quand l’Afrique, elle, vous tourne ostensiblement le dos. Par Malick BA