République du Congo : Les gares du CFCO, un patrimoine national en péril

République du Congo : Les gares du CFCO, un patrimoine national en péril

SANS DETOUR. Depuis quelques années, les Congolais, avec eux, le monde des affaires national, et même étranger, assistent impuissants à ce qui apparait comme une non assistance voilée, par l’Etat congolais, de l’établissement public qu’est le Chemin de Fer Congo Océan(CFCO). D’où la dégradation des infrastructures de l’établissement. Malgré les souffrances endurées, sous la colonisation francaise, par les travailleurs du rail qui ont réalisé de pénibles travaux de la construction du CFCO, travaux mortels en certaines circonstances, le CFCO n’a jamais perdu de son importance, de par son rôle stratégique. Un rôle perceptible dans la souveraineté du Congo et le développement socio économique du pays, malgré la baisse désespérante de sa productivité actuelle, à tous les plans. Le CFCO ne se donnant pas les moyens de se moderniser, en dépit de toutes les potentialités qui pourraient l’y pousser, ce chemin de fer recule, en qualité de transport des passagers et des marchandises. Par effet d’entraînement, la physionomie générale des gares, sur tout le tracé de la ligne du chemin de fer, suit la tendance à la détérioration des infrastructures. Et pourtant, dans le cas des gares de l’arrière pays, celles ci pourraient stimuler l’économie locale en attirant des commerces ainsi que des activités du secteur informel. Les résidences aux proximités des gares n’en sont pas exclues, si les conditions et les modalités d’habitation le permettraient. Les environnements de certaines gares de l’hinterland font naître des espaces publics vibrants, d’autant que ces gares facilitent l’accès aux localités voisines et aux territoires immédiats. Alliées du tourisme, les gares de l’intérieur du pays le sont aussi.Elles sont des points d’entrée pour les touristes qui pourraient leur permettre de découvrir des attractions culturelles locales, des monuments et autres vestiges du passé. Construites, sous la colonisation francaise, les gares du CFCO, dont celle de la ville portuaire de Pointe-Noire, se distinguent par leur architecture. Des constructions anciennes, dont certaines ressemblent à des gares de provinces françaises qui contribueraient à la beauté des petites cités qui les abritent si les collectivités locales veillent à la salubrité de leurs espaces. On les considère même comme des monuments historiques qu’il convient de préserver. Une ligne de subvention conséquente dans le budget de l’Etat congolais pourrait rénover les gares en les sortant de l’insoutenable état de délabrement dans lequel elles sont placées. Une situation due à des facteurs liés au mauvais fonctionnement du CFCO. Tel le manque criard de maintenance et d’entretien réguliers des bâtiments, en raison de la gestion irrationnelle et non orthodoxe du CFCO, à l’image de ces autres sociétés d’Etat congolaises, liquidées ou en vie, qui ne se sont jamais données une tradition de belle figure, de par leur gouvernance saine et transparente, quand bien même elles évoluent dans un contexte privilégié de monopole qui leur est concédé, dans le domaine de leur exercice. . La non réparation de l’impact des destructions sur les édifices des gares du CFCO, lors des violences dues aux troubles politiques que le Congo ait connues, les années antérieures, a pour une bonne part, contribué à aggraver les ruines des gares de l’intérieur du pays. Le Chemin de Fer Congo Océan reliant les villes de Brazzaville et de Pointe-Noire, la gare centrale de Pointe-Noire est un élément important de l’infrastructure de transport de la ville océane. Pointe-Noire étant le principal centre portuaire et économique du pays, sa gare centrale joue un rôle clé dans le transport de marchandises et de personnes. La réhabilitation du patrimoine architectural et historique de la gare de Pointe-Noire, tout comme de celle, par ailleurs, du lycée Victor Augagneur, est un atout majeur pour le paysage urbain de la ville de Pointe Noire. Dans les grandes villes du monde, les gares à forte affluence, telle la gare du Nord à Paris, en France, se sont imposées comme des symboles des lieux de rencontre importants. La gare centrale de Pointe-Noire, de par son passé historique, sa position, au centre de la ville, son site géographique à un carrefour d’intense circulation, est un élément important de l’infrastructure de transport de cette ville. Il est temps pour les pouvoirs publics congolais de se résoudre à prendre des mesures concrètes pour procéder au redressement du Chemin de Fer Congo. Conséquemment, restaurer et préserver de la détérioration l’ensemble de ses gares. Des gares qui ont besoin d’affirmer leur participation effective au développement économique et social du pays. La rénovation des gares du CFCO est un investissement à court, moyen et long terme pour le Congo. Sans compter que devrait être bien entretenu, dans l’intérêt de la sous region, le caractère de voie trans- équatoriale de communication pour laquelle le CFCO a été fondé, en son temps, par l’occupant français. Des défis et autres obstacles potentiels qui pourraient surgir lors des opérations de réhabilitation des gares seraient à surmonter. Les gares pourraient être situées dans des zones sensibles ou polluées, ce qui nécessiterait des mesures spécifiques pour protéger l’environnement lors des travaux de réhabilitation. Les gares devraient être intégrées aux infrastructures de transport existantes, la route, spécifiquement. Les gares qui auraient une valeur historique et architecturale devraient bénéficier des mesures de protection pour préserver leur intégrité lors des travaux. Bien prendre en compte la gestion des impacts sociaux, les opérations de réhabilitation pourraient avoir des incidences sur les communautés locales, telles des perturbations dans les mouvements des populations. Les matériaux utilisés pour la réhabilitation devraient être de haute qualité et durables pour minimiser les coûts de maintenance et d’entretien à long terme. Les projets de réhabilitation des gares pourraient comporter des risques tels que des retards, des dépassements de coûts ou des problèmes de qualité. La gestion des risques devrait donc, elle aussi, être méticuleuse. Enfin, pour garantir le succès des projets de réhabilitation des gares, ces défis devraient en totalité être prises en compte. Ailleurs, des gares en péril ont été réhabilitées avec succès. Chaque gare a ses propres caractéristiques et défis, mais ces exemples peuvent servir de référence pour les projets de réhabilitation. Les clés de réussite incluent la restauration

CONGO. Bienvenue Gertrude Hobain Mongo : une ascension qui a défié tous les déterminismes

CONGO. Bienvenue Gertrude Hobain Mongo : une ascension qui a défié tous les déterminismes

ZOOM. Certains événements laissent une empreinte indélébile dans notre mémoire collective et dans l’histoire de la République du Congo. Parmi eux, la nomination de la première femme à la tête de la Télévision Nationale Congolaise demeure sans doute l’un des moments les plus marquants. Née le 2 mars 1969 à Dolisie, dans le département du Niari, Bienvenue Gertrude Hobain Mongo est l’une des pionnières de l’audiovisuel public congolais. Comptable de formation, journaliste de métier, écrivaine et mère de quatre enfants, elle demeure à ce jour la seule femme à avoir occupé la fonction de Directrice Générale de la Télévision Nationale Congolaise, depuis la création de l’institution, le 28 novembre 1962. Un parcours professionnel marqué par la détermination Pendant plus de vingt ans, cette femme d’une cinquantaine d’années s’est imposée comme une figure influente dans les sphères administrative, politique et sociale du pays. Après avoir obtenu son baccalauréat série D en 1990, Bienvenue Gertrude Hobain Mongo a très tôt découvert le monde du travail. En 1992, elle a commencé à aiguiser ses compétences administratives en tant qu’agent de liaison (réceptionniste) chez TRANSLO-CONGO, une société dirigée par M. Paul Obambi. Elle exerçait à temps partiel tout en poursuivant une licence en gestion d’entreprise au C.U.F.C.A.E (actuel SGEAE). Les premières initiatives entrepreneuriales Pour des raisons familiales, elle interrompit ses études et enchaîna des contrats à durée déterminée dans le secteur privé. En août 1994, elle lança sa première activité commerciale en ouvrant une boutique de mode nommée « Winners » (Les Vainqueurs). Pendant deux ans, elle parcourut le monde, découvrant plusieurs pays africains, européens et américains, avec pour seul objectif la satisfaction d’une clientèle grandissante. Le retour à la passion et la création d’entreprises En 1996, elle retrouva sa passion pour le travail en répondant à un appel à candidatures, ce qui lui permit d’obtenir un contrat à durée indéterminée en tant qu’assistante de direction. Malheureusement, cet emploi fut de courte durée, suite à la guerre du 5 juin 1997.En 1999, Bienvenue s’envola pour Montréal, au Canada, pour poursuivre ses études à l’Institut de Brossard, où elle obtint en 2000 une Attestation d’Études Collégiales (A.E.C) en commerce international. L’année suivante, elle s’inscrivit au Collège supérieur de Montréal (CSM) et décrocha un Diplôme Professionnel (DEP) en comptabilité. À la fin de cette année-là, elle rentra au Congo avec un projet concret : la création de « Les Établissements Winners », qui donna naissance à d’autres unités commerciales telles que ELLEM Boutique, Winners Food, Win’s Fashion, HM Business Center ou encore Win’ Resto. Une carrière dans la fonction publique et la communication Recrutée dans la fonction publique en 2002, elle fut mise à disposition du Ministère de la Communication, affectée à la Direction d’équipements et de la planification. En avril 2005, elle passa à la Direction de l’information de la Télévision Nationale Congolaise. En mai 2006, elle devint chef de division information au Ministère des Affaires Étrangères et de la Francophonie. La même année, elle obtint une licence en gestion financière, option comptabilité, à l’Institut Supérieur de Gestion (UMNG). L’ascension vers la direction En juillet 2007, Bienvenue fut nommée Directrice des Affaires Administratives et Financières de la Télévision nationale. En janvier 2008, tout en conservant cette fonction, elle fut promue Directrice Générale par intérim, poste qu’elle occupa jusqu’en décembre 2009. Une reconnaissance institutionnelle majeure En juin 2012, elle fut nommée par décret présidentiel au Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC), représentant la Présidence de la République. Elle fut ensuite élue Secrétaire-Comptable et rapporteur de cette instance, poste qu’elle occupa jusqu’en septembre 2016. La première femme à la tête de la Télévision nationale Ce jour-là, une étape décisive de sa vie se transforma en une véritable histoire. La nomination de Bienvenue Gertrude Hobain Mongo à la tête de la Télévision Nationale Congolaise ne fut pas un simple changement officiel. Elle fut une rupture dans une longue tradition institutionnelle, une avancée symbolique majeure : la première femme à occuper ce poste.Ce changement ne s’est pas fait dans l’éclat d’un coup de théâtre, mais dans la sobriété d’une décision administrative. Pourtant, derrière cette simplicité apparente se cache une portée exceptionnelle. Elle représentait une véritable révolution, fruit de la volonté et du courage politique d’un visionnaire, le ministre de la Communication de l’époque, Alain Akouala Atipault, qui avait brisé le plafond de verre qui pesait depuis près d’un demi-siècle sur la carrière des femmes dans cette institution. Un héritage concret dans la gestion de la télévision L’héritage de Bienvenue Gertrude Hobain Mongo ne se limite pas seulement à cette symbolique. Son passage à la direction a été marqué par des actions concrètes et innovantes : amélioration des conditions de travail, formations pour accompagner la transition numérique, renforcement des capacités des journalistes et opérateurs, acquisition d’équipements modernes, augmentation des moyens de transport, émancipation des opératrices de vue (OPV) féminines, signature de partenariats avec Deutsche Welle et Euro News, révision des contrats avec les opérateurs de téléphonie mobile, ou encore installation de Télé-Congo dans le bouquet de Canal+.Elle a aussi mis à profit son expérience conjugale de journaliste pour réduire le temps de production d’un reportage, en accélérant la mise en place de stations de montage. Engagements en faveur des médias et de la société En mars 2015, lors de la Journée internationale des droits de la femme, Bienvenue, alors Secrétaire-Comptable du Conseil supérieur de la liberté de communication, fit une donation de matériels techniques, de fournitures et de motos aux médias publics et privés, contribuant ainsi à renforcer le secteur. Une formation continue et l’expansion entrepreneuriale En 2018, elle obtint un Master I en comptabilité, audit, finance et management à l’Institut de Formation Comptable Européen (IFCE) à Strasbourg, en France. De retour au Congo en 2019, elle développa ses entreprises en créant « HMB Corporation », une société regroupant plusieurs secteurs : voyages, immobilier, communication, informatique, restauration, habillement. Une vie politique et sociale engagée Candidate indépendante aux élections législatives de juillet 2022 dans le district de Banda, dans le Niari, elle fut désinvestie par le Parti congolais

Gabon : Dénouement de la crise à l’ambassade du Congo grâce à la médiation du président de la communauté congolaise

Gabon : Dénouement de la crise à l’ambassade du Congo grâce à la médiation du président de la communauté congolaise

TRIBUNE. Un retour au calme a été observé le 4 mai 2026 à l’ambassade de la République du Congo à Libreville, mettant fin à plusieurs heures de vives tensions entre les ressortissants congolais et les autorités consulaires. Ce dénouement est le fruit de la médiation menée par M. Gildas Parfait Diamonéka, président de la communauté congolaise au Gabon. Une réunion de concertation a été organisée sous l’autorité de l’ambassadeur du Congo au Gabon, M. François Ibovi a permis de rétablir le dialogue entre les ressortissants congolais et les autorités consulaires. Une crise ouverte a été évitée de justesse entre les ressortissants congolais du Gabon et leur représentation diplomatique à Libreville. Après vingt-quatre heures de vive tension marquées par la frustration et des mouvements d’humeur, le calme est revenu. Ce dénouement fait suite à une médiation de Gildas Parfait Diamoneka, président de la communauté congolaise au Gabon, qui a permis aux compatriotes d’obtenir les éclaircissements attendus. Épaulé par les membres de son bureau national, notamment M. Mombo Sivo, chatgé de la communication et relations extérieures) et M. Ghislain Tchikaya en charge du sport et culture, le président de la communauté a œuvré de manière décisive à la désescalade des tensions. Une réunion d’urgence pour éviter l’escalade Pour répondre à la grogne croissante, une réunion de crise a été convoquée sous la haute autorité de l’ambassadeur François Ibovi. Cette initiative visait à apaiser la situation au sein de la représentation diplomatique congolaise au Gabon. Sous le signe du dialogue, cette rencontre a mis face à face l’administration consulaire, notamment Serge Alain Ossenguet et Marien Iboulamoki et les représentants de la communauté congolaise au Gabon. L’objectif commun était de dénouer sans délai une situation devenue inconfortable pour l’ensemble des parties prenantes. Des zones d’ombre entourant la manipulation d’un fonds de 5 millions de FCFA À l’origine de la crise se trouve un incident survenu lors de l’accueil du président Denis Sassou-N’Guesso à l’aéroport international Léon-Mba de Libreville. La polémique s’est cristallisée autour d’une enveloppe remise publiquement aux ressortissants, laquelle aurait été préalablement ouverte, suscitant ainsi l’indignation des compatriotes présents. Selon les précisions fournies lors de la réunion, l’enveloppe de cinq millions de francs CFA, don du Chef de l’État destiné à remercier les 437 compatriotes mobilisés pour l’accueil, a été présentée déjà ouverte par les autorités consulaires. Ce détail a été le point de friction majeur lors des échanges. A ce fait, s’est ajouté un climat d’hésitation dans la transmission du Don, devant une foule déjà fatiguée par l’attente mais attentive aux moindres gestes. Cette succession d’éléments imprévisibles a provoqué des interprétations diverses et nourri un sentiment de méfiance parmi les autorités présentes sur place. Beaucoup y ont vu un manque de transparence. Suite à cet incident et aux vives protestations qui ont suivi, le président de la communauté congolaise a été appelé à mener une médiation pour désamorcer la crise. M. Gildas Diamonéka s’est d’abord employé à apaiser ses compatriotes en les invitant à la retenue et à la confiance envers les autorités consulaires. Il a ensuite rappelé les valeurs qui ont motivé leur forte mobilisation pour l’accueil du Chef de l’État. Enfin, le président a précisé que cette organisation s’inscrivait dans le cadre rigoureux défini lors de la réunion préparatoire tenue le 30 avril 2026 à l’ambassade. Selon le président de la communauté congolaise au Gabon, M. Gildas Diamonéka, l’incident découle principalement d’une erreur de gestion dans la perception des foules et d’un manque de communication concernant la remise du don présidentiel. Il a tenu à préciser qu’il ne s’agissait en aucun cas d’une intention délibérée de l’ambassade de léser les participants. Par Prosper Makaya

Roch Régis BIKOUA : Nous continuons à brasser du vent pendant que les catastrophes climatiques se multiplient

Roch Régis BIKOUA : Nous continuons à brasser du vent pendant que les catastrophes climatiques se multiplient

INTERVIEW. « Dix ans après l’Accord de Paris, les promesses ne sont toujours pas tenues », constate l’écrivain congolais Roch Régis Bikoua qui a construit une réflexion profondément nourrie par son engagement pour l’environnement et par les réalités climatiques vécues sur le continent africain. Dans La gouvernance responsable pour le climat, son nouvel ouvrage paru aux éditions libres-opinions, le Président de l’association Espoir pour l’avenir dénonce une diplomatie climatique mondiale qu’il juge prisonnière des discours, des effets d’annonce et de l’inaction. Pour l’auteur de Un regard sur l’environnement au Congo et L’excellence environnementale, une énergie à bon marché, l’heure n’est plus aux grands discours.  PAGESAFRIK.COM : « La gouvernance responsable pour le climat » est le titre de votre nouvel ouvrage. Quel constat principal vous a poussé à poursuivre cette réflexion et pourquoi estimez-vous que, dix ans après l’Accord de Paris, les résultats restent insuffisants ? Roch Régis BIKOUA : L’idée de mon troisième livre est née d’une colère froide, celle de voir l’intelligence humaine et la puissance diplomatique s’enliser dans une mise en scène permanente où l’on feint de soigner le malade tout en alimentant sa fièvre. J’ai écrit ce livre pour celles et ceux qui, comme moi, se sentent trahis par l’écart considérable entre les discours et les actes lors des grands soirs de signatures internationales sur le climat. On organise des sommets qui coutent très chers pour promouvoir juste «  les effets d’annonce » pendant le monde brule. Les populations les plus vulnérables payant le prix d’une crise qu’elles n’ont pas provoqué, ont besoin des actes palpables sur le terrain que les effets d’annonce des décideurs. Le problème est que les promesses des Etats riches ne sont toujours pas tenues et qu’ils refusent de financer d’avantage et c’est le point de blocage dans les négociations internationales. C’est ainsi où je me suis posé des questions sur la crédibilité de la parole politique. Comment sortir de la pauvreté sans polluer la planète ? Comment donner l’accès à l’énergie aux populations du sud qui ont des problèmes d’électricité ? Comment se développer ? Bref ! Dix ans après l’accord de Paris, les promesses ne sont toujours pas tenues Les Pays riches font un semblant de promouvoir les énergies renouvelables avec les publicités des voitures électriques mais aucune mesure sur les énergies fossiles qui continuent à faire d’eux les pays les plus riches. Dix après l’accord de Paris, la planète est loin d’être sauvée. On nous embrouille dans les médias des pays riches avec des trajectoires montrant une légère baisse des émissions du CO2  alors que sur le terrain Il y a un constat sur la hausse des émissions de gaz à effet de serre causant des catastrophes énormes dans les pays pauvres. Ceci étant, dix ans après l’accord de Paris, dix ans après la mise en place des objectifs de développement durables des Nations unies, rien n’a avancé dans les actes et cela met en cause le leadership climatique. C’est ainsi où j’alerte que La COP21 est un accord histotoxique trahi par l’inaction d’une part, et d’autre part il y a l’échec des ODD en matière climatique. Vous évoquez un fossé entre les discours et les actes, tout en dénonçant l’écoblanchiment et l’inaction institutionnelle. Comment ce décalage se manifeste-t-il aujourd’hui dans les politiques climatiques internationales ? Des prétentions écolo qui ne sont pas appuyées par les faits se manifestent du jour au lendemain. Ce marketing commercial originaire des pays riches, a été inventé pour plonger le monde dans un embrouillamini, est une preuve de l’irresponsabilité pour le climat. Il se manifeste en attirant les consommateurs soucieux de l’environnement en présentant des publicités, des slogans, des logos et des emballages soulignant les attributs ou les avantages environnementaux d’un produit ou service. Le non-respect des engagements climatiques est aussi une forme d’écoblanchiment malgré la multiplicité des discours écolo sans lendemain. Présenter un produit ou service comme ayant plus d’avantage environnemental qu’ils n’en ont pas, est illégal car c’est une publicité trompeuse. Dans les politiques climatiques internationales, on nous fait croire que le thermomètre mondial est placé sous haute surveillance diplomatique. Pourtant, quand on regarde les graphiques de concentration de concentration de CO2 dans l’atmosphère, on a l’impression d’observer les débris d’un naufrage. Quand l’accord de Paris devient aujourd’hui une cathédrale de papier, magnifique à contempler mais incapable de nous abriter contre les catastrophes climatiques, est une trahison historique. Car il est insupportable de voir un succès médiatique planétaire se transformer en un désert législatif national. Les grandes puissances économiques portent-elles, selon vous, une responsabilité particulière dans l’échec des engagements climatiques et l’inefficacité des mécanismes de justice climatique ? Les responsables historiques de la dégradation du climat mondial sont censées être exemplaires dans la lutte contre le réchauffement climatique surtout en ce qui concerne le respect des engagements. Triste est de constater l’écart considérable entre les discours et les actes. La diplomation mondiale pour le climat a brillamment échoué. Cependant, je m’explique : Les pays ayant ratifié l’accord de Paris, avaient pris l’engagement de le faire valider au niveau de leur parlement respectif ? Est-ce le cas aujourd’hui ? Même la France, pays organisateur de la COP21 n’a jamais pensé faire valider cet accord dans son arsenal législatif. Pourquoi ce refus tacite des dirigeants du monde d’intégrer l’accord de Paris dans la loi nationale des pays ayant ratifié ledit accord? A mon avis, les décideurs ont peur que le juge puisse annuler une décision gouvernementale au nom de la protection du climat. Voilà la raison du refus de faire entrer l’accord de Paris dans la loi ; le refus de donner le pouvoir au citoyen de trainer leur propre Etat devant les tribunaux pour « faute climatique ». Vous affirmez que l’Afrique paie le prix d’une crise qu’elle n’a pas provoquée. Quels sont aujourd’hui les impacts climatiques les plus alarmants sur le continent et que faudrait-il changer concrètement ? Les impacts climatiques les plus alarmants sont partout en Afrique : Bref, la liste des catastrophes climatiques en Afrique est tellement longue que le temps de cette interview n’y suffirait pas. Voilà pourquoi le changement ne peut que

Congo: Conseil des Ministres du mercredi 06 mai 2026

Congo: Conseil des Ministres du mercredi 06 mai 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni ce mercredi 06 mai 2026 au Palais du Peuple, sous la très haute autorité de Son Excellence, Monsieur Denis Sassou Nguesso, Président de la République, Chef de l’Etat. Les affaires suivantes étaient inscrites à son ordre du jour, soit : Avant que l’ordre du jour ainsi indiqué ne soit décliné, les membres du Conseil des ministres ont suivi une importante communication du Président de la République à leur endroit. D’emblée, SEM. Denis Sassou Nguesso, Président de la République, Chef de l’Etat, a rappelé à tous et à chacun la portée et la signification du premier Conseil des ministres de ce jour, consécutif à l’élection à caractère de plébiscite qui lui a permis de nouer un nouveau pacte de confiance avec les Congolaises et les Congolais. À cet égard, le Chef de l’Etat a tenu à rendre un hommage vibrant au peuple congolais pour sa mobilisation exceptionnelle, tant durant la campagne de l’élection présidentielle qu’à l’occasion des opérations de vote qui se sont déroulées les 12 et 15 mars 2026. Ainsi, son projet de société « L’Accélération de la Marche vers le développement » a été massivement approuvé par les populations ; le Président Denis Sassou Nguesso a souligné que cette confiance massive l’obligeait. Le Chef de l’Etat a indiqué, je le cite, « que le peuple ayant fait sa part » (fin de citation) en lui accordant sa confiance, il convenait à présent que le Président de la République et son gouvernement fassent également leur part, c’est-à-dire rendent effective la mise en œuvre du projet de société ainsi sanctifié. Cette mise en œuvre doit se faire dès maintenant et sans délai. La signification de l’accélération n’est pas seulement une question de rythme ou de cadence, mais également et surtout, l’exécution effective, par le gouvernement, des projets concrets que le Chef de l’Etat s’est engagé, devant le peuple congolais, à réaliser. Le Président de la République a, pour cela, exhorté les membres du gouvernement de l’accélération à se comporter comme une équipe dont la motivation, l’allant, la détermination et l’énergie doivent tout entiers être orientés vers la satisfaction des attentes des populations congolaises. C’est à ce prix, et seulement à celui-ci, que les projets approuvés par les Congolaises et Congolais pourront être réalisés et aboutir, et le Chef de l’Etat y veillera, à des résultats concrets et salvateurs. Le Président a insisté sur l’importance de ces principes, qui doivent désormais marquer l’action quotidienne des pouvoirs publics à l’aube du quinquennat qui démarre. Pour ce faire, le Président de la République a décliné quelques axes urgents et prioritaires qui sont au cœur du contrat conclu avec nos compatriotes. En matière d’urgence, il a instruit le Premier ministre, chef du gouvernement, à mettre en place une « task force » composée des départements ministériels compétents, afin de réaliser sans délai la digitalisation des administrations, avec une priorité donnée à celle des régies financières, afin d’optimiser les ressources de l’Etat. Autres urgences signalées par le Chef de l’Etat : la mise en œuvre rapide du projet de réhabilitation du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) récemment lancé ; la réalisation du corridor 13 et des voies de communication routières afférentes, afin de désenclaver l’arrière-pays et de connecter notre pays aux Etats voisins, avec une priorité donnée aux axes Ouesso-Pokola et pont sur la Sangha, ainsi que les tronçons Epena-Impfondo jusqu’à la frontière avec la Centrafrique et Dolisie-Ndendé vers la frontière du Gabon. Le peuple attend également une meilleure desserte en électricité, grâce notamment à la réhabilitation en cours de la ligne très haute tension Pointe-Noire-Brazzaville. Le Président de la République a également évoqué la remise effective des installations électriques prêtes dans la ville de Mossaka et la réalisation rapide de la desserte en électricité de localités telles que Louingui, Boko et Loumo. Les objectifs de production d’eau potable sont également une urgence pour laquelle le gouvernement a été instruit ce jour. Ces objectifs sont notamment liés à l’exécution du plan Mattei pour l’Afrique et à la réflexion à mener sur la réhabilitation de l’hydraulique rurale, qui avait permis en son temps de réaliser 2 500 forages dans des localités et villages à travers notre pays. Répondant à ces orientations précises de SEM. Denis Sassou Nguesso à l’endroit du gouvernement, M. Anatole Collinet Makosso, Premier ministre, chef du gouvernement, a, au nom des ministres et en son nom propre, remercié le Président de la République pour la confiance prêtée ou renouvelée aux uns et aux autres et pris l’engagement, au nom de tous et de chacun, à mettre en œuvre avec énergie et détermination le carnet de route ainsi décliné à l’entame du nouveau quinquennat. Les membres du Conseil des ministres ont ensuite abordé les points inscrits à l’ordre du jour de la réunion de ce jour, mercredi 6 mai 2026. I/- Ministère des Finances, du Budget et du Portefeuille public Invité par le Président de la République à prendre la parole, M. Christian Yoka, ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, a soumis deux textes à l’examen des membres du Conseil des ministres. Le premier est un projet de loi portant création de la Caisse des dépôts et consignations. Le 12 juillet 2025, le comité ministériel de l’Union monétaire d’Afrique centrale a adopté un règlement relatif au traitement des comptes inactifs et des avoirs en déshérence dans les livres des établissements de crédit. C’est dans ce cadre que la Commission bancaire d’Afrique centrale (COBAC) confère aux caisses des dépôts et consignations la mission de sécuriser et placer les avoirs en déshérence, en vue de financer le développement économique et social. Tandis que la loi de 2014 créant la Caisse des dépôts et consignations assignait à celle-ci le rôle de fonds chargé de gérer les ressources excédentaires de notre pays, le texte soumis ce jour au Conseil répond à la nécessité de mobiliser des ressources tant privées que publiques permettant de financer les projets structurants à même de relever les défis notamment démographiques et énergétiques des prochaines

TRIBUNE – LA CONVERGENCE CITOYENNE

TRIBUNE – LA CONVERGENCE CITOYENNE

VIE DES PARTIS. Sous la conduite de son Secrétaire national chargé à l’organisation, le camarade Jean Phaite Makoumbou, La Convergence Citoyenne s’est résolument engagée dans une dynamique de restructuration et de redynamisation de ses instances dirigeantes. Cette démarche, qui vise à renforcer l’efficacité organisationnelle du parti et à consolider ses bases militantes, s’inscrit dans une vision claire : bâtir une formation politique structurée, cohérente et tournée vers les défis à venir. Après une première étape réussie dans la ville de Pointe-Noire, le 30 avril 2026, consacrée notamment à la mise en place du comité de pilotage, le processus s’est poursuivi à Brazzaville le 3 mai 2026. Dans la capitale, l’assemblée générale a procédé à la mise en place de la coordination fédérale ad hoc de BVZ, ainsi qu’à l’élection des responsables des sections de Mfilou et Madibou. Ces différentes étapes traduisent la volonté du parti d’assurer la continuité de ses activités, tout en préparant, avec rigueur et méthode, l’organisation des prochains congrès en vue de la mise en place des instances définitives. À Pointe-Noire comme à Brazzaville, les camarades ont également procédé à l’élection du bureau fédéral ad hoc et des responsables des sections de Ngoyo, Tié-Tié et Mongo-Mpoukou, puis Mfilou et Madibou, démontrant ainsi la capacité du parti à se structurer efficacement sur l’ensemble du territoire. Les prochaines étapes de cette dynamique concerneront les départements du Niari, de la Bouenza et du Pool. La Convergence Citoyenne salue l’engagement, la discipline et la mobilisation de l’ensemble des militants et cadres ayant pris part à ces activités. Leur détermination constitue un socle essentiel pour la consolidation et le rayonnement du parti. Aux camarades nouvellement investis de responsabilités, le parti adresse ses sincères félicitations et les exhorte à faire preuve de rigueur, de loyauté et de sens du devoir dans l’accomplissement de leurs missions. Plus que jamais, La Convergence Citoyenne réaffirme sa détermination à poursuivre cette dynamique de structuration dans l’unité, la cohésion et le travail, afin de relever avec succès les batailles politiques à venir. Fait à Brazzaville, le 4 mai 2026 Pour la Cellule de communication du parti.

Pool : entre le buffle, le chasseur et l’épine — lecture stratégique et morale des violences politiques

Pool : entre le buffle, le chasseur et l’épine — lecture stratégique et morale des violences politiques

LIBRES PROPOS. Denis Sassou Nguesso, ou l’État qu’il incarne, n’a pas un problème spécifique avec Ntumi en tant qu’individu, mais plutôt avec les populations du Pool, qu’il a souvent perçues comme étant en opposition à son autorité. Que cela soit clairement établi. Une incompréhension récurrente du débat sur le Pool Chaque fois que les violences politiques dont sont victimes les filles et fils du Pool sont dénoncées, une réponse revient de manière presque automatique dans les échanges publics : « débarrassez-vous de Ntumi ». Cette réaction, répétée au fil des années, traduit une lecture réductrice d’une situation pourtant profondément complexe. Dans une précédente publication, nous avions déjà tenté d’aborder cette question en refusant les simplifications faciles. Car réduire les tensions du Pool à un seul acteur revient souvent à masquer les dynamiques structurelles, les responsabilités multiples et surtout les conséquences humaines durables de ces violences. C’est dans cette logique que nous proposons aujourd’hui une relecture à travers une métaphore, non pas pour caricaturer, mais pour mieux éclairer les rapports de force, les logiques politiques et les responsabilités morales en présence. La métaphore du buffle, du chasseur et de l’épine Pour comprendre les violences politiques dans le Pool, nous utilisons l’image du buffle, du chasseur et de l’épine. Dans cette représentation, le buffle incarne Denis Sassou Nguesso, symbole de la puissance de l’État, de sa force institutionnelle et militaire, et de sa capacité de contrainte. Le buffle avance avec lourdeur et détermination, parfois sans percevoir les conséquences de sa course sur le terrain humain qu’il traverse. Le chasseur représente les populations du Pool. Il incarne la vie quotidienne, la survie, la mobilité contrainte, mais aussi la résilience. Le chasseur avance dans un environnement instable, marqué par les tensions, les déplacements forcés et la recherche permanente de sécurité. L’épine, enfin, représente Ntumi, perçu comme un élément de friction, une source de blessure dans le parcours du chasseur. En marchant dessus, celui-ci se blesse, saigne et souffre, ajoutant une douleur supplémentaire à un contexte déjà difficile. Lecture stratégique : comprendre les rapports de force Au-delà de la métaphore, une lecture stratégique s’impose. Dans toute configuration de conflit, il existe des niveaux de danger différents. L’épine est visible, localisée, et peut être contournée ou retirée avec des moyens adaptés, dans un environnement sécurisé. C’est souvent en fuyant la furie du buffle que le chasseur perd le contrôle de sa trajectoire et finit par marcher sur l’épine. Elle représente un problème tactique, souvent circonscrit. Le buffle, en revanche, incarne une force systémique. Il agit à grande échelle, avec un impact direct sur l’ensemble de l’espace traversé. Sa trajectoire, sa puissance et sa dynamique déterminent l’état général du terrain. Dans cette logique, réduire toute la problématique du Pool à l’épine revient à ignorer la structure du danger principal. Le chasseur peut survivre à une blessure, se soigner, s’adapter et même résoudre ce problème dans un cadre apaisé. Mais face au buffle en mouvement, sans espace de protection ni de médiation, les marges de manœuvre se réduisent considérablement. Lecture politique : la confusion des responsabilités Sur le plan politique, cette métaphore met en lumière une confusion fréquente dans les débats publics : celle qui consiste à confondre cause structurelle et facteur déclencheur. En désignant uniquement l’épine comme problème central, on occulte la question de l’environnement global dans lequel elle existe. Or, aucune épine ne peut être analysée indépendamment du terrain dans lequel elle s’inscrit, ni des forces qui l’écrasent ou la renforcent. Ainsi, limiter la lecture des violences dans le Pool à une seule figure revient souvent à déplacer le débat et à éviter les questions de gouvernance, de gestion des conflits et de responsabilité de l’État dans la protection des populations. Lecture stratégique : sortir du piège de la focalisation D’un point de vue stratégique, toute approche durable d’un conflit suppose une hiérarchisation claire des problèmes. Une erreur fréquente consiste à traiter les symptômes comme des causes principales. Dans le cas du Pool, la focalisation exclusive sur l’épine détourne l’attention des dynamiques plus larges. Or, tant que le cadre global reste instable, toute tentative de traitement localisé reste fragile et souvent temporaire. La véritable stratégie de paix ne peut donc pas reposer sur la seule élimination d’un acteur, mais sur la transformation de l’environnement qui produit les tensions et les violences. Lecture morale : responsabilité et conscience Au-delà de la stratégie, une dimension morale essentielle doit être prise en compte. La question centrale est celle de la protection de la vie humaine. Quelle que soit la lecture que l’on adopte des responsabilités individuelles ou collectives, aucune justification ne peut rendre acceptable la souffrance prolongée des populations civiles. La morale impose donc une hiérarchie claire : la protection des vies humaines doit toujours primer sur les considérations politiques, sécuritaires ou symboliques. Dans cette perspective, continuer à exposer durablement les populations du Pool à des logiques de violence, quelles qu’en soient les justifications, pose une question éthique fondamentale. Conclusion : vers une sortie par le haut Ainsi, que le buffle laisse le Pool en paix. Les filles et fils du Pool, en tant que chasseur, sauront eux-mêmes, dans un cadre apaisé, comment gérer l’épine, traiter les blessures et reconstruire leur trajectoire. Mais aucune solution durable ne peut émerger dans un environnement dominé par la peur, la contrainte et la répétition des violences. La paix véritable ne naît pas de la disparition d’un seul élément du problème, mais de la transformation de l’ensemble du cadre qui produit ces déséquilibres. Et c’est à cette condition seulement que le chasseur pourra marcher sans blessure, et que le terrain pourra enfin redevenir un espace de vie et non de survie. Serge Armand Zanzala Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika

Voyage de M. Sassou en Russie : le Congo sur une ligne de crête géopolitique ( dossier en 6 minutes )

Voyage de M. Sassou en Russie : le Congo sur une ligne de crête géopolitique ( dossier en 6 minutes )

ON VA PLUS LOIN. Le président congolais Denis Sassou Nguesso a bouclé mardi 1er mai une visite officielle de quatre jours à Moscou, du 28 avril au 1er mai. Précédée d’une délégation russe à Brazzaville le 16 avril, cette étape s’inscrit dans une série de déplacements en Azerbaïdjan, à Dubaï, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, axés sur la quête de financements et autres. Une équipe avancée ( incluant le colonel Louis Marc Sakala, le directeur général Raoul Ominga et la première ministre bis Françoise Joly ) avait pavé la voie en toute discrétion avant que le gouvernement ne prenne officiellement le relais. Ces manœuvres laissent les partenaires occidentaux interrogateurs qui suspectent un alignement idéologique avec la Russie. Brazzaville s’en défend plutôt, revendiquant une approche pragmatique visant à tirer parti des recompositions géopolitiques en cours.Officiellement, les autorités congolaises cherchent primo à consolider un appui en matière de défense dans un contexte interne jugé fragile; secundo, à obtenir un soutien diplomatique, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies, et tertio à accéder à des technologies d’exploitation énergétique que certains partenaires occidentaux hésitent encore à déployer dans des zones forestières soumises à de fortes contraintes environnementales. De son côté, Moscou perçoit le Congo comme un point d’ancrage stratégique au cœur du bassin du Congo, une région clé tant pour ses ressources naturelles que pour sa position géographique, en particulier en lien avec la République Centrafricaine (RCA). Le pipeline : projet sous tension Long d’environ 1000 kilomètres, le projet de pipeline reliant Pointe-Noire à Ouesso constitue l’une des infrastructures les plus ambitieuses du pays. Il traverse une grande partie du territoire congolais jusqu’aux zones frontalières avec le Cameroun et la RCA. Il vise à faciliter l’acheminement du pétrole extrait des blocs situés dans le nord du Congo. Au-delà de cet objectif affiché, le projet soulève plusieurs enjeux stratégiques. D’une part, ce tracé pourrait servir de corridor vers la RCA favorisant divers flux sous couvert d’activités énergétiques. D’autre part, sa traversée de la forêt équatoriale fait craindre l’émergence d’activités informelles difficiles à encadrer : exploitation illégale du bois, extraction clandestine de minerais ou encore trafic de faune. L’expérience montre que ce type d’infrastructure, en zone forestière, s’accompagne souvent de dynamiques économiques parallèles. Les ministres Arlette Soudan Nonault et Rosalie Matondo conviendraient avec nous que ce projet met en lumière une contradiction de fond. Le Congo ambitionne de valoriser son capital carbone à travers des mécanismes tels que REDD+ et autres, tout en développant des infrastructures susceptibles de fragiliser ces mêmes écosystèmes. Cette double approche permettrait de capter des revenus à la fois liés à la préservation et à l’exploitation des ressources naturelles.Dans un contexte de prix élevés du pétrole, le pipeline répond également à une logique d’urgence économique. Pour Brazzaville, il s’agit avant tout de valoriser ses réserves, indépendamment des agendas de transition énergétique définis à l’échelle internationale. Enjeux sécuritaires, économiques et environnementaux Au-delà de sa dimension pétrolière, ce projet met en lumière une équation particulièrement complexe : un État en quête de liquidités rapides, un partenaire russe désireux d’étendre son influence, et une forêt équatoriale au cœur des engagements climatiques internationaux. Dans ce contexte, les relations avec les partenaires traditionnels, notamment la France et, plus largement, les acteurs occidentaux, pourraient être mises à l’épreuve. Le repositionnement stratégique de Brazzaville traduit une volonté d’autonomie, mais il comporte aussi des risques réels de tensions diplomatiques.L’équilibre est d’autant plus fragile que les enjeux sécuritaires, économiques et environnementaux s’entrecroisent. Le Congo avance sur une ligne de crête, où chaque décision engage simultanément sa souveraineté, sa stabilité interne et son image internationale. Un fait curieux: l’absence remarquée, au sein de la délégation, de plusieurs responsables, experts et Hommes d’affaires directement concernés par différents projets, notamment Rosalie Matondo, Arlette Soudan Nonault, Christian Yoka, Lydia Mikolo, Emmanuelle Delphine Adouki, les conseillers à la défense et autres cadres. La ratification de la loi n°8-2025 relative à l’oléoduc cristallise les critiques. Le montage diabolique accorde en effet 90 % des parts à la société russe ZNGS-Promety, contre seulement 10 % à la SNPC. Une répartition qui limite fortement la maîtrise congolaise du projet, tant sur les choix technologiques que sur la tarification ou les orientations stratégiques. De plus, en cas de différend, l’arbitrage est confié au Centre d’arbitrage international de Dubaï (DIAC), selon les règles de la CNUDCI, écrasant ainsi, la souveraineté juridictionnelle du Congo. Le dispositif contractuel renforce ces déséquilibres. La clause de stabilisation fiscale prévoit que toute évolution future de la fiscalité congolaise ne s’appliquera pas au projet pendant 25 ans, une durée potentiellement prorogeable. Par ailleurs, des garanties d’indemnisation étendues sont accordées à la partie russe en cas de changement politique, de nationalisation ou de conflit, transférant ainsi une grande partie des risques sur les finances publiques congolaises. À cela s’ajoutent d’importantes exonérations fiscales (impôts, TVA, droits de douane, taxes environnementales), des subventions logistiques et la garantie d’un tarif minimum de transport du pétrole.Dans ce schéma, les ressources publiques sont fortement mobilisées sans assurance claire de retombées fiscales ou économiques à court terme. Le modèle BOOT (Build-Own-Operate-Transfer) retenu confère en outre à la partie russe la pleine propriété et l’exploitation des infrastructures pendant 25 ans, avant un transfert ultérieur dont les conditions restent incertaines. Enfin, ce projet pourrait être interprété comme un choix d’alignement stratégique durable, susceptible d’affecter les relations du Congo avec d’autres partenaires majeurs, tels que l’Union européenne, les États-Unis ou les institutions financières internationales. Dans un contexte international fragmenté, miser sur un partenaire unique pour un projet d’une telle envergure expose le Congo à un risque d’isolement diplomatique et réduit ses marges de manœuvre. Les risques d’un virage trop marqué Écarter Paris ( acteur clé du dispositif du franc cfa et influent au sein du FMI) comporte un risque réel : celui de compliquer, voire de bloquer, les négociations sur la dette. Par ailleurs, des groupes comme TotalEnergies et Perenco, risquant de perdre des parts dans l’offshore congolais du fait du projet d’oléoduc, pourraient réagir de manière défavorable et peser sur l’environnement