Page d’histoire : Il était une fois le M22 de Goma Tsé-tsé

Marien Ngouabi présente deux cadavres à la population RETRO. Le mardi 24 avril 1973, il y a exactement 54 ans, le président de la République du Congo, le commandant Marien Ngouabi, présente à la population, qui avait été convoquée à un meeting au stade de la Révolution à Brazzaville, deux cadavres. Ce sont les corps de l’ancien lieutenant Ange Diawara et de son adjoint Jean-Baptiste Ikoko. Les deux hommes auraient été tués au cours d’une opération de l’armée contre le maquis du M22. Mais c’est quoi le M22 ? Les fondateurs du PCT Le 31 décembre 1968, le commandant Marien Ngouabi devient, à l’âge de 30 ans, le troisième président de la République du Congo. A la suite de la démission du président Alphonse Massamba-Débat. En vue de consolider son pouvoir, Marien Ngouabi organise du 29 au 31 décembre 1969, le congrès constitutif du nouveau parti unique : le Parti Congolais du Travail (PCT), d’obédience communiste. Parmi les 40 fondateurs de ce parti, on trouve les noms de Marien Ngouabi, Raoul Alfred, Ange Diawara, Joachim Yhomby Opango, Denis Sassou-Nguesso, Henri Lopez… Il s’appelait Ange Diawara Ange Diawara était le commandant de la Défense civile, la branche armée de la JMNR (Jeunesse du parti du président Massamba-Débat). Après la chute de ce dernier, Ange Diawara ayant préféré éviter l’affrontement avec l’armée nationale, la Défense civile est dissoute et ses éléments reversés dans l’Armée Populaire Nationale (APN). Ange Diawara devient lieutenant dans l’armée de terre. Membre du Bureau politique du PCT, Diawara est nommé par le président Ngouabi en avril 1970 ministre chargé des Eaux et Forêts. Il a 29 ans. Rivalité interne au sein du PCT Mais assez vite, il va se démarquer de l’entourage du président Ngouabi dont il dénonce de tendances à l’embourgeoisement, à la corruption et au népotisme. Il crée le concept d’Obumitri (oligarchie bureaucratique militaro-tribaliste) qu’il va populariser à travers le pays. Lors de la session extraordinaire du Comité Central du PCT du 27 au 31 décembre 1971, Diawara et ses camarades (Noumazalaye, Ndalla, Kimbouala-Nkaya, Combo-Matsiona, Bongou, Assoua) tentent de mettre le président Ngouabi en minorité. Ils lui reprochent son apathie face à la recrudescence de la corruption et une gestion ethnique du pouvoir. Mais ils échouent. En réaction, Ngouabi limoge Ange Diawara du gouvernement et du Conseil d’Etat. Mais Diawara reste au Bureau politique. La tentative de coup d’Etat du 22 février 1972 Le 22 février 1972, le président Marien Ngouabi est en séjour de travail à Pointe-Noire. Ange Diawara lance alors une opération de coup d’Etat contre le président Ngouabi. Lui et ses hommes prennent possession de la radio nationale et de l’aéroport de Brazzaville. Ils arrêtent plusieurs responsables politiques dans la capitale. Denis Sassou Nguesso, le commandant du groupement aéroporté, se trouve à Pointe-Noire où il a accompagné le président de la République. C’est le chef d’état-major de l’APN, le commandant Yhomby-Opango, qui va réagir énergiquement en faisant échec à la tentative de putsch. Dans le camp des putschistes, les ministres Prosper Matoumpa Mpolo et Elie Itsouhou ainsi que l’artiste-musicien Franklin Boukaka, auteur-compositeur de talent qui prônait l’unité de deux Congo dans sa célèbre chanson » Pont sur le Congo « , sont tués. Revenu en urgence à Brazzaville dans la soirée, le président Marien Ngouabi, à travers les hommes que le commandant Denis Sassou Nguesso a déployé dans la ville, reprend le contrôle de la situation. Ange Diawara entre en rébellion et crée le M22 Des dizaines de personnalités sont arrêtées à la suite de cette tentative de putsch. Parmi lesquelles, on peut citer : Lissouba, Noumazalaye, Ndalla, Combo Matsiona, Jean-Pierre Assoua, Alfred Raoul, Camille Bongou, Atondi-Momandjo. Les meneurs, Ange Diawara, Jean-Baptiste Ikoko et quelques-uns de leurs camarades, parviennent à s’échapper. Ils vont s’établir aux environs de Goma Tsé-tsé, à une cinquantaine de kilomètres de Brazzaville. Ils y créent un maquis à l’instar des maquis de Che Guevara en Amérique latine ou le maquis de Laurent-Désiré Kabila à Hewa-Bora à l’Est de la RDC. Leur mouvement prend le nom de M22 ; c’est-à-dire le mouvement du 22 février. Ces révolutionnaires congolais ont comme modèle le M26 (Mouvement du 26 juillet) du cubain Fidèle Castro. Crée en 1955, le M26, après des années de lutte contre le régime du dictateur Baptista, finira par prendre le pouvoir à Cuba en janvier 1959. 40 ans après la création du M22 d’Ange Diawara, le 6 mai 2012 en RDC, des officiers congolais des FARDC créent leur M23 (Mouvement du 23 mars) et entre en rébellion, avec le soutien du Rwanda, contre le gouvernement de Kinshasa. La défaite du M22 Après une année semée d’escarmouches entre les combattants du M22 et l’armée nationale, cette dernière entreprend, au mois de février 1973, des opérations militaires d’envergure dans la région de Goma Tsé-Tsé en vue de démanteler le maquis d’Ange Diawara. Les hommes de Ngouabi vont réussir à écraser les rebelles au moins d’avril 1973. Et l’histoire du M22 s’arrête brutalement lorsque le président Marien Ngouabi exhibe le 24 avril 1973 les corps d’Ange Diawara et de Jean-Baptiste Ikoko au stade et dans les rues de Brazzaville. Néanmoins, cette exposition macabre va choquer la sensibilité bantoue de nombreux congolais qui vouent un respect presque religieux aux morts. La mort d’Ange Diawara Il existe une autre version sur la mort d’Ange Diawara et Jean-Baptiste Ikoko. Ils auraient réussi à échapper aux forces loyalistes et à traverser le fleuve Congo pour se réfugier au Zaïre. Arrêtés par les militaires de Mobutu, ils ont été livrés (vivants ou déjà morts ?) au commandant Marien Ngouabi. Une façon pour le président Mobutu de renvoyer l’ascenseur à son homologue du Congo qui avait facilité l’extradition de Brazzaville de Pierre Mulele en 1968. Mais ce 24 avril 1973, journée de son triomphe sur le M22, le président Marien Ngouabi ne pouvait s’imaginer que lui-même serait abattu par balles le 18 mars 1977; comme l’a été Ange Diawara 4 ans plus tôt ! A suivre ! Par Thomas LUHAKA LOSENDJOLA Avocat au barreau de Kinshasa-Gombe Chercheur indépendant
Congo/Nouveau gouvernement : le Ministre Jean Olessongo Ondaye impose sa cadence à l’Intérieur

GOUVERNEMENT. C’est un soldat qui prend les commandes. Fraîchement nommé à la tête du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, l’Officier Général, Jean Olessongo Ondaye n’entend pas changer de logiciel. Entre rigueur militaire et loyauté absolue, il dessine les contours d’une mission placée sous le signe de l’ordre et de la « marche accélérée ». La confiance du Chef comme boussole Pour le nouveau ministre, cette nomination n’est pas un simple décret administratif, mais l’aboutissement d’un long processus d’observation de la part du Président de la République. « Le Président observe, suit et décide », confie-t-il, rappelant son parcours d’aide de camp devenu Officier Général, puis commandant de zone militaire. Pour lui, ce portefeuille est une marque de reconnaissance qu’il compte honorer par un engagement sans faille. Le concept des « deux béquilles » Loin des discours feutrés, le ministre Jean Olessongo Ondaye définit son département comme une structure reposant sur deux piliers stratégiques, ou ce qu’il appelle ses « deux béquilles » : sécurité intérieure et décentralisation. S’agissant de la sécurité intérieure, le nouveau ministre la place sous le signe de la discipline. Son crédo est limpide : la paix doit être le quotidien des citoyens, tandis que l’insécurité doit changer de camp. « Que la sécurité soit du côté du peuple, et l’insécurité affectée aux hors-la-loi », martèle-t-il. Pour y parvenir, il n’exclut pas la fermeté, utilisant une métaphore révélatrice : pour redresser un bâton tordu, il faut parfois le tordre dans le sens contraire, même si cela fait mal. Quant à la décentralisation qui est le lien civil, le ministre Ollessongo Ondaye voit ici un pont entre la sécurité et les collectivités locales. S’appuyant sur son expérience réussie à Pointe-Noire en matière de salubrité et d’ordre public, il compte généraliser cette dynamique à l’ensemble des départements du pays.« Celui qui ne suit pas le rythme tombe » L’heure n’est pas aux promesses, mais à l’action. En attendant sa feuille de route officielle, le ministre prévient déjà ses futurs collaborateurs : le rythme sera soutenu. Fidèle à son sacerdoce de soldat « être debout jusqu’au bout de l’effort », il exige un dynamisme total.« Je vais mettre ma dose de fermeté et de dynamisme pour donner la cadence. Celui qui ne suit pas le rythme à l’armée, il tombe, mais la marche va continuer. » Le message est clair, chaque collaborateur est un maillon d’une chaîne qui doit répondre à l’engagement du Président de la République devant le peuple. Pas de place pour les « langages contournés » ; le Général est en mission, et il compte bien mener ses troupes vers des résultats concrets et visibles pour la nation. Wilfrid Lawilla D.
Congo. Une recomposition gouvernementale aux accents stratégiques sur l’empreinte de Jean Jacques Bouya

PARLONS-EN. L’annonce du nouveau gouvernement conduit par Anatole Collinet Makosso constitue un signal politique majeur dans la reconfiguration des équilibres internes du pouvoir en République du Congo. Au-delà de sa composition formelle, cette équipe gouvernementale révèle des dynamiques d’influence et des rapports de force qui dépassent le cadre institutionnel. L’analyse de cette nouvelle architecture gouvernementale suggère l’émergence d’un centre décisionnel structuré autour de Jean-Jacques Bouya, vice-Premier ministre et acteur clé du dispositif étatique. La distribution des portefeuilles, loin d’être neutre, semble refléter une stratégie de consolidation d’un réseau d’alliances politiques et administratives lui étant favorable. Dans cette configuration, le Vice Premier ministre apparaît davantage comme un pivot institutionnel que comme un véritable centre d’impulsion politique, laissant entrevoir une dissociation entre pouvoir formel et pouvoir réel. Une stratégie d’occupation des leviers régaliens L’un des éléments les plus significatifs réside dans le contrôle, direct ou indirect, des ministères dits régaliens (Intérieur, Finances, Affaires étrangères, Énergie). Cette mainmise stratégique permet de sécuriser les instruments essentiels de gouvernance, de régulation économique et de projection diplomatique. Une telle configuration traduit une logique classique de verrouillage institutionnel dans les systèmes politiques caractérisés par une forte personnalisation du pouvoir. La bataille de succession : un enjeu central. En toile de fond, cette recomposition s’inscrit dans la perspective de la succession du président Denis Sassou Nguesso. Dans cette compétition implicite, Jean-Jacques Bouya semble prendre une longueur d’avance en structurant un appareil politique loyaliste et opérationnel. Face à lui, Denis Christel Sassou Nguesso incarne une autre hypothèse qsuccessorale, reposant notamment sur un éventuel réaménagement constitutionnel qui pourrait redéfinir les équilibres institutionnels en sa faveur. Des réseaux d’influence étendus, y compris au sein de l’opposition Un autre aspect notable réside dans la capacité d’influence transversale attribuée à Jean-Jacques Bouya, qui dépasserait les frontières de la majorité présidentielle. Certains acteurs politiques, y compris dans l’opposition, seraient perçus comme entretenant des relations de proximité ou de dépendance stratégique avec son réseau. Cette porosité des clivages politiques témoigne d’un système où les logiques d’allégeance et de positionnement priment parfois sur les oppositions idéologiques formelles. Un jeu d’acteurs encore ouvert Si certains prétendants à la succession semblent s’être effacés, à l’instar de Jean-Dominique Okemba, d’autres acteurs majeurs demeurent en observation stratégique, prêts à intervenir en fonction de l’évolution du rapport de force. Dans ce contexte, des figures comme Pierre Oba pourraient jouer un rôle d’équilibre ou de régulation au sein de l’appareil sécuritaire et politique. Conclusion : une dynamique de transition sous tension Au total, la formation de ce gouvernement apparaît comme une étape dans un processus plus large de transition politique anticipée. Elle traduit une volonté de structuration du pouvoir en vue de l’après-Denis Sassou Nguesso, dans un contexte où les scénarios de succession semblent déjà en gestation. Toutefois, la fluidité des alliances, la multiplicité des acteurs et les incertitudes institutionnelles laissent ouverte l’issue de cette compétition stratégique. L’évolution de cette séquence politique dépendra autant des équilibres internes que des variables exogènes, régionales et internationales. George Orwell : « Le pouvoir n’est pas un moyen, il est une fin. » Fait à Tours, le 27 Avril 2026. Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
Congo – gouvernement : une architecture contre la constitution ( lecture en 4 minutes)

HAUT ET FORT. À la suite de notre publication du 26 avril 2026, plus d’une personne nous a traités de tous les noms d’oiseaux, pourtant, les faits sont patents : il existe une manière subtile de vider une institution de sa substance sans jamais l’abolir en la diluant jusqu’à l’insignifiance. Le décret n° 2026-176 du 24 avril 2026, portant nomination des membres du gouvernement congolais, illustre parfaitement cette mécanique. Derrière une apparente conformité à la Constitution de 2015, il en altère profondément l’équilibre… Un socle constitutionnel fragilisé Les articles 99, 100 et 102 de la Constitution définissent un schéma clair : le Premier ministre détermine la politique économique et sociale en concertation avec le Président, en assume la responsabilité devant l’Assemblée nationale(article 100) et coordonne l’action gouvernementale via les comités interministériels (article 102). Cet édifice suppose une architecture gouvernementale cohérente. Or, le décret du 24 avril en compromet les fondements : l’apparition d’un Vice-Premier ministre, fonction absente de l’article 98 qui limite la composition du gouvernement au Premier ministre et aux ministres est la première anomalie. La nomination de Jean-Jacques Bouya à ce poste introduit une autorité parallèle, chargée de la coordination des infrastructures et de l’aménagement du territoire. Des prérogatives qui recoupent directement celles du chef du gouvernement selon l’article 102 cité précédemment.Ce chevauchement crée une ambiguïté institutionnelle majeure : deux centres de coordination sans hiérarchie clairement établie. Une telle configuration fragilise mécaniquement l’autorité du Premier ministre et brouille la chaîne décisionnelle. Une politique économique éclatée La dispersion des leviers économiques entre plusieurs ministères autonomes. Finances( Yoka) tient les ressources, Économie et Plan (Ngatsé) tient la planification, Industrie (Djombo) tient l’investissement productif, Coopération et Partenariats public-privé(Christel Sassou) tient les flux extérieurs, Emploi Malanda-Samba) gère les effets sur le marché du travail qui doit rentrer en conflit avec les PME ( Cécile Kimbatsa) pour le contrôle du Figa. Autant de pôles stratégiques éclatés entre différents titulaires disposant chacun de circuits d’influence propres.Dans ce schéma, le Premier ministre se trouve constitutionnellement responsable d’une politique dont il ne maîtrise ni les instruments ni les arbitrages. La responsabilité prévue par l’article 100 perd alors sa portée réelle, devenant largement théorique. Des chevauchements de compétences paralysants Troisième faille : La multiplication des zones de recouvrement entre portefeuilles. La Construction relève simultanément de JJB et, des ministres N’silou ainsi que, Moundélé. Les ministres délégués Bahamboula, Kaba Mboko reproduisent littéralement les intitulés de leur ministre de tutelle. Enfin, le social ou l’humanitaire divisera Ebouka Babackas et Pongault. Bref, vous conviendrez avec moi, que, les ressources naturelles, développement des entreprises de plusieurs secteurs sont fragmentés entre ministères aux compétences mal délimitées.Ces doublons ne sont pas neutres. Ils génèrent des conflits d’attribution, ralentissent la prise de décision et favorisent le déplacement des arbitrages vers un centre informel de pouvoir. En pratique, ce type de configuration renforce la centralité de la Présidence au détriment de la Primature. La pléthore ministérielle comme stratégie politique La taille du gouvernement Quarante et un ministres constitue en elle-même un facteur de désorganisation. Une telle configuration rend la coordination effective extrêmement difficile, sinon impossible. Loin d’être un simple excès, cette inflation ministérielle répond à une logique politique : multiplier les portefeuilles pour intégrer des équilibres régionaux et consolider des alliances. Mais ce choix au coût institutionnel transforme le gouvernement en structure difficilement pilotable, où la coordination réelle tend à se déplacer hors de la Primature.À titre comparatif, des pays africains démographiquement plus importants, comme la Côte d’Ivoire (27 millions d’habitants gouvernés par 28-32 ministres) et ou le Sénégal (17 millions avec 35 ministres) fonctionnent avec des équipes gouvernementales plus resserrées, sans que cela nuise à leur capacité d’action. Au final, le Premier ministre conserve son titre, mais voit ses prérogatives progressivement neutralisées. Entre concurrence interne, dispersion des pouvoirs et surcharge structurelle, sa capacité à diriger l’action gouvernementale apparaît fortement limitée. Le décret du 24 avril 2026 ne supprime pas la fonction : il en redéfinit silencieusement la portée. La Primature subsiste en droit, mais s’efface en pratique au profit d’un centre de décision plus concentré.Dernier point révélateur d’une élaboration précipitée, c’est les erreurs d’identification dans les nominations, comme la confusion entre Frédéric Nze et Serges Nze, viennent renforcer l’impression d’un texte improvisé, appelant révision. Ce gouvernement, marqué par les égots et les conflits de compétences entre les ministres qui le composent, peut-il être efficace ? Ghys Fortune BEMBA DOMBE
Congo – gouvernement : blocage ou choix de l’immobilisme devenu une doctrine ? ( lecture en 5 minutes )

PARLONS-EN. La reconduction d’Anatole Collinet Makosso (ACM) au poste de Premier ministre, acté par décret n°2026-174 du 22 avril 2026, suivie du maintien d’environ 95% des membres de son équipe gouvernementale deux jours plus tard ( décret n° 2026-176 du 24 avril ) n’est pas une surprise. C’est un signal d’un pouvoir qui, face à l’usure, choisit non pas de se réinventer, mais de se replier. Nous l’avons dit, le président Denis Sassou Nguesso n’a plus des coudées-franches pour rompre avec les combines, et nommer utilement des personnalités qui tiendraient tête aux caciques du PCT. Il reste otage des contingences claniques, des allégeances amicales et des pressions politiques qui n’offrent aucune perspective heureuse pour le bien être des congolais. Bis repetita ! Le Congo continuera avec les mêmes Hommes, les mêmes méthodes, et assurément les mêmes résultats. Car, il ne faut pas se tromper sur le gouvernement à quadruple tête : ACM, Jean Jacques Bouya (JJB), Françoise Joly et Julienne Nguesso (Joujou). JJB, patron de l’axe Bokouelé – Tchikapika a sous lui, Christian Yoka, Prince Bahamboula, Eboucka Babackas, Lydia Mikolo, Paul Valentin Ngobo, Pierre Mabiala, Rigobert Maboundou, Ludovic Ngatsé, il est le véritable Premier ministre qui doit ramener l’argent qu’il a placé çà et là. Il lorgne le fauteuil présidentiel même s’il n’a pu propulser Serges Oboa à l’interieur et Gilbert Ondongo dircab. Les Hydrocarbures bien que gérés par Stev Onanga, sont une chasse gardée familiale via Joujou, liée à l’axe Gamboma-Ollombo-Oyo. Le maintien de Rosalie Matondo, Hugues Ngouélondélé, Ngouonimba Rodrigues et l’arrivée de Christ Kaba Mboko sont du ressort dudit axe. De même, Pierre Oba et Bruno Jean Richard Itoua après toutes les bourdes ont été maintenus par Joujou et Junior Omar Denis Bongo. Ce dernier vient d’entrer en scène, surtout par l’économie numérique. L’eldorado qu’ils vont gérer à partir du think tank « Initiative pour la Prospérité en Afrique Centrale (IPAC) ». Il rassemble une équipe d’économistes de renommée internationale, dont Hervé Assah Matsika, Ha-Joon Chang, (Pr. Cambridge, SOAS) Spécialiste des questions de politiques industrielles, ayant travaillé avec l’Union Africaine, les États Brésilien, Ethiopien et Sud-Africain ainsi qu’avec Efosa Ojomo (Harvard), spécialiste des questions d’innovation, Directeur du Groupe de Recherche sur la Prospérité Mondiale à l’Institut Clayton Christensen. La sécurité est confiée au Général Ollessongo pour discipliner et repréciser le rôle de chaque entité ( gendarmerie, DGSP-GR, CID, la police et la DGAF ou Innocent Pea confond tout dans l’obsession d’accéder au grade de général.Florent Ntsiba pistonne Malanda Rodrigues pour continuer le pillage après le Figa ou il ne voit plus » clair « . N’Silou est sauvé par son deal avec les partis, l’hospitalité accordé autrefois à Ma Antou mais surtout pour le charnier de…Le général Mondjo tout comme Émile Ouosso, a été écarté en raison de leur relation amicale avec JDO. Ils ont également été ciblés à cause des querelles discrètes avec Joujou : Ouosso concernant l’électricité et Mondjo pour son soutien à Denis Gokana, qui se retrouve en désaccord avec Joujou sur divers sujets tels que, HEMLA, AOGC, Pétro Congo Puits de pétrole , PétroCongo et autres. ACM n’est pas revenu à la primature en raison des résultats de son précédent quinquennat, dont les réussites sont difficiles à cerner dans un pays où l’électricité ( pourtant essentielle au développement) fait défaut, et où les décès se comptent quotidiennement, conséquences des choix priviligeant des dépenses de prestiges au détriment d’équipements des hôpitaux de plateaux techniques complet et de payer à juste titre le personnel médical. Son retour, accompagné de son équipe, s’inscrit plutôt dans une logique d’ornementation au sein de l’architecture du pouvoir. ACM apparaît comme un « rideau ya ndako » destiné à absorber l’usure et neutraliser les ambitions concurrentes. Dans un système où la compétence peut devenir une menace, les intrigues et la loyauté restent les seules valeurs sûres. Tous ces choix interviennent au plus mauvais moment. Les données budgétaires de 2026 sont sans appel, témoins : la loi des finances 2026 affiche un déficit hors pétrole, pression de la dette, marges de manœuvre quasi inexistantes avec des recettes de l’ordre de, 2501, 391 milliards de fcfa, et des dépenses de de 2267,167 milliards, mais aussi un solde primaire hors pétrole négatif de 461,662 milliards fcfa et des charges de trésorerie-financement de 1479,732 milliards de fcfa, dont 800 milliards liés à la dette des OTA/BTA. Dans ce contexte, le Congo a besoin d’un gouvernement résolument tourné vers le redressement économique : gestion de la trésorerie, amélioration de la productivité fiscale, réforme de la gouvernance des entreprises publiques, discipline contractuelle et renégociation financière. Le Congo se retrouve avec un gouvernement d’équilibre politique où Yoka Christian reste aux finances et budget, Djombo, Nzé, Onanga et Mikolo par consensus de 3/4 des premiers ministres et M. Sassou. Décalage lourd de conséquences Il faut le dire clairement qu’ACM n’est pas la cause mais le symptôme. Encore faut-il qu’il ait suffisamment appris de ses turpitudes et de ses défaillances. L’histoire politique montre que les systèmes qui refusent de se réformer finissent presque toujours par être rattrapés ( souvent brutalement) par la réalité. A-t-il pris de l’étoffe pour ne plus tomber dans la mesquinerie ? Ses premières déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux sont très bas pour un premier ministre se réclamant « chrétien ». Au lieu de rendre grâce à Dieu où d’exprimer sa reconnaissance envers son bienfaiteur Sassou, il a préféré narguer la population en parlant de « Mokolo Tonga » comme s’il était né avec la fonction de premier ministre. Quant à la digitalisation qu’il met en avant, elle semble lui avoir échappée d’autant qu’il a mis en quarantaine la candidature de Luc Missidimbazi à l’UAT. Pire, aucune initiative numérique, ni société des télécoms n’ont été soutenues durant le quinquennat écoulé ( les acteurs du secteur peuvent le temoigner. Les couacs du premier ministre risques de se multiplier s’il continue avec les mêmes conseillers. Que devient Sassou ? À 82 ans, on est plus en totale capacité mentale, la nature imposant des limites. À ce niveau
Congo : entre parenté clanique, amitiés sordides et partenariat politique véreux, le cœur de M. Sassou balance ( lecture en 4 min )

PARLONS-EN. L’os des compromissions qui lui ont permis d’être réélu est décidément difficile à avaler. Le » nouveau » président peine à nommer son Premier ministre. Les jours s’égrènent, une semaine déjà, depuis son investiture, et les congolais continuent de scruter en vain le ciel du plateau pour voir apparaître la » fumée blanche » annonciatrice du nouveau locataire du palais de la primature. Décidément, sa réélection cache bien de choses que l’homme du 16 avril ne parvient pas à démêler. Si M. Sassou a été réellement plébiscité, pourquoi passe t-il tant de temps pour choisir l’homme idéal?. À peine investi, voilà que la pédale d’accélérateur est grippée. Le président a perdu pied. Cela indique clairement que sa victoire n’est pas le fait d’un vote populaire, mais elle participe plutôt des manœuvres de tricherie orchestrées par le clan et autres compères. Finalement, M. Sassou n’a pas de coudées franches pour rompre avec les combines, et nommer une personnalité qui tiendrait tête aux caciques du Pct. Il reste prisonnier des contingences claniques et des pressions politiques qui n’offrent aucune perspective heureuse pour le bien- être des Congolais. Selon les textes en vigueur, inspirés du modèle français, dès la prestation de serment du président de la République, le gouvernement démissionne suivie de la nomination du directeur de cabinet ( qui vient d’être reconduit par décret n°2026-172), puis du premier ministre qui forme son gouvernement. Tout cela doit être fait en un temps record. Par ailleurs, il est important de signaler, que, le premier ministre et ses ministres sont responsables devant le Parlement et le peuple (article 119 de la constitution de 2015). Toutes les malversations, les défaillances observées (inflation, pénuries, dysfonctionnements sanitaires et autres) au cours du quinquennat passé, mettent directement en cause le Premier ministre ainsi que plusieurs membres du gouvernement, en particulier ceux en charge de la Santé, des Affaires sociales, de l’Intérieur et du Commerce qui peuvent être poursuivis par la haute Cour de justice et différents tribunaux (article 120 de la même constitution) pour des infractions telles que : la corruption, le détournement des fonds, ou encore l’homicide involontaire. Rosaire Ibara par exemple, qui a à son actif des vrais faux diplômes qu’il a fabriqués à l’université Marien Ngouabi et dont les détenteurs y sont intégrés, des recrutements de nombreuses filles et femmes, continue de garder par devers lui les clés des serveurs de peur qu’on y découvre plusieurs faux diplômes ( Licence, Dut, Masters pour les facultés en particulier ). Au-delà du niveau politique, plusieurs hauts responsables administratifs à l’instar de l’inspecteur général de la santé, du directeur de la police administrative sont également pointés du doigt pour ne pas avoir fermé 568 cabinets médicaux et laboratoires d’analyses biomédicaux dépourvus d’expertise ainsi que des établissements secondaires et supérieur. Bref, le manque des plateaux techniques complets, la prolifération de structures médicales non conformes, le laisser aller de la clinique d’Omar Junior Bongo qui applique les tarifs très exorbitants, et qui profitera plus de la Camu,et le retour controversé de certains agents sanctionnés, illustrent de graves dérives institutionnelles. La question de la reddition des comptes devient centrale. Entre exigences juridiques et pression de l’opinion publique, les autorités sont désormais attendues sur des mesures concrètes pour restaurer la confiance et garantir une gouvernance plus rigoureuse. Le premier ministre du nouveau quinquennat qui sera nommé doit avoir des coudées forts sinon, Françoise Joly-la vipère qui vient de remettre le Congo sur la scène diplomatique et le peuple vont l’enterrer. Ghys Fortune BEMBA DOMBE
Page d’histoire : il était une fois les deux Congo (la RDC et la RPC) – » L’affaire de la LICOPA «

Deux pays avec la même dénomination RETRO. En 1960, deux pays d’Afrique centrale accèdent à leur indépendance avec 45 jours d’écarts. Mais avec la même dénomination officielle. Le premier c’est la République du Congo, dont la capitale est Léopoldville. Celle-ci se trouve sur la rive gauche du Pool Malebo (le Pool Malebo est un semi-lac formé par le fleuve Congo avant les chutes de Kinsuka). Cette République du Congo accède à son indépendance le 30 juin 1960. Et le second pays, la République du Congo, dont la capitale est Brazzaville. Brazzaville se trouve sur la rive droite du Pool Malebo, juste en face de Léopoldville. Cette dernière République du Congo devient indépendante le 15 août 1960. Pour éviter la confusion due à cette homonymie, aux Nations-Unies apparait l’habitude d’accoler le nom de la capitale au nom du pays pour spécifier de quel pays on parle. C’est ainsi qu’apparaissent les appellations de la République du Congo-Léopoldville et de la République du Congo-Brazzaville. Les deux pays changent de dénomination: la RDC et la RPC En 1964, le Congo-Léopoldville adopte une nouvelle Constitution par référendum et à cette occasion choisit une nouvelle appellation officielle pour se distinguer de son voisin. C’est ainsi qu’à partir du 1er août 1964, la République du Congo-Léopoldville devient la République Démocratique du Congo (RDC en sigle). Cinq ans plus tard, soit le 31 décembre 1969, le Congo-Brazzaville change à son tour d’appellation et devient officiellement la République Populaire du Congo (RPC en sigle) Donc au moment où se déroule notre histoire du jour, l’affaire de la LICOPA, en 1971, nous avons la RDC, dirigée par le général Joseph Désiré Mobutu et la RPC, dirigé par le commandant Marien Ngouabi. Il faut noter que ces deux militaires sont arrivés au pouvoir respectivement à la suite d’un coup de force militaire. Les étudiants de l’Université de Lovanium manifestent; les étudiants de Brazzaville les soutiennent. Le 4 juin 1971, les étudiants de l’Université Lovanium de Kinshasa manifestent leur mécontentement à l’égard du régime du général Joseph Désiré Mobutu. Celui–ci réagit brutalement en fermant l’Université et en enrôlant de force 2200 étudiants dans l’armée. Par solidarité avec leurs camarades de l’Université de Kinshasa, les étudiants de la RPC manifestent à Brazzaville pour dénoncer les mauvais traitements des étudiants par le général Joseph-Désiré Mobutu. Pour ce dernier les manifestations des étudiants de Brazzaville sont l’œuvre des autorités politiques du Congo-Brazzaville. Le président Marien Ngouabi envoie à Kinshasa une délégation du ministère des Affaires étrangères pour venir expliquer aux autorités de la RDC que les autorités politiques de la RPC ne sont ni de près ni de loin impliquées dans ces manifestations spontanées d’étudiants du Congo-Brazzaville. Pour preuve, les leaders de ces manifestations ont été sanctionnés. Le général Mobutu exige le rapatriement des étudiants fugitifs; le commandant Marien Ngouabi s’y oppose. Rassurées, les autorités de Kinshasa s’engagent à tourner la page de ces incidents. Mais quelques jours seulement après cette harmonisation, Kinshasa envoi le 14 juin 1971 une demande aux autorités de Brazzaville pour exiger le rapatriement à Kinshasa des 15 étudiants de Lovanium qui ont fui le pays et ont trouvé refuge à Brazzaville. Les autorités de la RPC vont opposer un refus catégorique à cette demande de Kinshasa. La raison évoquée est simple : la convention de l’OUA sur les réfugiés interdit à tout pays signataire de rapatrier dans leur pays d’origine des réfugiés politiques. Ce qui est le cas de ces 15 étudiants de Lovanium réfugiés à Brazzaville. Mais pour manifester sa bonne foi et dans le cadre du bon voisinage, Brazzaville va trouver d’autres pays d’accueil pour ces étudiants de Lovanium. C’est ainsi que, par exemple, l’un de ces étudiants en fuite à Brazzaville, Artur Zahidi Ngoma, va se retrouver en France où il fera des études de droit à l’Université de la Sorbonne. En 2003, il deviendra vice-président de la République en RDC. Le procès Licopa de Kinshasa De son côté, le général Mobutu décide d’organiser un procès public pour juger les meneurs des manifestations de Lovanium. Au cours du procès, trois noms reviennent régulièrement : La LICOPA, Ando-Ibara et Gaston Eyabo. La LICOPA est la » Ligue Congolaise pour la Paix et l’Amitié » entre les peuples. C’est une ONG qui semble avoir encouragé et soutenu les étudiants de l’Université de Lovanium dans leur projet de manifestation. Ando-Ibara est le président de cette structure. C’est un congolais de Brazzaville mais qui est installé à Kinshasa où il a un long carnet d’adresses. Il avait même des contacts à la présidence de la République. Mais son statut personnel était flou. Etait-ce un opposant au régime de Marien Ngouabi ? On pourrait le penser; parce qu’ on le voyait parfois passer à la télévision à Kinshasa pour critiquer le pouvoir de Brazzaville. En même temps, on le voyait aussi régulièrement fréquenter l’ambassade du Congo-Brazza à Kinshasa. Était-il un espion des services de Brazzaville ? Ou un agent de Kinshasa pour espionner ses compatriotes ? Un agent double ? Ou tout simplement un aventurier comme les deux Congo savent en produire ? En tout cas, juste avant le début du procès des étudiants de Lovanium, Ando-Ibara s’est enfui de Kinshasa ; il est allé se cacher dans son village natal situé à 400 Km au Nord de Brazzaville. Le troisième nom qui est apparu au cours de ce procès public est celui de Gaston Eyabo; qui n’est autre que le chargé d’affaires (diplomate) de la République Populaire du Congo à Kinshasa. Le général Mobutu prend des sanctions contre Brazzaville Pour le général Mobutu, les noms d’Ando-Ibara et de Gaston-Eyabo cités pendant le procès suffisent à le convaincre que les autorités du Congo-Brazzaville étaient impliquées dans le complot de Lovanium contre son pouvoir. C’est ainsi qu’il va prendre deux décisions importantes. L’expulsion de tous les diplomates du Congo-Brazzaville et la fermeture de l’ambassade de la RPC à Kinshasa. Le président du Congo-Brazzaville prend acte de la décision d’expulsion de ses diplomates de Kinshasa. En revanche, il s’oppose à la fermeture de
« Amplifier la lutte contre les comportements déviants des agents de l’Etat »: Exigence capitale des Congolais pour mieux asseoir le développement de leur pays.

PARLONS-EN. République du Congo. En banlieue Nord de Brazzaville, au Stade de la Concorde de Kintélé, le 16 avril 2026, le Président Denis Sassou Nguesso a prêté serment pour un nouveau mandat de 5 ans, consécutif à son élection au scrutin présidentiel des 12 et 15 mars 2026. Dans son discours d’investiture, le Président Denis Sassou a décliné plusieurs mesures devant servir à l »accomplissement de son programme d’action pour le mandat 2026-2031. De ces mesures, j’en épingle ici une. Cardinale. Elle consiste, d’après les mots du Président Denis Sassou Nguesso à « Amplifier la lutte contre les comportements déviants des agents de l’Etat ». Cette mesure n’est pas accessoire. Elle est la condition sine qua non pour la réalisation de toutes les autres énoncées par le Président Denis Sassou Nguesso. Un programme peut être brillant sur le papier, élaboré par des bureaux d’études spécialisés nationaux ou étrangers. Mais, sans une administration publique qui respecte à la lettre les règles et les principes de son fonctionnement, la gestion saine de l’argent public, les usagers, les méthodes et les horaires de travail en vigueur, ce programme n’atteindra pas les espoirs escomptés. Il échouera dans les bureaux. Dans le cas de la République du Congo, si la mesure dont il est question ne connaît pas une mise en œuvre sérieuse, forte et impartiale dès l’installation du Gouvernement rentrant, quoi que celui ci en fasse, il n’aura pas la marge de manœuvre nécessaire pour un bilan qu’il aurait voulu positif. Ces comportements déviants des agents de l’Etat ne sont pas la spécificité de la République du Congo. Bon nombre des pays du Tiers Monde en souffrent. Ils sont à définir pour les guérir. Sans les hiérarchiser, sont à leur compte, les réseaux de corruption, les dessous de table et autres détournements de fonds. Il est signalé que pour obtenir un acte, un règlement financier, un marché public, l’usager paie la motivation. Il en résulte que les projets coûtent plus chers, les services de base devenant inaccessibles. Ainsi, chaque franc public détourné est un manque pour les écoles, les hôpitaux et d’autres infrastructures sociales. L’absentéisme et les retards chroniques aux postes de travail sont là. Aux services travaillant selon le cycle de la journée continue, l’heure légale d’ouverture des portes, le matin, vacille entre 7h30 et 8 heures. Dans les faits, aux environs de 9-10 heures. La fermerture des bureaux à 15 heures, peu observée. Un dossier réalisable, sur trois jours, peut en prendre une à deux semaines. Le citoyen concerné par l’affaire multiple les allers retours, debourse des frais de transport, sacrifiant ses propres activités, surtout s’il exerce en profession libérale. En fin de compte, l’administration publique devient une machine à produire du découragement. Un guichet vide qui paralyse toute une chaîne. Lorsque, dans les services, l’appartenance prime sur la compétence, des incompétents sont placés aux postes clés, avec le double effet que cela comporte. L’image du service se dégrade avec la baisse de la productivité et les agents méritants se démobilisent. Et l’on s’interroge sur la nécessité de bien travailler si l’avancement se joue ailleurs. Ceci étant, l’Etat se prive de ses cerveaux à même de contribuer au développement du pays. Des situations de falsification des textes officiels sont répertoriés. Avec le sceau de l’Etat, on fabrique de l’illégalité légale. On attribue des marchés, des droits indus. La signature de l’autorité perd toute valeur. Même les textes authentiques deviennent suspects. C’est une attaque directe contre la souveraineté. Dans les services des pièces d’état civil des Mairies et des Départements, plane un air de trafic. Celui-ci touche des cas d’extraits et actes de naissance livrés moyenant dessous de table. Aussi des mariages fictifs, des rajeunissements pour un concours, un recrutement, une prolongation de l’activité. Même le vieillissement pour une retraite. On crée des identités, on en efface d’autres, avec la conséquence que le fichier électoral est faussé, la fraude aux pensions, les infiltrations dans les fichiers du bureau de la solde. En matière de marchés publics, les devis sont grossis pour prétendre à des commissions.Un système de surfacturation organisée, parfois avant le lancement du projet. L’enrichissement, sans cause, de certains agents des régies financières et du Trésor public est étonnant. Des agents qui manipulent l’argent public affichent un patrimoine hors de l’ordinaire. Villas, parc autos, sociétés écrans s’empilent alors que les revenus officiels sont connus. Ce signal visible détruit la confiance. Il installe l’idée que la richesse rapide passe par la prédation des flux publics, incarnés par les impôts, les douanes, les transferts, les dépôts et les décaissements. La violation du principe d’équité de mise à la retraite existe, avec une tendance non convainquante des dérogations pour préserver des réseaux d’autant plus que le pays, source intarissable de ressources humaines, ne pourrait manquer de citoyens pour combler les vides dues au départ à la retraite. La loi fixe un âge. Mais l’application est à géométrie variable. Des agents fictifs perçoivent des salaires. Certains même, après leur mort. Une situation à l’origine d’une triple injustice. Injustice pour les jeunes diplômés qui ne trouvent pas de poste parce que les anciens ne partent pas. Injustice pour l’agent honnête brutalement mis dehors. Injustice pour le Trésor qui paie des morts. C’est la prime à la combine et la punition du mérite. Ce qui mine le pacte social de la Fonction publique. Amplifier la lutte contre les comportements déviants des agents de l’Etat ne peut plus vouloir dire faire comme avant. Les comportements dénoncés forment un système. La surfacturation crée l’argent sale. L’affaiblissement du contrôle permet de le cacher. L’enrichissement visible prouve qu’il circule. La falsification et le trafic d’état civil fournissent les faux papiers pour le blanchir. L’absentéisme et les nominations subjectives garantissent que personne ne posera de questions. L’iniquité dans la retraite montre que la règle ne s’applique pas à tous. Ainsi, amplifier la lutte contre les comportements déviants des agents de l’Etat, repose sur trois objectifs appelés à rendre le contrôle inévitable, la sanction certaine et l’impunité impossible. Aussi faudrait-il activer, avec tout le volontarisme possible