Élection présidentielle au Cameroun : Quand l’objection de conscience rencontre la dissonance cognitive

Élection présidentielle au Cameroun : Quand l’objection de conscience rencontre la dissonance cognitive

TRIBUNE. Des millions de Camerounais vivent dans cet inconfort à la veille du scrutin controversé du 12 octobre prochain. Partagés entre le boycott, par respect pour les valeurs de justice, d’équité et d’égalité, et l’obligation d’y aller pour espérer un miracle du changement par les urnes. Cette lutte interne que beaucoup d’entre nous traversent révèle au moins deux choses : • La profonde déception, cette blessure intime toujours ouverte après l’éviction du professeur Maurice Kamto dans ce qui demeure, pour beaucoup, une conspiration flagrante. • L’intensité et l’enracinement de notre engagement pour le changement dans notre pays. Nous sommes face au choix entre l’égoïsme et l’objectivité. Refuser de voter pourrait, sans doute, satisfaire notre ego et notre principe. Pourtant, cette décision ne changera rien à la situation du Cameroun ; au contraire, elle servira d’alibi pour justifier l’hypothétique victoire d’un régime depuis longtemps habitué à la fraude et à la mascarade. Par contre, choisir d’aller aux urnes renforce le sens de notre lutte. L’enjeu est trop énorme pour nous offrir le luxe, à ce stade, d’être de simples spectateurs. Nous devons y aller, pour accomplir jusqu’au bout notre engagement en faveur du changement. Les questions majeures sont désormais de savoir : comment y aller ? Par quelle stratégie ? Sans doute à travers le jeu des alliances. Mais avec qui, et comment ? Autant d’interrogations encore en suspens, mais qui constituent désormais, à mes yeux, l’axe primordial de notre réflexion. Par Teddy Patou Journaliste et animateur radio

Cameroun : le théâtre des bouffons politiques

Cameroun : le théâtre des bouffons politiques

HAUT-ET-FORT. Le syndrome de Stockholm. Pour l’expliquer, inutile d’ouvrir un manuel de psychologie. Racontez seulement l’histoire de Célestin Djamen : tout y est. En 2018, il brandissait fièrement son titre de responsable des droits de l’homme au MRC, principal parti d’opposition. Aux lendemains d’une élection volée, son parti criait au hold-up électoral. Les Camerounais descendaient dans la rue, pacifiquement, pour réclamer la vérité des urnes. Le régime, fidèle à sa tradition répressive, sortit les armes. Premier rassemblement, première balle. Djamen s’écroule, le pied transpercé, traîné devant un tribunal militaire, jeté en prison. Un martyr, croyait-on. Mais à sa sortie, tout s’effondre. Le MRC boycotte les législatives de 2020 : adieu les rêves de strapontins. Djamen se voyait député, maire, notable. Le réveil fut brutal. La frustration se transforma en rancune, la rancune en trahison. Il claque la porte, fonde son propre parti, réduit à une cellule familiale : lui et son cousin. Puis, miracle ! L’ancien pourfendeur du régime découvre soudainement les charmes de Paul Biya. Son discours change : du fouet au baiser, du poing levé à la génuflexion. Hier, il accusait. Aujourd’hui, il rampe. Hier, il criait « hold-up électoral ! ». Aujourd’hui, il jure fidélité au bourreau qui a failli l’amputer. Et voilà Djamen, fraîchement enrôlé dans le fameux G20, ce club de micro-partis ventriloques, conglomérat d’aplaventristes, satellites de la mangeoire. Le plus grotesque ? Dans une interview, il ose déclarer que Paul Biya, 93 ans, fantôme épuisé par l’âge, serait le candidat idéal pour conduire le Cameroun. Le ridicule en costume trois-pièces. Mais Djamen n’est pas seul dans ce cirque. Dans toutes les dictatures, la récompense n’est pas le mérite, mais la servilité. Jean de Dieu Momo en est l’illustration : ex-opposant enflammé, devenu griot officiel. Et que dire du ministre de l’Enseignement supérieur, qui s’est présenté comme « la créature de Paul Biya » ? Une bassesse innommable pour un homme qui prétend encore penser. Ces hommes ravaleront leurs vomissures pour un strapontin. Ils sacrifieront leur honneur sur l’autel d’une nomination. Leur dignité vaut moins qu’une chaise bancale dans un gouvernement fantôme. Voilà le drame du Cameroun : une élite qui trahit pour manger, une classe politique qui vend ses convictions au rabais. Or la politique devrait être le domaine des valeurs, pas celui du ventre. Nous devons réapprendre, coûte que coûte, que la dignité et l’honneur surpassent mille fois tous les biens matériels. Sans cela, nous resterons un peuple enchaîné aux caprices d’un vieillard et aux trahisons de ses bouffons. Par Teddy Patou Journaliste et animateur radio

Le PAM alerte sur une baisse drastique de l’assistance alimentaire au Cameroun, faute de financement

Le PAM alerte sur une baisse drastique de l’assistance alimentaire au Cameroun, faute de financement

Un demi-million de réfugiés et de personnes vulnérables au Cameroun risquent de se retrouver sans assistance alimentaire et nutritionnelle dans les semaines à venir alors que les ressources atteignent des niveaux critiques, a averti (mardi 19, Dnr) le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM). Sans un nouveau financement urgent, le PAM sera contraint, à la fin du mois d’août, de suspendre l’aide alimentaire vitale, destinée à 240 000 personnes ayant fui les conflits au Cameroun. Par ailleurs, plus de 200 000 enfants, femmes enceintes et mères allaitantes perdront un soutien nutritionnel essentiel, alors que les repas scolaires destinés à 60 000 enfants seront suspendus, ce qui mettra en péril leur santé, leur éducation et leur avenir. « Nous avons atteint un point critique », a déclaré Gianluca Ferrera, Directeur pays du PAM au Cameroun. « Sans financement immédiat, des enfants souffriront de la faim, des familles seront touchées et des vies seront perdues. » L’assistance alimentaire apportée aux réfugiés présents sur le territoire camerounais a déjà été réduite en raison de l’épuisement des ressources. En juillet, le PAM a été contraint d’interrompre son assistance à 26 000 réfugiés nigérians du camp de Minawao, dans le nord du Cameroun. Les réfugiés centrafricains du camp de Gado, dans l’est du pays, ne reçoivent désormais que la moitié de leurs besoins alimentaires quotidiens. Les familles sont alors contraintes d’adopter des stratégies de survie négatives, comme sauter des repas ou vendre leurs maigres possessions pour pouvoir se nourrir. En 2025, le PAM a fourni une assistance alimentaire vitale à 523 000 personnes, dont des familles de déplacés internes, des réfugiés nigérians et centrafricains, ainsi que des personnes vulnérables au sein des communautés d’accueil. Près de 300 000 femmes et enfants ont également reçu un soutien nutritionnel et des repas scolaires. Ce soutien a permis de stabiliser les communautés, d’améliorer les résultats scolaires et éducatifs des enfants et d’éviter l’aggravation de la faim dans certaines des régions les plus fragiles du Cameroun. Sans financement immédiat, ces progrès seront réduits à néant.  « Ces coupes budgétaires aggraveront la sécurité alimentaire à court terme et auront également des répercussions à long terme pour le pays », a averti Ferrera. « La suppression des repas scolaires risque de réduire à néant les progrès durement acquis dans le domaine de l’éducation, notamment en matière de fréquentation et de rétention scolaires. Il s’agit d’un moment crucial pour protéger les plus vulnérables, préserver les progrès accomplis et éviter une crise plus grave. » Environ 2,6 millions de personnes devraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë entre juin et août 2025, soit une augmentation de 6 % par rapport à la même période de l’année 2024, d’après les estimations du Cadre Harmonisé d’analyse de la sécurité alimentaire réalisées en mars 2025. Les régions de l’Extrême-Nord et du Nord-Ouest représentent la plus grande partie de la population en situation d’insécurité alimentaire. Un financement supplémentaire de 65,5 millions de dollars est indispensable pour continuer à fournir une aide vitale durant les six prochains mois, soit d’août 2025 à janvier 2026. PAM

L’élite politique jeune en Afrique : le cas du Cameroun et du Sénégal

L’élite politique jeune en Afrique : le cas du Cameroun et du Sénégal

TRIBUNE. Au Cameroun, quatre des douze candidats à la prochaine élection présidentielle d’octobre ont moins de cinquante ans. Mais contrairement au Sénégal, cette jeunesse politique peine à fédérer sa génération. La question c’est pourquoi? Au Sénégal, la nouvelle élite politique s’est imposée par la combativité, la cohérence et une opposition frontale au pouvoir. L’exemple d’Ousmane Sonko est révélateur : sa notoriété ne s’est pas seulement bâtie sur ses positions contre la Françafrique, mais surtout sur sa fermeté et ses actions déterminées face au régime de Macky Sall. Il n’a jamais hésité à mobiliser la rue, au prix de son intégrité et de sa liberté. Ses multiples arrestations, largement médiatisées, n’ont pas entamé sa détermination. Au contraire, elles ont renforcé l’image d’un leader prêt à tout sacrifier pour le changement. Son discours, sa pugnacité et son projet de société clair ont trouvé un écho profond auprès de la jeunesse sénégalaise. Aujourd’hui, lui et ses compagnons incarnent le renouveau politique au sommet de l’État. Au Cameroun, la situation est bien différente. L’élite politique jeune apparaît amorphe, complaisante, parfois même en connivence avec le régime qu’elle prétend combattre. Loin de risquer leurs privilèges, beaucoup préfèrent la posture confortable des plateaux de télévision climatisés, multipliant des déclarations alambiquées et soignant leur image. Mais rares sont ceux qui assument une véritable opposition, alors même que le contexte s’y prête. La réalité est simple : nous vivons en dictature. Et une dictature ne se renverse pas par des discours creux. Elle exige de la détermination, de la mobilisation et du courage. Elle exige qu’on descende dans la rue pour défendre les droits des citoyens et qu’on refuse le silence face au déclin du pays. L’exemple sénégalais rappelle que le changement n’est pas le fruit de la complaisance, mais celui de l’engagement, du sacrifice et de la conviction. Tant que la jeunesse politique camerounaise ne l’aura pas compris, elle restera spectatrice d’un pouvoir qu’elle dit vouloir combattre, mais qu’en réalité elle consolide par son inaction. Par Teddy Patou Journaliste et animateur radio

Cameroun et insécurité : un mauvais sort qui s’éternise

Cameroun et insécurité : un mauvais sort qui s’éternise

PARLONS-EN. La violence s’est enracinée dans plusieurs régions de notre pays. Une barbarie innommable qui dure depuis plus d’une décennie. Le bilan est effroyable : des dizaines de milliers de morts, en majorité des civils. Des familles entières restent introuvables, disparues depuis plus de cinq ans pour certaines. Pas plus tard que le 14 Août dernier, profitant de l’état vétuste de la route entre Maroua et Kousseri, dans l’Extrême-Nord, onze personnes, dont cinq enfants d’une même fratrie, ont été enlevées. Selon certaines sources, il s’agirait d’un kidnapping perpétré par des membres de Boko Haram. Un groupe terroriste actif dans cette région depuis 2014. C’est un choc pour toute la nation, une tragédie encore plus insupportable pour les familles, dont je n’ose imaginer la douleur. Une douleur qui se mêle à la colère, celle d’une politique sécuritaire qui a échoué. Une politique plus réactionnaire qu’anticipative. N’oublions pas que le Cameroun est également empêtré, depuis 2017, dans une guerre de sécession dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Une guerre fratricide qui aurait pu être évitée par un simple dialogue, une écoute des revendications initialement corporatistes. Mais au lieu d’opter pour la carotte, le gouvernement camerounais, fidèle à sa tradition répressive, a choisi le bâton. Conséquence : des milliers de morts, des enfants privés d’école, des villes et villages entiers abandonnés, des compatriotes armés réfugiés dans les forêts, et nos forces de défense contraintes de tirer sur leurs propres frères. Comme le souligne le professeur Kamto dans son programme, le règlement de la crise sécuritaire doit être holistique. Concernant le terrorisme, l’approche doit combiner développement, éducation, sensibilisation et répression. Boko Haram se nourrit de la misère. Il recrute aisément parmi des jeunes désœuvrés, privés de perspectives. Il s’implante dans un espace à l’abandon, où l’école est quasi inexistante. Cette région septentrionale a besoin d’un plan de développement d’urgence, mais ce plan doit être mené de front avec la sensibilisation, la réforme de l’éducation et la traque des assaillants. S’agissant de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, il faut ajouter à ces leviers une approche historiographique. Il est indispensable de restaurer la vérité historique autour de la réunification des deux Cameroun. Beaucoup estiment que l’union s’est faite sur une base d’une duperie. Cette vérité rétablie, il faudra rappeler que la séparation n’est pas une option, et ne le sera jamais. Notre union dépasse les frontières territoriales : elle repose sur un ancrage traditionnel et spirituel. Notre pays a besoin d’un nouveau leadership, clairvoyant et proactif. Le système de 82, incarné par le président Paul Biya, a échoué sur tous les fronts. Par Teddy Patou Journaliste et animateur radio

Beb Adon Ousmane Philemon : «Vivre la Coupe du monde au Maroc est une fierté pour tous les Africains»

Beb Adon Ousmane Philemon : «Vivre la Coupe du monde au Maroc est une fierté pour tous les Africains»

Athlète en haltérophilie d’origine camerounaise, Philemon Beb Adon Ousmane évolue au sein du club le Coq de Bernoussi à Casablanca, sous la direction du coach Hicham. Dans cet entretien, il nous livre ses impressions sur l’organisation par le Maroc du Mondial 2030 et de la Coupe  d’Afrique des nations (CAN). Pagesafrik/Libé : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? PBAO: Je suis Philemon Beb Adon Ousmane, international camerounais en haltérophilie. Je suis résident au Maroc et je participe au championnat du Maroc et à la Coupe du Trône d’haltérophilie. Actuellement, j’évolue au niveau du Club Olympique de Bernoussi, sous la direction du coach Hicham. Le Maroc, aux côtés du Portugal et de l’Espagne, organisera le Mondial 2030. Quelles sont vos impressions ? C’est une excellente opportunité pour le Maroc, un pays en pleine émergence dans de nombreux domaines, comme on peut le constater dans ses principales villes. Pour nous qui y vivons, nous avons confiance que le Royaume sera à la hauteur de cet événement mondial très attendu. C’est une grande fierté et vraiment un plaisir pour les Africains, particulièrement pour les sportifs du continent qui évoluent ici. Nous sommes heureux de pouvoir vivre les émotions de cette grande compétition sur place. Il faut reconnaître que beaucoup parmi nous  n’imaginaient même pas avoir un jour cette chance. Savoir qu’elle se déroulera ici est tout simplement extraordinaire. Du point de vue des infrastructures, pensez-vous que le pays sera prêt? Je le pense. Le Royaume dispose déjà du minimum requis en termes d’infrastructures de qualité pour accueillir des événements de cette envergure. Il l’a démontré à maintes occasions dans divers secteurs. A ce titre, je tiens à saluer  les réalisations du Maroc sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui œuvre sans relâche pour hisser le Royaume dans tous les domaines. Il est important que ces efforts soient préservés, car ils contribuent à l’émergence du Maroc. Par ailleurs, l’organisation devrait veiller à ce que l’esprit sportif et le fair-play soient mis en avant durant la compétition afin que la fête soit vraiment belle. Etes-vous également enthousiaste en ce qui concerne l’organisation de la CAN prévue en décembre prochain ? Je le suis évidemment. Le Maroc a toutes les capacités pour offrir à l’Afrique une CAN mémorable, qui sera l’une des plus marquantes de son histoire. Je m’attends à une édition bien meilleure à celles que nous avons connues jusqu’ici. Et comme pour le Mondial 2030, le fair-play devra primer et l’organisation tenir compte des écueils qu’on a pu observer par le passé, notamment lors d’autres compétions sportives panafricaines. Aujourd’hui, le Maroc est un pays émergent, respecté  où le vivre-ensemble n’est pas un vain mot. Il est, sans doute, l’un des pays les plus appréciés du monde arabe. Nous saluons la générosité du peuple marocain, son ouverture et apprécions sincèrement l’accueil chaleureux qui nous est réservé dans les clubs. C’est important de le souligner ici parce que ce n’est pas toujours le cas sous d’autres cieux. Enfin, nous ne pouvons qu’espérer que cette CAN soit un grand succès et que le meilleur l’emporte. Propos recueillis par Alain Bouithy

Cameroun. La grande question : pourquoi vont-ils à l’élection présidentielle s’ils sont sûrs de perdre ?

Cameroun. La grande question : pourquoi vont-ils à l’élection présidentielle s’ils sont sûrs de perdre ?

Ma réponse : ils ne pensent qu’à eux. PARLONS-EN. Le 12 octobre prochain, 11 candidats affronteront Paul Biya lors d’un scrutin biaisé d’avance. Aucun n’a la capacité de le battre. D’abord, parce qu’aucun candidat ne peut contrer la fraude, ni même la contester. Le Conseil constitutionnel, aplatventriste, reptilisé, nommé par Paul Biya, a déjà montré qu’il ne donnera jamais un autre résultat que celui voulu par le palais d’Etoudi. Ensuite, parce que ces opposants (dont certains sont en réalité des proposants) ont prouvé leur laxisme et leur inertie face à une cause aussi noble que le droit à la justice. Beaucoup sont restés silencieux après l’élimination abjecte du principal opposant, Maurice Kamto. D’autres se sont contentés de communiqués verbeux,creux, et les plus répugnants ont même jubilé devant cette injustice. Il y a aussi une raison stratégique : avec la principale force politique écartée, aucun des candidats restants n’a un parti implanté sur l’ensemble du territoire. La plupart restent enfermés dans des enclos tribaux, incapables de dépasser leur région. Alors, pourquoi vont-ils quand même aux élections ? 1. Pour servir d’alibi à une élection qui a commencé sur une fausse note et dont le résultat est connu. 2. Pour espérer, par miracle, un poste dans le futur gouvernement. 3. Pour positionner leur parti en vue de futures législatives. 4. Pour toucher quelques billets pour avoir accompagné la mascarade. Ce qui en ressort, c’est une opposition composée d’égoïstes incapables de voir plus loin que le bout de leur nez, des nombrilistes égocentriques. Une course de cupides et de revanchards, aux ambitions minimalistes, qui refusent de marquer l’Histoire. Que devraient-ils faire ? Ils devraient stopper ce processus électoral, pour punir l’humiliation infligée à toute la République par la clique de Yaoundé. Comprendre que la falsification des documents par le ministère de l’Administration territoriale, l’autopiratage de son site internet, et les décisions absurdes du Conseil constitutionnel constituent une atteinte grave à l’image de notre nation. Aucun Camerounais digne de ce nom ne peut cautionner cela. Par patriotisme, ils devraient suspendre leur participation, appeler le peuple à réparer cette injustice et reprendre le processus sur des bases saines. Mais ils ne le feront pas. Parce qu’ils sont complices. Par Teddy Patou Journaliste et animateur radio

Classement : les 7 présidents africains aux plus longs règnes en 2025

Classement : les 7 présidents africains aux plus longs règnes en 2025

Teodoro Obiang Nguema en Guinée Équatoriale, Paul Biya au Cameroun ou encore Paul Kagame au Rwanda, ils sont près d’une dizaine de présidents à s’être maintenus au pouvoir durant des décennies. Entre modifications de la constitution, mainmise sur les élections et autres mesures autocratiques, ils ont tout osé et tout reformé pour demeurer chef d’États. Paul Kagamé, Rwanda (25 ans) Réélu le 15 juillet 2024, Paul Kagamé est président de la République du Rwanda depuis le 24 mars 2000, soit 25 ans. Âge de 67 ans, il était commandant du Front patriotique rwandais (FPR), un mouvement rebelle qui combattait le pouvoir Hutu. Il remporte la guerre civile rwandaise et met fin au génocide des Tutsi en 1994. Par la suite, il devient vice-président et ministre de la Défense, sous la présidence de Pasteur Bizimungu. À son poste, il soutient une invasion rebelle du Zaïre en 1996, menant au renversement du président zaïrois Mobutu Sese Seko en 1997. Il soutient également plusieurs groupes rebelles dans la deuxième guerre du Congo, de 1998 à 2003, contre le nouveau gouvernement congolais de Laurent-Désiré Kabila puis de son fils Joseph Kabila. Après la démission de Pasteur Bizimungu en 2000, il accède à la présidence en tant que quatrième président du Rwanda et depuis, il sera systématiquement réélu. Alors que beaucoup apprécient son bilan économique, il est considéré par plusieurs observateurs comme étant un dictateur. Il est accusé par l’ONU d’être partie prenante à la guerre du Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo, en soutenant le Mouvement du 23 mars (M23), groupe armé rebelle accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Ismail Omar Guelleh, Djibouti (26 ans) On n’entend pas souvent parler de lui, mais Ismail Omar Guelleh, 77 ans, Président de la République de Djibouti, a une longévité à ne pas négliger. Guelleh dirige le pays depuis 26 ans, détenant le record de longévité à la présidence de Djibouti. Il arrive au pouvoir le 08 mai 1999, succédant à son oncle Hassan Gouled Aptidon, et devient le deuxième président de Djibouti en mai 1999. En 1965, âgé de 18 ans, Ismail Omar Guelleh commence à travailler au sein des Renseignements généraux du Territoire français des Afars et des Issas, car il est polyglotte, s’exprimant en amharique, somalien, arabe, français, italien et anglais. En 1974, il est suspendu de ses fonctions, car soupçonné de transmettre des informations à la mouvance indépendantiste. Il s’investit alors dans la Ligue populaire africaine pour l’indépendance (LPAI) présidée par Hassan Gouled Aptidon, qui milite pour l’indépendance. Membre du parti présidentiel, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), dès sa création en 1979, il est élu président du comité central et de la commission culturelle en 1981. La liberté de presse est presque inexistante sous son gouvernement. En 2025, Reporters sans frontières situe Djibouti à la 168e place sur 180 pays, décrivant une situation de « terreur médiatique » où tout un arsenal répressif est déployé contre les journalistes. Le 9 avril 2021, Ismaïl Omar Guelleh est réélu pour un 5e mandat à la tête de l’État dès le premier tour avec 98,58 % des voix. Isaias Afwerki, Érythrée (32 ans) Isaias Afwerki est président de l’Érythrée depuis son indépendance, en 1993. Avant cette date, le pays était lié à l’Éthiopie, lui garantissant son ultime façade maritime. Le président érythréen a été l’un des principaux artisans de cette indépendance, obtenue grâce à un référendum soutenu par l’ONU le 24 mai 1993. En février 1994, le FPLE est renommé Front populaire pour la démocratie et la justice (FPDJ) lors de son troisième congrès et Afwerki reste le secrétaire général du parti unique du nouvel État. Dès le début de son mandat, Isaias Afwerki instaure un régime de parti unique, sans élections, une économie centralisée sur l’État et une forte restriction de la liberté de la presse. Après la deuxième guerre contre l’Éthiopie (de 1998 à 2000), le président Afwerki fait basculer son pays dans la dictature. Son pays est considéré comme l’un des plus fermé au monde. Yoweri Museveni, Ouganda (39 ans) Yoweri Museveni est à la tête du gouvernement ougandais depuis 1986, soit 39 ans. Commandant du Mouvement de résistance nationale (NRM), il fait partie des rebelles qui ont renversé les dirigeants ougandais Idi Amin (1971-1979) et Milton Obote (1980-1985). Reconnu comme héros par l’Occident, Museveni va supprimer la limitation de mandats présidentiels en 2005, lui permettant ainsi de se maintenir au pouvoir. En 2018, il supprime la limite d’âge présidentielle puis gagne un sixième mandat à l’issue de l’élection présidentielle de 2021. Il va aussi se distinguer en 2014 par ses lois anti-homosexualité visant à introduire la peine de mort pour les personnes LGBT+. En politique extérieure, il soutient une invasion rebelle du Zaïre pendant la première guerre du Congo en 1996, menant au renversement du dictateur zaïrois Mobutu Sese Seko l’année suivante. Il soutient également plusieurs groupes rebelles, notamment le Mouvement de libération du Congo (MLC) contre le nouveau gouvernement congolais de Laurent-Désiré Kabila puis de son fils Joseph Kabila dans la deuxième guerre du Congo de 1998 à 2003. Au cours de sa présidence, Yoweri Museveni fait face à l’insurrection de l’Armée de résistance du Seigneur mais ne faiblit pas. Denis Sassou-Nguesso, République du Congo (41 ans) À 82 ans, Denis Sassou-Nguesso est le président de la République du Congo depuis 41 ans. Initialement militaire et homme d’État congolais, il est devenu chef de l’État pour la première fois en mars 1979 et a dirigé le pays jusqu’en août 1992. Il est revenu au pouvoir après une guerre civile en 1997 et est resté en poste depuis, écrasant toute opposition politique significative. Pour retrouver le pouvoir, il a renversé le président élu : Pascal Lissouba, lors de la guerre civile du Congo-Brazzaville. Dès les années 1960, Denis Sassou-Nguesso participe à la mouvance des officiers progressistes qui lui donne une place parmi les trente-neuf membres du Conseil national de la révolution. Il finit par les diriger. Il fonde ensuite le Parti congolais