Les gagnants et les perdants de l’accord de paix Rwanda-RDC

Les gagnants et les perdants de l’accord de paix Rwanda-RDC

POINT DE VUE. Le soi-disant accord de paix qui vient d’être signé, ce 27 juin 2025, entre la RD Congo et le Rwanda n’est rien d’autre que la version plus élaborée de l’accord de principe en six points auquel les ministres des Affaires étrangères des deux pays avaient apposé leurs signatures, il y a quelques mois. Cet accord de principe, on le sait, fait la part belle au Rwanda de Paul Kagame puisqu’il reprend largement les revendications rwandaises des dernières années. Plusieurs compatriotes me demandent qui sont les gagnants et les perdants de l’accord qui vient d’être signé à Washington par les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda. Pour répondre à cette question, il faut se poser les questions suivantes : quel est ou quels sont les objectifs poursuivis par le Rwanda en RDC ? Quel est le principal objectif poursuivi par Félix Tshisekedi en invitant les États-Unis à conclure un « deal » avec la RD Congo ? Examinez l’accord en fonction des objectifs rwandais et congolais et vous connaitrez les gagnants et les perdants. La principale proposition congolaise reposait sur un partenariat minerais contre sécurité. Dans l’accord signé, on apprend que les États-Unis obtiendraient « une grande partie des droits miniers du Congo » en échange d’investissements privés américains. Quid du parapluie sécuritaire américain demandé par la RDC pour se protéger des agressions répétitives du Rwanda ? RIEN. Quant au Rwanda, il a toujours voulu avoir un droit de regard sur ce qui se passe dans le Kivu et tirer profit de l’exploitation des ressources minières congolaises. L’accord lui facilite-t-il la tâche à cet égard ? L’euphorie du ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Ndunguhire, qui parle « de jour historique », est la réponse la plus éloquente. Quand le diable est content de ta prière, c’est que tu pries mal. Dans cette histoire d’accord, il y a deux gagnants et un perdant, et un chacun sait à quel camp il appartient. Je bois mon lait nsambarisé… Par Patrick Mbeko

Bombardements américains de l’Iran : une partie de poker menteur géopolitique à trois ?

Bombardements américains de l’Iran : une partie de poker menteur géopolitique à trois ?

TRIBUNE. Après moults hésitations ou semblant d’hésitation, les États-Unis de Donald Trump ont finalement décidé de bombarder l’Iran, contredisant les prévisions et analyses de celles et ceux qui affirment que Donald Trump n’est pas un va-t-en-guerre. De mon point de vue, les choses paraissent beaucoup plus complexes qu’on ne l’imagine. Voici mes deux hypothèses : Première hypothèse : mis sous pression par les puissants groupes d’intérêt pro-israéliens aux États-Unis, Donald Trump s’est finalement décidé à frapper l’Iran. Dans cette optique, sa décision de bombarder les sites nucléaires iraniens ne semble répondre à aucune stratégie prédéfinie. Il s’agirait plutôt de répondre aux exigences et inquiétudes du lobby pro-israélien, qui, au regard des difficultés auxquelles est confronté Israël sur le champ de bataille, voudrait voir les États-Unis s’impliquer directement dans le conflit avec l’Iran. Pour Donald Trump, qui partage sûrement le même projet que son ami Benjamin Netanyahu, il s’agirait avant tout de desserrer l’étau du lobby pro-israélien autour de sa personne et de son administration. De cette première hypothèse découle la deuxième : le bombardement des sites nucléaires iraniens s’inscrirait dans une partie de poker menteur géopolitique à trois. Pour être plus clair : les États-Unis auraient agi en mettant au parfum la Russie, voire même indirectement l’Iran. Trois éléments confortent cette hypothèse. Le premier est que les Américains se sont « limités », du moins pour le moment, à bombarder les sites nucléaires iraniens sans nécessairement entrer en conflit avec l’Iran. Le vice-président américain JD Vance vient d’ailleurs de déclarer que les États-Unis « ne sont pas en guerre contre l’Iran » mais contre « son programme nucléaire ». Belle fuite en avant. Deuxième élément : ce n’est la première fois que Donald Trump agisse ainsi. En avril 2017, le président américain avait déjà fait bombarder une base militaire syrienne, en riposte à une attaque au gaz sarin imputée au gouvernement de Bachar el-Assad, soutenu par la Russie. On apprit par la suite que Trump, qui était mis sous pression par ses alliés européens et au Congrès américain, avait prévenu Moscou, qui avait à son tour prévenu Damas, qui avait alors fait déplacer ses avions de combat. Troisième élément : les bombardements américains ne semblent pas avoir sérieusement entamé les sites nucléaires visés, enfouis plus de 800 mètres sous terre, et encore moins le programme nucléaire iranien. D’où la réaction relativement molle des Mollahs. En analysant l’allocution lunaire de Donald Trump, on voit bien que le président américain souffle le chaud et le froid, déclarant d’une part que les bombardements ont été «une réussite totale», tout en appelant l’Iran à privilégier le dialogue avec Israël pour mettre fin au conflit. Mais pourquoi continuer à exiger un «dialogue» si on est sûr d’avoir affaibli l’Iran ou son programme nucléaire ? À l’évidence, les États-Unis semblent avoir tiré trois leçons du conflit israélo-iranien : 1) le projet israélien d’affaiblir l’Iran a échoué; 2) Israël est plus vulnérable que jamais aux tirs de missiles iraniens; 3) une guerre régionale totale pourrait causer des dommages irréparables à Israël et aux intérêts américains dans la région. Au regard de tout ceci, les bombardements américains contre l’Iran pourraient constituer une porte de sortie pour tout le monde : l’administration Trump, qui est mise sous pression par le lobby pro-israélien ; Israël, qui est aujourd’hui placé dans une situation de vulnérabilité comme on n’en avait jamais vu depuis la guerre de Kippour; et l’Iran qui est dans une situation socio-économique peu enviable et n’a donc pas besoin de cette guerre inutile. Ceci dit, le risque d’une guerre régionale totale impliquant les États-Unis est bien réel… Par Patrick Mbeko

Conflit Israël-Iran : quand la propagande occidentale se heurte à la dure réalité des faits

Conflit Israël-Iran : quand la propagande occidentale se heurte à la dure réalité des faits

PARLONS-EN. Depuis le début du conflit qui oppose l’État agresseur d’Israël à l’Iran, on entend des analyses surréalistes dans les médias occidentaux, qui ont pris fait et cause pour l’État hébreu. Tenez. Ces médias et leurs experts maison expliquent et répètent qu’Israël domine militairement l’Iran. Peut-être. Mais si c’est vraiment le cas, pourquoi les dirigeants israéliens, à commencer par le premier ministre Benjamin Netanyahu, supplient-ils les États-Unis d’intervenir aux côtés d’Israël ? Pourquoi les dirigeants européens, qui soutiennent Israël, appellent-ils maintenant à la désescalade, envisageant même une rencontre avec le ministre iranien des Affaires étrangères à Genève, ce vendredi ? L’Iran est le foyer d’une civilisation millénaire. Elle ne peut pas être impressionnée par un État aussi jeune qu’Israël, qui, faut-il, le reconnaître, a quand même réussi, grâce à la propagande médiatique occidentale et aux techniques de guerre psychologique, à se faire passer pour la plus grande puissance militaire de la région… avant de se heurter à l’Iran. Pour la première fois depuis la guerre du Kippour, l’État hébreu se mesure non pas à une ou des milice(s) mais bien à un État puissant. Les Iraniens ont touché tous les centres névralgiques de la puissance militaire israélienne (QG du Mossad et du renseignement militaire, ministère de l’Intérieur, bases militaires, etc.) et affirment n’avoir pas encore utilisé leurs missiles de dernière génération. C’est dire. Bien entendu, les médias occidentaux, qui mènent l’offensive médiatique en faveur d’Israël, ne le diront pas. Ils préfèrent nous montrer les images de l’hôpital israélien touché par un missile iranien. N’est-ce pas la preuve que les Mollahs visent les civils ? On se passera également des 250 morts civils iraniens tués par les raids israéliens… Maintenant, on entend ces mêmes médias aux ordres relayer la demande Netanyahu pour une intervention américaine. C’est même devenu un souhait. Leurs «experts» expliquent même que ce sera la fin pour le régime de Mollahs, comme si les États-Unis avaient déjà gagné une véritable guerre en dehors d’Hollywood ! Mais ce que tous ces médias et leurs experts ne semblent pas comprendre, c’est que, depuis la Révolution islamique des Mollahs en 1979, la République islamique d’Iran se prépare à une confrontation militaire, non pas avec Israël (qu’elle estime, à tort ou à raison, ne pas être de taille) mais bien avec les États-Unis. À Washington, on en est conscient. Donald Trump vient d’annoncer qu’il prendra une décision sur l’Iran « au cours des deux prochaines semaines». C’est dire. En lingala on dit « Eh Mbadi !» En image, ce que les médias occidentaux ne veulent pas que vous voyiez… Par Patrick Mbeko

Attaques israéliennes contre l’Iran : en route vers la bombe iranienne?

Attaques israéliennes contre l’Iran : en route vers la bombe iranienne?

TRIBUNE. Assiste-t-on au début d’un long conflit militaire au Moyen-Orient?. S’il est encore trop tôt pour le dire, une chose semble certaine : l’Iran ne se laissera pas faire, et à la lumière de ce que l’on observe depuis le début de la provocation israélienne soutenue par les États-Unis et leurs vassaux européens, Israël risque d’avoir de mauvaises surprises. Bien entendu, on assiste à une guerre de propagande qui ne dit pas son nom, avec une presse occidentale totalement acquise à la cause d’Israël, donnant des informations tendant à magnifier ses actions contre l’Iran tout en minimisant les conséquences dévastatrices des frappes iraniennes contre l’État hébreu. Il n’en demeure pas moins qu’il est difficile de lutter contre la réalité des faits. En effet, malgré l’entrée en action du « dôme de fer » et le soutien conséquent des États-Unis dans la défense d’Israël, Tel-Aviv et Jérusalem ont été touchés, et on compte des morts et des dizaines de blessés. Aux dernières nouvelles, c’est tout le pays qui semble paralysé. https://www.youtube.com/watch?v=XIzTmOMFl4c… En arrière-scène, il y a la Russie et la Chine qui observent la situation. Resteront-elles les bras croisés longtemps ? Difficile à dire. Toutefois, si les États-Unis s’impliquent de manière conséquente dans le conflit, les deux grandes puissances se verront dans l’obligation d’agir également, ne serait-ce qu’à bas bruit, histoire de rééquilibrer les rapports de force. Parce que le conflit militaire qui oppose aujourd’hui Israël à l’Iran est aussi en quelque sorte le prolongement de la rivalité qui oppose l’Occident minoritaire à la Majorité mondiale réunie au sein d’un «Sud-Global» mené par Moscou et Pékin. Que l’on ne s’y méprenne pas : Israël, qui est considéré par beaucoup comme un État voyou, n’est soutenu que par l’Occident, alors que l’Iran est soutenu par la grande majorité des pays du monde. En appuyant le génocide des Palestiniens et la violation du droit international par Israël, l’Occident minoritaire rend un grand service à la Russie et à la Chine, qui cherchent à mettre fin de manière définitive à l’ordre occidental établi après 1945. Plus encore, il vient, avec Israël, de donner un argument de poids à l’Iran pour qu’il se lance, s’il ne l’avait pas encore entrepris, dans la fabrication rapide de la bombe nucléaire. La seule manière de mettre un terme au programme nucléaire iranien, qui était jusqu’ici civil, est d’anéantir définitivement l’Iran. Sinon, Israël et ses parrains occidentaux devront, dans un avenir relativement proche, composé avec une nouvelle puissance nucléaire au Moyen-Orient. Une gracieuseté du très inspiré génocidaire Benyamin Nétanyahou… Par Patrick Mbeko

RD Congo élue membre non permanent du Conseil de sécurité : rien à voir avec une quelconque « diplomatie agissante »

RD Congo élue membre non permanent du Conseil de sécurité : rien à voir avec une quelconque « diplomatie agissante »

LIBRES PROPOS. Comme on le sait, la RD Congo a été élue membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour le mandat 2026-2027. À Kinshasa, cette élection est présentée comme le résultat de ce que le régime de Félix Tshisekedi et ses thuriféraires appellent la «diplomatie agissante du chef de l’État». Le pouvoir congolais célèbre cette élection comme s’il s’agissait d’un événement inédit dans l’histoire de la diplomatie congolaise. Or, il n’en est rien. Il convient de rappeler que chaque année, l’Assemblée générale des Nations Unies élit cinq nouveaux membres non permanents du Conseil de sécurité pour un mandat de deux ans aux côtés des cinq membres permanents (Chine, États-Unis, Royaume-Uni, France et Russie). Les sièges sont répartis selon des quotas régionaux : deux pour l’Afrique, un pour l’Asie-Pacifique, un pour l’Amérique latine et les Caraïbes, un pour l’Europe orientale. Même si le scrutin à l’Assemblée générale de l’ONU se déroule à bulletin secret, il n’y a pas d’enjeu particulier puisque les pays en lice sont sélectionnés et proposés par les organisations régionales (ou continentales) auxquelles ils appartiennent. En ce qui concerne les pays africains, le processus de sélection et d’approbation des candidatures au Groupe africain se déroule au sein des structures de l’Union africaine (UA). Les élections pour les sièges attribués au continent africain sont jouées d’avance, car le Groupe africain maintient un schéma de rotation établi entre ses cinq sous-régions (Afrique du Nord, Afrique centrale, Afrique australe, Afrique de l’Est et Afrique de l’Ouest). Donc, contrairement à ce que veulent faire croire les autorités congolaises et leurs thuriféraires, la RD Congo a été choisie par l’Union africaine, et l’Assemblée générale de l’ONU n’a fait qu’entériner ce choix. Rien à voir avec une supposée « diplomatie agissante ». Désolé de casser l’ambiance, pour ne pas dire la fête… Ceci dit, les sièges non permanents sont des leviers d’influence non négligeables, mais encore faut-il avoir une diplomatie sérieuse, crédible et véritablement agissante pour mieux faire entendre sa voix et faire valoir ses intérêts. C’est à ce niveau que la RDC pourrait se démarquer sur la scène internationale. Elle en a l’occasion maintenant qu’elle siège comme membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Par Patrick Mbeko

Le général-major Ephraïm Kabi Kiriza ou le symbole d’une armée congolaise qui se distingue dans la bêtise ?

Le général-major Ephraïm Kabi Kiriza ou le symbole d’une armée congolaise qui se distingue dans la bêtise ?

LIBRES PROPOS. Comme chacun le sait, la pratique du silence attachée à l’Armée s’enracine dans un lointain passé, raison pour laquelle l’institution militaire est surnommée « la Grande muette ». Son attitude générale face à la politique se résume en un mot : SILENCE. Autrement dit, un militaire doit toujours se garder de faire connaître son opinion sur des sujets politiques ou sociaux, quand bien même ceux-ci seraient d’intérêt général. C’est comme ça dans la quasi-totalité des pays du monde… Sauf en RD Congo, où l’armée est devenue la « Grande bavarde ». Le spectacle que le commandant de la Garde républicaine, le général-major Ephraïm Kabi Kiriza, a livré hier était d’une bêtise remarquable. Tout en déclarant que « l’armée est apolitique », il s’est livré à une attaque en règle contre l’ancien président Joseph Kabila, suscitant des interrogations quant à sa véritable fonction: a-t-on affaire à un officier supérieur digne de ce rang ou à un politicard, pour ne pas dire un Lambert Mende, en tenue militaire ? Avait-il vraiment besoin de commenter la sortie médiatique de l’ancien chef de l’État ? La posture d’un officier supérieur, surtout en contexte militaire, est un mélange de formalisme, de respect et de commandement. On ne trouve rien de tout cela chez notre général bavard, qui semble vouloir faire plaisir au régime de Félix Tshisekedi, en lieu et place d’adopter une posture responsable (le devoir de réserve) qu’on attend d’un officier supérieur de son rang. En agissant ainsi, quelle image donne-t-il des Forces armées congolaises (FARDC) à l’étranger ? Avec de tels comportements, on comprend mieux pourquoi l’armée congolaise est incapable de défaire les voyous du M23 et des Forces de défense rwandaise. Tout est à refaire en RDC. Absolument TOUT… Je bois mon lait nsambarisé… Par Patrick Mbeko

RDC. J. Kabila et F. Tshisekedi, les deux faces d’une même pièce

RDC. J. Kabila et F. Tshisekedi, les deux faces d’une même pièce

TRIBUNE. Joseph Kabila a parlé, et les réactions sont nombreuses. Le discours est assez structuré, voire rassembleur, avec une bonne dose de démagogie. Si le diagnostic de la problématique congolaise est relativement correct, il reste néanmoins incomplet. La pièce du puzzle manquant s’appelle Joseph Kabila lui-même. Ce dernier fait partie du problème qu’il dénonce dans son allocution. En effet, si nous en sommes là aujourd’hui, c’est aussi parce qu’il a fait le choix de ne pas respecter la volonté du peuple congolais au lendemain de l’élection présidentielle de décembre 2018. Il a comploté avec Félix contre le peuple congolais. On ne l’a pas oublié. À l’évidence, Félix Tshisekedi et Joseph Kabila sont les deux faces d’une même pièce. À la seule différence que l’actuel président est allé beaucoup plus loin dans la compromission que son prédécesseur. En six ans de pouvoir, il a détruit plus que ne l’ont fait tous les présidents congolais qui l’ont précédé. Pour la première fois dans l’histoire de la RD Congo, on a l’impression que le pays n’est aucunement dirigé. Le risque d’implosion est bien réel, et à Kinshasa on est dans la jouissance et les controverses. La seule préoccupation du régime Tshisekedi, c’est la préservation du pouvoir à tout prix. Y arrivera-t-il ? Une chose semble certaine : dans le face-à-face qui semble s’annoncer entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, Kabila part favori. Car, contrairement à Tshisekedi, il a le soutien de la plupart de ses pairs africains. Selon toute vraisemblance, son retour semble avoir reçu la bénédiction de certains d’entre eux, notamment ceux de la région des Grands Lacs. Il ne serait pas non plus surprenant d’apprendre que certains en Occident tablent sur le départ de Félix Tshisekedi du pouvoir. Laissons l’avenir nous en dire davantage. Je bois mon lait nsambarisé… Patrick Mbéko

RDC. La loi du plus fort à la sauce Tshisekedi et ses possibles conséquences…

RDC. La loi du plus fort à la sauce Tshisekedi et ses possibles conséquences…

PARLONS-EN. À l’époque de Joseph Kabila, que la grande majorité des Congolais vouait aux gémonies, on faisait semblant de respecter la loi et la justice était relativement fonctionnelle. Il est même arrivé que des personnalités directement liées au pouvoir se retrouvent au banc des accusés. C’est notamment le cas du général John Numbi et de certains officiers supérieurs de la police impliqués dans l’assassinat de l’activiste des droits de l’homme Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana. Mais avec le régime de Félix Tshisekedi, c’est le triomphe de la loi du plus fort au mépris de la Constitution et des lois de la République. Non seulement l’appartenance à la tribu du président procure une certaine immunité naturelle contre les poursuites, mais on ne fait même pas semblant de respecter minimalement la Constitution et les autres lois du pays. Les caciques du régime proviennent généralement du même coin et s’estiment en droit d’imposer leurs volontés aux autres au mépris de la justice la plus élémentaire. Ce comportement ne fait qu’alimenter l’animosité de la majorité silencieuse à l’égard du régime, mais aussi et surtout de tous ceux qui sont identifiés, à tort ou à raison, comme ses soutiens naturels en raison de leur origine tribale. À force de faire régner la loi du plus fort en faisant condamner arbitrairement les gens, le régime de Félix Tshisekedi a fini par faire passer Matata Mponyo et Joseph Kabila pour « des gens pas si mauvais que ça », pour reprendre les propos de certains. De plus en plus des Congolais éprouvent de la sympathie pour eux, surtout quand on sait que les Nicolas Kazadi de ce monde ne sont aucunement inquiétés par la justice tshilombienne. En instrumentalisant la justice de manière aussi grossière et inique, le régime de Félix Tshisekedi ne se fait pas seulement des ennemis, il pose aussi les fondations de l’arbitraire dont lui, ses proches et beaucoup de nos compatriotes lubas seront victimes demain et après demain. Oui, il y a de fortes chances que le départ de Fatshi du pouvoir s’accompagne d’un déchainement de règlements de compte comme on n’en a jamais vu dans l’histoire politique et judiciaire du continent africain. À bon entendeur, je bois mon lait nsambarisé… Par Patrick Mbeko