Le Bureau de l’UNESCO pour le Maghreb célèbre la Journée internationale de l’éducation
« Relancer et redynamiser l’éducation pour la génération COVID-19 », en intensifiant la collaboration et la solidarité internationale pour placer l’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie au centre du processus de relèvement, tels sont les objectifs de la 3ème édition de la journée internationale de l’éducation célébrée le 24 janvier. Cette troisième édition intervient au lendemain de la pandémie de COVID-19 qui a entraîné, à l’échelle mondiale, une perturbation de l’apprentissage d’une ampleur et d’une gravité sans précédent. La fermeture des écoles, des universités et autres établissements d’enseignement, ainsi que l’interruption de nombreux programmes d’alphabétisation et d’apprentissage tout au long de la vie, ont bouleversé la vie de 1,6 milliard d’apprenants dans plus de 190 pays. Partout, les gouvernements ont rapidement proposé des solutions de remplacement, mais au moins un tiers des apprenants de par le monde n’ont pu accéder à l’enseignement à distance, tandis que, selon les estimations, près de quatre mois de scolarité ont été perdus dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure – contre six semaines dans les pays à revenu élevé. D’après les données collectées par l’UNESCO, la moyenne mondiale est de 100 journées d’école perdues à cause de la pandémie et des fermeture d’école. Dans les cinq pays du Maghreb, ce sont en moyenne 79 journées[1] dont ont été privés les élèves et les étudiants, avec des variations notables entre l’Algérie (67 jours) et la Mauritanie (92 jours). Ces pertes d’apprentissage affectent particulièrement des systèmes d’éducation et de formation déjà en péril de ne pas atteindre les cibles de l’Objectif de développement durable 4. Et malheureusement, ces perturbations sont encore très présentes. La pandémie a amplifié d’une part les inégalités sociales, économiques et numériques, exposant toute une génération au risque d’une catastrophe éducative, mais elle a également d’autre part fait ressortir à quel point l’éducation jouait un rôle central dans toutes les sociétés, en tant que bien public commun et fondement de la cohésion sociale, du bien-être et des possibilités d’action. Or les leçons de la crise tirées montrent que des systèmes résilients doivent accompagner les enseignants et tous les acteurs de l’équipe éducative à être mieux armés et protégés afin d’assurer la continuité éducative. Les jeunes, force vive du Maghreb, doivent notamment être aidés dans leur acquisition des compétences nécessaires à leur transition vers le marché du travail, et à être des citoyens du XXIème siècle acteurs du développement de la paix. L’action menée par l’UNESCO face aux perturbations causées par la pandémie a débloqué et inspiré de nouveaux partenariats, comme en témoigne la Coalition mondiale pour l’éducation de l’UNESCO[2], qui a fédéré 160 partenaires depuis son lancement en mars 2020. Cette dernière rassemble diverses organisations résolues à mener des actions de sensibilisation et de mobilisation en faveur de l’éducation, illustrées entre autres par la campagne « Sauvez notre avenir ». Elle a été le moteur de la coopération intergouvernementale dès les premiers jours de la crise. Par ailleurs, l’une des initiatives de la Coalition est l’Académie mondiale des compétences[1], lancée par la Directrice générale de l’UNESCO le 15 juillet dernier 2020. A travers l’Académie, l’UNESCO met à la disposition de ses pays membres les contributions de partenaires de la Coalition spécifiquement dans le domaine des compétences pour l’employabilité, avec l’objectif de former un million de jeunes et d’adultes d’ici juillet 2021. Au Maroc et en Tunisie, à travers la plateforme PIX, plus de 30 000 bénéficiaires jouissent ainsi d’un positionnement de leurs compétences numériques et de parcours pour renforcer ces dernières, tandis que les acteurs nationaux bénéficient de formations pour concevoir et déployer les campagnes. Par ailleurs, en Mauritanie, à travers le programme CapED, l’UNESCO soutient les capacités nationales dans l’élaboration de la réponse COVID-19 pour le secteur de l’éducation, en particulier dans le développement d’outils et de guides méthodologiques pour l’enseignement et l’évaluation à distance. Alors que la pandémie de COVID-19 entre dans ses deuxième et troisième vagues, le moment est venu d’intensifier la collaboration et la solidarité internationale en vue de placer l’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie au centre des efforts de relance et de transformation vers des sociétés plus inclusives, plus sûres et plus durables. Il est temps d’investir afin de mieux adapter les systèmes éducatifs du monde entier à la réalité de l’interdépendance que la pandémie a précipitée, et de faire de l’éducation un moyen de promouvoir la justice sociale, la paix, le respect de la diversité, les droits de l’homme et les valeurs démocratiques. Aussi, le 25 janvier, la célébration mondiale de cette Journée sera axée sur trois thèmes principaux : les héros de l’apprentissage, l’innovation et le financement. Elle sera organisée en partenariat avec le Bureau de liaison de l’UNESCO à New York, le Siège de l’ONU, le Partenariat mondial pour l’éducation et le Centre d’études interdisciplinaires (CRI), et pourra compter sur la présence de partenaires de la Coalition mondiale pour l’éducation. Dans l’esprit de la Journée internationale de l’éducation, le CRI et l’UNESCO coordonnent le #LearningPlanet Festival – ou « Festival de l’Apprendre », destiné à célébrer l’apprentissage dans tous les contextes et à partager les innovations permettant de réaliser le potentiel de chaque apprenant, quelles que soient les circonstances dans lesquelles il se trouve. À cette occasion, le CRI annoncera également les noms des gagnants du concours de rédaction « Le Petit Prince ». [1] Chiffres incluant les week-ends [2] https://frunesco.org/covid19/educationresponse/globalcoalition [1]https://en.unesco.org/news/promising-progress-global-skills-academy-mission-support-skills-development-and-employability
CHAN 2020. Niger – RD Congo: Les Léopards passent sans séduire (2-1)

La République Démocratique du Congo a composté son billet pour les quarts de finale du Championnat d’Afrique des nations, CHAN 2020 en terminant à la première place du groupe B. Les Léopards, avec une dernière victoire dans la phase de poules (2-1) lundi soir au stade Ahmadou Ahidjou de Yaoundé face au Niger, passent sans vraiment séduire. Les congolais, dont l’équipe type a été chamboulée à plusieurs reprises depuis le début de la compétition, pour cause de Covid, atteignent leur premier objectif. La première mi-temps fut tranquille pour les deux équipes ainsi que pour l’arbitre du match, l’algérien Lahlou Benbraham. Le jeu s’est axé sur le milieu du terrain avec quelques occasions ici et là avec une équipe de la RD Congo décimée par l’absence de plusieurs de ses joueurs, positifs à la COVID 19. Les nigériens ont été les premiers à tenter leur chance. 3′, sur un mauvais dégagement du gardien congolais, l’attaquant du Mena, Halidou reprend le ballon mais son tir passe à quelques centimètres des bois adverses. A la 27′, sur un centre du demi-terrain d’Inonga, John’s Kabangu saute plus haut que tout le monde et trompe le gardien nigérien Abdoul Razak Halidou qui n’était pas sur sa ligne. Le même attaquant rate de peu d’aggraver la marque dans les arrêts de jeu de cette première période, si ce n’est la bonne anticipation du keeper du Mena. Après la pause citron, même avec des changements opérés surtout en attaque, les nigériens n’ont pas pu revenir au score face aux double-vainqueurs du tournoi. Les poulains de Harouna Gabde ont essayé plusieurs incursions mais en vain. Ils ont attendu jusqu’à la 73′ pour voir leur effort récompensé. Sur un centre bien appliqué de Harouna Amadou, Moussa Issa Mossi d’une tête plongeante égalise pour le Niger. Les Léopards, touchés dans leur honneur avec ce but, surprise, s’essayent dans le camp adverse. Mais ni Kabanza ou encore Kabungu Kadima n’arrivent à aggraver la marque. Il aura fallu attendre les arrêts de jeu pour voir le but de la victoire. Masasi profite d’un mauvais dégagement du gardien nigérien pour doubler la marque. Les poulains de l’entraîneur « intérimaire » Pamphile Kazembe, en l’absence de Florent Ibengue, atteint de la Covid 19 terminent la phase de poules avec 7 points. Ils prennent la première place du groupe B et affronteront le Cameroun, pays hôte en quart de finale, samedi prochain au stade de Japoma à Douala. CAF
En RCA, les attaques sur la route reliant au Cameroun perturbent l’acheminement de l’aide humanitaire

Les Nations Unies ont condamné, mercredi, les attaques de groupes armés en République centrafricaine (RCA) sur la principale route d’approvisionnement humanitaire et commercial reliant la capitale Bangui au port le plus proche au Cameroun. La MSR1 est la principale route reliant Bangui au port de Douala, au Cameroun, situé à 1.400 kilomètres à l’ouest de la capitale centrafricaine. Cette route vitale pour l’acheminement de l’aide humanitaire et des marchandises est régulièrement attaquée à plusieurs endroits par des groupes armés. Le 18 janvier, un convoi de camions humanitaires et commerciaux a été attaqué par des éléments armés près de Zoukombo, dans la préfecture de Nana-Mambere (ouest de la RCA) près de la frontière camerounaise. Trois chauffeurs de camion ont été blessés dans cette attaque et sont actuellement soignés à l’hôpital de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) à Bouar (435 kilomètres au nord-ouest de Bangui). La Coordonnatrice humanitaire en RCA, Denise Brown, et la MINUSCA ont fermement condamné cette dernière attaque. La mission onusienne a dénoncé la « tentative d’asphyxie » de Bangui par des groupes armés, soulignant que ces derniers porteraient la responsabilité du « drame social et humanitaire » que pourrait subir la population centrafricaine. « Les attaques contre les convois commerciaux par les anti-Balaka, le 3R, le MPC et l’UPC, et leurs alliés politiques dont l’ancien président Bozizé, pourraient rendre impossible la disponibilité et l’accessibilité aux biens alimentaires, aux médicaments et à d’autres produits essentiels au fonctionnement des services publics tels que les hôpitaux », a alerté le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro, lors d’un point de presse mercredi. « Par conséquent, ces groupes armés et leurs alliés politiques sont responsables de violations graves du droit international humanitaire ainsi que des droits de l’homme consacrés dans les instruments internationaux et nationaux, notamment les Conventions de Genève de 1949 et la Constitution de la République centrafricaine », a précisé M. Monteiro. 500 camions transportant de l’aide humanitaire bloqués à la frontière camerounaise Les attaques qui perturbent la circulation sur la route MSR1 empêchent la livraison sûre et à temps de l’aide humanitaire vitale, mais aussi des marchandises commerciales depuis le Cameroun. La Force de la MINUSCA a fait de la réouverture de l’axe routier reliant Béloko (ville frontalière du Cameroun) à Bangui (48 kilomètres) une priorité pour permettre la reprise des convois. « La Force se tient prête – comme elle l’a fait pour les 90 camions bloqués à Bangui – à assurer la sécurité sur l’axe, en liaison avec les forces de défense et de sécurité centrafricaines », a précisé son porte-parole, le Lieutenant-Colonel Abdoul-Aziz Fall, soulignant toutefois que la menace des groupes armés persiste. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), plus de 1.600 camions sont bloqués à la frontière avec le Cameroun. 500 de ces véhicules transportent des fournitures humanitaires de l’ONU et de ses partenaires, telles que de la nourriture, des médicaments et des articles non alimentaires. La perturbation des approvisionnements routiers vers et à l’intérieur de la RCA a entraîné des flambées significatives des prix des denrées alimentaires des produits importés et produits localement à travers le pays. Pendant ce temps, plus d’un tiers de la population centrafricaine, 1,9 million de personnes, est confrontée à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë. OCHA estime que 2,8 millions de personnes – plus de la moitié de la population de la RCA – auront besoin d’une aide et protection humanitaires en 2021. Les tensions et violences qui visaient à perturber le processus électoral et les élections du 27 décembre dernier ont provoqué le déplacement de près de 200.000 personnes à l’intérieur du pays. Environ la moitié sont rentrées depuis, a précisé le bureau de coordination humanitaire onusien.
Les ultra-riches ont récupéré les pertes dues à la crise en un temps record alors que des milliards de personnes vivront en situation de pauvreté pour la prochaine décennie
En neuf mois seulement, les 1 000 personnes les plus riches au monde sont déjà parvenues à compenser les pertes qu’elles avaient subies du fait de la crise causée par la COVID-19. En parallèle, il faudra plus de dix ans aux personnes les plus pauvres pour se relever des impacts économiques de la pandémie, selon le nouveau rapport d’Oxfam. Le virus des inégalités est publié le jour de l’ouverture des « Dialogues de Davos » organisés par le Forum économique mondial. Ce rapportmontre que la COVID-19 pourrait accroître les inégalités économiques simultanément dans la quasi-totalité des pays du monde, une première depuis que ce type de données a commencé à être enregistré, il y a plus d’un siècle. À l’échelle mondiale, il pourrait falloir au moins 14 fois plus de temps à l’humanité pour que le nombre de personnes vivant dans la pauvreté retrouve le niveau enregistré avant la pandémie qu’il a fallu aux 1 000 milliardaires les plus riches, dont la plupart sont des hommes blancs, pour récupérer la fortune qu’ils avaient perdue. Une nouvelle enquête d’Oxfam menée auprès de 295 économistes dans 79 pays révèle que 87 % des personnes interrogées, dont Jeffrey Sachs, Jayati Ghosh et Gabriel Zucman, s’attendent à ce que les inégalités de revenus dans leur pays s’intensifient ou s’intensifient fortement du fait de la pandémie. Le rapport d’Oxfam montre comment notre système économique biaisé permet à une élite d’ultra-riches d’amasser des richesses considérables pendant la récession la plus dramatique que nous ayons connue depuis la Grande Dépression, alors que des milliards de personnes ont du mal à joindre les deux bouts. Il met en lumière l’effet néfaste de la pandémie sur les inégalités économiques, raciales et de genre ancrées depuis longtemps dans nos sociétés. · Pour les plus riches, la récession est terminée. Les dix hommes les plus riches du monde ont vu leur fortune totale augmenter de plus de 500 milliards de dollars depuis le début de la pandémie, une somme qui serait amplement suffisante pour financer le vaccin contre la COVID-19 pour toutes et tous et éviter que quiconque ne sombre dans la pauvreté à cause de la pandémie. Au même moment, la pandémie a entraîné la crise de l’emploi la plus grave depuis plus de 90 ans, des centaines de millions de personnes étant désormais au chômage ou occupant des emplois précaires. · Une fois de plus, les femmes sont les plus durement touchées. Dans le monde, les femmes sont surreprésentées dans les professions précaires et peu rémunérées les plus durement touchées par la pandémie. Si le taux de représentation des femmes était le même que celui des hommes dans ces secteurs, 112 millions de femmes ne risqueraient plus de perdre leurs revenus ou leur emploi. À l’échelle mondiale, les femmes constituent également environ 70 % de la main-d’œuvre du secteur de la santé et du secteur social, des professions essentielles mais souvent faiblement rémunérées qui les rendent plus vulnérables à une infection au coronavirus. · Les inégalités tuent. Au Brésil, les personnes afrodescendantes sont 40 % plus susceptibles de mourir de la COVID-19 que les personnes blanches. Aux États-Unis, les populations noires et hispaniques auraient déploré près de 22 000 morts de moins si leurs taux de mortalité face à la COVID-19 avaient été les mêmes que ceux des personnes blanches. Les taux d’infection et de mortalité sont plus élevés dans certaines zones plus modestes, par exemple en France, en Inde et en Espagne. En Angleterre, les taux de mortalité de la COVID-19 dans les régions les plus pauvres sont quant à eux deux fois plus élevés que ceux des régions les plus riches. · Sans économies plus justes, nous ne pouvons espérer une reprise économique rapide à l’issue de cette pandémie. Un impôt temporaire sur les bénéfices excédentaires réalisés par les 32 multinationales ayant gagné le plus au cours de la pandémie aurait pu générer 104 milliards de dollars en 2020. Cette somme suffirait à offrir des indemnités chômage à l’ensemble des travailleurs et travailleuses, ainsi qu’un soutien financier à tous les enfants et à toutes les personnes âgées des pays à revenu faible et intermédiaire. Gabriela Bucher, directrice générale d’Oxfam International, a déclaré : « Nous risquons de faire face à une augmentation des inégalités sans précédent depuis que ce type de données est enregistré. L’énorme fossé entre riches et pauvres est aussi dévastateur que le virus lui-même. « Notre système économique biaisé concentre les richesses entre les mains d’une élite fortunée qui traverse la pandémie dans le plus grand des luxes, alors que les personnes en première ligne de cette crise (vendeurs et vendeuses, soignant-e-s et commerçant-e-s travaillant sur les marchés) peinent à payer leurs factures et à se nourrir. « Les femmes et les groupes raciaux et ethniques marginalisés font les frais de cette crise. Ils et elles sont plus susceptibles de se retrouver en situation de pauvreté, de ne pas pouvoir manger à leur faim et d’être exclu-e-s de l’accès aux services de santé. » Malgré la persistance de la récession dans l’économie réelle, la fortune des milliardaires s’est reconstituée, les marchés boursiers s’étant redressés. Leur fortune totale avait atteint 11 950 milliards de dollars en décembre 2020, un chiffre équivalent aux sommes consacrées par tous les gouvernements du G20 à la lutte contre les répercussions économiques de la COVID-19. Pour les personnes qui étaient déjà en difficulté avant la crise de la COVID-19, le chemin vers la stabilité économique sera beaucoup plus long. Lorsque le virus est apparu, plus de la moitié des travailleurs et travailleuses des pays pauvres vivaient dans la pauvreté et les trois quarts des travailleurs et travailleuses du monde entier n’avaient pas accès à une protection sociale, comme des indemnités maladie ou chômage. Selon Gabriela Bucher : « Les inégalités extrêmes ne sont pas une fatalité, elles relèvent de choix politiques. Les gouvernements du monde entier ne doivent pas laisser passer cette opportunité de mettre en place un système économique plus équitable et plus inclusif, un système qui protégerait la planète et éradiquerait la pauvreté. « La lutte contre les inégalités doit être au cœur des efforts de reprise et de sauvetage
« Racoeur » de Héritier Watanabe sur le plateau du Journal Afrique de TV5MONDE
Cameroun: Lilian Thuram, Citoyen d’Honneur de la ville de Douala (Africa 24)
Un nouveau rapport sur les médias africains révèle que l’histoire de l’Afrique est racontée essentiellement sur la base de sources occidentales
Selon un nouveau rapport de l’organisation Africa No Filter, un tiers des articles sur l’Afrique publiés par les organes d’information du continent proviennent d’agences de presse étrangères. Intitulé « How African Media Covers Africa » (Comment les médias africains couvrent l’Afrique), le rapport souligne le fait que les récits concernant l’Afrique continuent d’être présentés à travers le prisme des mêmes stéréotypes et points de vue négatifs et tenaces sur la pauvreté, la maladie, les conflits, la médiocrité de la gouvernance et la corruption. Dans le cadre de l’enquête menée entre septembre et octobre 2020, 38 rédacteurs africains ont été interrogés et le contenu de 60 médias africains de 15 pays (Botswana, Afrique du Sud, Zambie, Zimbabwe, RDC, Égypte, Tunisie, Tanzanie, Éthiopie, Kenya, Rwanda, Ouganda, Ghana, Nigeria et Sénégal) a été analysé. En outre, quatre groupes de discussion ont réuni 25 rédacteurs en chef de médias africains, d’agences panafricaines et des correspondants internationaux. Les résultats confirment les défis et expériences qui sont de notoriété publique dans le secteur : les recettes publicitaires et le nombre de salles de rédaction diminuent – ce qui a une incidence sur le type d’informations que les Africains lisent – et les actualités sont majoritairement négatives et liées à des conflits. Les principales conclusions du rapport soulignent que les sources de collecte des informations sur les pays africains sont problématiques, que les contenus qui en résultent continuent à faire le lit de stéréotypes éculés, et que la qualité du journalisme local rend souvent impossible la production d’une narration nuancée et mise en contexte, essentielle lorsqu’il s’agit d’écrire des articles sur les 54 pays africains. 63% des médias interrogés n’ont pas de correspondant dans d’autres pays d’Afrique. Un tiers de toute la couverture de l’Afrique est issue de sources non africaines, l’AFP et la BBC représentant un quart de tous les articles recensés dans les médias africains sur d’autres pays africains. La contribution des agences de presse africaines est faible. 81% des articles analysés entrent dans la catégorie « hard news » (actualités factuelles) – ex. conflits et crises déclenchés par des événements donnés – et sont de nature principalement politique. 13% des informations sont axées spécifiquement sur la violence politique, les troubles civils et les conflits armés. L’Afrique du Sud, suivie de l’Égypte, sont les pays dont la couverture est la plus diversifiée et pas nécessairement liée à des événements d’actualité, ce qui signifie que ces deux pays sont probablement les « mieux connus » du continent. « Les médias ont une énorme influence sur l’établissement de la ligne éditoriale et sur le choix des articles consacrés à l’Afrique », déclare Moky Makura, directrice générale d’Africa No Filter. « L’enquête a montré clairement que, malgré des années d’indépendance, ce ne sont toujours pas les Africains qui tiennent la plume lorsqu’il s’agit d’écrire les histoires qui les concernent. Plus important encore, au travers des articles que nous partageons dans nos médias, nous continuons à colporter l’image d’une Afrique divisée, dépendante et manquant d’engagement. Il faut que nous reprenions la plume. » Africa No Filter est une organisation à but non lucratif fondée il y a un an pour mettre fin aux récits stéréotypés et néfastes sur l’Afrique grâce à la recherche, au plaidoyer et à l’octroi de subventions. L’organisation est financée par la Fondation Ford, Bloomberg, la Fondation Andrew W. Mellon, Luminate, la Fondation Open Society, Comic Relief, la Fondation Hilton et le British Council. Moky Makura a ajouté : « Paradoxalement, 50% des rédacteurs en chef interrogés estiment que leur couverture des pays africains autres que le leur ne contient pas de stéréotypes. Cela signifie clairement que nous devons faire de gros efforts pour nous auto-éduquer et changer le rôle que nous jouons dans la perpétuation de stéréotypes dépassés sur nous‑mêmes. Les récits ont une grande importance et leur influence va au-delà de la simple narration. Ils ont un impact sur l’investissement en Afrique, sur la jeunesse et les opportunités que les personnes perçoivent dans leurs pays, sur la migration, la créativité et l’innovation. » À la suite de ce rapport, Africa No Filter a décidé de lancer la toute première agence de presse du continent qui se concentrera sur des récits ayant pour sujet la créativité, l’innovation, les arts, la culture et la dimension humaine, afin de combler cette lacune du secteur. Par APO
La CGEM coopte la Fédération marocaine de l’externalisation des services (FMES) en tant que Fédération statutaire
Conformément aux dispositions de ses Statuts et de son Règlement Intérieur, la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) a coopté la Fédération Marocaine de l’Externalisation des Services (FMES) en tant que Fédération Sectorielle Statutaire Externe. À ce titre, la FMES disposera d’un siège au Conseil d’Administration de la CGEM. Cette fédération représente l’ensemble des entreprises opérant dans les métiers de l’externalisation des services au Maroc, un secteur stratégique notamment grâce à son potentiel de création d’emplois et à sa contribution à la balance commerciale. L’externalisation des services fait également partie des activités les plus génératrices de devises avec un chiffre d’affaires de 14 milliards de dirhams réalisé en 2019. Ce secteur dispose aussi d’un grand potentiel de gain de parts de marché au niveau mondial. Le Maroc est d’ailleurs classé n°1 en outsourcing en Afrique francophone. “Nous sommes ravis de rejoindre la CGEM en tant que fédération statutaire et remercions sa Présidence pour le travail de concertation mené. Au sein de la Confédération, nous ambitionnons d’élaborer et de déployer un plan d’actions stratégique pour accélérer le développement du secteur de l’externalisation des services et renforcer le positionnement du Maroc en tant que hub de l’externalisation de métiers à haute valeur ajoutée”, souligne M. Youssef CHRAÏBI, Président de la FMES. Notons que la FMES a absorbé l’Association Marocaine de la Relation Client (AMRC) qui représentait jusqu’alors les membres historiques des centres de contact au Maroc. Sa cooptation par la CGEM fait suite à la décision du Conseil d’Administration de la Confédération, en date du 24 septembre 2020, lors duquel les Administrateurs ont pris acte des critères d’identification d’une activité sectorielle représentée au sein de la CGEM, à savoir le poids et les perspectives de développement de celle-ci, la cohérence avec les objectifs stratégiques du pays et le degré de maturité de la représentation sectorielle.