Le Fonds de développement urbain et municipal de la Banque africaine de développement intègre six nouvelles villes à son programme d’accompagnement en planification urbaine

Le 13e Comité de supervision du Fonds de développement urbain et municipal (UMDF, sigle en anglais pour Urban and Municipal Development Fund) de la Banque africaine de développement a approuvé l’élargissement du « Programme des villes africaines » à six nouvelles municipalités du continent. Le programme, un des piliers de l’action du Fonds, consiste à accompagner des villes africaines dans l’élaboration de plans d’investissement structurants à court, moyen et long terme. Le programme concerne les villes suivantes : Kolwezi, ville minière du sud de la République démocratique du Congo, confrontée à une croissance urbaine rapide et à d’importants enjeux environnementaux ; Grand Nokoué, ville de plus de deux millions d’habitants et poumon économique du Bénin ; Buffalo City, cité côtière sud-africaine pour laquelle la résilience climatique est une priorité ; Joal, une ville moyenne du Sénégal, qui cherche à davantage intégrer les enjeux environnementaux et sociaux dans son développement économique ; Juba, au Soudan du Sud, qui priorise la fourniture de services de base pour une population croissante et particulièrement vulnérable et ; Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, qui envisage de combiner des projets sur la résilience climatique, la mobilité urbaine et l’énergie durable. Pour ces municipalités, le Fonds de développement urbain et municipal financera un programme d’accompagnement de plusieurs mois, au cours duquel sera réalisé un diagnostic précis des points forts et des vulnérabilités de chacune de ces villes, notamment au regard des enjeux économiques, sociaux, climatiques et de genre. Il s’agira ensuite d’identifier des projets d’infrastructure transformateurs autour desquels fédérer les bailleurs de fonds publics et privés. Le Comité de supervision de l’UMDF, qui a pour mandat de superviser le Fonds et d’impulser ses principales orientations stratégiques, a pris cette décision lors de sa réunion des 19 et 20 juin 2024 à Tunis. Lors de cette rencontre, le Comité a passé en revue les avancées et les résultats du Fonds, ainsi que son programme de travail pour l’année 2024 qui prévoit d’allouer plus de 4,7 millions de dollars pour faciliter l’identification et la maturation de projets d’infrastructure urbains. Le comité, composé de représentants des donateurs du Fonds, est présidé par D. Menebhi, Program Manager au secrétariat d’État à l’économie de la Suisse. Les représentants des donateurs et les équipes de l’UMDF ont échangé à l’issue de leur session avec les représentants de la municipalité de Tunis et du ministère de l’Environnement sur les avancées des activités soutenues par le Fonds en Tunisie. L’UMDF finance à hauteur de 500 000 dollars l’élaboration d’un projet de centre de collecte et de retraitement des déchets destiné à faire face aux besoins de la zone du Grand Tunis et à développer l’économie circulaire. Mike Salawou, directeur du Département infrastructures, villes et développement urbain à la Banque africaine de développement, a chaleureusement remercié les donateurs pour leur soutien. Il s’est engagé à renforcer l’efficacité opérationnelle du fonds ainsi que sa capacité à mobiliser davantage de financements et de partenariats pour plus d’impact : « La question du développement urbain est au cœur de la nouvelle stratégie décennale de la Banque 2024-2033, dont le Fonds de développement urbain et municipal est un instrument stratégique de mise en œuvre », a-t-il souligné. La stratégie décennale de la Banque 2024-2033 comporte notamment des données et recherches issues de publications financées par le Fonds et ses partenaires. Fondé en 2019 et doté d’un budget de 50 millions de dollars, le Fonds de développement urbain et municipal est un fonds fiduciaire administré par la Banque africaine de développement. Ses contributeurs sont le Fonds nordique de développement ainsi que les gouvernements du Danemark, de l’Espagne et de la Suisse, et l’Agence wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers. Au cœur des priorités partagées par la Banque africaine de développement et par les bailleurs du Fonds figurent notamment l’adaptation et la résilience des villes africaines aux changements climatiques, ainsi que l’amélioration de l’accès des villes et collectivités locales aux circuits de financement publics et privés. Sur ce second thème, porté par le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, lors du dernier Africa Investment Forum(le lien est externe), le Fonds est appelé à jouer un rôle de catalyseur.
Cultiver l’espoir : la voie vers l’autonomisation des producteurs de cacao ivoiriens

Par un matin brumeux, dans une région rurale de la Côte d’Ivoire, Delphine Papo rompt avec sa routine habituelle. Au lieu de parcourir quatre kilomètres dans le brouillard pour rejoindre sa plantation de cacao, elle se rend à une séance de formation spéciale. La Société Coopérative agricole des Frères unis de Watté (SCAUW) organise une démonstration sur la fertilisation des cacaoyers, et Delphine est impatiente d’y assister. « J’ai entendu d’autres agriculteurs dire que leur récolte avait considérablement augmenté après avoir participé aux formations à la ferme des coopératives de la SCAUW. Je veux m’inscrire aujourd’hui pour avoir accès aux engrais, les appliquer correctement dans mon champ, augmenter mes rendements et mieux subvenir aux besoins de mes enfants ». En Côte d’Ivoire, la plupart des petits exploitants agricoles se procurent des engrais par le biais de crédits informels, de coopératives et d’institutions de microfinance, motivés par l’espoir de voir augmenter les rendements de leurs cultures. Cependant, une mauvaise application de ces engrais conduit souvent à des déceptions, les récoltes et les revenus n’étant pas à la hauteur des attentes. Aujourd’hui, à Watté, une banlieue de la ville portuaire de San Pedro, dans le sud-ouest du pays, Delphine a rejoint six autres producteurs de cacao, dont Étienne Bardo, pour la session de formation mobile aux meilleures pratiques agricoles, baptisée OCP School Lab. À l’ombre des cacaoyers, avec des affiches en guise de tableau noir et des machettes et engrais comme matériel de cours, la session démarre. Les apprenants écoutent attentivement les instructeurs qui leur montrent les doses d’engrais et les techniques d’application appropriées pour les cacaoyers. Ils présentent également les pratiques de taille et de binage recommandées. L’accent est mis sur l’épandage de l’engrais en cercle, à un mètre du tronc de l’arbre. Delphine et Étienne ont été sélectionnés pour reproduire la démonstration. Alors qu’ils exécutent les étapes de mémoire — taille, élagage, binage et épandage — Delphine a une révélation. « Si je compare la façon dont j’applique l’engrais aujourd’hui à mon ancienne méthode, c’est comme si je comparais le jour et la nuit », admet-elle. « Je vois maintenant ce que je dois changer. » Cette expérience transformatrice est rendue possible grâce au projet de garantie commerciale du Mécanisme africain de financement du développement des engrais en Côte d’Ivoire. Le programme de garantie de deux millions de dollars permet à des agriculteurs comme Delphine et Étienne de bénéficier d’un renforcement de leurs capacités en matière d’utilisation des engrais et de meilleures pratiques agricoles. Il les aide également à obtenir des engrais à crédit auprès d’OCP Africa, un distributeur international d’engrais. Les agriculteurs versent une avance de 20 % et paient les 80 % restants après la récolte. L’initiative va au-delà de la simple fourniture d’un accès aux engrais. Elle permet aux petits exploitants agricoles d’acquérir les compétences techniques et le savoir-faire nécessaires pour améliorer leurs rendements et leurs revenus. Étienne regarde sa plantation avec un espoir renouvelé : « Ma plantation a complètement changé depuis que j’ai commencé à appliquer les engrais de SCAUW. Je suis sûr que mes rendements vont s’améliorer. Je vais acheter une voiture, envoyer mes enfants à l’école et ensuite construire ma maison. » L’approche holistique, qui combine l’utilisation d’engrais et les meilleures pratiques agricoles, vise à améliorer la productivité et à autonomiser les agriculteurs de Côte d’Ivoire. En tant que solution financière innovante, la garantie de crédit commercial vise à débloquer l’accès à des engrais de qualité et abordables, favorisant ainsi un paysage agricole prospère à travers l’Afrique.
La Banque africaine de développement nomme Lamin Barrow au poste de directeur général pour l’Afrique de l’Ouest

Le Groupe de la Banque africaine de développement a nommé Lamin Barrow, économiste de formation, au poste de directeur général pour l’Afrique de l’Ouest à compter du 1er juin 2024. De nationalité gambienne, M. Barrow apporte à ce nouveau poste une connaissance approfondie et une riche expérience, ayant rejoint la Banque africaine de développement en 2000. Avant cette nomination, il était Directeur supérieur du Bureau du Nigéria, au sein de la vice-présidence du Développement régional, de l’Intégration et de la Prestation de services. L’expertise de M. Barrow couvre les domaines de l’analyse politique, de la gestion stratégique, du financement de projets, de l’intégration régionale et des partenariats public-privé. À la tête du Bureau du Nigéria, M. Barrow a considérablement renforcé la coopération au développement de la Banque avec le gouvernement fédéral du Nigéria et a forgé des partenariats stratégiques avec des parties prenantes clés. Il a géré le portefeuille de 4,5 milliards de dollars de la Banque au Nigéria et a piloté le déploiement d’initiatives phares. Parmi les initiatives notables figurent le lancement des Zones spéciales de transformation agro-industrielles et le Programme d’investissement dans les entreprises numériques et créatives (iDICE). Depuis qu’il a rejoint la Banque en qualité d’analyste financier supérieur au sein du Département des infrastructures, M. Barrow a occupé d’autres postes, notamment celui de chargé de programme pays principal au Bureau pays pour le Rwanda, de représentant résident en Éthiopie et de chef de la Division des opérations, de l’appui technique et des approches régionales au sein du Département de l’appui aux États en transition. Il a également occupé le poste de chef de cabinet du président, avec un rang de directeur, et de directeur du Bureau d’appui du secrétariat conjoint de la Banque africaine de développement, de la Commission de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique. Avant de rejoindre la Banque africaine de développement, M. Barrow a travaillé à l’Office national d’investissement de Gambie en qualité de chef de l’unité de développement de projets et de chef de la division chargée de la promotion et du développement des exportations. Il a également occupé le poste d’économiste principal au sein de l’unité d’analyse des politiques du cabinet du président de la République de Gambie, et a travaillé pour la société pour l’habitat et le logement en Afrique (Shelter Afrique). M. Barrow est titulaire d’un master de politique économique de l’université de Boston, aux États-Unis, et d’une licence de sciences économiques de l’université d’Ibadan, au Nigéria. Il a également suivi des programmes de formation de cadres sur la finance, dispensés par la Wharton Business School de l’université de Pennsylvanie (États-Unis), et des programmes d’investissement et d’analyse des risques de la Queen’s University (Canada). « Je tiens à remercier le président Adesina pour sa confiance et cette grande opportunité qui m’est offerte d’assumer cette nouvelle fonction et de contribuer davantage à la mise en œuvre des initiatives de la Banque à l’appui des programmes de développement des pays d’Afrique de l’Ouest », a déclaré M. Barrow à propos de sa nomination. Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a salué la nomination de M. Barrow : « Monsieur Barrow possède des connaissances approfondies et une grande expérience dans la gestion des opérations de la Banque, du dialogue avec les pays, et des relations avec les décideurs gouvernementaux de haut niveau. Avec la solide expérience qu’il a acquise en tant que Directeur principal du Bureau du Nigéria, il est bien placé pour diriger l’équipe de l’Afrique de l’Ouest, qui détient le portefeuille le plus important de la Banque. Il mettra sa riche expérience au service d’une efficacité opérationnelle accrue, améliorant la qualité globale du portefeuille de la Banque dans la région de l’Afrique de l’Ouest afin d’obtenir des effets significatifs sur le développement. »
La Banque africaine de développement nomme Léandre Bassolé au poste de directeur général adjoint pour la région Afrique de l’Est

La Banque africaine de développement a nommé Léandre Bassolé, spécialiste chevronné du développement économique, au poste de directeur général adjoint de la région Afrique de l’Est, avec effet au 1er juin 2024. De nationalité burkinabè, Léandre Bassolé a plus de dix-huit ans d’expérience en matière de dialogue de haut niveau sur les politiques, de prestation de services consultatifs et de conception de stratégies et de programmes pays. Il a mis en œuvre avec succès des opérations et des programmes à fort impact dans diverses régions d’Afrique, notamment en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale, en Afrique de l’Est et en Afrique australe, travaillant dans des pays à revenu intermédiaire et dans des États en transition. Avant cette nomination, M. Bassolé était chef du bureau pays de la Banque en Guinée. À ce poste, il a coordonné et piloté les réformes stratégiques, établi un dialogue de haut niveau avec les autorités gouvernementales et les partenaires au développement, en mettant l’accent sur la préparation et la mise en œuvre des stratégies de développement économique. Il s’est également occupé du cofinancement, de l’intégration régionale, de la mobilisation des ressources nationales, des réformes du secteur public, des réformes du développement du secteur privé, de la gestion des finances publiques, de la gouvernance et des partenariats stratégiques. Sous sa direction, l’engagement de la Banque en Guinée est passé de 240 millions de dollars en 2017 à 728 millions de dollars en 2023, positionnant la Banque comme un partenaire de choix pour soutenir les opérations à fort impact sur le développement. M. Bassolé a rejoint le Groupe de la Banque en 2009 en tant que jeune professionnel et a ensuite occupé le poste de macroéconomiste supérieur (2012-2017), couvrant sept pays : Cabo Verde, Comores, Mali, Burundi, Madagascar, Sénégal et Rwanda. Dans le cadre de cette fonction, il a conçu et mis en œuvre un large éventail de réformes en matière de politiques et d’opérations d’appui institutionnel dans divers secteurs, notamment la gouvernance, l’agriculture, l’industrie, les mines, les transports, les infrastructures, l’énergie, la santé, l’éducation et les changements climatiques. L’un de ses accomplissements notables a été de mettre en place à Madagascar en 2016, le programme d’appui budgétaire le plus innovant, combinant pour la première fois des instruments de prêt et de garantie partielle de crédit pour un pays membre du Fonds africain de développement. Cette initiative a permis de tirer parti des opérations de la Banque, d’appuyer la politique budgétaire et les réformes structurelles afin de favoriser la croissance économique et la réduction de la pauvreté, et d’aider le pays à accéder aux marchés de capitaux. Avant de rejoindre le Groupe de la Banque africaine de développement, M. Bassolé a travaillé comme chercheur et spécialiste de l’impact sur le développement dans diverses institutions universitaires et internationales, dont le Centre national de la recherche scientifique en France, et le Groupe de la Banque mondiale, où il a été membre de l’équipe centrale travaillant sur le Rapport sur le développement dans le monde de 2008, consacré à l’agriculture au service du développement. S’exprimant au sujet de sa nomination, M. Bassolé a déclaré : « Je suis très reconnaissant au président Akinwumi Adesina pour la confiance qu’il m’accorde en me nommant à ce poste. Je suis également très honoré de travailler sous sa direction dans la région de l’Afrique de l’Est, avec une équipe talentueuse et performante, et de contribuer à l’amélioration de la qualité de vie des populations de cette région ». Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, M. Akinwumi A. Adesina, a commenté : « Je suis heureux de nommer M. Léandre Bassolé au poste de directeur général adjoint pour la région Afrique de l’Est. Léandre, un économiste chevronné et un professionnel respecté, possède une connaissance et une expérience approfondies de l’élaboration et de la gestion des stratégies et des opérations pays. Les solides résultats qu’il a obtenus en tant que chef de bureau pays et l’excellente réputation dont il jouit dans l’établissement de partenariats, la gestion de portefeuilles importants et l’encadrement d’équipes aideront la Banque à accélérer l’exécution de son mandat en Afrique de l’Est ».
La Banque africaine de développement nomme Chioma Onukogu au poste de directrice des affaires et procédures du Conseil d’administration

NOMINATION. La Banque africaine de développement a nommé Chioma Angela Onukogu au poste de directrice des affaires et procédures du Conseil d’administration, au sein du Bureau du secrétaire général et du Secrétariat général, avec prise d’effet au 16 avril 2024. De nationalité nigériane, Mme Onukogu compte plus de 25 années d’expertise dans les domaines de la gouvernance institutionnelle et de la coopération internationale au développement. Sa vaste expérience comprend le maintien de l’intégrité de la structure et de la gouvernance institutionnelles de la Banque, la mobilisation des ressources et les partenariats, la gestion des portefeuilles d’opérations pays et l’organisation d’événements de haut niveau. Avant sa nomination, Mme Onukogu cumulait les fonctions de coordinatrice en chef du programme du Conseil d’administration relatif au contrôle de la qualité et de directrice par intérim des affaires et procédures du Conseil d’administration, apportant un précieux soutien au secrétaire général dans la mise en place d’un secrétariat général particulièrement efficace. Mme Onukogu a travaillé auparavant comme chargée principale de la mobilisation des ressources et des partenariats, préparant des documents clés pour la revue à mi-parcours du FAD-13 et la reconstitution des ressources du FAD-14, mobilisant les ressources des fonds fiduciaires et gérant des partenariats. Elle a également été chargée de programme pays pour le Botswana, le Lesotho, la Namibie, le Swaziland et le Zimbabwe, coordonnant la préparation des documents de stratégie pays et assurant le suivi du portefeuille de la Banque dans ces pays. Elle est titulaire d’un master en droit des sociétés et droit commercial de l’University of London, d’un master en droit international et diplomatie de l’University of Lagos, d’un diplôme de droit de l’University of Law, à Londres et d’une licence en anglais de l’University of Lagos. S’exprimant au sujet de sa nomination, Mme Onukogu a déclaré : « Je remercie le président Akinwumi Adesina pour son leadership et je lui suis reconnaissante de la confiance qu’il m’accorde en me nommant à ce poste. Je me réjouis de travailler sous la direction du secrétaire général pour faciliter les processus de prise de décision des organes de gouvernance de la Banque et forger de meilleures relations de travail avec les actionnaires dans le cadre des efforts conjoints qu’ils déploient pour mettre en œuvre des opérations de haute qualité afin de soutenir la vision d’une Afrique prospère, inclusive, résiliente et intégrée ». Le président de la Banque africaine de développement, M. Akinwumi A. Adesina, a déclaré : « Mme Onukogu a fait ses preuves à la Banque ; elle possède une expérience professionnelle solide et variée, car elle a travaillé dans plusieurs départements clés de la Banque. Sa solide expérience dans le maintien de l’intégrité des structures et de la gouvernance institutionnelles de la Banque, ainsi que son excellente mémoire institutionnelle lui seront très utiles dans l’exercice de ses fonctions ».
La Corée s’engage à verser des milliards de dollars à l’occasion du premier sommet Corée-Afrique

La République de Corée va s’engager à fournir 14 milliards de dollars américains de financement à l’exportation pour soutenir les entreprises coréennes qui investissent en Afrique, tout en augmentant son aide publique au développement qui va passer à dix milliards de dollars d’ici à 2030. Le président coréen, Yoon Suk Yeol, l’a annoncé mardi à Séoul lors de l’ouverture du premier sommet Corée-Afrique, auquel ont participé 25 chefs d’État et de gouvernement africains, ainsi que le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina. Jusqu’à 48 pays africains ont été représentés à ce sommet par un président, un roi, un premier ministre, un vice-président ou un ministre pour discuter de « L’avenir que nous construisons ensemble : croissance partagée, durabilité et solidarité ». Le président Yoon Suk Yeol s’est engagé à ce que la Corée étende ses cadres de promotion du commerce et de l’investissement ainsi que ses accords de protection des investissements aux pays africains. Les dirigeants africains ont félicité la Corée pour son approche ouverte et mutuelle visant à renforcer la coopération avec le continent. Ils ont insisté sur les opportunités d’investissement existant dans leurs propres pays et à travers le continent. Dans son allocution, le président du Groupe de la Banque africaine de développement, M. Adesina, a évoqué le thème du sommet et a déclaré : « Pour »l’avenir que nous construisons ensemble », je souhaite demander à la Corée, en signe de solidarité avec l’Afrique, de consolider ce sommet Corée-Afrique en acceptant de réaffecter des droits de tirage spéciaux (DTS) à la Banque africaine de développement ». « L’autorisation par le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) d’utiliser jusqu’à 20 milliards de dollars de DTS pour le capital hybride, comme le préconisent nos institutions, avec l’immense soutien des chefs d’État et de gouvernement africains, vient marquer une nouvelle façon d’accroître le financement du développement », a poursuivi M. Adesina. « La limite de 20 milliards de dollars approuvée par le FMI pour la réaffectation des DTS au capital hybride, par l’intermédiaire de la Banque africaine de développement et d’autres banques multilatérales de développement, permettra d’apporter 80 milliards de dollars de nouveau soutien financier », a ajouté le président du Groupe de la Banque. M. Adesina a également vivement encouragé la Corée à contribuer généreusement à la 17e reconstitution du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Banque, ainsi qu’à l’Alliance pour des infrastructures vertes en Afrique (AGIA), une nouvelle initiative de la Banque, en partenariat avec l’Union africaine et Africa50, visant à mobiliser des financements privés pour les infrastructures vertes en Afrique. Le Fonds fiduciaire de la Coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), créé par le gouvernement coréen en 2007 et géré par la Banque, est le plus important des 17 fonds fiduciaires bilatéraux actifs de la Banque, en termes de contributions reçues et de taille du portefeuille. L’appel de M. Adesina à des engagements financiers plus importants de la part de pays plus riches, comme la Corée, fait suite à la 59e Assemblée annuelle de la Banque, où les discussions ont porté sur une réforme complète de l’architecture financière mondiale, par le biais de mécanismes de financement innovants tels que la réaffectation des DTS, et une réévaluation des pratiques défavorables en matière de gestion de la dette. Le président Adesina a salué le bilan inspirant et déterminé de la Corée en matière de développement, qui a transformé « un pays pauvre et dépendant de l’aide » en « l’un des plus grands pays donateurs au monde ». Il a souligné les relations étroites entre la Corée et la Banque, qui remontent à 1982, date à laquelle la Corée est devenue membre de la Banque. Depuis lors, a-t-il dit, la Corée « a contribué à hauteur de près de 795 millions de dollars à la Banque, au Fonds africain de développement et au Fonds fiduciaire coréen ». « Vous investissez dans la bonne institution : la Banque africaine de développement », a-t-il déclaré. Le président du Rwanda, Paul Kagamé, a déclaré que l’expérience de la Corée montrait qu’un pays pouvait être radicalement transformé en l’espace d’une génération. « Y a-t-il une raison pour que l’Afrique ne devienne pas une région à revenus élevés ? » a-t-il demandé. Samia Suluhu Hassan, présidente de la République-Unie de Tanzanie, a appelé à investir dans un programme axé sur la cuisson propre dans le cadre d’une transition énergétique juste. Elle a déclaré que l’investissement dans la cuisson propre réduirait les émissions, la déforestation et les maladies respiratoires qui affectent particulièrement les femmes et les enfants. « Nous travaillons avec M. Adesina (président de la Banque africaine de développement) afin de réunir des fonds pour ce programme », a-t-elle déclaré. Le président William Ruto a publiquement salué les innovations financières de la Banque africaine de développement. Il a demandé à la Corée d’envisager d’affecter une partie des DTS par l’intermédiaire de la Banque africaine de développement. Parmi les autres points de contact des relations bilatérales cités par M. Adesina figurent la Conférence ministérielle de coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), organisée conjointement, le Cadre d’investissement énergétique Corée-Afrique et le Fonds fiduciaire KOAFEC de 115,4 millions de dollars, qui est le plus grand fonds bilatéral de la Banque. Faisant le point sur le Cadre d’investissement énergétique Corée-Afrique de 600 millions de dollars, entériné en 2021, M. Adesina a déclaré : « Nous avons approuvé conjointement les deux premiers projets : 57 millions de dollars pour le Projet d’amélioration du réseau de transport d’électricité du Kenya et 52 millions de dollars pour le renforcement du réseau électrique de l’est de l’Éthiopie. » Mohamed Ould Ghazouani, président de la Mauritanie, président en exercice de l’Union africaine et coprésident du sommet aux côtés du président Yoon, a décrit le sommet comme une occasion pour les deux parties de renouveler leur engagement en faveur d’une croissance partagée et d’un partenariat fondé sur le respect et la confiance mutuels. Un nouveau chapitre Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a fait remarquer que le volume des échanges commerciaux entre l’Afrique et la Corée reste insignifiant. « En 2022, l’Afrique représentait 2 % des échanges commerciaux de la Corée », a déclaré M. Mahamat, qui a appelé à promouvoir les relations commerciales bilatérales, à intensifier les échanges dans le secteur
Maurice : la Banque africaine de développement accorde un prêt de 240 millions de dollars pour soutenir la diversification et la compétitivité de l’économie

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé le 22 mai 2024 à Abidjan, un prêt de 240 millions de dollars américains à l’île Maurice pour mettre en œuvre la deuxième phase du Programme d’appui à la compétitivité et à la résilience économiques. « Après l’approbation et la réalisation de la première phase du Programme en 2023, cette deuxième phase a pour objectif de continuer à appuyer l’amélioration de la diversification et la compétitivité de l’économie, en vue de renforcer la résilience et parvenir à une croissance plus inclusive et durable. Le programme proposé doit ainsi soutenir la reprise économique après la pandémie de Covid-19, à travers de vastes réformes pour améliorer l’environnement des affaires et dans le secteur réel », a déclaré Kennedy Mbekeani, responsable pays de la Banque africaine de développement à Maurice. Le programme prévoit de soutenir plusieurs mesures gouvernementales. Il s’agit de l’approbation par le gouvernement du projet de loi sur la pêche, un projet de loi-cadre visant à combler les lacunes de la législation actuelle, en particulier dans les domaines de la pêche non réglementée et de l’application des sanctions. Cela contribuera à dynamiser le secteur de la pêche et offrira aux Mauriciens de nouvelles opportunités d’emploi et de revenus. Une autre mesure concerne l’approbation de la Feuille de route et du Plan stratégique pour les secteurs relevant de l’agriculture et de l’élevage 2024-2030. Cette mesure se concentre sur trois domaines principaux : augmenter la production pour une sécurité alimentaire résiliente ; promouvoir une production durable et résiliente et ; promouvoir l’entreprenariat et l’agro-industrie. La deuxième phase du programme accompagnera également l’installation de panneaux solaires sur les toits (kits solaires de 1,5 kilowattheure) pour les ménages modestes. Les bénéficiaires obtiendront une réduction de 75 kWh sur leur facture d’électricité mensuelle pendant 20 ans. L’objectif est non seulement de promouvoir la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais également de contribuer à réduire la pauvreté pour ce type de clients. Les bénéficiaires directs du programme sont le ministère mauricien des Finances, de l’Économie, du Plan et du Développement et plusieurs autres ministères en charge des domaines couverts par l’opération. Le secteur privé, pour sa part, bénéficiera de meilleures opportunités d’investissement dans l’agro-industrie.
Niger : le secteur privé appelle la Banque africaine de développement à des investissements massifs pour dynamiser davantage l’économie nationale

Le secteur privé du Niger, vaste pays sahélien d’Afrique de l’Ouest confronté depuis quelques années à une crise sécuritaire appelle le Groupe de la Banque africaine de développement à investir massivement dans le pays pour dynamiser davantage l’économie la plus performante d’Afrique en 2024. S’exprimant le 15 mai dernier devant la vice-présidente du Groupe de la Banque chargée du Développement régional, de l’Intégration et de la Prestation de services, Marie-Laure Akin-Olugbade, les membres du secteur privé ont demandé « un plan Adesina » (du nom du président du Groupe de la Banque) pour redynamiser l’économie du Niger. Avec une croissance de 11,2%, l’économie du Niger sera la plus performante d’Afrique en 2024, selon la Banque africaine de développement. Cinq autres propositions ont été faites par les participants à la rencontre : apurement de la dette intérieure pour soulager les opérateurs économiques, adaptation de l’offre de produits financiers des banques commerciales aux besoins réels de financement, recrutement de profils adaptés pour accompagner les PME/PMI et mise en relation des femmes entrepreneures, notamment dans le secteur de la transformation des produits agricoles en facilitant leur accès aux produits de l’Initiative pour favoriser l’accès des femmes au financement en Afrique (AFAWA, sigle en anglais). Ils ont aussi souhaité une meilleure implication des structures et acteurs de la recherche-action pour améliorer la qualité des productions agricoles et de stockage et la mise en place de partenariats public-privé pour accompagner les startups du secteur agricole. Le secteur privé a aussi noté des difficultés d’accès des PME/PMI aux lignes de crédit financés par la Banque, auprès des banques commerciales locales, ainsi que l’absence de dispositif de renforcement de capacités techniques des femmes entrepreneures en gestion d’entreprise, en éducation financière et en entreprenariat. La vice-présidente a indiqué que le Niger bénéficiera de l’initiative AFAWA dont l’un des dispositifs permet de renforcer les capacités techniques des femmes entrepreneures et des Banques locales afin que celles-ci appréhendent mieux l’entreprenariat des femmes. Marie-Laure Akin-Olugbade a aussi rencontré les principaux partenaires bilatéraux et multilatéraux du Niger : Banque mondiale, Fonds monétaire international, Union européenne, Programme des Nations unies pour le développement, Fonds international pour le développement de l’agriculture, Organisation des Nations unies pour l’alimentation, Onu/Femmes, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, les ambassades des États-Unis d’Amérique et l’USAID, du Royaume-Uni, de la Turquie et les coopérations belge et italienne dans le pays. Outre l’échange d’informations sur la situation politique du pays, les partenaires ont fortement encouragé la Banque africaine de développement à reprendre sa coopération avec le Niger au profit des populations. Ils ont plaidé également pour le renforcement de la prise en compte de l’autonomisation économique des femmes dans les programmes de développement à venir et la capitalisation des acquis des réformes engagées notamment sur la digitalisation et la gouvernance des finances publiques, l’accès au financement climatique, etc. Marie-Laure Akin-Olugbade a confirmé le souhait de la Banque de renforcer la coopération avec le Niger avec un bureau pays plus étoffé de plusieurs experts en adéquation avec le programme de travail à moyen terme. Les échanges ont permis de noter la convergence dans les domaines prioritaires d’intervention à savoir l’agriculture, les transports, l’énergie, l’eau et assainissement. Sur ce point, des possibilités de partenariat entre la Banque et certains partenaires techniques financiers, notamment la Banque mondiale, peuvent être envisagées pour des financements parallèles d’opérations d’envergure disposant d’études de faisabilité complètes dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, des transports.