Bénin : le Groupe de la Banque africaine de développement accorde un don de 400 000 dollars au ministère de l’Économie et des Finances pour la mobilisation des produits des marchés des obligations durables

Le Groupe de la Banque africaine de développement a accordé un don de 400 000 dollars américains sous forme d’appui d’assistance technique au ministère de l’Économie et des Finances du Bénin pour lui permettre de diversifier et d’accroître la mobilisation des produits des marchés des obligations durables en vue de soutenir la mise en œuvre des plans nationaux de développement et de transition verte. Le don qui provient du Fonds pour le développement des marchés de capitaux, un fonds multi-donateurs, administré par la Banque africaine de développement, a été approuvé le 23 juillet 2024 à Abidjan. « L’une des priorités de la Banque africaine de développement dans le cadre de sa nouvelle stratégie décennale 2024-2033 est de soutenir les initiatives pour accroître l’accès à tous les financements liés au développement durable. En soutenant ce projet, la Banque se positionne, tant, sur le volet investissement que de l’assistance technique, pour permettre aux pays africains de pleinement profiter de leur potentiel en matière de développement durable », a déclaré M. Ahmed Attout, directeur du Département du développement du secteur financier du Groupe de la Banque. « Ce projet permettra d’élargir et approfondir l’écosystème du financement à long terme au Bénin mais aussi sur le marché régional », a-t-il ajouté. Le projet d’appui à la diversification des produits des marchés de capitaux permettra de mettre à jour le cadre d’émission obligataire lié aux Objectifs de développement durable (ODD) et l’élargir aux obligations thématiques (obligations vertes, bleues et sociales). Il permettra d’établir une stratégie nationale de développement des obligations thématiques souveraines et de former les acteurs du marché au niveau national. Le projet vise aussi à soutenir les efforts du Bénin dans sa transition verte pour l’établissement d’une stratégie d’investissement à long terme pour le climat, la croissance verte et la transition carbone avec l’identification des projets verts, et un plan de capitalisation des mécanismes domestiques de mobilisation de la finance verte. « Doter le pays de capacités pour analyser et structurer les différents produits de la finance durable, aidera le Bénin à lever le volume de financement nécessaire pour mettre en œuvre rapidement des projets alignés sur les ODD, tout en limitant les contraintes de capacités d’absorption », a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances du Bénin, M. Romuald Wadagni. « Le Bénin, depuis l’émission inaugurale d’Eurobond ODD, a franchi des étapes remarquables en matière d’innovations financières, concrétisant des programmes verts, inclusifs et porteurs de transformation. Dans un contexte de pleine expansion des marchés des obligations durables, la mise en œuvre de ce projet illustre à nouveau l’engagement du Bénin pour plus de durabilité. Ce projet permettra de capitaliser sur ces expériences pour développer davantage d’instruments diversifiés », a ajouté le ministre.
Tunisie : la Banque africaine de développement mobilise plus de 92 millions d’euros pour renforcer la compétitivité des entreprises et l’autonomisation par l’emploi

Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement a approuvé un financement de 92,3 millions d’euros en faveur de la Tunisie pour mettre en œuvre le Programme d’appui à la compétitivité des entreprises et à l’autonomisation de la population par la création d’emplois (CAP Emplois). Le financement est composé, d’un prêt de 90 millions d’euros de la Banque et d’un don de quelque 2,3 millions d’euros provenant du fonds fiduciaire We-Fi (« Women Entrepreneurs Finance Initiative ») au titre de l’Initiative pour favoriser l’accès des femmes entrepreneures au financement (AFAWA, acronyme en anglais). Le programme CAP Emplois, conçu par le ministère tunisien de l’Emploi et de la Formation professionnelle avec l’appui de la Banque, sera déployé sur quatre ans à partir de novembre 2024. Il a pour objectif de renforcer la création d’emplois pour améliorer les conditions de vie de la population et promouvoir l’inclusion économique à travers l’entrepreneuriat et le développement des compétences. Il s’agit de favoriser la création de nouvelles entreprises, la croissance et la formalisation des entreprises existantes, et un meilleur accès à des emplois de qualité pour les jeunes et les femmes. « Les résultats du profil entrepreneurial de la Tunisie (une enquête réalisée par la Banque) montrent que les entrepreneurs potentiels et établis ont un grand potentiel en termes de création d’emplois, mais qu’ils font face à des contraintes structurelles qui affectent la réalisation de leur projet d’investissement, la productivité de leur entreprise et son potentiel de croissance. Ce projet contribue à la réponse à ces facteurs. », a noté Malinne Blomberg, la directrice générale adjointe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique du Nord et responsable-pays pour la Tunisie. Parmi les contraintes qui freinent le développement des entrepreneurs tunisiens figurent notamment le niveau d’éducation, des problèmes d’accès au marché, en particulier pour les entreprises informelles. Les contraintes sont aussi liées aux difficultés à recruter des employés ayant les compétences nécessaires, un accès insuffisant à des services d’accompagnement et l’accès au financement. Le programme CAP Emplois a été conçu pour réduire ces contraintes à travers trois grands axes d’intervention. Premièrement, la formation complémentaire d’insertion (FCI) vise à transmettre aux jeunes et aux femmes en quête d’emploi, les compétences nécessaires pour accéder à des emplois salariés, notamment dans les très petites et moyennes entreprises (TPME) de leur région. Deuxièmement, l’appui à l’entreprenariat, Souk At Tanmia 2.0, a pour objectif d’étendre l’accès à des services d’accompagnement adaptés aux besoins de différentes cibles, notamment les femmes ; il vise aussi à faciliter l’accès au financement de la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS) et à développer la formalisation des entreprises en réduisant les charges sociales et en appuyant les entrepreneurs dans la gestion et la productivité de leur entreprise. Troisièmement, le développement des capacités institutionnelles afin de maximiser l’impact des différentes interventions et de faciliter la conception et la mise en place de réformes pour améliorer le cadre réglementaire de l’entreprenariat. Selon les prévisions économiques du gouvernement tunisien, le programme pourrait contribuer à la création de 118 900 emplois formels, dont 76 600 directs et 42 300 indirects. Sur la question spécifique du genre, le programme CAP Emplois, contribuera à l’amélioration des indicateurs d’emploi pour les femmes par le développement des compétences et l’appui à l’entrepreneuriat féminin. Cela comprend l’organisation de formations et l’insertion professionnelle pour au moins 50 % de femmes, la création, la formalisation et le financement d’au moins 45 % d’entreprises portées par des femmes. Le don du fonds We-Fi au titre de l’initiative AFAWA allègera les frais d’initiation de prêt destinés aux entreprises féminines et permettra d’augmenter la part de femmes entrepreneures bénéficiaires de 35 % à 45 %. « Ce programme consolide notre engagement en Tunisie en matière de promotion de l’emploi en intégrant les enseignements tirés de l’initiative Souk At-Tanmia, et les innovations opérationnelles développées par la plateforme EInA. Il poursuit les objectifs suivants : lever les contraintes liées au passage à l’échelle et à la soutenabilité financière et générer un effet de levier sur l’investissement privé », a précisé Mme Blomberg.
Perspectives économiques : la Banque africaine de développement prévoit une croissance de 4,5 % en 2024 et 5,3 % en 2025 pour Madagascar

Le Groupe de la Banque africaine développement dans son Rapport pays 2024, prévoit une activité économique vigoureuse pour Madagascar avec une perspective de croissance de 4,5 % en 2024 qui devrait grimper à 5,3 % en 2025. La croissance de la Grande île était de 4,4 % en 2023, contre 4,3 % en 2022. Le rapport dont le thème est : « Impulser la transformation de Madagascar par la réforme de l’architecture financière mondiale » a été publié, mercredi 31 juillet 2024, à Antananarivo par le bureau pays de la Banque en concertation avec le gouvernement de Madagascar. Des représentants gouvernementaux, notamment le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Max Andonirina Fontaine, la directrice de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances, Florence Andrianaivohery, des administrations publiques et du secteur privé, de la société civile et des partenaires au développement de la Grande île, ont pris part aux échanges riches et constructifs autour de ce rapport. Kevin Chika Urama, économiste en chef et vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement chargé de la Gouvernance économique et de la gestion des connaissances, est intervenu par message vidéo. Il a souligné l’importance des rapports pays qui permettent d’éclairer les politiques nationales et d’alimenter le dialogue politique des autorités avec le secteur privé et les partenaires au développement sur la transformation structurelle. Il a par ailleurs, mis l’accent sur la nécessité de réformer l’architecture financière mondiale pour contribuer à l’accélération de la transformation structurelle de Madagascar. Mme Andrianaivohery, a indiqué, pour sa part, que la réforme profonde de l’architecture financière mondiale pourrait permettre à son pays de tirer profit de nouvelles opportunités à travers la diversification des sources de financement disponibles, et d’améliorer les conditions des prêts et de faciliter l’accès à des financements innovants, pour accélérer son développement. « Le thème du rapport pays 2024 est en phase avec l’objectif du Document de stratégie-pays 2022-2026 de la Banque pour Madagascar, qui est d’accélérer la transformation structurelle de l’économie, soutenue par l’industrialisation afin de créer des emplois décents et verts », a déclaré Adam Amoumoun, responsable pays de la Banque à Madagascar. « La revue à mi-parcours du Document de stratégie-pays, qui a eu lieu en mai 2024, a montré que des résultats satisfaisants ont été enregistrés. La Banque africaine de développement consolidera ces résultats sur la période restante de la stratégie pour contribuer à accélérer la transformation structurelle du pays », a-t-il souligné. Pour le ministre Max Fontaine, les besoins de financements climatiques de Madagascar demeurent importants et il faut que la Banque appuie le pays dans la préparation des projets et la mobilisation des financements auprès des fonds verts, a-t-il souligné. Après la présentation du rapport par l’économiste pays de la Banque pour Madagascar, Hamaciré Dicko, les discussions ont porté sur les performances macroéconomiques et les perspectives, les outils pour promouvoir une croissance forte et résiliente, les progrès sur la transformation structurelle de Madagascar et les réformes de l’architecture financière mondiale. La directrice du suivi et de l’évaluation au ministère de l’Économie et des Finances, Marilys Victoire Razakamanana qui a facilité les échanges, a fait la synthèse des discussions en insistant sur la nécessité d’accroître les financements climatiques au profit de Madagascar. Le 31 juillet 2024, le portefeuille actif du Groupe de la Banque africaine de développement à Madagascar comptait 18 opérations pour un montant total de 1,16 milliard de dollars américains.
Ethiopie : la Banque africaine de développement approuve un mécanisme de garantie des opérations de financement du commerce de 40 millions de dollars en faveur de la Dashen Bank

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé un mécanisme de garantie de 40 millions de dollars en faveur de la Dashen Bank, au soutien des activités de financement du commerce en Éthiopie. Il permettra de répondre aux besoins de financement des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises locales tournées vers l’importation et l’exportation. Il vient également appuyer le commerce intra-africain, contribuant ainsi directement à la réussite de la mise en œuvre du programme de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le Groupe de la Banque offrira une garantie pouvant aller jusqu’à 100 % aux banques confirmatrices pour couvrir le risque de non-paiement de lettres de crédit avalisées par ces banques, et d’instruments de financement du commerce similaires émis par la Dashen Bank. À la suite de cette approbation, la directrice générale de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Est, Mme Nnenna Nwabufo, a déclaré : « Soutenir le commerce en Afrique est une priorité de la Banque africaine de développement. Le financement du commerce est un moteur important de la croissance économique et il est essentiel aux échanges transfrontaliers, en particulier dans les économies émergentes. Nous sommes ravis de travailler avec la Dashen Bank, partenaire solide qui dispose de connaissances étendues et d’un large réseau en Éthiopie, car une ambition commune nous anime, celle de soutenir le commerce dans toute la région. » Réagissant à la nouvelle de cette approbation, M. Asfaw Alemu, PDG de la Dashen Bank, s’est ainsi exprimé : « Nous avons satisfait aux exigences rigoureuses liées au devoir de diligence de la Banque africaine de développement, et nous sommes ravis que son Conseil d’administration ait approuvé ce fonds de garantie du financement du commerce d’un montant de 40 millions de dollars. Ce fonds, dont nous avions tant besoin, sera déterminant pour l’expansion des services commerciaux de notre banque dans le pays et la région. » Il a ajouté : « Les bonnes pratiques apprises grâce à notre engagement et le fait d’avoir passé avec succès l’exercice de vérification préalable conduit par le premier bailleur de fonds du développement à l’échelle du continent, sont des atouts inestimables dans la poursuite de la stratégie de la Dashen Bank qui aspire à devenir une banque de premier ordre en Afrique. Nous sommes impatients de renforcer notre partenariat et de tirer parti plus encore des ressources et des capacités étendues de la Banque africaine de développement et de ses partenaires, dans le but de soutenir davantage les petites et moyennes entreprises éthiopiennes florissantes dans les secteurs économiques productifs, notamment l’agriculture et l’industrie manufacturière. »
La Banque africaine de développement accompagnera la Guinée dans ses efforts de diversification de son économie et de mobilisation des ressources internes pour des projets structurants

Le Groupe de la Banque africaine de développement est disposée à accompagner la République de Guinée dans ses efforts de diversification de son économie et de mobilisation des ressources internes pour réaliser des projets structurants de développement à forts impacts socioéconomiques. Cet engagement a été réaffirmé par la vice-présidente du Groupe de la Banque chargée du Développement régional, de l’intégration et de la prestation de services, Marie-Laure Akin-Ougbade, en visite à Conakry du 11 au 13 juillet 2024. Accompagnée de M. Kevin Kariuki, vice-président chargé de l’Électricité, de l’énergie, du climat et de la croissance verte, elle s’est rendue dans le pays sur invitation des autorités nationales où elle s’est ainsi entretenue avec le Premier ministre Amadou Oury Bah, le ministre de l’Économie et des Finances, Mourana Soumah, également gouverneur de la Banque pour la Guinée ainsi qu’avec plusieurs autres ministres dont les départements mettent en œuvre des projets financés par le Groupe de la Banque. Au cours des différents entretiens, la vice-présidente s’est félicitée de la résilience dont fait montre l’économie guinéenne malgré les multiples chocs exogènes. Elle a rappelé quelques initiatives phares qui ont bénéficié de l’accompagnement de la Banque, notamment la révision des contrats miniers, l’audit des prix de transfert dans les secteurs des mines, des télécommunications, des banques et des assurances. « Nous exprimons toute notre reconnaissance au Groupe de la Banque africaine de développement pour son appui aux efforts de développement de la Guinée », a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances, magnifiant la qualité de la coopération entre la République de Guinée et « notre Banque ». Il s’est aussi félicité des progrès accomplis dans plusieurs secteurs de développement avec l’appui de la Banque et sollicité la poursuite de son accompagnement dans les secteurs clés de développement notamment celui de l’énergie confronté à de multiples défis. À l’occasion, de cette visite de haut niveau de la Banque, le gouvernement guinéen et le bureau national de la Banque en Guinée ont organisé un dîner gala pour célébrer le 60e anniversaire de la Banque africaine de développement. En plus des membres du gouvernement, plusieurs invités ont participé à cette célébration, notamment des membres du corps diplomatique, des représentants des organisations panafricaines et internationales, le secteur privé, la société civile et les coordonnateurs des projets financés par le Groupe de la Banque en Guinée. La République de Guinée est membre fondatrice de la Banque africaine de développement, aujourd’hui, l’un de ses principaux partenaires stratégiques en matière de développement. Le 30 juin 2024, le portefeuille de la Banque en Guinée comptait 30 opérations (dont une opération du fonds de préparation de projets) pour un financement total de 676 millions de dollars américains.
Madagascar : la Banque africaine de développement soutient l’évaluation du système de passation des marchés publics basée sur la méthodologie MAPS2

L’atelier de lancement du processus d’évaluation du système de passation des marchés publics de Madagascar s’est tenu le 9 juillet 2024 à Antananarivo. Soutenu par la Banque africaine de développement en collaboration avec la Banque mondiale à Madagascar, l’objectif de l’évaluation est d’aboutir à des reformes du système national des marchés publics. La ministre malgache de l’Économie et des Finances, Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison et le responsable du bureau pays de la Banque à Madagascar, Adam Amoumoun, ont présidé la rencontre à laquelle participaient le coordonnateur régional des acquisitions de la Banque, Amilcar Bilale, des partenaires techniques et financiers et des représentants d’institutions gouvernementales, du secteur privé et de la société civile. L’exercice d’évaluation fait suite à la demande du gouvernement malgache qui a sollicité l’appui de la Banque africaine de développement pour réformer le système de passation des marchés publics du pays. Depuis 2003, le système de passation des marchés de Madagascar a fait l’objet de plusieurs évaluations et des avancées ont été réalisées en vue de son alignement sur les standards internationaux. Cependant, il reste encore des améliorations à apporter. L’évaluation fournira des orientations essentielles pour une réforme durable et inclusive des marchés publics. Elle contribuera à la formulation de recommandations pour rendre le cadre de passation des marchés plus propice aux besoins du pays. La dernière évaluation complète des marchés publics remonte à l’année 2016, avant la promulgation de la loi en vigueur sur les marchés publics. « Je garde beaucoup d’espoir quant aux recommandations qui seront issues de l’évaluation du système de passation de marché de Madagascar et espère une implication et la participation totale de tous les acteurs pour assurer une appropriation des réformes qui en découleront », a déclaré, à l’ouverture des travaux de l’atelier, Mme Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison. L’objectif principal de l’évaluation est d’analyser les forces et les faiblesses du système national des marchés publics en vue d’en améliorer l’efficacité et l’efficience et de renforcer l’intégrité et la transparence dans l’utilisation des fonds publics. Il s’agit aussi d’obtenir la certification MAPS, gage de conformité à une norme universelle, normalisée et internationalement reconnue. Le chef du bureau pays de la Banque à Madagascar, Adam Amoumoun, a rappelé que « cette évaluation vise à soutenir le pays dans un processus devant aboutir à la mise en place d’un système de passation des marchés publics plus moderne, efficace, simplifié, durable et plus inclusif, à travers les réformes qui seront mises en œuvre ». Il a assuré la ministre de l’Économie et des Finances de l’engagement continu du Groupe de la Banque africaine de développement à poursuivre son accompagnement au gouvernement pour le développement socioéconomique de Madagascar. Les activités liées à l’évaluation s’étalent sur plusieurs mois, suivant un protocole universel qui implique la participation active de plusieurs parties prenantes dont les autorités nationales, le secteur privé, la société civile, ainsi que les partenaires techniques et financiers. La méthodologie MAPS II est un outil universel reflétant les principaux cadres internationaux de passation des marchés tels que la Loi type de la Commission des Nations unies pour le droit commercial international sur la passation des marchés publics (2011), les directives de l’Union européenne sur la passation des marchés publics (2014) et les cadres de passation des marchés utilisés par les banques multilatérales de développement.
Afrique du Sud : la Banque africaine de développement approuve un prêt de 18,85 milliards de ZAR (un milliard de dollars) à Transnet pour son plan de redressement

La Banque africaine de développement a approuvé, vendredi 12 juin 2024 à Abidjan, un prêt d’entreprise adossé à une garantie souveraine de 18,85 milliards de ZAR (un milliard de dollars américains) à Transnet, l’opérateur ferroviaire public sud-africain qui gère également les ports et les oléoducs. Le prêt de 25 ans approuvé par le Conseil d’administration du Groupe de la Banque facilitera la première phase du plan d’investissement quinquennal de 152,8 milliards de ZAR (8,1 milliards de dollars) de la société, qui vise à améliorer sa capacité existante avant de l’étendre aux segments prioritaires de l’ensemble de la chaîne de valeur du transport. Transnet a été confrontée à des défis opérationnels, principalement dans les secteurs critiques des chemins de fer et des ports, en raison du sous-investissement dans les infrastructures et les équipements, du vol et du vandalisme, et de chocs externes tels que les inondations et les effets de la pandémie de Covid-19. La compagnie s’est engagée à relever les défis du passé, à promouvoir l’intégrité et à améliorer l’efficacité au sein de l’organisation. Elle a progressé dans certains domaines clés, notamment dans les réformes de la gouvernance, de la passation des marchés et de la gestion financière. Le plan de redressement, lancé en octobre 2023, vise à réhabiliter l’infrastructure et à accélérer la relance des opérations sur une période de dix-huit mois, en se concentrant sur le rétablissement des performances opérationnelles et des volumes de fret pour répondre aux demandes des clients. Après l’approbation, Solomon Quaynor, vice-président de la Banque africaine de développement chargé du Secteur privé, de l’Infrastructure et de l’Industrialisation, a souligné l’importance de ce soutien : « Transnet, gardien des infrastructures de transport et de logistique essentielles de l’Afrique du Sud, joue un rôle indispensable dans l’économie du pays, en assurant un système de fret compétitif et en servant de porte d’entrée à la région de la Communauté de développement des États de l’Afrique australe (SADC) ». « Notre partenariat permettra à Transnet de mettre en œuvre un plan de redressement complet, en s’attaquant aux inefficacités opérationnelles, en particulier dans les secteurs ferroviaire et portuaire. Ce plan est aligné sur la feuille de route stratégique de l’Afrique du Sud pour le système logistique du fret et supervisé par le comité national de crise logistique, présidé par la présidence. Cette initiative témoigne de notre engagement à renforcer les capacités logistiques nationales et à favoriser une croissance économique durable », a-t-il ajouté. Client de longue date de la Banque africaine de développement depuis 2010, Transnet emploie plus de 50 000 personnes et joue un rôle essentiel dans l’intégration et la connexion de l’Afrique du Sud à l’économie mondiale. Les activités du système de fret de Transnet contribuent de manière significative à l’économie sud-africaine. Ses opérations servent de portes d’entrée pour les échanges commerciaux en Afrique du Sud et avec les pays enclavés de la région tels que le Botswana, la Zambie, le Zimbabwe et la République démocratique du Congo, par l’intermédiaire du port de Durban. Réagissant à l’approbation du prêt, Michelle Phillips, directrice générale de Transnet, a déclaré : « Nous apprécions le soutien manifesté par la Banque africaine de développement. Le prêt accordé par la Banque contribuera de manière significative au plan d’investissement de Transnet visant à stabiliser et à améliorer le réseau ferroviaire et à contribuer à l’économie sud-africaine dans son ensemble. L’aide non remboursable qui accompagne le prêt aidera aussi considérablement Transnet dans ses efforts d’efficacité énergétique et dans ses initiatives de préparation de projets d’infrastructure. » Le Conseil d’administration a félicité le gouvernement sud-africain pour sa vision et son engagement en faveur des réformes de Transnet et de l’ensemble des secteurs des transports et de la logistique du pays. Il a également félicité Transnet pour les progrès réalisés dans le déploiement de son programme d’amélioration de la conformité et de la gouvernance, ainsi que pour ses plans de décarbonisation et d’efficacité énergétique, conformément à sa stratégie net zéro carbone et à sa stratégie « fret vert » (« Green Freight »). Le prêt de la Banque africaine de développement est complété par deux dons : le premier de 750 000 dollars sous forme d’appui technique du Fonds des énergies durables pour l’Afrique (SEFA), – un fonds multidonateurs administré par la Banque – pour développer l’efficacité énergétique et les mesures afférentes, conformément à la stratégie énergétique de Transnet en matière d’énergie ; le second d’un million de dollars du Fonds spécial pour la préparation de projets d’infrastructure du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (IPPF-NEPAD), qui consiste en une assistance technique pour accélérer les réformes ferroviaires et remédier aux inefficacités structurelles et réglementaires.
Creuser profondément pour viser haut : comment libérer le potentiel de la Mauritanie grâce à l’exploitation minière ?

La Mauritanie vit actuellement une période passionnante. Ce pays qui relie l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord est en train de transformer son économie grâce à l’exploitation minière, à l’hydrogène vert et au gaz naturel. Lors de la campagne pour l’élection présidentielle, qui s’est tenue le 29 juin 2024, le président Mohamed Ould El-Ghazouani a annoncé qu’il développerait l’industrie minière s’il était réélu. Voici le point de vue de la Banque africaine de développement sur ce secteur et ce qu’il signifie pour l’économie mauritanienne. Des débuts prometteurs La Mauritanie est un trésor de richesses minières inexploitées. Avec plusieurs milliards de tonnes de gisements de minerai de fer, le pays est le deuxième plus grand producteur de cet important minerai en Afrique. Rien qu’en 2022, la Mauritanie a produit treize millions de tonnes de minerai de fer, grâce à des réformes proactives et à des politiques minières attrayantes, selon les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives. Et devinez quoi ? Les sources minières indiquent qu’elles sont en bonne voie pour doubler cette production d’ici 2030. Quelle est l’importance de l’exploitation minière dans l’économie mauritanienne ? Selon les Perspectives économiques en Afrique 2024 de la Banque africaine de développement, l’avenir économique de la Mauritanie s’annonce prometteur, avec une croissance du PIB réel estimée à 4,2 % en 2024 et à 5,5 % en 2025 — ce qui est supérieur aux prévisions de croissance tant africaine que mondiale. Cette croissance supérieure à la moyenne est en grande partie attribuable aux activités du secteur minier L’année dernière, en 2023, ce secteur a fait les gros titres. La production de la société minière aurifère Tasiast Mauritanie Limited S.A. a grimpé à 620,8 milliers d’onces, et la Société nationale industrielle et minière (SNIM) a atteint un nouveau niveau record de production de 14,01 millions de tonnes de minerai de fer. Ces chiffres montrent que les industries extractives ne sont pas seulement des piliers de l’économie nationale, mais les moteurs de croissance les plus dynamiques. Dans l’ensemble, la contribution du secteur minier au PIB de la Mauritanie est passée de 18 % en 2021 à 24 % en 2022. Cette croissance a été tirée par l’augmentation de l’extraction des minerais métalliques, notamment de l’or. Le secteur a également augmenté le budget national, contribuant à environ 30 % des recettes en 2022. La SNIM a ouvert la voie, suivie par Tasiast Mauritanie Limited S.A. et Mauritanian Copper Mines. Évolutions du secteur et projets d’avenir À l’échelle mondiale, le paysage de la production d’acier évolue, avec un passage à des processus moins intensifs en carbone et plus efficaces. Cela se traduit par une demande accrue de minerais et de boulettes DRI de haute qualité, qui nécessitent moins d’énergie et produisent moins de déchets. La Mauritanie, et en particulier la SNIM, est prête à tirer parti de cette tendance. Au cours de la prochaine décennie, la Mauritanie prévoit de doubler sa capacité de production de minerai de fer pour la porter à plus de 45 millions de tonnes par an. Cet objectif ambitieux nécessite d’importants investissements dans l’infrastructure et la logistique. L’accent est mis sur la production de minerai de fer de haute qualité et sur le développement de boulettes de minerai de fer, afin de s’aligner sur l’évolution mondiale vers des processus de fabrication d’acier plus propres. Les plans à moyen et à long terme nécessitent également des progrès de la chaîne de valeur vers la production d’acier vert, en commençant par les boulettes d’acier. Cependant, l’électricité est l’épine dorsale de ces ambitions industrielles et, parallèlement, la Mauritanie lorgne également le marché de l’hydrogène vert, avec l’ambition de devenir un pôle de production de cette source d’énergie propre. La synergie entre l’exploitation minière, l’hydrogène vert et le développement des gisements de gaz nécessitera des infrastructures importantes, qui profiteront non seulement au secteur minier, mais aussi à l’ensemble de l’économie. Le rôle de la Banque africaine de développement La Banque africaine de développement a été un partenaire clé dans le parcours de la Mauritanie. Elle a investi massivement dans l’infrastructure de la SNIM, notamment en accordant un prêt de 46,9 millions de dollars pour élargir le chenal d’accès au port minéralier de Nouadhibou. Cela a stimulé les exportations de fer et contribué à augmenter les recettes fiscales de l’État. La Banque contribue également à relever le défi énergétique grâce à des initiatives telles que le projet Desert-to-Power, qui promeut l’énergie solaire et l’amélioration de l’accès à l’électricité. Le soutien financier de la Banque va de pair avec un engagement fort en faveur du respect des normes environnementales et sociales par le pays. Cela permet de s’assurer que les bénéfices de l’exploitation minière sont partagés largement et durablement. L’hydrogène vert est une autre frontière passionnante. La Banque fournit une assistance technique pour développer des plans sur l’hydrogène et attirer des investissements du secteur privé. Cette démarche s’inscrit parfaitement dans l’objectif de la Mauritanie de produire de l’acier vert, ajoutant ainsi de la valeur à son secteur minier. Lors d’une visite dans le pays en 2022 le président de la Banque, M. Akinwumi Adesina, a passé en revue avec les dirigeants mauritaniens, la coopération globale entre les deux parties. Ils se sont concentrés sur le renforcement de l’intégration des chaînes de valeur agricoles, le soutien aux jeunes entrepreneurs, le renforcement de la gestion des finances publiques, la garantie de la sécurité de l’eau face au changement climatique en plus du renforcement des capacités de production et de transformation du minerai de fer afin d’augmenter la valeur ajoutée des biens exportables. L’hydrogène vert : l’élément qui change la donne En ce qui concerne l’hydrogène vert, la Mauritanie fait preuve d’audace. Le projet Aman, d’une valeur de 40 milliards de dollars, vise à produire 1,7 million de tonnes d’hydrogène vert et 10 millions de tonnes d’ammoniac vert par an. À lui seul, ce projet pourrait accroître le PIB de la Mauritanie de 50 à 60 % d’ici 2035. Le projet Nour, une autre initiative dans le domaine de l’hydrogène vert, pourrait devenir l’un des plus importants au monde d’ici 2030. Parallèlement, la SNIM et ArcelorMittal explorent la production