Maroc. La production de phosphates et dérivés ralentit 

Maroc. La production de phosphates et dérivés ralentit 

Début d’année sous pression pour le secteur extractif L’activité du secteur extractif montre des signes d’essoufflement, selon les statistiques publiées par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Economie et des Finances. L’orientation observée début 2026 prolonge une dynamique amorcée au quatrième trimestre de l’année 2025. En effet, après une consolidation de 6,7% au premier trimestre, de 10,9% au deuxième trimestre et de 5,2% au troisième trimestre 2025, la performance de la valeur ajoutée du secteur extractif s’était repliée de 3,4% au quatrième trimestre 2025. Rappelons qu’au terme de l’année écoulée, la valeur ajoutée du secteur extractif s’était accrue en moyenne de 4,9%, après une augmentation de 13,6% un an plus tôt, comme l’a relevé la DEPF dans sa note de conjoncture du mois d’avril 2026 (N°350). La tendance observée au dernier trimestre 2025 s’est confirmée en début d’année en cours, ressort-il de cette note qui fait état de la baisse de la production de phosphates et dérivés à fin février 2026. Selon la même source, « au cours des deux premiers mois de 2026, la production de phosphate roche, principal baromètre de l’activité du secteur extractif, a accusé une baisse de 9,9%, après une hausse de 13,6% un an auparavant, indique ce département. Cette tendance est également observée du côté de la production des dérivés de phosphates, les données montrant un repli de 7,8% au cours de la même période, après une augmentation de 10,8% il y a une année, indique la DEPF. En parallèle, la valeur des exportations de phosphates et dérivés « a repris une évolution positive au cours du mois de février 2026, enregistrant une hausse de 8,9%, après un retrait de 43,4% un mois plus tôt et une hausse de 5,2% un an auparavant », a-t-elle fait savoir, précisant que cette évolution a été portée, plus particulièrement, par le renforcement de la valeur des exportations des engrais naturels et chimiques (+17,7%), tirée par la hausse du volume (+9,3%) et du prix (+7,8%). En ce qui concerne les ventes à l’étranger de l’acide phosphorique, les chiffres montrent qu’elles se sont aussi accrues, en valeur, bien que dans une moindre mesure (+1,1%) en février 2026. Suite au repli de la valeur des expéditions des dérivés de phosphates de 17,1% et de celle du phosphate brut de 10,8%, la valeur des ventes à l’étranger de phosphates et dérivés a baissé de 16,5% au terme des deux premiers mois de 2026, après une hausse de 6,1% à fin février 2025. Quant à la valeur des exportations des autres extractions minières, les statistiques montrent qu’elle s’est raffermie de 35,8% au terme des deux premiers mois de 2026, après une amélioration de 13,2% un an auparavant. Pour rappel, lors de la première réunion trimestrielle de l’année de son Conseil, tenu mardi 17 mars, Bank Al-Maghrib avait indiqué que les perspectives d’évolution des cours des matières premières sur les marchés internationaux restent très incertaines et soumises à des pressions haussières. Selon le scénario central retenu par la Banque centrale, en ce qui concerne le phosphate et ses dérivés, « les cours du DAP d’origine marocaine devraient, selon les estimations de la Commodities Research Unit (CRU), augmenter à 816 dollars la tonne en 2026, portés par, outre la poursuite des restrictions sur les exportations chinoises, les perturbations du commerce mondial des engrais et des intrants essentiels à leur production, avant de revenir à 703 dollars en 2027 ». L’institution publique prévoyait, en revanche, que les prix du phosphate brut s’inscriraient en légère baisse sur l’horizon de prévision. Poursuivant ses prévisions sur le volet des comptes extérieurs, BAM avait estimé que « les ventes de phosphates et dérivés devraient poursuivre leur tendance haussière en 2026, avec une augmentation de 19,4%, suivie d’une diminution de 8,7% en 2027 à 108,8 milliards de dirhams ». Alain Bouithy

Maroc. L’inflation annuelle repart à la hausse en mars 2026

Maroc. L’inflation annuelle repart à la hausse en mars 2026

Portée par les produits alimentaires et les carburants L’inflation annuelle pointe de nouveau le bout de son nez. Après deux mois consécutifs de baisse, en glissement annuel, les prix à la consommation ont repris de la hauteur au cours du mois de mars 2026, a indiqué le Haut-commissariat au plan (HCP). Selon les chiffres publiés par l’institution publique, comparé au même mois de l’année précédente, l’indice des prix à la consommation (IPC) a enregistré une hausse de 0,9% au troisième mois de l’année en cours, mettant ainsi fin aux reculs consécutifs observés en février (0,6%) et janvier (0,8%) derniers. Ce rebond des prix s’explique par la hausse de l’indice des produits alimentaires de 0,6% et de celui des produits non alimentaires de 1,1%, a indiqué l’institution publique précisant que, pour les produits non alimentaires, les variations vont d’une baisse de 0,4% pour les «Loisirs et culture» à une hausse de 3,5% pour les «Biens et services divers». Les prix à la consommation augmentent de 1,2% sur un mois et de 0,9% sur un an Pour rappel, le recul annuel de l’IPC en février dernier avait été enregistré en raison de la baisse de l’indice des produits alimentaires de 2% et de Hausse de celui des produits non alimentaires de 0,4%. Au cours du même mois, les variations des produits non alimentaires allaient d’une baisse de 2,7% pour le «Transport» à une hausse de 3,8% pour les «Biens et services divers». Un mois plus tôt (janvier), le HCP avait attribué la première baisse de l’année de l’IPC au recul de l’indice des produits alimentaires de 2,1% et à la hausse de celui des produits non alimentaires de 0,4%, ajoutant que les variations des produits non alimentaires étaient allées d’une baisse de 2,9% pour le «Transport» à une hausse de 2,8% pour les «Biens et services divers». Dans sa note d’information relative à l’IPC du mois de mars 2026, l’institution constate que les prix à la consommation ont connu une hausse de 1,2% par rapport au mois précédent, résultant de la hausse de 1,9% de l’indice des produits alimentaires et de 0,6% de l’indice des produits non alimentaires. Selon la même source, les hausses des produits alimentaires observées entre février et mars 2026 ont concerné principalement les «Légumes» (9,7%), les «Fruits» (2,6%), les «Viandes» (2,4%), les «Poissons et fruits de mer» (1,3%) et le «Café, thé et cacao» avec 0,3%. En revanche, les prix ont diminué de 2,4% pour les «Huiles et graisses» et de 0,2% pour le «Lait, fromage et œufs». Pour les produits non alimentaires, la hausse a concerné principalement les prix des «Carburants» avec 10,7%. A titre de comparaison, les hausses des produits alimentaires observées entre janvier et février 2026 avaient concerné principalement les «Poissons et fruits de mer» (4,5%), les «Fruits» (2,1%), les «Viandes» (1,6%), les «Légumes» (1,0%) et le «Lait, fromage et œufs» et le «Café, thé et cacao» (0,4%). Dans une note relative à cette période, l’organisme avait en revanche fait état d’une diminution des prix pour les «Huiles et graisses» et pour les «Eaux minérales, boissons rafraîchissantes, jus de fruits et de légumes» respectivement de 2,2% et 0,4%. S’agissant des produits non alimentaires, la note relevait une hausse ayant concerné principalement les prix des «Carburants» (3,1%). En mars 2026, les hausses les plus importantes de l’IPC ont été enregistrées à Guelmim et Al-Hoceima (2,7%), à Errachidia (1,8%), à Agadir (1,6%), à Safi (1,4%), à Tanger (1,3%), à Marrakech, Dakhla et Béni-Mellal (1,2%), à Laâyoune (1,1%), à Casablanca, Oujda et Tétouan (1,0%), à Kénitra, Rabat et Meknès (0,9%) et à Fès et Settat (0,7%), selon le HCP. A titre de comparaison, le mois précédant, elles avaient été enregistrées à Oujda et Tanger (1,4%), à Tétouan (1,2%), à Fès, Kénitra et Al-Hoceima (0,7%), à Béni-Mellal (0,6%), à Agadir, Meknès et Dakhla (0,5%) et à Casablanca, Rabat et Settat (0,3%). En revanche, selon la note du HCP d’alors, des baisses avaient été enregistrées à Safi avec 0,4% et à Guelmim et Errachidia avec 0,2%. Au final, l’institution estime que l’indicateur d’inflation sous-jacente aurait connu au cours du mois de mars 2026 une hausse de 0,1% par rapport au mois de février 2026 et une baisse de 0,6% par rapport au mois de mars 2025, a conclu l’institution. Rappelons qu’en 2025, l’indicateur d’inflation sous-jacente aurait connu une hausse de 0,8% par rapport à l’année 2024. En effet, l’IPC annuel moyen avait enregistré, au terme de cette année-là, une augmentation de 0,8% par rapport à l’année 2024, conséquence de la hausse de l’indice des produits alimentaires de 0,8% et de celui des produits non alimentaires de 0,5%. Les variations enregistrées pour les produits non alimentaires étaient allées d’une baisse de 2,6% pour le «Transport» à une hausse de 3,3% pour les «Restaurants et hôtels». Alain Bouithy

Maroc. Malgré un rebond de confiance au premier trimestre 2026 : Des perceptions des ménages encore pessimistes

Maroc. Malgré un rebond de confiance au premier trimestre 2026 : Des perceptions des ménages encore pessimistes

Un moral des ménages qui reste fragile L’Indice de confiance des ménages (ICM) a enregistré une amélioration, aussi bien par rapport au trimestre précédent que par rapport au même trimestre de l’année 2025, a annoncé le Haut-Commissariat au plan (HCP) précisant qu’il s’est établi à 64,4 points au premier trimestre de 2026, au lieu de 57,6 points au trimestre précédent et 46,6 points au même trimestre de l’année précédente. Ainsi, d’après les résultats de l’enquête de conjoncture auprès des ménages menée par l’institution publique, 75,1% des ménages déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 19,1% un maintien au même niveau et 5,8% une amélioration. Il en ressort que « le solde d’opinion sur l’évolution passée du niveau de vie est resté négatif, à moins 69,3 points, contre moins 72,5 points au trimestre précédent et moins 76,5 points au même trimestre de l’année passée », a indiqué le HCP. L’enquête montre que 45,1% des ménages s’attendent à une dégradation de l’évolution de leur niveau de vie au cours des 12 prochains mois, 38,5% à un maintien et 16,4% à une amélioration. Bien qu’en amélioration, le solde de cet indicateur demeure négatif, après s’être établi à moins 28,8 points contre moins 39,5 points au trimestre précédent et de moins 46,3 points au même trimestre de l’année précédente. S’agissant de l’évolution du chômage, au premier trimestre de 2026, l’enquête montre que 57,9% des ménages s’attendent à sa hausse au cours des 12 prochains mois, contre 23,2%. Tout en restant négatif, le solde de cet indicateur s’est amélioré pour s’établir à moins 34,7 points contre moins 47,7 points au trimestre précédent et moins 73,4 points au même trimestre de l’année précédente. Les résultats de l’enquête révèlent par ailleurs que 66,9% des ménages contre 15,9% considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables. En conséquence, le solde s’est établi à moins 51 points contre moins 52,9 points au trimestre précédent et moins 72 points au même trimestre de l’année précédente, selon l’institution. Parmi les principaux enseignements de l’enquête sur l’évolution de la situation financière des ménages, il ressort que 59,9% des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 37,5% déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne et 2,5% affirment épargner une partie de leur revenu. Ainsi, le solde d’opinion est resté négatif, à moins 35 points, contre moins 36,6 points le trimestre précédent et moins 39,8 points une année auparavant. D’après l’enquête, 41,5% des ménages contre 4,8% considèrent que l’évolution de leur situation financière s’est dégradée au cours des 12 derniers mois. Le solde d’opinion s’est ainsi amélioré, tout en restant négatif, à moins 36,7 points contre moins 43,5 points au trimestre précédent et moins 49,3 points au même trimestre de l’année précédente. En revanche, 21,1% des ménages contre 15,3% s’attendent à une amélioration de leur situation financière au cours des 12 prochains mois. Dans ce cas, « le solde de l’indicateur a atteint 5,8 points, marquant une amélioration aussi bien par rapport au trimestre précédent (moins 4,2 points) qu’au même trimestre de l’année précédente (moins 16,4 points) », a ajouté l’institution. Alain Bouithy Prix des produits alimentaires : Opinions toujours négatives. Au premier trimestre de 2026, 93,3% des ménages déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois. Ainsi, le solde d’opinion s’est établi à moins 92,7 points, contre moins 90,9 points au trimestre précédent et moins 97,4 points au même trimestre de l’année précédente. Quant aux perspectives de leur évolution au cours des 12 prochains mois, les prix des produits alimentaires devraient continuer à augmenter selon 78,9% des ménages, contre 2,4% seulement qui s’attendent à leur baisse. Le solde d’opinion est resté négatif, s’établissant à moins 76,5 points, contre moins 73 points au trimestre précédent et moins 80 points au même trimestre de l’année précédente (HCP).

Coup d’envoi du Salon international de l’agriculture au Maroc à Meknès : La capitale ismaélienne place la durabilité au cœur des enjeux agricoles

Coup d’envoi du Salon international de l’agriculture au Maroc à Meknès : La capitale ismaélienne place la durabilité au cœur des enjeux agricoles

Le rendez-vous majeur du calendrier agricole accueille, du 20 au 28 avril, près de 1500 exposants issus de 70 pays La 18e édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM) ouvre ses portes ce lundi 20 avril à Meknès. Le Portugal est l’invité d’honneur de cette édition, placée sous le thème «Durabilité de la production animale et souveraineté alimentaire». Dans le prolongement des thématiques récentes, qui ont mis en avant les défis de durabilité et de résilience du secteur agricole, le SIAM 2026 a choisi de mettre en lumière «les acquis du développement des filières animales en matière de santé et de bien-être animal, de sécurité sanitaire et de performances économiques et zootechniques des élevages». Précisons que cette orientation a été indiquée dans un communiqué par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, organisateur de cet important rendez-vous. Depuis sa création en 2006 à l’initiative et sous l’impulsion Royale, le SIAM n’a cessé de s’imposer comme un rendez-vous majeur du secteur, tout en continuant de bénéficier du Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. L’événement, piloté par l’Association du Salon international de l’agriculture au Maroc (ASIAM), bénéficie cette année encore de cette haute distinction, qui reflète l’attention particulière accordée au secteur agricole et à son rôle stratégique pour le Maroc. La durée du Salon portée à neuf jours Cette année, et au regard de son grand succès aussi bien auprès des professionnels que du grand public, le Salon franchit une nouvelle étape en adoptant un format élargi avec une programmation sur 9 jours. En effet, «pour sa 18e édition, la durée du SIAM est portée cette année à neuf jours au lieu de sept», a indiqué le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts précisant que les portes seront ainsi ouvertes du 20 au 28 avril 2026 pour les professionnels, et du 22 au 28 avril 2026 pour le grand public. Plus de 1500 exposants issus de 70 pays participent à la 18e édition du Salon réparti en 12 pôles thématiques dont «Agro-alimentaire», «Agro-fourniture», «Produits du terroir»,» Elevage», «Machinisme» et «Agri-digital» et offrant une vision complète et structurée de l’écosystème agricole, mettant en valeur toute la diversité des acteurs et des filières du secteur. Selon les prévisions des organisateurs, le SIAM 2026 devrait drainer plus 1.100.000 visiteurs lors de cette édition ponctuée par une quarantaine de conférences qui réuniront experts, chercheurs et décideurs pour débattre des grands enjeux agricoles d’aujourd’hui et de demain. Les débats et échanges porteront sur divers thématiques : «Production animale et transformation des systèmes alimentaires», «Penser aujourd’hui l’élevage de demain», «Transformation digitale de l’agriculture: Le Partenariat institutionnel comme levier d’accélération», «L’élevage de précision :  Parole aux éleveurs l’ayant intégré au quotidien», «Inclusion financière rurale: levier pour une agriculture souveraine, résiliente, inclusive et durable», «Emploi agricole: Enjeux des emplois des jeunes entre rareté de la main-d’œuvre et emploi» et «Connecter les startups Agritech aux interprofessions», entre autres. Selon le programme concocté, le Grand prix de la presse agricole et rurale sera remis lors d’une cérémonie de remise des prix prévue vendredi 24 avril. Le lendemain, samedi 25, une autre cérémonie sera organisée pour la remise, cette fois-ci, des prix de la 7ème édition du Concours marocain des produits du terroir. Le même jour, une table ronde scientifique rassemblera des professionnels et experts autour du thème : «Développement de la filière cameline au Maroc». A noter que la cérémonie de remise des trophées de la 16ème édition du Concours national pour la sélection de la meilleure qualité d’huile d’olive vierge extra au titre de la campagne 2025/2026 est programmée pour le lundi 27 avril en matinée, tandis que celle de remise des prix de l’élevage (Ring) se tiendra en début d’après-midi. Alain Bouithy Le SIAM en chiffres clés

Economie nationale : Une accélération modérée de la croissance à 5% au premier trimestre 2026 (Maroc)

Economie nationale : Une accélération modérée de la croissance à 5% au premier trimestre 2026 (Maroc)

Selon les estimations du Haut-commissariat au plan (HCP), la croissance économique nationale aurait atteint 5% au premier trimestre 2026, en variation annuelle, au lieu de 4,1% au quatrième trimestre 2025. L’accélération des activités agricoles et la résilience des branches tertiaires, sur fond d’une hausse continue de la demande intérieure, ont contribué à cette évolution, a indiqué l’institution publique dans sa récente note de conjoncture relative à la situation des principaux indicateurs économiques soulignant un premier trimestre marqué par un rééquilibrage du régime de croissance en faveur de l’offre. Dans le détail, « l’activité agricole aurait enregistré une expansion de 14,8%, apportant un gain de 1,5 point à la croissance globale, contre +0,5 point au trimestre précédent », sous l’effet d’une pluviométrie favorable. Selon le HCP, hors agriculture, l’activité aurait crû de 3,8%, au lieu de +4% au quatrième trimestre 2025, alors que les branches secondaires auraient été pénalisées par la poursuite du ralentissement des industries extractives et de la construction. Portée par le rétablissement de l’agroalimentaire et par un redressement de la filière de fabrication du matériel de transport, la croissance de l’industrie manufacturière se serait maintenue. Les services seraient, pour leur part, restés bien orientés, affichant une amélioration de 4,3%. « L’accélération de la croissance économique serait intervenue dans un contexte de légère reprise de la demande extérieure européenne, sur fond de l’intensification des investissements et des effets d’assouplissement maintenu des conditions monétaires », a poursuivi l’institution ajoutant que cette évolution aurait principalement bénéficié aux services et aux biens de consommation. Ce qui a stimulé une augmentation du volume des exportations nationales de biens et services de 7,4%. Parallèlement, les importations auraient prolongé leur mouvement ascendant à un rythme moins prononcé qu’à fin 2025 (+6,9%). De l’avis du HCP, l’activité aurait été, également soutenue, par une demande intérieure en hausse continue, bien qu’à un rythme plus modéré (+4,8% au lieu de +6,2% au dernier trimestre 2025).Quant à l’investissement, il aurait poursuivi sa phase de normalisation, après cinq trimestres de forte progression, alors que la consommation des ménages se serait accrue de 4,6%, portée par l’amélioration des revenus, notamment en milieu rural, et par la poursuite de la détente des prix. A noter qu’au deuxième trimestre 2026, sous l’hypothèse de la stabilisation des prix de l’énergie, l’institution s’attend à ce que le PIB s’établisse à 4,7%, tiré principalement par la diffusion des effets du renforcement de la production agricole sur l’activité et l’emploi. Alain Bouithy

Le CMC relativise l’impact de l’accord UE-Mercosur sur l’économie marocaine : Une menace ciblée plutôt qu’un choc  global pour le Maroc

Le CMC relativise l’impact de l’accord UE-Mercosur sur l’économie marocaine : Une menace ciblée plutôt qu’un choc  global pour le Maroc

Les métiers mondiaux du Maroc réduisent la part des secteurs susceptibles d’être exposés à une substitution directe, selon le CMC L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur (UE-Mercosur) « ne constitue pas, pour le Maroc, un choc commercial frontal et uniforme », selon le Centre marocain de conjoncture (CMC) qui affirme que les structures d’exportation du Mercosur et du Maroc vers l’Union européenne ne se recouvrent que partiellement. Explications. «Le Mercosur ne concurrence pas directement le Maroc sur l’ensemble de ses produits à l’export», écrit d’emblée le Centre dans sa publication mensuelle «Maroc Conjoncture» du mois de mars 2026 (N°388). Sous le titre « ALE UE-Mercosur. Quelles incidences pour le Maroc ? », la publication livre une analyse expliquant qu’« il n’existe pas d’équivalent direct entre les exportations bovines sud-américaines et les exportations agricoles marocaines vers l’Union européenne dominées par les fruits et légumes. De même, l’importance prise par les métiers mondiaux du Maroc réduit mécaniquement la part des secteurs susceptibles d’être exposés à une substitution directe ». Dans son argumentaire, l’observateur privé de l’économie marocaine, spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact, fait remarquer que le Mercosur dispose d’avantages comparatifs qu’il s’agisse de viande bovine, de sucre, de soja ou de produits nets dans les productions agricoles de grande échelle, d’autres produits de base issus d’une agriculture extensive et compétitive en coût. L’autre argument limitant l’impact de cet accord sur le Royaume, est qu’à l’inverse, le Maroc exporte vers l’Union européenne un panier de biens plus diversifié, où les produits industriels occupent désormais une place importante, en particulier dans l’automobile, les équipements électriques et certains segments manufacturiers intégrés aux chaînes de valeur européennes. Par ailleurs, «parallèlement, l’agriculture marocaine d’exportation est fortement orientée vers l’horticulture: tomates, fruits rouges, agrumes, légumes frais, et plus marginalement certains produits comme l’huile d’olive», argue-t-il. Pour autant, l’absence de recouvrement complet ne signifie pas absence de risque, reconnait le Centre qui fait état de deux mécanismes à considérer : l’érosion des préférences commerciales » et la pression sur les prix ainsi que la compétition pour les débouchés. En ce qui concerne le premier mécanisme, le Centre estime que «dès lors que l’UE accorde au Mercosur des conditions tarifaires favorables, cet avantage relatif se réduit. Ce phénomène bien connu n’entraîne pas nécessairement une chute des volumes exportés, mais il accroît la pression concurrentielle et réduit la capacité à maintenir des marges confortables». S’agissant du deuxième canal, même lorsque les produits ne sont pas strictement identiques, l’arrivée de volumes supplémentaires sur le marché européen peut renforcer le pouvoir de négociation des grandes centrales d’achat et des importateurs. Ainsi, « le Maroc peut alors être affecté non parce qu’il affronterait un substitut parfait, mais parce qu’il opérerait dans un environnement commercial devenu plus disputé ». De l’avis des experts de l’observatoire, cette optique nécessite un examen des filières véritablement exposées. A commencer par les agrumes, pour lesquels l’Argentine et l’Uruguay disposent d’une capacité exportatrice réelle. Pour le CMC, elles  apparaissent comme l’un des terrains susceptibles de rencontrer une concurrence partielle mais crédible, surtout sur certains segments ou à certaines périodes. Concernant les fruits rouges, le CMC propose une lecture plus nuancée, estimant que « la concurrence est possible, mais elle est atténuée par la proximité géographique du Maroc, par la nature périssable du produit et par des fenêtres de production qui ne se superposent pas toujours complètement ». A l’inverse, dans des filières comme la tomate fraîche, le Maroc conserve un avantage comparatif plus solide, affirme-t-il. Les exportations marocaines vers l’UE reposent ici sur une combinaison difficile à reproduire: rapidité d’accès au marché, capacité de livraison fréquente et flexibilité d’ajustement à la demande européenne. L’huile d’olive pourrait subir, elle, une pression sur les prix et une concurrence sur les segments d’entrée de gamme. Le Maroc conserve d’importants facteurs de résilience Après analyse de ces cas, il apparaît évident que « la menace n’est pas homogène. Elle est sélective, plus élevée dans quelques segments agricoles, plus faible dans les filières où la rapidité d’accès au marché est déterminante, et limitée dans l’industrie manufacturière »,  en déduit l’observateur. Quoi qu’il en soit, le Maroc conserve d’importants facteurs de résilience. Le Centre évoque notamment la proximité géographique, l’intégration industrielle avec l’Europe, l’avantage logistique et la spécialisation croissante dans des segments où la réactivité est importante. Par ailleurs, il convient de noter les effets potentiellement positifs de l’accord du côté de la logistique. En effet, comme le suppose le Centre dans son analyse, « si les échanges entre l’Amérique du Sud et l’Europe s’intensifient, les routes maritimes transatlantiques pourraient gagner en importance. Dans ce cadre, le Maroc, et en particulier Tanger Med, peut espérer capter une partie de la valeur ajoutée liée à l’augmentation des flux ». En définitive, si l’accord UE-Mercosur renforce la concurrence sur le marché européen, surtout dans certains segments agricoles, il ne « remet pas en cause les fondements de la compétitivité marocaine dans les filières où le Royaume a construit de véritables avantages structurels ». Alain Bouithy BON A SAVOIR: L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur constitue l’un des projets commerciaux les plus ambitieux de ces dernières décennies. Il vise à rapprocher deux ensembles économiques majeurs : d’un côté l’Union européenne, qui compte environ 450 millions d’habitants, et de l’autre le Mercosur, bloc régional sud-américain regroupant près de 270 millions d’habitants, dominé démographiquement et économiquement par le Brésil. L’objectif général est de réduire très largement les barrières tarifaires entre les deux blocs, avec une libéralisation progressive des échanges de biens, ainsi que des dispositions relatives aux services et aux investissements. L’accord institue une libéralisation graduelle, asymétrique selon les secteurs, mais reste suffisamment ample pour modifier les équilibres concurrentiels. (CMC) LES FACTEURS DE RESILIENCE DU MAROC. Selon le CMC, le Royaume dispose de plusieurs facteurs de résilience qui atténuent les risques associés à l’accord UE-Mercosur. Le premier est la proximité géographique avec l’Europe, centrale dans les filières agricoles fraîches et dans toutes les activités où le délai de livraison constitue un déterminant majeur de compétitivité. Cet avantage devient stratégique dans un contexte où les chaînes

La Banque mondiale investit dans les réformes du marché du travail : élargir les possibilités d’emploi par de meilleures politiques (Maroc)

La Banque mondiale investit dans les réformes du marché du travail : élargir les possibilités d’emploi par de meilleures politiques (Maroc)

500 millions de dollars pour accélérer la création d’emplois et la croissance verte Les institutions financières internationales manifestent un intérêt croissant pour la situation du marché du travail au Maroc, une attention soutenue qui reflète sans doute des préoccupations quant à son évolution et à ses performances actuelles. Pour bien des analystes, cet engouement accru peut être interprété comme le signe que des déséquilibres persistent et que les dynamiques de création d’emplois restent en deçà des attentes, rappelant à ce propos que le Fonds monétaire international (FMI) avait appelé à mi-février dernier à davantage de réformes liées au marché du travail. L’institution internationale avait alors estimé que « la création d’emplois durables demeure une priorité pressante, appelant à un climat des affaires plus propice, un secteur privé plus dynamique, et davantage de réformes liées au marché du travail ». Dans ce contexte, elle avait estimé que « l’accélération des réformes des établissements et entreprises publics visant à améliorer leur performance et leur gouvernance est essentielle pour accroître la concurrence et garantir la neutralité du marché entre les entreprises publiques et privées ». Nouvelle illustration de la vigilance des institutions financières : la Banque mondiale  a approuvé un financement de 500 millions de dollars en faveur du Royaume visant notamment à soutenir les objectifs d’emploi. A la rescousse d’un marché du travail vraisemblablement pas si bien portant qu’on pourrait le croire, l’institution de Bretton Woods a indiqué que « cet engagement majeur vise à élargir les possibilités d’emploi grâce à de meilleures politiques du marché du travail ». Tout y est dit. Dans un communiqué, l’organisme international souligne que ce financement est le premier d’une série de trois opérations programmées et précise qu’il vise également «la dynamisation du tissu des petites et moyennes entreprises (PME) et des investissements catalytiques dans les énergies propres, l’efficacité énergétique et les industries pharmaceutiques tournées vers l’exportation». Cet appui soutient la Feuille de route pour l’emploi du Maroc dans des domaines où le changement peut véritablement améliorer la vie de la population, précise l’institution expliquant, en ce qui concerne l’emploi, que « l’objectif est de créer davantage de débouchés pour les jeunes et les femmes en développant les programmes d’intervention sur le marché du travail, au bénéfice de plus de 330.000 demandeurs d’emploi d’ici 2029, et en alignant mieux les systèmes d’éducation et de formation professionnelle sur les besoins du secteur privé ». La Banque mondiale affirme également porter son attention sur l’activité féminine assurant que celle-ci sera soutenue par l’ajout de plus de 40.000 places dans l’offre de services de garde d’enfants agréés et par la création de 1.200 emplois directs pour les femmes dans ce secteur. A noter qu’au-delà des réformes du climat d’investissement, cette opération soutient également des mesures visant à améliorer l’environnement des entreprises, avec un accent particulier sur les PME, ces efforts s’inscrivant dans une démarche plus large de promotion d’une économie plus inclusive et résiliente. Par ailleurs, poursuit l’institution, « ce financement apporte un soutien opportun pour lever les obstacles qui ont jusqu’à présent tenu les investisseurs privés à l’écart. Il vient également appuyer l’essor des services d’efficacité énergétique et le développement de la présence de l’industrie pharmaceutique marocaine sur les marchés internationaux, avec pour objectif d’exportation de multiplier par près de sept d’ici 2029 ». De l’avis d’Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division à la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, « ces réformes s’attaquent à l’un des obstacles les plus persistants à la création d’emplois au Maroc, à savoir l’émergence trop lente d’entreprises à forte croissance, en améliorant simultanément l’environnement des affaires, en levant les contraintes sectorielles spécifiques et en soutenant l’essor d’entreprises à fort potentiel ». Alain Bouithy

Clôture du Gitex Africa Morocco : Une 4ᵉ édition marquée par une forte mobilisation de l’écosystème Tech africain 

Clôture du Gitex Africa Morocco : Une 4ᵉ édition marquée par une forte mobilisation de l’écosystème Tech africain 

Plus de 50.000 participants et 1.450 exposants à Marrakech (FENETRE) Plus de 1450 exposants représentant 130 pays et 400 investisseurs internationaux ont répondu présents à la quatrième édition du GITEX Africa Morocco qui a fermé ses portes le jeudi 9 avril à Marrakech. Inaugurée le mardi 7 avril dernier, en présence de plusieurs autorités locales et nationales, cette édition a drainé plus de 50.000 participants dont de nombreux étudiants et professionnels venus des quatre coins du Royaume pour participer au plus grand événement Tech et startups d’Afrique. Placé cette année sous le thème « Catalyser l’économie numérique africaine à l’ère de l’Intelligence Artificielle », le GITEX Africa Morocco s’adresse aux  secteurs à forte croissance en Afrique, au sein de l’ensemble de l’écosystème de la Tech. Ce qui explique la forte présence de nombreux acteurs de renom du secteur, mais aussi des experts dont certains ont partagé leurs expériences lors des différentes conférences  ayant ponctué cette édition dont les thématiques couvraient la Cybersécurité, la FinTech, le Cloud computing, les Villes intelligentes (Smart Cities), l’AgriTech et la HealthTech, entre autres. Trois jours durant, les participants et entreprises de toutes les tailles ont saisi cette opportunité pour nouer des alliances et rapprocher leurs expertises, à travers divers contrats, conventions, etc. Parmi les annonces majeurs : la signature d’une convention de partenariat entre l’ADD et le Centre régional d’investissement Marrakech-Safi visant à accompagner la transformation de la région Marrakech-Safi en un pôle d’excellence numérique ; la signature d’une convention-cadre de partenariat entre l’ADD et Concentrix en vue d’accélérer la transformation digitale au Maroc ; la convention de partenariat entre le Groupe Barid Al-Maghrib et l’ADD pour accélérer la transformation digitale. Dans l’objectif d’accélérer la transition numérique, l’ADD et la Korea-Africa Foundation se sont alliées en vue de catalyser précisément l’innovation numérique et la croissance technologique dans leurs régions respectives. Autre partenariat signé lors de cette édition, celui intervenu entre Startup Grow, à travers son initiative Growth Women, et MAIDA et dédié à la digitalisation et à l’internationalisation des coopératives féminines marocaines. Alors que l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) présentait ses avancées en matière de modernisation du secteur forestier et d’innovation technologique au service de la préservation des ressources naturelles, le géant Huawei exposait sa vision d’une transformation numérique plus intelligente pour l’Afrique. La tenue de cette édition a aussi été une occasion pour l’Union européenne d’annoncer le lancement d’un programme de transformation numérique destiné à la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Objectif : harmoniser les règles du numérique, renforcer la cybersécurité et développer les compétences digitales dans la région. Orange Maroc a pour sa part dévoilé plusieurs innovations liées à l’IA générative et souveraine ainsi que des solutions de cyberdéfense, affirmant son rôle d’architecte de la  confiance numérique. L’opérateur a également mis en avant un drone alliant IA et 5G pour l’inspection des antennes mobiles. Pour Hendrik Kasteel, Directeur Général d’Orange Maroc, « notre ambition est d’être l’architecte de la confiance numérique au Maroc et en Afrique, en proposant des technologies de rupture qui placent la maîtrise des données et la performance au service des entreprises et des territoires ». A noter que la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et Endeavor ont pour leur part choisi de réunir l’écosystème de la tech, comprenant des startups à fort potentiel, des investisseurs internationaux, des décideurs influents, des business angels et des VC issus de plusieurs marchés stratégiques. Parallèlement, dans la perspective de développer les startups fintech et structurer l’écosystème de l’innovation financière au Maroc, l’institution financière Tamwilcom et le Morocco Fintech Center (MFC) ont signé un mémorandum d’entente. Pendant que Maroc Telecom annonçait renforcer son engagement pour le développement numérique en Afrique ; la Banque Centrale Populaire (BCP)  exposait ses dispositifs cybersécurité ; Maroc Telecom et la Commission européenne engageaient un dialogue stratégique sur la souveraineté numérique ; Visa et CIH Bank se liaient pour propulser l’écosystème fintech et lancer le « CIH Visa fintech challenge », PwC Maroc, Oracle et OneCloud unissaient leurs forces pour accélérer l’adoption du cloud souverain et de l’IA responsable au Maroc. Pour rappel, le GITEX Africa Morocco est organisé sous la tutelle du Ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’Administration, par l’Agence de Développement du Digital (ADD) et par KAOUN International, filiale du Dubai World Trade Centre. Marrakech – Alain Bouithy