Le tourisme poursuit sa croissance dans les pays de l’OCDE en 2025

Malgré les tensions géopolitiques  

Les arrivées internationales ont battu de nouveaux records en 2025 dans les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dépassant désormais largement les niveaux d’avant la pandémie.

Après la solide progression de 8,1 % enregistrée en 2024, les arrivées de touristes internationaux dans les pays de l’OCDE ont progressé de 3,4 % en 2025 pour atteindre le chiffre record de 847 millions, selon un nouveau rapport de l’organisation intergouvernementale d’études économiques basée à Paris.

Cité dans ce document, le Secrétaire général de l’OCDE,  Mathias Cormann a indiqué que « Le tourisme continue de se développer et de créer des débouchés économiques, des emplois et des recettes fiscales dans les pays de l’OCDE ».

Selon le rapport, quatre pays ont enregistré une croissance à deux chiffres en 2025 et ont ainsi battu des records en matière d’arrivées de touristes internationaux. Il s’agit de la Finlande (+16,5 %), le Japon (+15,8 %), de la Corée (+15,7 %) et de la Norvège (+12,5 %).

En ce qui concerne la Corée et le Japon, les chiffres s’inscrivent dans la continuité de la solide reprise observée en 2024 avec une progression respective de 48,4 % et 47,1 %, selon l’OCDE qui attribue cette évolution à une meilleure desserte et à la faiblesse du yen.

A l’inverse, les arrivées de touristes internationaux ont été moins nombreuses au Canada (moins 0.6 %), en Allemagne (moins 0.8 %), en Irlande (moins 2.8 %) et aux États-Unis (moins 5.5 %), a fait savoir l’organisation précisant que ces quatre pays n’ont toujours pas retrouvé les niveaux pré-pandémiques. Elle ajoute que « le tourisme récepteur en Israël est également fortement pénalisé par les conflits au Moyen-Orient et les arrivées y restent nettement inférieures aux niveaux d’avant la pandémie (moins 70.8 %) ».

Globalement, le secteur du tourisme doit toutefois s’adapter pour poursuivre sa croissance. Car, « à l’heure où les tensions géopolitiques, l’évolution des habitudes de voyage et les phénomènes météorologiques extrêmes continuent d’influer sur le paysage du tourisme mondial, les destinations devront renforcer leur capacité à anticiper et à s’adapter à l’incertitude », prévient le rapport.

D’après l’institution chargée de promouvoir les bonnes pratiques en matière de bien-être économique et social, « le conflit au Moyen-Orient a désorganisé les flux touristiques dans le monde et fait grimper les prix, érodant par là même la confiance des voyageurs ».

Comme le relève l’édition 2026 de sa publication « Tendances et politiques du tourisme de l’OCDE », il apparaît que sur le plan touristique, ce conflit a particulièrement pénalisé les pays de la région, ainsi que les destinations dépendant des plateformes de correspondance aérienne des pays du Golfe pour leur desserte. Le document estime que ces effets pourraient se prolonger pendant plusieurs mois.

Selon l’organisation, « les inquiétudes entourant la sécurité, l’accessibilité financière et les annulations possibles peuvent peser sur les décisions de voyage et inciter les voyageurs à privilégier des destinations plus courantes et plus accessibles financièrement, des séjours plus courts et des offres moins chères ».

A ce propos, alors que des programmes sont ajustés pour 2027 et les années suivantes, les destinations devront anticiper la modification des habitudes de voyage et adapter leurs stratégies à l’évolution des risques géopolitiques, économiques et météorologiques.

Malgré les nombreux défis auxquels est confronté le secteur touristique dans les pays de l’OCDE, une récente enquête de l’organisation estime qu’un tiers des pays membres prévoient d’ici à la fin de 2026 des chiffres du tourisme supérieurs aux niveaux de 2025, avec de nombreux records à la clé.

Mathias Cormann a appelé les pouvoirs publics et les entreprises à œuvrer de concert pour pérenniser cette croissance et renforcer la résilience du secteur. « Il faut appliquer les enseignements tirés de la pandémie et du conflit au Moyen-Orient pour améliorer la préparation face aux crises, et adopter un mode de gestion du tourisme et des flux de visiteurs permettant au secteur de produire des bénéfices durables », a-t-il conclu.

Alain Bouithy

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Are you human? Please solve:Captcha