Congo : Gaz, pétrole, minerais et dettes alimentent les tensions sur fond de succession ( lecture en 4 min)

PARLONS-EN. Bien que le calendrier de certains mouvements financiers et déplacements de dignitaires entre le Congo, l’Italie, la Grèce et la France ait été modifié du 6 juin au 30 août consécutivement au mariage de Claudia Ekia révélant une réalité truffée de déchirures familiales, les urgences qui entourent l’avenir immédiat de l’État congolais demeurent plus perceptibles que jamais. Un pays que beaucoup décrivent aujourd’hui comme placé dans une situation de quasi-coma institutionnel et fracturé malgré les prêts et autres.

Des racines historiques aux élites

Après le décret de l’Alhambra de mars 1492, qui ordonna l’expulsion des Juifs de Castille et d’Aragon, des milliers de réfugiés se présentèrent aux frontières du Portugal. Selon les archives portugaises, 23320 Juifs entrèrent dans le royaume en 1493. Le roi Jean II (D. João II, 1481-1495) les autorisa à séjourner sur son territoire moyennant le paiement d’importantes taxes d’entrée et de résidence temporaire.

Sous prétexte de non-paiement de ces taxes, le souverain ordonna à la fin de l’année 1493 l’enlèvement de milliers d’enfants juifs, puis déportés vers São Tomé, une île équatoriale du golfe de Guinée « l’île aux lézards ». Environ 2000 enfants âgés de 2 à 10 ans furent concernés. Les estimations historiques indiquent que seuls 600 auraient survécu en 1499, puis à peine 60 en 1532. La colonisation de l’île fut confiée au capitaine Álvaro de Caminha, qui obtint l’autorisation d’utiliser des degredados (condamnés de droit commun) et de favoriser leur union avec des esclaves africaines importées du continent. De cette rencontre forcée naquit progressivement une société créole composée des Forros, des Angolares et, plus tard, des Tongas. São Tomé devint ainsi un véritable laboratoire du métissage contraint, préfigurant le système esclavagiste sucrier qui allait se développer dans l’Atlantique.

Cette histoire, souvent occultée, constitue pourtant l’une des matrices originelles de la créolisation lusophone. De là, certaines familles migrèrent vers le royaume Kongo puis vers les régions côtières d’Afrique centrale. Plusieurs patronymes aujourd’hui répandus ( Gomes, Collinet, Silva, Santos, Garcia, Oliveira, Costa, Rodrigues, Sousa, Fernandes, Gonçalves, Lopes, Marques, Alves, Teixeira, Almeida, Ribeiro, Pinto, Carvalho ou encore Pereira ) témoignent de cet héritage historique.
Parmi eux, le nom Pereira retient notre attention.

Pereira, Ingoba, Cie et différents réseaux

Né en 1946 à Mvouti (Kouilou ), Roger Pereira est une figure discrète mais influente des cercles politico-économiques. Ancien colonel de l’Armée populaire nationale et protocole des présidents Sassou et Lissouba, il fonde en 2001 à Malabo, avec des partenaires libanais, l’entreprise PAC International.
Au fil des années, il devient un acteur central des relations entre les présidents Sassou et Obiang Nguema Mbasogo. Initié à la franc-maçonnerie sous Mavré, Piccolet et Charles Griesbaum d’Aero-service, il joue un rôle dans la mort de Marien Ngouabi (nous y reviendrons). Élevé au rang des Templiers par la suite, il étend progressivement son réseau dans les sphères politiques, économiques, diplomatiques et sécuritaires de la sous-région.

En 2006, le mariage de Gérard Pereira, fils de Roger Pereira, avec Patricia Obiang Nguema, fille du président équato-guinéen, renforce davantage l’influence des Peirera. De son côté, Serge Pereira épouse la fille de Madeleine Ingoba-Descalzi, figure bien connue des milieux sécuritaire, financiers et des grands travaux. Ces alliances ne sont toutefois pas sans provoquer des rivalités. Le clan Pereira se retrouve régulièrement en opposition avec Jean Jacques Bouya et autres notamment autour de dossiers tels que la construction du ministère de l’Intérieur (rond point IFC pour 38 milliards), de l’Hôpital d’instruction des armées (167 milliards), l’université Denis Sassou, la fibre optique et autres projets mal ficelés ou abandonnés ou en contentieux.

Depuis le 5 mai 2026, l’entreprise Arabian Construction occupe une place dominante dans le secteur des grands travaux. Parallèlement, l’influence du réseau Pereira s’étend également à la sphère politique, notamment à travers des personnalités promues ou soutenues par certaines structures privées, dont Starstone. C’est dans cette optique que, dame Mouangassa a été renversée par Kaki suite à un verdict juridico-maçonnique.

Prélude d’y revenir le lundi 15 juin, je démens les allégations relayées sur les réseaux sociaux selon lesquelles j’aurais modifié, sous la menace d’une mise en demeure, mes propos et biffé certains noms cités dans ma précédente publication (Goma, Afoumbouley, Burkhalter, Puruhence, Moughani et Ingoba). Je persiste et signe : aucune mise en demeure ne m’a été notifiée et aucun contenu n’a été retiré. Au contraire, j’ai maintenu mes positions et continue à les documenter sur différentes plateformes d’information.

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

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