
Selon le Haut-commissariat au plan (HCP), les perspectives du commerce extérieur de l’économie marocaine pour 2025 et 2026 s’annoncent contrastées dans un contexte marqué par des incertitudes géopolitiques persistantes et par une croissance modérée en Europe.
Les secteurs automobile et textile devraient être confrontés à des défis structurels découlant de la transition énergétique et de la faiblesse de la demande européenne, au moment où les exportations de phosphates et de produits agricoles et agroalimentaires devraient poursuivre leur tendance favorable.
En parallèle, les importations devraient continuer de progresser, soutenues par la vigueur des investissements.
Les exportations de phosphates et dérivés devraient poursuivre une trajectoire haussière en 2026, répondant à une demande mondiale solide. Elles devraient bénéficier également des restrictions sur les exportations chinoises et du maintien des sanctions sur le phosphate russe, limitant ainsi l’offre mondiale.
Les exportations des voitures de tourisme auraient, quant à elles, connu un recul marqué en 2025. Cette tendance s’inscrit dans le cadre de la transformation du marché automobile européen, principal débouché des exportations nationales, absorbant plus de 95 % des exportations des voitures de tourisme entre 2016 et 2024.
En contraste, les exportations de véhicules utilitaires auraient maintenu une évolution positive en 2025, portées par une demande soutenue dans un segment moins impacté par la transition énergétique. Les perspectives d’évolution des exportations des voitures en 2026 devraient dépendre de la capacité d’adaptation pour répondre aux nouvelles exigences des marchés mondiaux.
Cependant, les exportations du câblage et de l’aéronautique devraient maintenir leur bonne performance en 2025 et 2026, tirée par la vigueur de la demande mondiale.
Pour leur part, les exportations du textile auraient marqué un recul en 2025, dans un contexte de demande internationale atone, émanant de l’Europe. En 2026, et malgré leur redressement prévu, les exportations de ce secteur devraient continuer de subir les répercussions de la forte concurrence internationale et du climat économique encore incertain.
Par ailleurs, les exportations de produits agricoles et agroalimentaires auraient connu une amélioration modérée en 2025, et devraient se renforcer en 2026, soutenues par les effets favorables de la campagne agricole. Dans ce contexte, le volume total des exportations des biens devrait enregistrer un ralentissement en 2025 avant de se redresser en 2026 à 6,7 %. Cette évolution témoigne de la dynamique de l’offre exportable et de l’élargissement progressif de ses débouchés internationaux.
En ce qui concerne les échanges de services, la performance du secteur touristique devrait continuer d’alimenter la croissance des exportations des services de voyage et de transport. Cette dynamique devrait se renforcer en 2026, à mesure que l’attractivité du Maroc en tant que destination touristique s’affirme davantage, occupant la 13ᵉ place dans le classement mondial de l’ONU Tourism en termes de croissance, et se positionnant au premier rang dans les régions d’Afrique et du Moyen-Orient. Ainsi, le volume des exportations de biens et services devrait évoluer à un rythme moins important, enregistrant 6,2 % en 2025 et 7,1 % en 2026.
La transition mondiale vers les véhicules hybrides et électriques s’intensifie sous l’effet combiné des politiques climatiques, des incitations fiscales et des avancées technologiques. Cette évolution est particulièrement visible en France, premier marché des exportations automobiles marocaines avec une part de 34 %, où les immatriculations de véhicules diesel ont chuté de 88 % entre 2016 et 2024, tandis que les ventes de véhicules hybrides et électriques ont progressé à un rythme soutenu. Ainsi, cette tendance devrait peser sur l’expansion des exportations nationales de ce segment de produits.
Pour sa part, le volume des importations des biens devrait maintenir sa tendance haussière suite à la vigueur de la demande intérieure. En effet, les importations de produits agricoleset agroalimentaires auraient connu une hausse modérée en 2025. Plus précisément, les importations de blé auraient enregistré une progression suite à l’insuffisance de la production céréalière nationale. De plus, les importations d’animaux vivants se seraient poursuivies afin de réduire la pression sur le cheptel national après plusieurs années de sécheresse. En 2026, l’évolution des importations des produits alimentaires devrait être atténuée en lien avec les retombées positives de l’amont agricole.
Les importations de demi-produits et de produits d’équipements devraient maintenir leur tendance haussière en 2025 et 2026, soutenues par l’accélération des investissements dans les infrastructures et par la mise en œuvre de projets stratégiques. De leur part, les importations des produits énergétiques devraient maintenir leur évolution en 2025 et 2026. Ainsi, le volume des importations des biens et services devrait croître de 13,2 % en 2025 et 8,4 % en 2026.
Par ailleurs, la tendance baissière des cours des matières premières au niveau mondial en 2025 et en 2026, particulièrement des produits énergétiques, devrait limiter la progression de la facture des importations. En parallèle, la valeur des exportations de biens devrait bénéficier du maintien des cours élevés pour les phosphates et dérivés.
Dans ces conditions, le déficit commercial devrait connaître une aggravation pour atteindre 21,3 % du PIB en 2025 et 21,1 % en 2026, par rapport à 19,1 % du PIB en 2024, tandis que le déficit en ressources devrait s’établir à 11,8 % du PIB en 2025 et 11,2 % en 2026. Dans ce cadre, et compte tenu du rythme évolutif des transferts des MRE, le compte courant devrait atteindre 1,9 % du PIB en 2026, après 2,4 % du PIB en 2025.