
POINT DE VUE. Les « bébés noirs » seraient une création du régime de Brazzaville, instrumentalisée dès 2016 pour instaurer la peur et maintenir la population dans le chaos, accuse Rodric Steeve Mpassy, acteur de la société civile congolaise, dans un message publié sur les réseaux sociaux et reproduit ci-dessous.
« L’opération menée par le général Serge Oboa n’a aucun sens. Elle ne répond pas à l’intérêt général des Congolais mais sert uniquement les intérêts du régime de Brazzaville. Il est important que nos compatriotes comprennent la finalité de cette « fameuse opération », dirigée par un général resté fidèle à Denis Sassou Nguesso depuis plus de 30 ans.
Rappelons-le : la DGSP n’est pas l’armée congolaise, ni la police, encore moins la gendarmerie. C’est avant tout une garde présidentielle. Une milice privée de Dénis SASSOU Ngeusso qui protège ses intérêts.
Face à une situation de cette ampleur, nous devons éviter de réagir par émotion. Il faut plutôt faire appel à notre intelligence collective et à la Constitution congolaise, notamment ses articles 8 et 9 :
Article 8 : La personne humaine est sacrée et a droit à la vie. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger.
Article 9 : La liberté de la personne humaine est inviolable. Nul ne peut être arbitrairement accusé, arrêté ou détenu. Tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce qu’un procès équitable ait établi sa culpabilité.
Je ne cautionne pas les violences attribuées aux « bébés noirs », mais il faut examiner ce phénomène à la racine. C’est d’abord un problème sociologique et éducatif. Lorsque Denis Sassou Nguesso a sciemment détruit l’école congolaise, à quoi pouvait-il s’attendre ? Ces « bébés noirs » sont une création du régime lui-même, instrumentalisée dès 2016 pour instaurer la peur et maintenir la population dans le chaos.
La police, dirigée par l’incompétent Obami Itou, avait été présentée comme la « solution finale » à ce fléau. Mais pourquoi alors ne pas mobiliser l’armée nationale, plutôt que de livrer des jeunes en pâture à la DGSP ? Exposer publiquement la jeunesse, l’humilier et la brutaliser ne résout rien. Au contraire, cela crée des traumatismes profonds. La jeunesse congolaise n’est pas un problème : elle est une richesse et un atout pour l’avenir du pays.
À chaque fois que Denis Sassou Nguesso invente une « solution », ce sont les innocents qui en paient le prix. En 2016, lors des violences attribuées aux « Ninjas », ce sont les jeunes des quartiers sud de Brazzaville qui ont subi la répression. En 2024, avec l’« Opération Coup de Poing », ce sont encore des innocents qui ont souffert, comme l’ont documenté plusieurs organisations de défense des droits humains. Malgré ces bavures, les « bébés noirs » continuent de semer la terreur.
Si une telle opération devait exister, elle devrait être conduite dans le respect strict des droits humains. Mais chaque fois que Sassou Nguesso met en place une « solution », il sème surtout la désolation, incapable de résoudre les problèmes qu’il a lui-même créés.
Rodric Steeve Mpassy
Acteur de la société civile congolaise«