Afrique du Sud/RDC. Apprendre à tirer les leçons de notre passé…

PARLONS-EN. Lorsqu’après la publication de la liste des multinationales qui pillent la RDC, j’avais noté trois grandes entreprises qui ont leur siège en Afrique du Sud, j’avais compris que chaque fois que les dirigeants sud-africains s’immiscent dans la crise congolaise, c’est rarement pour l’instauration d’une paix durable. Leur orientation va plutôt dans le sens de servir de relai à la fameuse Pax Americana, ce plan géopolitique et géostratégique mis en place par Bill Clinton pour redéfinir des règles de pillage des richesses congolaises par procuration du Rwanda, de l’Ouganda et de la constellation d’autres pays sous-régionaux dont l’Afrique du Sud, chacun dans son rôle de nègre de service, détenant bien entendu un agenda qui lui est propre.

Pour ce qui regarde les dirigeants sud-africains, l’ex-président Thabo Mbeki se distingue par ses prises de position ouvertement pro-rwandaises dans la résolution de la crise congolaise. L’on sait de quelle manière en 2002, Sun City avec sa formule de 1 + 4 avait été taillé sur mesure pour satisfaire les appétits hégémoniques et prédateurs du pays agresseur et pour lui octroyer la part de lion dans le partage des postes du pouvoir congolais.

Par ailleurs, outre l’effet collatéral des multinationales sud-africaines en RDC, les archives attestent que Thabo Mbeki serait en collusion d’affaires avec les intérêts vitaux de l’Etat congolais. Des investigateurs dignes de respect ont indiqué que le concerné est membre influent du conseil d’administration d’une grande société exploitant les minerais congolais à Rutsuru, dans cette zone là même qui est sous occupation rwandaise et que l’ancien président sud-africain voudrait bien voir se détacher du pouvoir de Kinshasa pour ses intérêts personnels.

Thabo Mbeki sait bien que la cause profonde de la crise congolaise n’est pas principalement dans les velléités des officiels congolais, quoique ceux-ci aient fait de ce conflit leur fonds de commerce. Il sait que les Yankees sont les principaux instigateurs grâce à l’efficacité de leurs relais africains. Il sait aussi que les causes du conflit étant ailleurs, tout dialogue entre congolais est un coup d’épée dans l’eau et n’aura aucun impact réel sur la restauration d’un climat de paix tant que les pilleurs extérieurs et intérieurs du Congo auront choisi la stratégie du chaos organisé pour vider le Congo de sa souveraineté pour en faire un Etat failli livré à la merci de tous les charognards.

Ceci dit, la convocation d’un autre dialogue intercongolais dit Sun City II par la Fondation Thabo Mbeki du 3 au 6 septembre 2025 prochain risque bien d’être fatale pour l’avenir du peuple congolais dans la mesure où, plus qu’une simple exploitation des richesses congolaises, c’est plutôt de la partition pure et simple du pays qui est exigée par les ennemis du Congo en instrumentalisant les élites politiques et religieuses congolaises.

Que ceux des politiciens et des religieux qui répondront à l’invitation de la Fondation Thabo Mbeki apprennent plutôt à tirer les leçons du passé récent de la RDC et mesurent dès maintenant leur grande part de responsabilité dans l’officialisation et la légalisation en cours de la balkanisation du pays. Le jugement de l’histoire ne sera pas tendre à leur endroit.

Par Germain Nzinga

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