
Même si le Président de la République s’attèle à rassurer de façon lapidaire ses concitoyens que les élections d’octobre 2025 se dérouleront dans un climat apaisé, les Ivoiriens et toute la communauté internationale craignent au plus haut degré cette autre année électorale.
2025 comme les autres années électorales dans notre pays n’est pas une année ordinaire. Depuis le début de l’année, à environ 10 mois des échéances électorales, il y a déjà une effervescence dans les Quartiers Généraux (QG) des différentes chapelles qui animent la vie politique du pays. Même si le Président de la République, n’a pas encore annoncé officiellement sa candidature, 4ème mandat dont il devait se raviser d’ailleurs, parce que contraire aux dispositions de la Constitution ivoirienne, plusieurs leaders politiques qui ne se reprochent rien dont le Président de Générations et Peuples solidaires (GPS), M. Guillaume Kigbafori Soro et l’ex-Première Dame, Mme Simone Ehivet Gbagbo, Présidente de MGC ont déjà officiellement annoncé leur candidature.
Beaucoup d’observateurs de la scène politique ivoirienne accuseraient à tort Guillaume Soro de ne pas avoir de projet politique pour la Côte d’Ivoire. Eh bien depuis 2019, bien qu’il soit contraint à l’exil, le Président Guillaume Soro qui n’a que faire des simulacres de condamnations aux relents politiques dont il est affublé depuis sa décision de briguer la magistrature suprême de son pays la Côte d’Ivoire, a bel et bien un programme de gouvernement dont il développera des grands pans en temps opportun. Il en a d’ailleurs déjà esquissé quelques pas à l’endroit de nos braves paysans lors de son adresse à la nation à l’occasion de la présentation de ses vœux de nouvel an 2025. D’ailleurs c’est aux programmes de gouvernement des différents candidats dont devaient se soucier tous les Ivoiriens et ivoiriennes, et non de la tête de tel ou tel candidat.
Quoiqu’on puisse raconter sur lui, Guillaume Soro a un statut de « figure politique majeure » de la Côte d’Ivoire. Une ascension entamée depuis ses années FESCI, il y a environ une trentaine d’années. Guillaume, pour ne faire allusion qu’à ses années scolaires et universitaires, connait bien la Côte d’Ivoire son pays pour avoir fait contrairement à certains « fantômes » toutes ses classes ici au pays (de Diawala, Ferké, Touba Mankono et Katiola au nord en passant par Bouaké et enfin Abidjan).
Les différentes positions clés que Soro a occupées ces dernières années avant son divorce avec le Président du RHDP constitue véritablement pour l’ivoirien honnête un tremplin idéal à son ascension à la magistrature suprême. Pour ne citer que de petits exemples, en tant que Premier ministre et Président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro a parcouru hameaux et villages notamment dans les départements de Katiola et de Dabakala (pour ne citer que ces deux localités où il a séjourné) pour s’enquérir, loin des discours pompeux et mercantiles, des réelles difficultés des populations qu’il entend affronter lorsqu’il accèdera, avec le suffrage de ses compatriotes, au pouvoir d’État.
Pour être plus précis, Le 11 mai 2019 à Katiola, il déclinait son projet politique en 4 points : faire de la Côte d’Ivoire un État de droit et une référence démocratique ; réaliser un développement intégral et harmonieux ; bâtir une société de champions nationaux et internationaux dans tous les domaines ; construire une Nation au-delà des particularismes communautaires, religieux et politiques.
Et puis, si l’on veut remonter dans le temps pour lever tout équivoque et en savoir davantage sur la discorde du leader de la génération nouvelle avec le Président Ouattara, le Président de l’Assemblée nationale d’alors, Sem. Guillaume Soro s’est nettement démarqué du régime Ouattara depuis la fin du premier mandat en 2015.
A la fin de son premier quinquennat, Guillaume Soro a juste souhaité et demandé au Président de la République de libérer les détenus politiques afin de donner un contenu au processus de réconciliation notamment avec le retour des exilés. Il n’a pas été entendu et c’est à partir de ce moment que Guillaume a estimé que c’en était fini de sa franche collaboration avec le Président de la République qui avait d’autres interlocuteurs privilégiés dans son nouveau parti du RHDP. Pour peu que je le connaisse, Bogota n’aime pas le mensonge, la roublardise et l’hypocrisie.
Guillaume Soro pour donner force à cette décision va refuser d’adhérer au projet politique du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix). Et donc depuis fin 2018, il était considéré comme un ‘’paria’’ pour de nombreux militants et non des moindres du Rassemblement des Républicains (RDR) d’Alassane Ouattara.
Quinze (15) ans après la grave crise politique consécutive aux élections de 2010 et son funeste bilan de plus de 3000 morts, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Notre pays n’a plus besoin de ces décomptes macabres. Les populations ivoiriennes n’aspirent qu’à une paix durable. Elles demandent aux autorités du pays notamment au Président de la République d’utiliser tous les moyens en son pouvoir pour permettre une élection démocratique, juste, apaisée et inclusive.
Et Guillaume Soro, figure emblématique et incontournable de la jeunesse et de l’opposition ivoirienne, ne pourrait être absent une fois de plus à ces joutes électorales majeures de notre pays.
GOORÉ Yves Axel (Radio-gps)