HCP: la croissance mondiale devrait se stabiliser cette année

L’économie mondiale devrait croître en 2024 au même rythme que l’année précédente, soit 3,1%*, a indiqué récemment le Haut-commissariat au plan (HCP) dans son Budget économique exploratoire 2025.

Cette évolution devrait bénéficier de l’atténuation des contraintes sur les chaines d’approvisionnement et de la solidité du marché de l’emploi, et ce malgré la poursuite des tensions géopolitiques et le maintien des taux d’intérêts élevés, selon les explications de l’institution publiques marocaine.

En 2025, l’activité économique devrait progresser de 3,2% suite à une modeste expansion du commerce et de l’investissement profitant du reflux de l’inflation. Ces rythmes de croissance demeurent toutefois inférieurs à la moyenne de 3,8% observée entre 2000 et 2019, sur fond d’un Policy-mix restrictif et de la persistance des incertitudes.

Des trajectoires de croissance contrastées

La croissance économique devrait rester modérée, en deçà de 2%avec de fortes disparités inter-pays dans les économies avancées, et soutenue dans les pays émergents avec une croissance de 4%, en dépit du ralentissement prévu de l’économie chinoise.

Aux États-Unis, l’activité économique devrait maintenir son rythme d’évolution de 2,5% en 2024. L‘inflation devrait ralentir restant toutefois à des niveaux élevés malgré l’augmentation significative des taux d’intérêt. En effet, l’activité des entreprises américaines devrait continuer de réaliser des résultats favorables et les dépenses de consommation devraient rester fortes tirant profit de la solidité du marché du travail. La politique monétaire de la FED devrait ainsi rester restreinte plus longtemps que prévu. La croissance américaine devrait ralentir à 1,8% en 2025, suite aux effets cumulatifs du resserrement monétaire et aux mesures budgétaires restrictives visant la réduction du déficit budgétaire et l’allégement de la dette publique. Celle-ci devrait continuer d’enregistrer des taux préoccupants dépassant les 125% du PIB en 2025.

La situation défavorable des économies européennes accentue le contraste apparu dès le début de la crise sanitaire avec l’économie américaine. La croissance en zone euro devrait rester faible en 2024 avec un taux limité à 0,7%. Les conditions financières restrictives devraient peser sur l’investissement et la consommation, tandis que la faiblesse de la demande extérieure devrait freiner les exportations. La croissance devrait rester fragile en Allemagne et en France, timide en Italie et nettement meilleure en Espagne.

L’activité économique dans la zone euro devrait rebondir légèrement à 1,4% en 2025, stimulée par l’expansion de la consommation privée dans un contexte de reflux de l’inflation combiné au dynamisme des salaires. Les investissements devraient se redresser progressivement avec l’amélioration attendue du marché des crédits suite au relâchement de la politique monétaire. Par ailleurs, la contribution du commerce extérieur à la croissance devrait rester neutre malgré la reprise des exportations. Quant à la politique budgétaire, elle devrait se durcir en liaison avec le retrait progressif des mesures d’aide énergétique.

Dans les économies émergentes et en développement, la Chine devrait réaliser une croissance en décélération, passant de 5,2% en 2023 à 4,8% en 2024 et 4,1% en 2025. La demande intérieure et l’activité des services devraient continuer de manquer de vigueur, freinées par la crise du secteur immobilier, par les incertitudes réglementaires et par les faibles niveaux de confiance des consommateurs et des investisseurs privés. Cependant, l’économie chinoise devrait tirer profit de la contribution favorable des exportations grâce au redressement de l’industrie manufacturière.

En Inde, la croissance économique devrait se modérer suite principalement à la décélération de la demande extérieure. Elle devrait rester toutefois stimulée par la dynamique de l’investissement et de la consommation privée qui devrait bénéficier d’une reprise de la production agricole et de la baisse de l’inflation. Le taux de croissance devrait ainsi rester élevé avoisinant 6,7% en 2025 après 6,6% en 2024 et 8,2% en 2023.

En Russie, l’économie devrait réaliser une croissance de 2,9% en 2024 et 1,4% en 2025, bénéficiant de l’importance des dépenses publiques et des investissements liés à la guerre.  Les recettes d’exportation de pétrole devraient rester élevées malgré les sanctions occidentales, bénéficiant du développement d’importants liens commerciaux notamment avec la Chine.

Au Brésil, la croissancedevrait se modérer à 2% en 2024, impactée par les effets retardés du resserrement monétaire et par une moindre contribution de l’agriculture. En 2025, la croissance devrait avoisiner 2,2%, soutenue par les réformes budgétaires.

*Prévisions de la Banque Mondiale – JUIN 2024

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