
INTERVIEW. Jusqu’au 9 juillet prochain, les œuvres de l’artiste peintre marocaine Lamia El Guermai sont accrochées aux cimaises de la galerie ARTEM, un espace dédié aux arts plastiques et à la mémoire. L’artiste, qui a choisi le cadre agréable de cette galerie sise à Casablanca pour exposer ses récentes œuvres, a accepté de répondre à nos questions.
PAGESAFRIK.COM: ARTEM Gallery présente vos œuvres depuis le 10 juin dernier. Pour nous aider à mieux vous connaître, pourriez-vous nous dire à quelle école d’art plastique appartenez-vous ?
Lamia El Guermai: Certainement mon style est celui du surréalisme symbolique dans lequel je matérialise les rêves et les ressentis à ma manière, ce qui me permet de faire un voyage dans mes souvenirs et ce ; en utilisant des symboles et des couleurs à même de susciter des lectures différentes ou des interprétations multiples.
Avez-vous une relation avec l’art surréaliste ? Cette relation s’est-elle incarnée dans vos peintures ?
Ma relation et mon appartenance au courant surréaliste est sans équivoque. Comme je l’ai dit, toutes mes œuvres font partie du surréalisme symbolique et ma symbolique concerne mes personnages ou des représentations telles l’or, la lune, les chaines….qui ont un lien direct avec les message que je désire transmettre.
la peinture me délivre de toutes les pressions professionnelles et sociales
Fusionner la réalité avec les expériences émotionnelles pour atteindre la paix que l’artiste recherche. Peut-on dire qu’elle s’est incarnée dans vos peintures ?
Outre mon travail accaparant et challengeant, je suis également épouse et maman de 2 magnifiques enfants. Ce rôle est assez prenant. Heureusement, la peinture me délivre de toutes ces pressions professionnelles et sociales et me permet de tout déverser sur ma toile vierge et de l’embellir de mes couleurs éclatantes.
Qu’est-ce qui distingue vos peintures des autres artistes ? Vous êtes-vous éloigné du formalisme utilisé par les artistes dans le traitement de leurs sujets ?
Mes travaux est un mélange entre l’impressionnisme et l’art contemporain et l’explosion des couleurs avec une perspective surréaliste dans une quête permanente d’équilibre. Je pense que ce qui caractérise mes travaux est :
D’abord la façon dont je traite mes sujets car j’essaie de simplifier le message malgré sa subtilité et tous les non-dits qu’il transporte et ce ; pour toucher un maximum de spectateurs.
Ensuite, je travaille sur de très grandes dimensions car je suis une personne qui aime évoluer dans un grand espace avec liberté et une fusion totale de ma personnalité bohémienne très active avec les personnages de ma toile.
Et enfin, ma relation avec les couleurs est spéciale, j’aime les couleurs éclatantes et fluorescentes et je pense que ça attire aussi le spectateur, critique et collectionneur d’œuvres d’art.
Le folklore et le patrimoine des pays occupent une grande place dans le cœur des gens. Ces noms se sont-ils incarnés dans vos peintures ? Qu’est-ce qui vous est le plus proche, l’art populaire ou l’art qui relie l’imaginaire au réel ?
Evidemment, en tant qu’artiste et patriote, je suis fière de mon identité marocaine, arabo-musulmane et africaine et ceci est très apparent dans mes œuvres tant au niveau des sujets et des personnages. La femme et l’homme y sont présents en toute cohésion et solidarité familiale. J’évoque également l’habit d’époque représentant ainsi la noblesse de mon pays et son ancrage historique car j’estime que l’art plastique est une passerelle entre le passé et le présent.
Aussi à mon humble avis, on ne peut fragmenter l’art plastique ni le dissocier des différents autres arts. On peut retrouver plusieurs passions chez une même personne. Personnellement, je me retrouve dans la musique, le chant, la danse, la poésie et l’art plastique, mais ce dernier m’offre plus de liberté et plus de don de soi. Il part d’une surface blanche pour aboutir à un message, une idée, une théorie ou une vision de tout ceci.
Où se situe votre ambition dans l’art, et pensez-vous que vous êtes dans la bonne direction pour réaliser votre ambition ?
Vous savez, toutes les réussites sont tributaires du travail acharné et de persévérance et c’est le principe que j’adopte, en tant que plasticienne autodidacte, depuis très longtemps et cela m’a permis de me démarquer avec mes couleurs et mes idées et de créer ma propre signature.
Quel est votre message à ceux qui aiment l’art plastique, en particulier les débutants ?
Si j’ai un message à transmettre, c’est que l’art plastique est une expression picturale du ressenti du moment et c’est également une réconciliation et une interactivité avec soi et croyez-moi, c’est plus un gain moral que matériel. C’est une ouverture vers l’univers et c’est des rencontres fructueuses loin des complaisances. Un artiste doit être convaincu que son avenir et ses rêves lui appartiennent et que son succès il le doit à son talent.
Ses œuvres parleront de lui, des œuvres qui reflètent ses positions et son engagement. Un artiste accueille les critiques et comprend que les autres points de vue sont d’abord une belle richesse.
Quel est le thème de votre future exposition ? Qu’est ce que l’équilibre pour toi ?
Sur mes œuvres, je travaille sur la thématique de l’équilibre. C’est une myriade de contradiction picturales pour établir un équilibre manichéen entre plusieurs concepts : nouveau / l’ancien, beau /laid, homme/Femme Bien/mal, jeune/vieux, Claire/obscure, ombre/lumière.
Je développe des scénarios de la vie. à travers mes créations, je me pose des questions existentielles pour répondre par son opposé par la suite. Mes tableaux est un labyrinthe pictural dont le spectateur est acteur d’un puzzle selon son propre décryptage.
Qu’elles sont vos couleurs préférées ?
Ma palette ne connait pas de limites. Toutes les couleurs y cohabitent. Je prends plus de gouts et de plaisir à utiliser les couleurs fluorescentes. C’est une explosion de couleurs, c’est un chaos ordonné de couleurs.
Propos recueillis par Martin Kam
Bio-Express :
Lamia EL GERMAI est une artiste peintre autodidacte qui s’est mise à la peinture à ses 13 printemps. Acteur bénévole dans la démocratisation de la formation et femme entrepreneure dans la formation électronique, la native de Casablanca a participé à plusieurs expositions nationales et internationales. La Marocaine dont les œuvres ont dépassé les frontières du champ national a aussi bénéficié de l’expérience de la friction qui lui a donné de l’expérience et l’idée de l’autre opinion. Lamia EL GERMAI est docteur en économie et gestion.
Journaliste au sein de notre rédaction depuis 2012.



