RDC. Le 11 janvier 1959 : Joseph Kasa Vubu est mis aux arrêts…

RETRO. Il y a soixante-cinq ans, plus précisément le 15 avril 1958, se réunissait à Accra, à l’initiative du président Nkrumah, la première conférence des Etats indépendants. Elle se soldera par un communiqué conjoint qui sera lu le 22 avril 1958 et qui proclamera l’unité de but et d’action des gouvernants africains sur la scène politique internationale. Il proclamera en même temps le droit des peuples africains à l’indépendance et à la libre détermination et à prendre des mesures appropriées pour hâter la réalisation de ce droit.

C’est pour structurer cette nouvelle volonté politique que cette première conférence sera suivie quelques mois plus tard, soit du 5 au 13 décembre 1958, d’une seconde conférence panafricaine des peuples pour soutenir les mouvements d’indépendance en Afrique. C’est Kwame N’Krumah, président du Ghana, qui organise cette rencontre et désire en faire la plate-forme de lancement d’une politique africaine. Il expose ses objectifs nationalistes et tente d’imposer le panafricanisme, comme moyen d’accession à la liberté.

À cette conférence panafricaine seront invités quatre jeunes leaders politiques congolais, notamment Patrice Lumumba, Joseph Ngalula et Gaston Diomi, cadres du Mouvement National Congolais (MNC) sont autorisés par le pouvoir colonial à s’y rendre, mais Joseph Kasa-Vubu sera, par contre, empêché car il fait peur par ses revendications politiques.

Le 4 janvier 1959, l’interdiction d’une réunion de l’ABAKO, laquelle entendait faire la restitution auprès de la base du parti du message politique de la seconde conférence des peuples Africains déclenchera une émeute, suivie d’un massacre à Léopoldville (Kinshasa).

Le 8 janvier 1959, Joseph Kasa-Vubu, président de l’ABAKO, est arrêté avec une douzaine de leaders, dont Daniel Kanza, Simon Nzeza, Gaston Diomi, Arthur Pinzi. L’ABAKO sera dissoute ce 11 janvier 1959 au motif qu’elle représentait « une menace pour la sécurité publique ».

Le 11 janvier 1959, soit trois jours après l’arrestation de son leader, le pouvoir colonial va prononcer la dissolution de l’ABAKO par un arrêté du bourgmestre de Léopoldville. Le 23 janvier 1959 se tiendra le procès de l’homme considéré comme l’ennemi public numéro un du pays. Il sera défendu par deux avocats : Maîtres Croquez et Van Bilsen qui deviendront ses conseillers une fois devenu Chef de l’Etat. Tandis que le général Niamaseko qui l’avait arrêté et giflé deviendra son officier d’ordonnance.

Cette arrestation sera largement contre-productive au pouvoir colonial car elle contribuera à renforcer l’aura politique de Joseph Kasa Vubu dont la présence à la future Table Ronde de Bruxelles deviendra déterminante pour l’accession du pays à l’indépendance souveraine le 30 juin 1960.

Petite leçon de l’histoire : il ne faut JAMAIS avoir peur du bourreau lorsque tu t’engages dans le combat pour l’exercice effectif des libertés individuelles et collectives. En dépit des procès et de nombreuses brimades, le temps est resté le meilleur allié et a fini par élever l’opprimé d’antan à la magistrature suprême. Le Kasa Vubu arrêté et rudoyé le 8 janvier 1959 deviendra le premier président du Congo libre et souverain.

64 ans jour pour jour après cette arrestation du 8 janvier 1959, qu’a-t-on fait des sacrifices endurés par les pionniers de l’indépendance? Où est le Congo? Où va-t-il?

Par Germain Nzinga

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