
Le groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale(Gimac), bras séculier de la Beac en matière de transactions monétaires, innove avec des services monétiques défiant toute concurrence.
La 6ème édition du salon international des technologies et de l’information- Osiane 22- a permis au directeur général du Gimac, Valentin Mbozo’o, de vendre les services qu’offre son institution dans les 6 États membres de la Cemac(Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, RCA et Tchad).
À partir du compte mobil money d’un opérateur de téléphonie mobile de la sous-région, l’on peut envoyer de l’argent dans le compte momo du même espace zonal. En d’autres termes, l’abonné Mtn Congo ou Airtel peut transférer instantanément de l’argent à un abonné Orange ou Mtn Cameroun, ou Aitel Gabon, et vice versa.Mieux, un abonné mobil money de l’un des 2 opérateurs mobiles du Congo peut envoyer de l’argent à un correspondant Gabonais, camerounais…., via gab d’une banque de l’écosystème gimacpay pour un montant n’excédant pas 5 millions de FCFA. C’est ce que le directeur général du Gimac désigne sous le langage technique d’ » interopérabilité intégrale, synonyme d’inclusion financière ». Une innovation de taille à laquelle s’ajoute la « remittence », c’est-à-dire la possibilité pour un usager de recevoir directement dans son compte mobile money ou bancaire du réseau Gimacpay, de l’argent en provenance du monde entier. Ainsi donc, un congolais de la diaspora peut aisément et instantenement envoyer 20, 50 ou 100 euros à son parent ou ami resté à Brazzaville, … Ce que l’on retient de cette révolution en matière de transactions monétaires est que depuis n’importe quel terminal mobile, un code de retrait envoyé par l’émetteur du payement, permet des retraits du cash sur les Gab du réseau des banques Gimac. « Les prix sont plus souples que chez la concurrence », confie, la main sur le cœur, Valentin Mbozo’o.
Une expérience vécue permet de constater que 900 mille FCFA envoyés au Cameroun, via money Gram, western union ou Express Union, coûtent, en terme de frais et taxes, un peu plus de 20.000 FCFA, tandis que la même opération coûte légèrement moins du double en utilisant les services du Gimac où le principe d’instantanété est de mise.
Au regard des innovations apportées par le Gimac dans les opérations de transactions monétaires, reste l’epineuse question de sécurisation informatique pour se mettre à l’abri de la cyber criminalité. « Le risque zéro n’existe pas, puisque même les grands groupes et pays nantis n’en sont pas épargnés », reconnaît le directeur général du Gimac. »Nous prenons toutefois des précautions au maximum « , rassure t-il. Le véritable problème reste cependant l’avenir des établissements de micro finances, grands employeurs, comme la camerounaise Express Union, appelée à résister face aux innovations du Gimac, à défaut de mourir.
Faut-il noter que 2 banque s congolaises, la nigériane UBA Congo et la gabonaise Bgfi Bank Congo, sont les acteurs de l’écosystème gimacpay.
Par Alphonse Ndongo
Journaliste économique et financier.