RD Congo. Les raisons de la résignation et de la soumission congolaise à l’Etat réflexif

TRIBUNE. D’abord en 2007, j’ai inventé la méthode L R R pour animer des séminaires de science politique approfondie et du  droit administratif en troisième cycle à l’Université Catholique de Graben à Butembo, sur invitation des autorités de cet établissement .

Ce n’est pas le lieu de décrire cette méthode ici. Elle nous a permis d’isoler les systèmes politiques africains et congolais réinterprétés ; et contrairement à la méthode type- idéal de M. Weber qui a  produit le modèle de gestion administrative bureaucratique dont l’Etat démocratique a le monopole de la violence physique légitime sur le territoire national, nous avons montré que l’Etat africain en général et congolais en particulier subit en grande échelle la violence de la part des particuliers, pour preuve on y parle des zones entières où ne s’exerce pas l’autorité de l’Etat officiel. L’Est de la Rdc en constitue une éloquente illustration. C’est également le cas au Sankuru où encore certains quartiers de Lodja échappent à l’administration officielle et on les appelle ambassades.

Pourquoi le peuple congolais et l’Etat officiel sont incapables d’y mettre fin pour promouvoir la civilisation des mœurs, selon l’expression chère à N. Elias ? Alors que cette situation nous éloigne de l’ordre et du développement tous les jours, pour favoriser des millions de morts et des pillages de nos ressources économiques en termes des milliards de dollars d’autant plus qu’en dehors des congolais véreux, multinationales et Etats voyous étrangers en entretiennent et en tirent le plus gros profit.

Les raisons sont simples; elles reposent sur la culture de jouissance et de facilité sans oublier la corruption et la religion. Pendant que les congolais du Nord -Kivu et d’Ituri meurent massivement, c’est le Ndombolo (Mgr Mosengwo) qui fait rage à Kinshasa et dans les grands centres du pays où la musique, le sexe et la boisson se prennent du matin au soir. Ils servent d’opium du peuple comme l’écrirait K. Marx.

Outre le royaume de distraction irresponsable, contrairement à l’ascétisme inhérent au travail (M .Weber),la jouissance fainéante tue le développement. De plus, la religion telle que pratiquée en Rdc ne permet pas aux congolais de sortir de la facilité: les pasteurs font croire aux pratiquants qu’ils peuvent manger sans travailler, être diplômés sans étudier, voyager à l’étranger sans passeport, contracter le mariage sans convaincre le partenaire de sa fidélité, de son amour, de son éducation et sans minimum de ressources. Zambe akosala aime-t-on déclarer à Kinshasa.

La corruption de survie et de profit tue le pays et favorise l’enrichissement sans cause, les inégalités sociales et l’incapacité de vaincre le terrorisme.

Enfin, la conscience nationale est absente et l’on pense que ce qui se passe à Beni ou à Ituri ne les concernerait pas. Seule la culture particulariste, paroissiale, égoïste et centrifuge les intéresse. Le bonheur, l’Etat fort et démocratique ont  encore du chemin à faire pour se réaliser en  Rdc. Les  pessimistes pensent que le  développement n’y verra jamais le jour : c’est la thèse balkaniste anglo-saxonne depuis B. Clinton!/

Professeur Lohata Tambwe Okitokosa Paul-René.

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