Sénégal: Conseil des ministres du mercredi 30 novembre 2022

Sénégal: Conseil des ministres du mercredi 30 novembre 2022

Le Président de la République, Son Excellence Macky SALL a présidé le Conseil des Ministres, ce mercredi 30 novembre 2022, au Palais de la République. A l’entame de sa communication, le Chef de l’Etat a adressé ses chaleureuses félicitations aux Lions du Football, qui se sont brillamment qualifiés, hier, aux 8ème de finale de la Coupe du Monde.  Pour la suite de la compétition, le Président de la République a renouvelé ses encouragements aux joueurs de l’équipe nationale de Football et à leur encadrement technique et administratif.  Abordant le soutien aux Daaras et aux diplômés de l’enseignement arabe, le Chef de l’Etat est revenu sur la rencontre du lundi 28 novembre 2022, avec la communauté des Daaras dans le cadre des concertations et du dialogue avec l’ensemble des forces vives de la Nation.  Le Président de la République a félicité le Gouvernement, notamment le Ministre de l’Education nationale, les chefs religieux, les responsables et maîtres de Daara, les apprenants (« ndongo Daara »), les partenaires et bonnes volontés, en particulier les « Ndeyou Daara », qui appuient ce pan important de notre système éducatif et qui ont permis la réussite de cette rencontre historique.  A cet effet, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, l’impératif de renforcer le soutien et l’accompagnement de l’Etat aux Daaras à travers une coordination plus soutenue des efforts de l’Etat et des collectivités territoriales, avec la réallocation d’une partie des fonds de dotation alloués au secteur de l’Education, vers ces entités et un suivi de proximité du développement de ces établissements d’éducation et de formation, basés sur les préceptes de l’Islam et des traditions fortement ancrées dans notre société.  Dans cet esprit, le Président de la République a exhorté le Premier Ministre à engager la modernisation des Daaras au tour de quatre (4) actions majeures :  Dans cette perspective, le Chef de l’Etat a décidé d’instituer un « Grand Prix International du Président de la République pour le Récital du Saint Coran » et une « Journée nationale des Daaras », chaque 28 novembre.  Par ailleurs, le Président de la République a insisté sur l’urgence de valoriser davantage l’expertise des diplômés en langue arabe dans la fonction publique, dans le secteur parapublic et dans toutes les branches d’activités du pays, où leurs compétences pourront être utilisées.  Le Chef de l’Etat a demandé, enfin, au Premier Ministre et au Ministre de l’Education nationale de finaliser avec toutes les parties prenantes, un Programme d’Appui aux Daaras et aux Diplômés de l’Enseignement Arabe (PADEA) en relation avec le Bureau d’Assistance aux Daaras et aux Diplômés de l’Enseignement Arabe (BADEA) rattaché à la Présidence de la République.  Abordant l’accélération de la transformation du système de fonctionnement des transports terrestres, le Président de la République a invité le Premier Ministre et le Ministre chargé des Transports terrestres à déployer, dans le cadre d’un suivi permanent, toutes les mesures requises pour asseoir la gestion optimale du dispositif de transports publics et privés, en cohérence avec la fonctionnalité du TER, des chemins de fer et du BRT.  A cet effet, le Chef de l’Etat a souligné, l’urgence de mobiliser, en relation avec les acteurs des transports impliqués, les moyens adéquats pour renforcer la mise en œuvre des programmes de renouvellement des véhicules de transport (urbains et interurbains) et des gros porteurs.  En outre, le Président de la République a engagé, le Premier Ministre et le Ministre des Transports terrestres, à veiller au suivi adéquat des revendications du Cadre unitaire des syndicats du transport routier du Sénégal (CUSTRS) et de la situation des accidents sur les routes du Sénégal en relation avec les forces de défense et sécurité, notamment la gendarmerie nationale.  S’agissant du climat social, de la gestion et du suivi des affaires intérieures, le Chef de l’Etat est revenu sur les sujets suivants :  Le Président de la République a demandé au Premier Ministre et au Ministre chargé de l’Hygiène publique de prendre toutes les dispositions adéquates en vue de renforcer les ressources et les moyens d’intervention de la nouvelle Société nationale de Gestion intégrée des Déchets solides urbains (SONAGED SA) qui prend le relais de l’UCG.  Revenant sur la situation du Lac rose, le Chef de l’Etat a demandé au Ministre en charge de l’Environnement d’envisager un Comité Régional de Développement (CRD) spécial en présence des ministres concernés, des acteurs économiques, des autorités territoriales et des chefs de villages polarisés afin d’accentuer la mise en œuvre des mesures rapides et des solutions durables de sauvegarde des activités économiques et de l’écosystème du Lac Retba.  Clôturant sa communication, le Président de la République a annoncé la tenue d’un Conseil des ministres décentralisé à Tambacounda, le 28 décembre 2022, ainsi que la cérémonie marquant la journée nationale de l’élevage le 29 décembre.  Le Chef de l’Etat a ainsi invité le Premier Ministre à préparer un document d’orientation et à présider un Conseil interministériel de développement en vue d’évaluer les engagements du Gouvernement depuis 2013 et de projeter les investissements prioritaires de l’Etat dans la région, pour les trois prochaines années.  Dans sa communication, le Premier Ministre a rendu compte : AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES  Le Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a fait une communication sur sa participation aux Sommets extraordinaire de l’Union africaine tenue à Niamey et celui de la Francophonie à Djerba ;  Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice a fait une communication sur le lancement du Centre de Surveillance électronique;  Le Ministre de la Santé et de l’Action sociale a fait une communication sur les projets du Programme National de Réadaptation à Base Communautaire (PNRBC) et la célébration de la journée internationale des personnes handicapées prévue le 03 décembre 2022.  AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES  Le Conseil a examiné et adopté les textes suivants :  AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES  Le Président de la République a pris les décisions suivantes : 

Un tremblement de terre frappe le Gabon

Un tremblement de terre frappe le Gabon

Un tremblement de terre de magnitude 5,5, dont l’épicentre se trouvait à une profondeur de 10 kilomètres, a été ressenti au Gabon. Aucune victime ni dégâts ne sont encore constatés. Un séisme de magnitude 5,5 sur l’échelle de Richter a frappé ce dimanche 4 décembre le Gabon, selon le Centre sismologique euro-méditerranéen. D’après ses données, l’épicentre des secousses souterraines était situé à 39 kilomètres au sud-est de la ville de Lambaréné. Une localité où vivent environ 20.700 personnes. La secousse a été localisée à une profondeur de 10 kilomètres… Lire la suite sur Sputniknews

Congo. La 6ème édition de la foire aux plants a généré plus de 35 millions de FCFA

Congo. La 6ème édition de la foire aux plants a généré plus de 35 millions de FCFA

Les rideaux de la 6ème édition de la foire aux plants se sont refermés, le 2 décembre dernier, à Brazzaville, après 48 jours d’activités, en présence de Mme Rosalie MATONDO, ministre en charge de l’économie forestière, avec une moisson financière de 37 millions de francs CFA. Cette édition de la foire aux plants a été une réussite au regard des chiffres annoncés par le coordonnateur du ProNar, M. François Mankessi. « De manière globale, on estime à 37.373.309 FCFA, la valeur provisoire des ventes réalisées au cours de cette 6ème édition de la foire aux plants, une valeur légèrement en deçà de celle de la précédente édition. Les plus gros chiffres ont été réalisés dans les deux plus grands centres urbains, notamment Brazzaville avec 27.067.550 FCFA et 6.283.959 FCFA pour Pointe-Noire. Les villes d’Oyo et de Dolisie ont réalisé respectivement 2.634.000 FCFA et 1.387.800 FCFA ». Un satisfécit qu’a exprimé Mme Rosalie Matondo, ministre de l’économie forestière dans son discours de clôture : « La tendance croissante des statistiques qui viennent de nous être présentées prouve à suffisance que sur le plan socioéconomique, l’initiative a eu un impact, au regard du nombre toujours croissant de nouveaux horticulteurs qui rejoignent la plateforme en engrange des revenus qui leurs permettront de sortir de la précarité et de se mettre à l’abri du besoin, ainsi que le nombre des visiteurs reçus dans les différents sites ». La ministre de tutelle a éclairé les congolais sur l’intérêt de cette foire aux plants sur le plan culturel et environnemental. « Au plan culturel, la foire aux plants s’érige progressivement en un sanctuaire de transmission de connaissances et de la valeur culturelle des arbres dans notre tradition ». Et sur le plan environnemental, Rosalie Matondo estime que « la République du Congo, comme nul ne peut le contester est un pays « nature based solution » dans le cadre de la lutte contre le changement climatique ». « …l’initiative de la foire aux plants contribue effectivement à l’appropriation de la Journée Nationale de l’Arbre par la population, et surtout, permet aux particuliers et aux communautés villageoises de participer à la mise en œuvre du Programme National d’Afforestation et de Reboisement permet aux congolais de réaliser le Programme National d’Afforestation et de Reboisement, par la création de petites plantations », a-t-elle réaffirmé. S’agissant des statistiques, la 6ème édition de la foire aux plants révèle que les quatre sites ont accueilli 11929 visiteurs dont 5216 à Brazzaville, 3430 à Pointe-Noire, 1915 à Dolisie et 1368 à Oyo. Ces chiffres sont légèrement en deçà de ceux obtenus à la précédente édition. Ainsi, de façon globale, le nombre d’acheteurs a été estimé à 2967 dont 1329 à Brazzaville, 1058 à Pointe-Noire, 306 à Dolisie et 274 à Oyo. D’où le chiffre d’affaires estimé à 37.373.309 FCFA La ministre de l’économie forestière, Rosalie Matondo, a saisi l’opportunité pour inviter tous les acteurs à capitaliser les acquis des six premières éditions en vue de dégager des perspectives qui permettent à notre plateforme des « mais vertes » de s’arrimer à l’Initiative lancée par le Chef de l’Etat. « Le rendez-vous est donc pris pour l’année prochaine, avec à l’esprit la nécessité d’innover afin d’entrainer le plus grand nombre dans cette plateforme », a conclu Mme Rosalie Matondo. Wilfrid LAWILLA D.

La réaction à vif de Maria Arena, la Députée européenne belge, contre les 20 millions d’euros par l’Union Européenne à l’Armée rwandaise :

La réaction à vif de Maria Arena, la Députée européenne belge, contre les 20 millions d’euros par l’Union Européenne à l’Armée rwandaise :

INDISCRETION. « Décider de débloquer 20 millions d’euros en soutien à l’armée rwandaise sans lui demander un engagement préalable et un retrait de son soutien au M23 est inacceptable ! Alors que la crise sécuritaire et humanitaire à l’est de la RDC s’aggrave, le soutien à une armée responsable de graves violations des droits humains, massacres de masse et recrutement forcé d’enfants n’est pas justifiable. Nous n’acceptons pas que l’UE soit indirectement responsable de l’instabilité en RDC. Les financements devraient soutenir la poursuite des responsables des violations dans le cadre de la justice nationale et internationale” Par Germain Nzinga

RD Congo. Arrêtons nos jérémiades enfantines!!!!

RD Congo. Arrêtons nos jérémiades enfantines!!!!

COUP de GUEULE. À propos du scandale d’écoutes qui défraie la chronique lors du énième sommet de Nairobi de ce matin, il nous faut surtout éviter d’en rajouter au ridicule d’accusation formulée contre notre sempiternel ennemi et ce, en nous posant les questions ci-après: – La guerre ne se faisant pas seulement avec les chars de combat mais aussi avec le contrôle de l’information sur son adversaire, quel est ce pays sérieux dans de telles conditions de rivalité régionale ne chercherait-il pas à pénétrer avant tout les pensées cachées de son ennemi farouche ? – Qui a empêché les officiels congolais d’infiltrer à leur tour le système ennemi pour anticiper sur ses intentions ? Ne faut-il pas plus braquer les projecteurs sur notre déficit d’espionnage personnel plutôt que sur le professionnalisme de l’autre camp? – Réfléchissons un peu! Nous sommes à Nairobi au Kenya, pays “organisateur” du présent sommet, n’est-ce pas? C’est donc dans ce pays et non au Rwanda que les matériels de traduction ont été infectés de puces de transmission directe au Rwanda. Qui vous dit que la sale besogne n’a pas été effectuée par les kenyans eux-mêmes ? Pourquoi refusez-vous de voir la dure vérité d’après laquelle c’est au juste la COALITION de tous ces pays de l’EAC ( Rwanda, Ouganda, Kenya, Burundi) qui ont mutualisé leurs intelligences contre la RDC? Qu’attendez-vous exactement de cette engeance de vipères de l’EAC, toute mobilisée avec obstination contre la paix en RDC? – J’ai ouï-dire que le gouvernement congolais a levé l’option de refuser tout dialogue avec les M23 tant qu’ils ne se seront pas retirés du territoire congolais. Ridicule!!! Nous savons tous très clairement que le M23, c’est bel et bien des combattants rwandais déguisés en treillis militaires congolais. Paul Kagame est leur commandant en chef et James Kabarebe leur véritable chef d’état-major. Mais alors que sommes-nous allés faire à Luanda (le 23 novembre 2022) et à Nairobi (30 novembre 2022) nous mettant autour de la table de négociations avec ces mêmes rwandais dont la doctrine militaire et politique se résume dans l’occupation et les pillages systématiques du sol et du sous-sol congolais en vue de donner un ballon d’oxygène à leur économie???? Connaissant très bien leur mauvaise foi, qu’attend exactement CELUI qui préside présentement aux destinées du grand Zaïre pour purger la présidence et la chaîne de commandement des FARDC de ces nombreux sujets rwandais qui ont infiltré toutes nos institutions et qui, dans leur positionnement à Kinshasa, font pire que la simple tentative de transmission de discours survenue Nairobi???? Décidément les officiels congolais se sont inscrits dans un processus de contradictions permanentes dans la conduite des affaires de l’Etat congolais. Arrêtons de pleurnicher. Nous sommes les auteurs de notre propre malheur. Par Germain Nzinga

Wayout Ecological Solution (Tunisie) et Greenbox™ (Congo), lauréats de Med’Innovant Africa 2022

Wayout Ecological Solution (Tunisie) et Greenbox™ (Congo), lauréats de Med’Innovant Africa 2022

La cérémonie de remise des prix de MED’INNOVANT Africa 2022, le concours pour la ville durable méditerranéenne organisé par l’Établissement public d’aménagement euroméditerranée, a eu lieu le 29 novembre lors du Sommet international Emerging Valley.  Les 6 finalistes sélectionnés parmi plus de 120 dossiers de candidatures ont présenté leurs solutions innovantes devant un jury de professionnels. Le prix du jury a été décerné à Wayout Ecological Solutions et le prix coup de cœur à GreenBox ™. Le 28 novembre, lors de la finale de MED’INNOVANT Africa, six finalistes ont pitché leur solution innovante à un jury composé d’experts d’Euroméditerranée, d’Emerging Valley, de la communauté transnationale d’entrepreneurs Africalink, de la CCI Aix-Marseille Provence, de Campus AFD, de l’Accélérateur M. et de la société d’avocats Fidal – tous partenaires du concours MED’INNOVANT Africa. Prix du Jury : Wayout Ecological Solutions, projet porté par M. Mohamed Rammeh – La mission de Wayout Ecological Solutions est de garantir la propreté des réseaux de drainage de l’eau pluviale à l’aide d’un filtre de récupération des déchets. Elle a développé une solution appelée Zigofiltre, qui est une cage de réception placée en dessous des plaques d’égout. Mis en œuvre dans 11 municipalités tunisiennes, le Zigofiltre joue le rôle de première barrière aux polluants introduits dans les canalisations des eaux usées urbaines et permet de récupérer jusqu’à 6kg par an de plastique, par filtre. Prix Coup de cœur : GreenBox, projet porté par M. Osvaldo Rey Mokouma – GreenBox permet aux petits agriculteurs de stocker leurs denrées plus longtemps. Pour cela, l’entreprise propose des chambres froides mobiles à énergie solaire et des casiers à la location à l’intérieur de ces unités de chambre froide. Elle anime également des ateliers de formation pour les agriculteurs et les vendeurs, afin de les former aux bonnes pratiques de stockage des aliments. Le projet répond à un besoin de petits agriculteurs congolais tout en ambitionnant de limiter le gaspillage alimentaire. Un accompagnement sur-mesure pour les deux lauréats En plus de recevoir respectivement une dotation de 7 000€ et 2 500€, les deux lauréats bénéficieront d’un package d’accélération qui les aidera à poursuivre le développement de leur solution et à s’implanter dans l’écosystème entrepreneurial de la Région Sud. Ce package comprend par exemple des sessions de travail, des accompagnements techniques ou des actions de communication. Un concours consacré à la ville informelle de demain, à destination de l’écosystème entrepreneurial africain Depuis sa création en 2019, le concours MED’INNOVANT Africa récompense les innovateurs à la tête de startups ou de PME africaines qui développent des solutions pour construire et aménager durablement les territoires méditerranéens et africains de demain. Après deux premières éditions ayant attiré plusieurs centaines de candidatures et déjà 5 startups récompensées, le concours a mis à l’honneur en 2022 la thématique de la structuration de la ville informelle. Au total, plus de 120 candidatures de porteurs de projets originaires de plus d’une vingtaine de pays du continent africain ont été réceptionnées par Euroméditerranée, confirmant le succès et l’attractivité du concours et de l’accompagnement proposé aux lauréats. À propos d’Euroméditerranée – Depuis 1995, l’Établissement Public d’Aménagement Euroméditerranée (EPAEM) conçoit, développe et construit la ville méditerranéenne  durable  au  cœur  de  la  métropole. Labélisé « ÉcoCité » depuis 2009, le périmètre d’intervention d’Euroméditerranée de 480 ha à Marseille constitue un véritable laboratoire d’expérimentation pour tester les solutions, services et dispositifs innovants qui feront partie intégrante de la ville de demain.

MSF : les inondations à N’Djamena renforcent la crise humanitaire et font craindre l’apparition d’épidémies

MSF : les inondations à N’Djamena renforcent la crise humanitaire et font craindre l’apparition d’épidémies

Depuis mi-août, le centre et le sud du Tchad sont frappés par des graves inondations, les dernières touchant la capitale, N’Djamena, où deux fleuves ont débordé, laissant des quartiers entiers submergés par les eaux. L’organisation internationale médicale Médecins Sans Frontières (MSF) a mis en place une réponse d’urgence pour faire face aux besoins les plus pressants des personnes ne disposant que d’un accès minimal aux services essentiels, et exposées à des risques accrus d’épidémies. « Les dernières inondations viennent aggraver une situation humanitaire déjà terrible, explique Alexis Balekage, coordinateur du projet d’urgence MSF à N’Djamena. Le Tchad connait chaque année des inondations, mais en 2022, un nouveau seuil est franchi. Les crues ont conduit à des déplacements de populations à grande échelle et ont engendré des besoins immenses dépassant largement la réponse actuelle, le tout dans un pays qui continue d’être quasi invisible sur la scène internationale. » La récente et dramatique montée du niveau des fleuves Chari et Logone, qui ont atteint jusqu’à 8,14 mètres près de leur confluence à N’Djamena, et qui a les faits déborder, est attribuée à des chutes de pluies exceptionnellement fortes dans le sud du pays. Au 15 novembre, plus de 155 000 habitants de la capitale ont été forcés de quitter leur foyer à cause des inondations, selon les Nations Unies. Ces personnes ont trouvé refuge dans différents sites de déplacés officiels ou informels. Cela les éloigne davantage des services essentiels, ce qui les rend plus vulnérables à des risques de santé sérieux, en particulier dans un contexte de pic saisonnier du paludisme. « Les personnes déplacées vivent dans des conditions précaires et parfois de surpeuplement, avec un accès restreint à l’eau potable, à la nourriture et à une hygiène correcte, continue Alexis Balekage. Les eaux stagnantes risquent de devenir un lieu de reproduction pour les moustiques, ce qui va probablement favoriser la transmission du paludisme, une des premières causes de mortalité au Tchad. Nous craignons également l’apparition et la propagation d’autres maladies hydriques et infectieuses si le niveau des eaux ne diminue pas rapidement et que la réponse humanitaire n’est pas renforcée afin de subvenir aux besoins des populations. » Depuis plusieurs semaines, des maisons, des écoles, des structures de santé et des marchés sont complètement submergés par les eaux. Des personnes utilisent des canoës pour rejoindre certains quartiers inondés, et ces embarcations sont perçues par les hippopotames comme des dangers qu’ils attaquent. En une semaine seulement, cinq personnes, dont une femme enceinte, ont perdu la vie pour cette raison. Les inondations ont également touché des infrastructures vitales comme le réseau d’approvisionnement en eau et les routes, et entraînent des conséquences graves sur les moyens de subsistance d’une population dépendant grandement de l’agriculture. Plus de 465 000 hectares de plantations ont ainsi été endommagés et plus de 19 000 têtes de bétail sont mortes, occasionnant des inquiétudes quant à la production agricole et à la sécurité alimentaire. « Notre maison a été inondée. Dans les chambres, l’eau a atteint 1,2 mètre, témoigne Doglessa, qui a trouvé refuge dans le site de Walia Hadjarai, à N’Djamena. Ma famille et moi sommes partis ensemble. Nous vivons maintenant dans une tente, exposés au froid, aux moustiques et à tous les autres dangers. Notre unique hectare de riz a été englouti par les eaux et je suis donc sans emploi. A cause des inondations, nous ne pouvons pas nous rendre rapidement dans un centre de santé pour y voir un docteur. De plus, la consultation n‘est pas gratuite et cela pose des problèmes alors que je suis sans revenu. Mon plus grand souhait est que le niveau des eaux baisse au plus vite pour que nous puissions rentrer chez nous. » A Toukra, dans le sud de la capitale, un centre de santé soutenu par MSF a été complètement inondé, obligeant le personnel à transférer les patients et les activités dans un autre centre de soins. Les équipes MSF, en collaboration avec le Ministère de la Santé, mènent des cliniques mobiles dans les sites d’accueil des sinistrés et appuient des centres médicaux existants à proximité, comme dans les sites de Toukra, Ngueli, Guilmey, Melezi, Digangali, Karkanjeri, Miskine, Walia-Hadjarai et le lycée de Walia. En plus des soins de santé générale, d’un soutien nutritionnel et vaccinal, elles fournissent des services d’eau et d’assainissement. Durant les dernières semaines, les équipes MSF ont effectué plus de 15,500 consultations, principalement des cas de paludisme, d’infections respiratoires et de diarrhées. Au moins 80 patients ont également été transférés à l’hôpital pour des soins spécialisés et 345 bébés ont été vaccinés contre des maladies infantiles courantes. Les équipes ont également fourni de l’eau potable ainsi que des biens de première nécessité, incluant des kits d’hygiènes et des kits de prévention du paludisme, aux familles déplacées. Depuis début 2022, le Tchad est victime de conditions météorologiques extrêmes en lien avec le changement climatique, et cela prend la forme de graves sécheresses et de précipitations irrégulières. Selon les autorités de santé locales, plus d’un million de personnes à travers 18 des 23 régions du pays ont été affectées. « Si l’on observe en particulier la situation à N’Djamena, nous anticipons que les conséquences dramatiques des inondations perdureront de nombreuses semaines encore, confie Sami Al Subaihi, Chef de Mission pour MSF au Tchad. Comme le niveau des eaux baisse lentement, il n’y a malheureusement pas de raison de penser que la situation va s’améliorer dans un avenir proche, ni même que les personnes pourront retourner chez elles. La réponse d’urgence MSF a pour but de subvenir aux besoins immédiats des populations, mais il est impératif de mobiliser des fonds additionnels ainsi que de développer un programme à plus long terme qu’une réponse durable et adaptées à cette crise puisse voir le jour. »

Tchad : Le procès à huis clos des évènements du 20 octobre 2022 soulève de sérieuses inquiétudes

Tchad : Le procès à huis clos des évènements du 20 octobre 2022 soulève de sérieuses inquiétudes

En réaction à la tenue du procès des évènements du 20 octobre 2022, censé avoir débuté ce 29 novembre à la prison de haute sécurité de Koro-Toro (ville située à 600 km au nord de N’Djamena, la capitale), sans la présence des avocats des accusés, Samira Daoud, Directrice régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre a déclaré : « L’absence des avocats, des familles des accusés et l’accès aux audiences refusé aux journalistes, soulèvent de fortes préoccupations concernant le respect du droit à un procès équitable, qui inclut notamment le droit de préparer sa propre défense et le droit à un procès public.» Amnesty International rappelle que l’article 7 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (la Charte), à laquelle le Tchad est partie, consacre la présomption d’innocence et confère le droit à toute personne de disposer de suffisamment de temps et de facilités pour la préparation de sa défense, ainsi que de pouvoir communiquer, en toute discrétion, avec un avocat de son choix. Les autorités tchadiennes doivent s’assurer que tous les accusés ont la possibilité et les moyens de se défendre. Elles doivent également garantir le droit à l’information, prévu par la Charte en son article 9, en permettant aux médias d’accéder aux audiences qui, sauf cas exceptionnels, devraient être publiques. La tenue d’audiences à huis clos a par ailleurs souvent constitué une violation du droit à un procès équitable. « Les 401 personnes accusées comparaissent pour attroupement non autorisé, destruction des biens, incendie volontaire ou encore voies de fait. Selon la législation tchadienne, ces charges sont passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison. Amnesty International rappelle que parmi ces personnes, plusieurs ont été arrêtées arbitrairement, parfois à leur domicile. Certaines familles restent encore aujourd’hui sans nouvelles de leurs proches.»