UEMOA : la BCEAO maintient inchangée l’orientation actuelle de la politique monétaire

L’activité économique s’est raffermie au quatrième trimestre 2021 dans l’UEMOA, avec une croissance, en rythme annuel, de 5,1%, après 5,8% au trimestre précédent, a annoncé le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

« Cette évolution est attribuable à la bonne tenue de la demande intérieure. Pour l’ensemble de l’année 2021, le PIB de l’Union, en termes réels, progresserait de 5,5% après une croissance de 1,8% en 2020, en lien avec la mise en œuvre de projets de relance économique par les Etats membres ainsi que le maintien d’une politique monétaire accommodante par la BCEAO », a-t-il expliqué lors de cette réunion ordinaire tenue mercredi 2 mars dernier par visioconférence, sous la présidence de Monsieur Tiémoko Meyliet KONE, Gouverneur de la Banque Centrale, son Président statutaire.

Pour cette année, le Comité de Politique Monétaire tablent sur une croissance économique de 6,1% pour l’Union affirmant toutefois que « ces perspectives demeurent encore fragiles et entourées de risques baissiers, en liaison avec de fortes incertitudes relatives à l’évolution de la crise sanitaire, à l’environnement sécuritaire dans l’Union, à l’orientation des cours du pétrole ainsi qu’à l’impact des tensions géopolitiques dans le monde ».

Selon la BCEAO, l’exécution des opérations financières des Etats membres de l’UEMOA, au titre de l’année 2021, a montré une dégradation du déficit budgétaire par rapport à 2020, induite par la mise en œuvre par les pays de plans de relance économique. Le déficit global, base engagements, dons compris, s’est établi à 5,9% du PIB contre 5,6% un an plus tôt.

Sur le marché monétaire, le Comité de la Banque centrale a constaté que « la détente des taux d’intérêt s’est poursuivie au cours du quatrième trimestre 2021, en ligne avec le maintien d’une politique monétaire accommodante » rappelant que la Banque Centrale assure la couverture de tous les besoins de liquidité exprimés par les banques à ses guichets à son taux minimum de 2%.

Sur le marché interbancaire, il apparait que « le taux d’intérêt moyen pondéré, toutes maturités confondues, est ressorti en légère baisse, s’établissant à 2,51% au quatrième trimestre 2021 contre 2,60% un trimestre plus tôt ». Et d’ajouter: le taux d’intérêt débiteur moyen, hors taxes et charges, appliqué par les banques à leur clientèle est ressorti à 6,22% au quatrième trimestre 2021, stable par rapport au trimestre précédent.

A noter que la masse monétaire a progressé, en rythme annuel, de 16,3% à fin décembre 2021, reflétant l’évolution de ses contreparties. Ainsi, les créances sur l’économie se sont accrues, en rythme annuel, de 11,3% à fin décembre 2021.

Selon le Comité, les actifs extérieurs nets des institutions monétaires de l’Union se sont également renforcés de 609,1 milliards au terme de l’année 2021; tandis que les réserves de change de l’Union se sont consolidées de 2.308,7 milliards pour s’établir à 14.039,9 milliards à fin décembre 2021, ce qui correspond à un taux de couverture de l’émission monétaire de 79,3% et assurent à l’Union 6,0 mois d’importations de biens et services.

Dans son analyse de la conjoncture économique, le Comité a également noté l’accentuation des tensions inflationnistes dans l’Union. Le niveau général des prix a progressé, en glissement annuel, de 5,0% au quatrième trimestre 2021 contre une hausse de 3,8% un trimestre plus tôt.

A en croire la BCEAO, « cette évolution des prix est imputable essentiellement à la baisse de la production alimentaire locale, au renchérissement des produits alimentaires importés et aux difficultés d’approvisionnement des marchés induites par les crises sanitaire et sécuritaire dans certains pays ».

Si l’on en croit les prévisions de la Banque centrale, les prix à la consommation devraient progressivement décélérer pour se situer, à l’horizon de huit trimestres dans l’intervalle cible de 1% à 3%.

Pour la BCEAO, « cette tendance serait imprimée par la modération de l’évolution des prix des produits alimentaires et pétroliers par rapport à 2021, la hausse attendue de la production vivrière pour la prochaine campagne agricole 2022/2023 et la poursuite de la décélération du coût de fret ».

La Banque centrale a cependant noté que la balance des risques entourant ces perspectives d’inflation est haussière, en raison des incertitudes liées à l’évolution de l’inflation au niveau mondial, à l’incidence de l’insécurité sur la production et à l’impact des tensions géopolitiques.

Ainsi, sur la base de ces analyses, « le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangée l’orientation actuelle de la politique monétaire ».

En conséquence : « le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidité demeure à 2,00% et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal à 4,00%, niveaux en vigueur depuis le 24 juin 2020. Le coefficient de réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union reste inchangé à 3,0% depuis le 16 mars 2017 », a indiqué la BCEAO.

Martin Kam Avec CP

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