L’Alliance des États du Sahel condamne la confiscation des avoirs du Niger par I’UEMOA et la BCEAO
Les ministres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont condamné la confiscation des avoirs financiers du Niger par l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) et la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) qui constitue une violation flagrante des textes de l’Union. Les ministres de l’AES exigent la levée sans délai de cette mesure qui ne vise qu’à punir injustement un peuple dont le seul tort est d’aspirer à la pleine jouissance de sa souveraineté et à la prise en main de son destin »
Akuwa Dogbé Azoma, nouveau Directeur National de la BCEAO pour le Togo

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a un nouveau responsable pour le Togo, en la personne de Akuwa Dogbe Azoma. La nouvelle directrice pays a été officiellement présentée aux membres du Conseil national du crédit (CNC) jeudi 14 décembre à Lomé. Précédemment en poste à Dakar (siège de l’institution régionale) où elle a assumé plusieurs hautes responsabilités, Akuwa Dogbe Azoma « devient la première femme à occuper ce poste dans l’histoire de la Direction Nationale de la BCEAO pour le Togo », a déclaré le ministre, Conseiller du Président de la République, Simféitchéou Pré, lors de sa présentation. A Lomé, elle succède à Kossi Tenou, qui fait le chemin inverse, vers Dakar où il a été nommé Conseiller du Gouverneur de la Banque Centrale. ©République Togolaise
BCEAO : le gouverneur salue la résilience de l’économie burkinabè

Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim TRAORE, a accordé une audience au Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi BROU. Les échanges ont concerné entre autres la vie de l’institution bancaire et l’économie du Burkina Faso jugée résiliente malgré la situation sécuritaire. Le Gouverneur de la BCEAO a en effet salué la résilience de l’économie burkinabè au regard des défis sécuritaire et social avec un nombre important de déplacés internes. « La croissance économique en 2022 est ressortie positive et devrait continuer à s’améliorer en 2023 avec notamment l’amélioration de la campagne agricole », a-t-il soutenu. Jean-Claude Kassi BROU a aussi noté que l’inflation reste un défi pour l’économie burkinabè comme c’est le cas dans tous les autres pays de l’espace UEMOA. Cependant, le secteur bancaire burkinabè « est quand même solide avec de bons résultats et les taux de dégradation du portefeuille restent en deçà de la moyenne régionale. Ce sont des signes encourageants », a indiqué le Gouverneur de la BCEAO. Les réformes engagées dans certaines dispositions au niveau de la banque centrale pour la région ont été évoquées au cours des échanges. Il s’agit de la nouvelle loi bancaire, la loi sur les microfinances, et la nouvelle loi contre le blanchiment des capitaux. Sur la question sécuritaire au Burkina, Jean-Claude Kassi BROU a présenté ses condoléances et toute sa compassion aux autorités burkinabè pour « les nombreuses victimes civiles et militaires et tout le soutien de la banque centrale pour toute cette situation difficile que connaît le pays avec la multitude des attaques depuis quelques années ». Il a enfin indiqué que la banque centrale soutient les autorités burkinabè pour tous les efforts qu’elles déploient pour lutter contre cette gangrène qu’est le terrorisme qui déstabilise la sous-région.
UEMOA : la BCEAO maintient inchangée l’orientation actuelle de la politique monétaire

L’activité économique s’est raffermie au quatrième trimestre 2021 dans l’UEMOA, avec une croissance, en rythme annuel, de 5,1%, après 5,8% au trimestre précédent, a annoncé le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). « Cette évolution est attribuable à la bonne tenue de la demande intérieure. Pour l’ensemble de l’année 2021, le PIB de l’Union, en termes réels, progresserait de 5,5% après une croissance de 1,8% en 2020, en lien avec la mise en œuvre de projets de relance économique par les Etats membres ainsi que le maintien d’une politique monétaire accommodante par la BCEAO », a-t-il expliqué lors de cette réunion ordinaire tenue mercredi 2 mars dernier par visioconférence, sous la présidence de Monsieur Tiémoko Meyliet KONE, Gouverneur de la Banque Centrale, son Président statutaire. Pour cette année, le Comité de Politique Monétaire tablent sur une croissance économique de 6,1% pour l’Union affirmant toutefois que « ces perspectives demeurent encore fragiles et entourées de risques baissiers, en liaison avec de fortes incertitudes relatives à l’évolution de la crise sanitaire, à l’environnement sécuritaire dans l’Union, à l’orientation des cours du pétrole ainsi qu’à l’impact des tensions géopolitiques dans le monde ». Selon la BCEAO, l’exécution des opérations financières des Etats membres de l’UEMOA, au titre de l’année 2021, a montré une dégradation du déficit budgétaire par rapport à 2020, induite par la mise en œuvre par les pays de plans de relance économique. Le déficit global, base engagements, dons compris, s’est établi à 5,9% du PIB contre 5,6% un an plus tôt. Sur le marché monétaire, le Comité de la Banque centrale a constaté que « la détente des taux d’intérêt s’est poursuivie au cours du quatrième trimestre 2021, en ligne avec le maintien d’une politique monétaire accommodante » rappelant que la Banque Centrale assure la couverture de tous les besoins de liquidité exprimés par les banques à ses guichets à son taux minimum de 2%. Sur le marché interbancaire, il apparait que « le taux d’intérêt moyen pondéré, toutes maturités confondues, est ressorti en légère baisse, s’établissant à 2,51% au quatrième trimestre 2021 contre 2,60% un trimestre plus tôt ». Et d’ajouter: le taux d’intérêt débiteur moyen, hors taxes et charges, appliqué par les banques à leur clientèle est ressorti à 6,22% au quatrième trimestre 2021, stable par rapport au trimestre précédent. A noter que la masse monétaire a progressé, en rythme annuel, de 16,3% à fin décembre 2021, reflétant l’évolution de ses contreparties. Ainsi, les créances sur l’économie se sont accrues, en rythme annuel, de 11,3% à fin décembre 2021. Selon le Comité, les actifs extérieurs nets des institutions monétaires de l’Union se sont également renforcés de 609,1 milliards au terme de l’année 2021; tandis que les réserves de change de l’Union se sont consolidées de 2.308,7 milliards pour s’établir à 14.039,9 milliards à fin décembre 2021, ce qui correspond à un taux de couverture de l’émission monétaire de 79,3% et assurent à l’Union 6,0 mois d’importations de biens et services. Dans son analyse de la conjoncture économique, le Comité a également noté l’accentuation des tensions inflationnistes dans l’Union. Le niveau général des prix a progressé, en glissement annuel, de 5,0% au quatrième trimestre 2021 contre une hausse de 3,8% un trimestre plus tôt. A en croire la BCEAO, « cette évolution des prix est imputable essentiellement à la baisse de la production alimentaire locale, au renchérissement des produits alimentaires importés et aux difficultés d’approvisionnement des marchés induites par les crises sanitaire et sécuritaire dans certains pays ». Si l’on en croit les prévisions de la Banque centrale, les prix à la consommation devraient progressivement décélérer pour se situer, à l’horizon de huit trimestres dans l’intervalle cible de 1% à 3%. Pour la BCEAO, « cette tendance serait imprimée par la modération de l’évolution des prix des produits alimentaires et pétroliers par rapport à 2021, la hausse attendue de la production vivrière pour la prochaine campagne agricole 2022/2023 et la poursuite de la décélération du coût de fret ». La Banque centrale a cependant noté que la balance des risques entourant ces perspectives d’inflation est haussière, en raison des incertitudes liées à l’évolution de l’inflation au niveau mondial, à l’incidence de l’insécurité sur la production et à l’impact des tensions géopolitiques. Ainsi, sur la base de ces analyses, « le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangée l’orientation actuelle de la politique monétaire ». En conséquence : « le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidité demeure à 2,00% et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal à 4,00%, niveaux en vigueur depuis le 24 juin 2020. Le coefficient de réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union reste inchangé à 3,0% depuis le 16 mars 2017 », a indiqué la BCEAO. Martin Kam Avec CP
L’ITFC et la BCEAO organisent un atelier de réflexion sur les monnaies digitales de Banque Centrale (CBDC) et leur impact sur le commerce interrégional
En collaboration avec la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), La Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (ITFC), membre du Groupe de la Banque Islamique de Développement (BID), a organisé un webinaire sur les tendances et les développements des CBDC et l’impact qu’elles pourraient avoir sur le commerce interrégional entre les pays ouest-africains et au niveau international. L’atelier a souligné l’intérêt grandissant des banques centrales pour les monnaies digitales et leur préoccupation à explorer comment la BCEAO pourrait introduire les CBDC dans ses opérations. Parmi les intervenants figuraient Matthieu Saint Olive représentant ConsenSys; David Wray et Willy Lim représentant R3; Harold Bosse, Sébastien Le Callonnec, Kamran Shahin et Arn Vogels représentant Mastercard; Pascal Ordonneau, ancien PDG d’HSBC Invoice Financing; et Erin English et Catherine Gu représentant Visa. Les experts ont abordé les principales modalités de l’intégration de la CBDC dans la finance traditionnelle, en explorant une série de thèmes et de sujets, notamment les considérations politiques, sécuritaires, juridiques et réglementaires. Ils ont également analysé l’impact sur le système bancaire mondial et le rôle des banques commerciales, l’impact sur les réserves de change et la nécessité d’éduquer le grand public. Le panel a aussi souligné les avantages potentiels des monnaies digitales qui permettent notamment une plus grande inclusion financière, l’intégrité, la stabilité, l’efficacité opérationnelle et une meilleure régulation monétaire. Soulignant l’importance de l’atelier, M. Nazeem Noordali, Directeur General d’Exploitation de l’ITFC, a déclaré : « La 4eme révolution industrielle va changer le système monétaire traditionnel tel que nous le connaissons. La technologie est déjà en train de remodeler la manière dont le commerce est mené, créant de nouvelles opportunités pour une plus grande efficacité et un meilleur impact. L’ITFC croit fermement au potentiel des monnaies digitales pour stimuler le commerce intraregional et conduire vers une plus grande inclusion financière et une stabilité dans le monde en voie de développement». Mme Justine Amenan Tano Beugre, Conseillère du Directeur General du Centre de Formation et d’Etudes Bancaires de l’Afrique de l’Ouest (COFEB), une division de la BCEAO, a rappelé que la Banque partageait cet avis comme en témoigne l’organisation d’une conférence de presse en décembre 2020 sur le thème « Emergence de la cryptomonie : Craintes et controverses », animée par le professeur Michel Ruimy, un expert de renommée mondiale dans ce domaine. Mme Beugre a déclaré « Il est important de souligner que la BCEAO attache un intérêt particulier aux innovations technologiques et financières, considérées comme des leviers essentiels pour renforcer l’inclusion financière. Aussi, comme les principales banques centrales, notre institut émetteur s’intéresse aux développements numériques à prendre en compte dans le cadre de l’émission monétaire. Cet atelier nous a ainsi offert l’opportunité d’étudier l’émission de monnaie digitale d’un point de vue aussi bien théorique que pratique, mais aussi de discuter des implications pour les politiques monétaires et la stabilité financière ». Par APO