La Banque mondiale renforce la résilience climatique et communautaire dans la vallée du fleuve Sénégal

La Banque mondiale renforce la résilience climatique et communautaire dans la vallée du fleuve Sénégal

Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé (mardi 13, Dnr) une initiative d’ampleur visant à relever les défis urgents dans la vallée du fleuve Sénégal (VFS). Du fait des menaces croissantes liées au changement climatique, cette zone vitale pour les économies locales et leurs habitants se trouve de plus en plus exposée aux risques. Le projet de développement et de résilience de la vallée du fleuve Sénégal (PDRVFS), financé à hauteur de 195 millions de dollars par l’Association internationale de développement (IDA)*, bénéficiera aux quelque 2,9 millions de riverains de cette vallée en Mauritanie et au Sénégal, notamment les femmes, les jeunes ainsi que d’autres parties prenantes. Le projet vise à améliorer l’accès à des infrastructures et services inclusifs, intégrés au niveau régional et résilients aux effets du changement climatique dans les communautés frontalières ciblées par le projet. Bien qu’elles abritent l’essentiel des terres irriguées en Mauritanie (90 %) et au Sénégal (80 %), les communautés résidant de part et d’autre du fleuve restent pauvres et vulnérables. Les villes de la région manquent d’infrastructures et de services de base et se trouvent de plus en plus confrontées à des problèmes liés au changement climatique : hausse des températures, précipitations irrégulières, sécheresses, inondations, montée du niveau de la mer, salinisation des sols et de l’eau, désertification ou encore dégradation des sols. « En investissant dans la résilience des communautés, la connectivité et le développement économique local, ce nouveau projet aidera à créer des emplois de qualité dans la VFS et amènera des changements transformateurs dans cette très importante région frontalière, » souligne Chakib Jenane, directeur à la Banque mondiale pour le Développement durable en Afrique de l’Ouest et du Centre. « Grâce aux efforts de collaboration, il permettra aux parties prenantes de surmonter les défis complexes du changement climatique et de favoriser un développement inclusif pour les communautés locales. » Lors d’un forum régional organisé à Saint-Louis du Sénégal en janvier dernier, le ministre sénégalais de l’économie et du budget, Mamadou Moustapha Ba, a insisté sur le besoin de lutter contre les effets du changement climatique pour permettre à la région de réaliser son potentiel. Il a déclaré à cette occasion : « Aujourd’hui nos ambitions de développement pour la vallée du fleuve Sénégal ne pourront être réalisées qu’en maitrisant les répercussions du changement climatique, dont les effets ont commencé à perturber l’économie autour du fleuve. » Le nouveau PDRVFS prévoit ainsi de s’attaquer à ces problèmes à travers l’investissement dans les infrastructures communautaires, l’amélioration des infrastructures d’irrigation, l’aide aux agriculteurs pour s’adapter aux changements du régime des précipitations, l’introduction de cultures résilientes à la sécheresse et l’augmentation de la productivité agricole. Le projet vise en outre à protéger la biodiversité et la résilience des écosystèmes. Les communautés et institutions bénéficieront d’initiatives de développement des capacités et de partage des connaissances afin de les aider à mieux comprendre et affronter les impacts liés au changement climatique. Le PDRVFS illustre l’engagement de la Banque mondiale pour soutenir l’intégration régionale par le développement de la résilience et de moyens de subsistance durables pour les communautés frontalières. « L’approche de l’intégration régionale adoptée par le projet est essentielle pour aider les communautés frontalières à dépasser les obstacles qui entravent la circulation des personnes, des biens et services, du capital et des idées, » souligne Boutheina Guermazi, directrice de la Banque mondiale pour l’intégration régionale en Afrique et au Moyen-Orient. « D’une façon stratégique, ce projet intègre des infrastructures et des services sur un territoire transfrontalier pour développer la cohésion sociale et l’inclusion afin de lutter contre les risques climatiques. Il vise également à stimuler les échanges socio-culturels, à limiter les déséquilibres économiques et sociaux de part et d’autre de la frontière, et à promouvoir la prospérité économique. » Ce type d’approche correspond aux attentes des pays, comme l’a rappelé Ismail Ould Abdel Vettah, ministre mauritanien de l’hydraulique et de l’assainissement : « La seule solution durable repose sur une gestion transfrontalière, fondée sur l’équité et la solidarité pour sauver notre région des impacts négatifs des changements climatiques. » Le nouveau projet s’inscrit dans le dialogue global et les mesures prises suite à la COP27, renforçant l’urgence des mesures d’adaptation et d’atténuation climatiques.

Pour un développement durable de la vallée du fleuve Sénégal face aux défis du changement climatique

Pour un développement durable de la vallée du fleuve Sénégal face aux défis du changement climatique

Un Forum régional de haut niveau s’est tenu ce jour (jeudi 18, Dnr) à Saint-Louis au Sénégal pour discuter des enjeux et stratégies de développement durable, ainsi que de l’adaptation au changement climatique dans la vallée du fleuve Sénégal (VFS). Au cours des dernières années, les populations de la vallée ont été fortement impactées par les effets du changement climatique qui perturbent l’économie de la région, dégradent les moyens d’existence des populations, et impactent leur sécurité alimentaire. Pour Monsieur Mansour Faye, Maire de la ville de St Louis, et Ministre des infrastructures des transports terrestres et du désenclavement du Sénégal, « la tenue de ce forum dans notre chère ville de Saint-Louis constitue un tournant important permettant d’approfondir la réflexion sur les multiples défis environnementaux et nombreuses opportunités et richesse de cette vallée du fleuve Sénégal. » Les participants ont débattu des effets du changement climatique sur les écosystèmes, le capital humain, la transition démographique et les migrations, ainsi que des mesures d’adaptation et stratégies de développement durable prenant en compte les atouts humains et naturels de la vallée.« Aujourd’hui nos ambitions de développement pour la vallée du fleuve Sénégal ne pourront être réalisées qu’en maitrisant les répercussions du changement climatique, dont les effets ont commencé à perturber l’économie autour du fleuve. Il faut donc envisager très rapidement la planification de manière conjointe des mesures d’adaptation », a dit Monsieur Mamadou Moustapha Ba, ministre des Finances et du budget du Sénégal. L’importance d’une approche régionale dans la recherche de solutions a été soulignée. « La seule solution qui soit durable repose sur une gestion transfrontalière, fondée sur l’équité et la solidarité. En Mauritanie comme dans tous les pays de l’OMVS [Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal], nous avons choisi la voie du développement, du partage équitable et de la solidarité pour sauver notre région des impacts négatifs des changement climatiques », a dit Monsieur Ismail Ould Abdel Vettah, Ministre de l’hydraulique et de l’assainissement de la République Islamique de Mauritanie. La vallée du fleuve Sénégal regorge d’immenses ressources et présente des opportunités considérables à saisir pour assurer son développement durable. Une meilleure planification locale, la promotion d’un développement agricole durable et une adaptation des moyens de production au changement climatique, une gestion intégrée des ressources naturelles, ainsi que l’optimisation des chaînes de valeur agricoles constituent l’ensemble des solutions retenues. Dans ce cadre, les perspectives pour le développement du secteur privé sont immenses. « Afin de valoriser le capital humain et foncier de la vallée, les investissements privés, porteurs d’emplois et de projets innovants adaptés à la nouvelle donne climatique, doivent être encouragés », a dit Makhtar Diop, Directeur Général de la Société financière internationale (IFC), la filiale du Groupe de la Banque mondiale qui appuie le secteur privé. « Pour attirer ces investissements, il faut travailler à réduire les risques liés au financement des petites et moyennes entreprises et remédier aux défaillances dans les chaînes de valeur agricoles. C’est tout l’objectif des interventions de l’IFC avec ses partenaires locaux ». Des actions soutenues par la Banque mondiale et d’autres partenaires sont en cours dans la vallée et donnent des résultats encourageants. Cependant, « l’urgence du changement climatique nous impose de faire plus et d’aller au-delà, avec des investissements plus importants pour renforcer la résilience de la vallée face au changement climatique et accélérer sa transformation », a dit Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Les contours d’une nouvelle opération d’envergure régionale, initiée dans un premier temps avec les gouvernements de la Mauritanie et du Sénégal, ont été discutés. Le Projet de développement et de résilience de la vallée du fleuve Sénégal auquel la Banque mondiale contribuera à hauteur de 195 millions de dollars aidera à relever les multiples défis climatiques auxquels sont confrontées les communautés implantées de part et d’autre de la vallée et qui entravent le développement socio-économique de la région. « Ce nouveau projet ambitionne entre autres des transformations majeures et des solutions durables dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, l’élevage et la création d’emplois pour les jeunes », ajoute Ousmane Diagana. « Il soutiendra un développement territorial intégré pour renforcer la résilience des communautés et promouvoir les moyens de subsistance et les opportunités économiques dans la vallée ». Le Projet de développement et de résilience de la vallée du fleuve Sénégal sera présenté au Conseil d’administration de la Banque mondiale le 13 février 2024.