Washington annonce son retrait de l’Unesco

La directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a exprimé mardi son profond regret face à l’annonce du retrait américain de l’agence d’ici à la fin décembre 2026. « L’Unesco s’y est préparée », affirme toutefois Audrey Azoulay depuis son siège parisien, dans un communiqué de presse. Réformée, stabilisée, soutenue par ses membres, l’agence culturelle de l’ONU garde résolument le cap. Une rupture attendue Les États-Unis avaient déjà claqué la porte de l’Unesco en 1984, sous la présidence de Ronald Reagan, puis en 2017, lors du premier mandat de Donald Trump – qui a choisi, mardi, de récidiver. À chaque fois, la Maison Blanche évoque des motifs politiques, liés notamment aux positions de l’Unesco sur le conflit israélo-palestinien. « Cette décision est contraire aux principes fondamentaux du multilatéralisme », a déploré la directrice générale, soulignant qu’elle risque de pénaliser en premier lieu les partenaires américains de l’Unesco – ces villes, universités et communautés locales qui aspirent à inscrire leurs sites au Patrimoine mondial ou à rejoindre le réseau des villes créatives. Depuis sept ans, l’organisation a réduit sa dépendance financière à Washington : la contribution américaine, qui représente jusqu’à 40 % du budget de certaines entités onusiennes, ne pèse plus aujourd’hui que 8 % à l’Unesco. Le budget global, lui, n’a cessé de croître, porté par l’engagement de nombreux États membres et l’explosion des contributions volontaires, lesquelles ont doublé depuis 2018. L’Unesco nouvelle génération Loin de reculer, l’agence a redoublé d’initiatives. « Malgré la première annonce de départ du Président Donald Trump en 2017, l’UNESCO a redoublé d’efforts pour se déployer partout où ses missions pouvaient apporter une contribution à la paix », souligne sa cheffe. Reconstruction de la vieille ville de Mossoul, en Iraq, adoption du premier instrument mondial sur l’éthique de l’intelligence artificielle, programmes culturels et éducatifs en Ukraine, au Yémen ou au Liban, protection de la biodiversité, promotion de l’éducation des filles : l’agence a musclé son mandat et élargi son influence. Sur un sujet particulièrement sensible pour les États-Unis – la mémoire de la Shoah et la lutte contre l’antisémitisme –, l’Unesco s’est imposée comme un acteur central. Elle est « l’unique responsable sur ces enjeux au sein du système des Nations Unies », rappelle la directrice générale, et son travail a été « unanimement salué » par le Musée mémorial de l’Holocauste à Washington, le Congrès juif mondial et l’American Jewish Committee. L’agence a soutenu 85 pays dans la formation des enseignants et la lutte contre le négationnisme et les discours de haine. Une porte qui reste entrouverte À l’Unesco, on ne panique pas. Aucun licenciement n’est prévu. Les projets se poursuivent. Et l’agence ne renonce pas au dialogue. « L’UNESCO a vocation à accueillir toutes les nations du monde et les Etats-Unis y sont et resteront les bienvenus », insiste Audrey Azoulay. L’organisation continuera de travailler « main dans la main avec tous nos partenaires américains du secteur privé, académique et associatif », et de dialoguer avec l’administration Trump et le Congrès américain. Plus que jamais, l’agence fondée en 1945 veut faire la preuve de son utilité. « Les raisons invoquées par les États-Unis sont les mêmes qu’il y a sept ans », constate Mme Azoulay. Pourtant, ajoute-t-elle, « la situation a profondément changé, que les tensions politiques ont reculé et que l’UNESCO représente aujourd’hui un rare lieu de consensus pour un multilatéralisme concret et dans l’action ». Unesco
International : le Congo présente deux candidatures solides dans les institutions internationales, seulement…( lecture en 4 minutes )

Après la candidature de Firmin Édouard Matoko à l’UNESCO, le Congo vient de positionner à Dakar, ce 30 mai 2025, Luc Missidimbazi au poste de Secrétaire général de l’UAT. La candidature de Luc Missidimbazi a été portée au cours de la 26 ème session ordinaire du conseil d’administration de l’UAT par le Ministre Léon Juste Ibombo et le Directeur Général de l’Arpce, Louis Marc Sakala. À peine annoncée, ladite candidature enflamme la toile. Le choix des autorités congolaises semble être salué par plus d’un observateur. Toutefois, la candidature de Luc Missidimbazi, expert reconnu en TIC au niveau national et international, n’échappe pas aux tentatives de discréditation de certains congolais, dont l’un a eu le malin plaisir de tirer sur l’Arpce, l’une des rares boîtes qui marche encore bien au Congo. Le cas de Luc Missidimbazi, ressemble à celui du magistrat – commandant Franck Régis Tounda Ouamba qui a été limogé par son compatriote André Kanga, dès qu’il a pris les rênes de la GABAC( groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale ). Prétexte, il l’aurait manqué de respect dans son bureau. Selon certaines indiscrétions, André Kanga serait parti loin jusqu’à balancer dans les hauts lieux congolais, que ce commandant travaillerait contre le pouvoir de Brazzaville. La roue à tourner, car Naguère, M. Tounda Ouamba ex puissant substitut du procureur et avocat général, faisait la loi au tribunal de grande instance et à la Cour d’Appel de Brazzaville. Il nous avait même deux fois envoyé au cachot pour quelques temps. Le voici, accusé pareillement….Mais nous avons l’honnêteté de dire que l’affaire entre les deux hommes est portée devant la Cour de Justice de la Cemac, curieusement, André Kanga ne parvient pas à apporter les preuves de ses allégations. Constat Il sied de dire haut et fort, que rien n’avancera si les Congolais ne changent pas leurs paradigmes. Ce, même après le départ de M. Sassou que nous attendons impatiemment… En effet, le manque de patriotisme et d’amour du prochain ainsi que les calomnies des tiers sont susceptibles d’enfoncer de plus belle le pays dans la gadoue. C’est dommage que les intellectuels puissent ignorer les ravages des calomnies distillées sur les réseaux sociaux. Celles-ci nuisent aux tiers et au pays tout entier. Heureusement, pour Luc Missidimbazi que ses résultats et son travail de qualité parlent pour lui. En regardant son parcours, les institutions internationales se rendent compte du sérieux de ce candidat. Ingénieur de télécommunications et réseaux de son état, il assure la coordination de plusieurs projets depuis 15 ans au niveau du Congo et à l’international : projet CAB-CIT ( Central African Backbone ) avec la Banque Mondiale ; projets de transformation numérique du gouvernement: Pilotage des projets de développement à travers des comités interministériels depuis 2016, En assurant la coordination de la conception et la gestion des projets structurants pour le développement de l’écosystème numérique du Congo, il veille à considérer l’innovation et le progrès technologique; etc. Luc fait partie de la grande équipe qui promeut le développement des NTIC depuis quelque temps aux côtés de : Yves Castanou, Issa Attié, Yves Ikonga, Chrisostome Samba dia Nkoumbi, Amos Colombe Fortune, Denis Omar Junior Bongo qui a été chassé de la présidentielle gabonaise avec la nouvelle constitution, etc. Selon nos informations, la candidature de Luc Missidimbazi a l’adhésion des ministres de la CEEAC, des régulateurs de plusieurs pays, des autorités congolaises tels qu’ Anatole Collinet Makosso qu’il conseille en numérique, Thierry Lezin Moungala, Yves Castanou, Claudia Sassou Nguesso, etc. Espérons que les congolais soutiendront les deux candidats cité plus haut jusqu’au bout comme les français et les Quatariens l’ont fait pour porter le Paris Saint-Germain au sommet de l’Europe. Ghys Fortune BEMBA DOMBE
Direction générale de l’UNESCO. L’Union africaine réaffirme son soutien à Khaled El-Enany à travers l’Angola, sa présidence en exercice

En sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, le président angolais João Lourenço a annoncé qu’il soutiendrait l’Angola – et, par son intermédiaire, celui de l’Union africaine – à la candidature du professeur Khaled El-Enany à la direction générale de l’UNESCO. Cette déclaration forte a été faite lors de sa rencontre avec le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, dans le cadre de sa visite d’État en Égypte du 28 au 30 avril 2025. Au cours de cet entretien de haut niveau, les deux chefs d’État ont réaffirmé la nécessité de consolider l’unité africaine autour de candidatures communes dans les institutions internationales, en particulier à un moment où la voix du continent doit être davantage représentée dans les enceintes de gouvernance mondiale. Le président Lourenço a ainsi confirmé le soutien plein et entier de l’Angola, en tant que président de l’Union africaine, à la candidature de Khaled El-Enany – un appui qui réaffirme également l’adhésion collective de l’Union africaine à cette candidature stratégique. Ce soutien s’inscrit dans une dynamique continentale plus large : Djibouti avait déjà exprimé publiquement le même engagement, et le Gabon a quant à lui retiré son propre candidat afin de renforcer l’unité africaine autour de la candidature égyptienne. Cette mobilisation démontre la volonté du continent de parler d’une seule voix pour faire avancer ses priorités à l’échelle mondiale. La candidature de Khaled El-Enany intervient dans un contexte où les défis africains – notamment l’éducation, le développement durable et la construction de la paix – sont au cœur des préoccupations. Ces priorités ont d’ailleurs été soulignées par le président Lourenço lui-même lors de son investiture à la tête de l’Union africaine, le 15 février dernier. Ancien ministre du Tourisme et des Antiquités et professeur d’université, Khaled El-Enany porte une vision ambitieuse, inclusive et ouverte sur la coopération internationale. Depuis l’annonce de sa candidature en avril 2023, il a reçu un large soutien international, incluant l’Union africaine, la Ligue des États arabes, la France, le Brésil, la Turquie, l’Allemagne, l’Espagne, l’Arménie, le Gabon, Djibouti – et désormais l’Angola. Cette nouvelle déclaration de soutien renforce la légitimité et la portée d’une candidature portée par l’Afrique, pour une gouvernance de l’UNESCO plus équitable, inclusive et représentative des équilibres mondiaux.
Audrey Azoulay célèbre le retour de « l’esprit de Mossoul » alors que la reconstruction par l’UNESCO s’achève

Audrey Azoulay s’est rendue mercredi à Mossoul pour remercier l’ensemble des ouvriers, architectes et ingénieurs qui ont mené à bien les chantiers de l’UNESCO pour la reconstruction de la vieille ville. En 7 ans, grâce à l’effort conjoint des Mossouliotes et de la solidarité internationale, cette cité multiculturelle martyrisée par Daesh a réussi à renaître et inspire à nouveau. En février 2018, moins d’un an après la libération de la ville, Audrey Azoulay lançait l’initiative « Faire revivre l’esprit de Mossoul ». Pour la première fois de son histoire, l’UNESCO proposait non seulement de coordonner mais aussi de conduire directement la reconstruction de sites patrimoniaux détruits par la guerre. Une intervention d’une rare complexité : la vieille ville était détruite à 80%, vide de ses habitants ayant fui les combats et truffée de bombes non explosées. « Sept ans plus tard, après avoir mobilisé plus de 115 millions de dollars, déblayé et déminé les lieux, conduit une vaste consultation avec la population et formé plus de 2800 Irakiens aux métiers de la restauration et du patrimoine, l’UNESCO achève ses chantiers et Mossoul recouvre des éléments essentiels de son identité », a salué Audrey Azoulay. « C’est une victoire collective, qui démontre à quel point le multilatéralisme peut être utile, concret et dans l’action », a-t-elle ajouté. L’alliance du patrimoine, de la culture et de l’éducation Centre-vingt-quatre maisons historiques accueillent à nouveau des familles, le célèbre minaret penché Al-Hadba a retrouvé sa place dans le ciel de la ville, tandis que les cloches de l’église syriaque catholique Al-Tahira et du couvent dominicain Notre-Dame de l’Heure sonnent à nouveau. Enfin, d’ici quelques semaines, la Grande mosquée Al-Nouri, qui avait été détruite par Daesh qui y avait planté son drapeau noir, pourra reprendre le fil de son histoire. L’initiative de l’UNESCO s’est aussi traduite par la rénovation de 400 salles de classes à Mossoul et ses alentours, le soutien à la bibliothèque universitaire, la formation de plus de 5 000 enseignants et éducateurs à des programmes d’éducation à la paix et la conduite de nombreux projets culturels comme la relance de festivals et de centres d’art. La visite de la Directrice générale de l’UNESCO visait à remercier toutes celles et tous ceux qui ont fait de cette initiative une réalité : ouvriers, artisans, architectes, ingénieurs, tout comme de nombreux acteurs de la société mossouliote. Au total, l’initiative de l’UNESCO a permis la création de 7 700 emplois, accélérant aussi la reprise de la vie économique. Un exemple pour la région et pour le monde « Grâce à l’engagement des Émirats arabes unis et de l’Union européenne ainsi que d’autres partenaires, sous l’impulsion de l’UNESCO, la société civile de Mossoul a montré son engagement pour renouer avec son patrimoine, sa culture, le savoir et lutter contre l’amnésie afin de se relever d’une tragédie profonde », a salué la Directrice générale de l’UNESCO en parcourant les ruelles de la vieille ville à la rencontre de ses habitants. L’UNESCO sort elle aussi renforcée par cette initiative. L’Organisation a acquis une nouvelle expertise des situations post-conflit qu’elle est désormais en mesure de transposer sur d’autres théâtres de crise. Les enseignements de son action à Mossoul ont déjà inspiré ces dernières années plusieurs de ses interventions – comme au Liban pour réhabiliter les écoles de Beyrouth endommagées par la double-explosion du port le 4 août 2020, ou en Ukraine pour protéger le patrimoine et aider à la poursuite de l’éducation en temps de guerre. « Ce qui a été accompli à Mossoul est un exemple de ce qui pourra être fait à l’avenir par l’UNESCO et d’autres acteurs dans la région et dans le monde », a souligné Audrey Azoulay lors d’un discours devant le minaret Al-Hadba. Mossoul, ville historiquement multiculturelle Mossoul – al-mawsil en arabe – signifie « le point de rencontre ». Pendant 2 500 ans, cette ville a été un carrefour des cultures, marquée par la coexistence de différentes communautés religieuses et linguistiques, le creuset de l’identité plurielle de l’Irak. Le patrimoine de la vieille ville de Mossoul a toujours incarné ces valeurs de coexistence et d’ouverture. Cet héritage multiculturel se distinguait dans le ciel de la ville par la présence du minaret Al-Hadba, érigé au XIIe siècle et haut de 45 mètres, auquel répondait à quelques dizaines de mètres de là le clocher de Notre-Dame de l’Heure et son horloge offerts aux Mossouliotes par l’impératrice Eugénie à la fin du XIXe siècle, à la suite de la première mission pontificale en Mésopotamie. En juin 2014, Daesh s’est emparé de la ville pour en faire sa capitale. Depuis la Grande mosquée Al-Nouri, son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, proclamait la création du califat islamique en Irak. Des milliers de livres et d’objets anciens furent détruits ou pillés. Daesh ferma les cafés et poursuivi les artistes. Les minorités religieuses avaient pour choix de se convertir ou mourir. Le couvent Al Saa’a – Notre-Dame de l’Heure – devint un lieu de formation de djihadistes, et sa maison de prière adjacente un lieu d’emprisonnement et de torture. Lors de sa déroute, en juillet 2017, Daesh décida de dynamiter le minaret Al-Hadba et la Grande mosquée Al-Nouri. Seule une chaine humaine formée par des habitants avait alors permis d’éviter la destruction totale de ces deux monuments.
L’Allemagne annonce son soutien à Khaled El-Enany, candidat pour le poste de Directeur général de l’UNESCO

L’Allemagne apporte son soutien à la candidature du professeur Khaled El-Enany pour le poste de Directeur général de l’UNESCO. Cette déclaration a été faite à l’issue de la visite de Khaled El-Enany en Allemagne, où il a rencontré plusieurs intellectuels et hauts responsables, dont Mme Katja Keul, ministre adjointe aux Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne. Lors de cette rencontre, la ministre d’État et le professeur Khaled El-Enany ont partagé leur vision commune d’une UNESCO plus résiliente, ambitieuse et engagée dans la mise en œuvre de grands projets destinés à répondre aux défis mondiaux. L’éducation pour tous, la préservation du patrimoine culturel, la science et l’innovation, ainsi que la liberté de la presse ont été au cœur de leurs discussions. « Face aux crises actuelles, l’UNESCO doit être une force de stabilisation et d’innovation, capable d’œuvrer concrètement pour le bien des peuples. L’Allemagne, avec son engagement historique pour la culture et l’éducation, partage cette vision d’une organisation audacieuse et ancrée dans la réalité des enjeux du XXIe siècle. Je remercie chaleureusement l’Allemagne pour son soutien affirmé et sa confiance dans ma candidature« , a déclaré Khaled El-Enany. Ce soutien de l’Allemagne vient renforcer la dynamique internationale en faveur du professeur Khaled El-Enany, qui bénéficie déjà de l’appui publique de l’Union africaine, de la Ligue des États arabes, de la France, du Brésil, de l’Espagne et de la Turquie. Cette coalition d’alliés témoigne d’une volonté commune de voir l’UNESCO se transformer en une institution plus inclusive, plus efficace et pleinement engagée pour le dialogue interculturel et la coopération internationale. Par ailleurs, le Gabon a récemment annoncé le retrait de sa candidature et a appelé les pays qui l’avaient soutenue à se rallier à la candidature de Khaled El-Enany, consolidant ainsi l’élan diplomatique en faveur de sa vision pour l’UNESCO.
Haïti : un enfant sur huit est désormais déplacé en raison de la violence armée

La crise humanitaire en Haïti atteint un point critique, avec un enfant sur huit désormais déplacé en raison de l’escalade de la violence alimentée par les groupes armés qui continuent de contrôler la plupart partie de la capitale, alerte le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Les dernières données révèlent que plus de 500.000 enfants ont été contraints de quitter leur foyer, ce qui représente une augmentation choquante de de près de 50 % depuis septembre. Au total, plus d’un million d’Haïtiens sont déplacés à l’intérieur du pays, dont la moitié sont des enfants qui ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence. « C’est une période horrible pour être un enfant en Haïti, avec la violence qui bouleverse des vies et force de plus en plus d’enfants et de familles à quitter leur foyer », a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF. « Les enfants ont désespérément besoin de sécurité, de protection et d’accès aux services essentiels. Nous ne pouvons pas détourner le regard », a affirmé Catherine Russell. Les enfants haïtiens pris au piège entre violence, pauvreté et déplacements Des décennies d’instabilité politique, de pauvreté et d’inégalité ont permis la montée en puissance des groupes armés et l’impact sur les enfants est dévastateur. Les rapports font état d’une augmentation de 70 % du recrutement d’enfants au cours de l’année écoulée, les mineurs constituant jusqu’à 50 % de leurs rangs. Ce recrutement est contraire au droit international et constitue une grave violation des droits de l’enfant. Par ailleurs, la crise des déplacements a rendu les enfants particulièrement vulnérables à la violence, y compris à la violence sexuelle, au trafic, à l’exploitation et aux abus. Les incidents de violence sexuelle à l’encontre des enfants ont augmenté de 1.000 % au cours de l’année écoulée, a indiqué l’agence onusienne. L’accès aux services de base tels que l’éducation, les soins de santé, l’eau potable et l’assainissement a été gravement perturbé, exposant les enfants à des risques accrus de malnutrition et de maladie. Près de 6.000 personnes endurent des conditions proches de la famine et les sites de déplacement insalubres ont créé un terrain fertile pour les épidémies de choléra. Le pays a enregistré près de 88.000 cas suspects de cette maladie, qui touche les enfants de manière disproportionnée. Une crise urbaine qui s’empire La crise est particulièrement grave dans la zone métropolitaine de la capitale Port-au-Prince, où la violence et l’instabilité sont omniprésentes. En décembre, des tentatives de siège de quartiers résidentiels ont forcé environ 40.000 personnes à fuir leur domicile en seulement deux semaines. L’UNICEF estime que trois millions d’enfants dans le pays ont besoin d’une aide humanitaire, dont 1,2 million d’enfants en danger immédiat dans la ville. Appel à l’action L’UNICEF demande à toutes les parties de cesser immédiatement les hostilités et de mettre fin aux violations des droits de l’enfant, y compris le recrutement par des groupes armés et toutes les formes de violence sexuelle. L’agence a également lancé un appel pour que les travailleurs humanitaires puissent accéder sans entrave aux personnes dans le besoin, y compris les populations déplacées. « Les enfants d’Haïti subissent les conséquences d’une crise qu’ils n’ont pas créée », a déclaré Mme Russell. « Ils comptent sur le gouvernement haïtien et la communauté internationale pour prendre des mesures urgentes afin de protéger leurs vies et de préserver leur avenir », a-t-elle souligné. ONU
Les journalistes de plus en plus victimes de poursuites financières abusives, alerte l’UNESCO

Un nouveau rapport de l’UNESCO souligne l’augmentation alarmante des cas d’allégations de malversations financières visant à intimider et à réduire au silence les journalistes et les médias : sur 120 cas examinés par l’UNESCO entre 2005 et 2024, 60% sont survenus entre 2019 et 2023. « Les journalistes jouent un rôle essentiel pour la société en enquêtant sur les délits et en faisant progresser la transparence. Ils ne devraient jamais faire l’objet d’allégations infondées de malversations financières ou de harcèlement juridique visant à les réduire au silence. Ces procédés portent atteinte à la liberté de la presse et à la liberté d’expression de chacun d’entre nous. L’UNESCO appelle tous ses États membres à protéger les journalistes de ces pratiques », déclare Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO. L’extorsion, l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent sont les accusations les plus fréquemment utilisées à tort contre les journalistes et les médias. Parmi les autres charges infondées, on trouve le chantage, le financement du terrorisme, la fraude, le détournement de fonds ou encore la réception illégale de fonds étrangers. Toutes ces attaques minent considérablement la confiance du public dans les journalistes et les médias. Un subterfuge pour priver les journalistes ou les médias de leurs ressources Contrairement aux affaires de diffamation, les accusations financières peuvent souvent être portées sans qu’aucun lien ne soit établi entre le contenu éditorial produit par le journaliste ou l’organe de presse et l’accusation elle-même, ce qui occulte le véritable motif de ces accusations. Les instigateurs des accusations financières portées contre les journalistes et les médias sont le plus souvent des acteurs étatiques. Le pouvoir exécutif peut aussi charger des organes administratifs, tels que les autorités fiscales, d’ouvrir des enquêtes pour contourner le système judiciaire. L’emploi abusif de la législation financière peut permettre aux autorités de geler les avoirs d’un journaliste ou d’un média de façon à réduire ses moyens de subsistance et à l’empêcher de poursuivre ses activités dans l’attente du procès. Ces accusations, lorsqu’elles conduisent à l’arrestation ou au gel des avoirs des cadres dirigeants d’une rédaction, peuvent entraîner la fermeture pure et simple du média. La crainte de loures difficultés financières chez les journalistes ou les organisations médiatiques peut également se traduire par une hausse de l’autocensure. Certaines régions plus touchées que d’autres Le rapport de l’UNESCO signale au moins 5 cas en Amérique latine et dans les Caraïbes ces trois dernières années, contre seulement 2 au cours des dix années précédentes. L’Afrique compte au moins 8 cas entre 2019 et 2023, contre 7 au cours pour l’ensemble des dix années précédentes. Parmi les cas recensés dans ces régions, l’évasion fiscale et l’extorsion sont les accusations les plus fréquentes et 9 personnes ont été condamnées à des peines d’emprisonnement, la peine la plus élevée étant de 12 ans. Le problème est encore plus répandu en Europe de l’Est, en Asie et dans le Pacifique, en particulier en Asie centrale, avec 41 cas examinés entre 2020 et 2024, contre 19 cas au total pendant les douze années précédentes. Cette tendance est observée depuis le début des années 2010. En Asie du Sud, les accusations infondées d’extorsion sont constatées depuis le milieu des années 2000, avec également un recours fréquent à la limitation des financements étrangers et aux accusations de financer le terrorisme . Ce harcèlement survient souvent en période de manifestations, pendant les campagnes électorales et à l’approche d’événements internationaux majeurs, lorsque le pays et le gouvernement font l’objet d’une attention accrue de la part de la communauté internationale. La prolifération des attaques juridiques contre les journalistes est une tendance nouvelle qui comprend toute une série d’allégations criminelles. Les données présentées dans le rapport de l’UNESCO s’appuient sur des informations accessibles au public, combinées à une étude documentaire et à des entretiens avec des avocats, des journalistes et des experts de la liberté de la presse. Le nombre réel de cas est probablement plus élevé. Le rapport fait suite à l’analyse produite par l’UNESCO sur la tendance croissante du harcèlement juridique des journalistes en 2021 et en 2022. Les données de l’UNESCO s’appuient sur l’évaluation et l’analyse de 120 cas déclarés, mais est la dissimulation est vraisemblablement importante.
Cameroun : l’UNESCO mobilise 44,5 M$ pour l’éducation

En visite officielle à Yaoundé, Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, a annoncé la mobilisation de 44,5 M$ pour l’éducation au Cameroun. Ils financeront notamment la modernisation des programmes scolaires et la formation de plus de 28 000 professionnels de l’éducation. « Le Cameroun a fait de l’éducation une priorité et il était essentiel pour l’UNESCO de lui apporter son soutien. Grâce au Partenariat mondial pour l’éducation, nous mobilisons aujourd’hui un montant de 44,5M$ pour donner un véritable coup d’accélérateur à l’amélioration du système scolaire du pays », a déclaré lundi Audrey Azoulay, en marge des célébrations de la Journée internationale de l’alphabétisation à Yaoundé. « C’est un nouvel exemple de l’engagement résolu de l’UNESCO à accompagner tous ses Etats membres vers l’accès universel à l’éducation », a-t-elle ajouté. Avec ces financements, l’UNESCO et le Cameroun travailleront ensemble à moderniser les programmes scolaires avec une priorité donnée à l’enseignement multilingue. L’Organisation fournira plus de 4 millions de manuels scolaires et de guides pédagogiques. Elle soutiendra également la formation de 15 000 enseignants, de 13 000 directeurs d’école, de formateurs et de responsables pédagogiques. Enfin, cette réforme prioritaire prévoit la distribution de repas scolaires aux enfants des familles les plus modestes pour soutenir leur scolarisation. Cette initiative au Cameroun vient s’ajouter à celles déjà engagées par l’UNESCO dans de nombreux autres pays d’Afrique. Ces dernières années, l’Organisation a notamment mobilisé 15,7M$ pour l’éducation au Burundi, 39,5M$ en Côte d’Ivoire, 10,7M$ au Congo et 48,2M$ au Tchad, là encore dans le cadre du Partenariat mondial pour l’éducation. Alors que l’Union africaine a dédié l’année 2024 à l’éducation, l’UNESCO confirme ainsi son rôle de partenaire de premier plan des Etats africains dans ce domaine. 20 pays d’Afrique vont avoir accès à la chaîne TV éducative de l’UNESCO Dans le cadre de sa visite, Audrey Azoulay s’est également rendue au Centre d’éducation à distance de Yaoundé, créé en 2020 pour assurer la continuité des apprentissages au cœur de la pandémie de COVID-19. L’urgence passée, ce centre a trouvé une nouvelle vocation en diffusant des contenus éducatifs qui bénéficient aux élèves qui résident dans les zones les plus reculées du pays. Il compte aujourd’hui plus de 300 enseignants qui ont déjà produit plus de 1800 cours multilingues couvrant toutes les disciplines de l’enseignement secondaire général et technique et qui sont diffusés en ligne. Le Centre de Yaoundé va prendre un nouvel essor cette année, en accueillant les premiers studios d’enregistrement d’EDUCA-TV, la nouvelle chaîne éducative de l’UNESCO. Diffusée 24h/24 et 7j/7, cette chaine de télévision proposera deux grands types de programmes : des contenus scolaires pour préparer les examens et des contenus d’éducation non-formelle sur des enjeux comme la santé publique, la protection de l’environnement ou encore l’éducation aux médias et à l’information. Elle sera accessible gratuitement dans vingt pays de la région. Le Cameroun salué pour son éducation multilingue La Directrice générale de l’UNESCO a également participé aux célébrations de la Journée internationale de l’alphabétisation, accueillies cette année par le Cameroun à l’initiative du Président Paul Biya. L’évènement a été l’occasion pour Audrey Azoulay de saluer l’action du Cameroun pour une éducation multilingue, tout en rappelant que 40% des citoyens à travers le monde n’ont toujours pas accès à une éducation dans leur langue natale. Ces célébrations ont été marquées par la remise des Prix internationaux de l’alphabétisation de l’UNESCO qui distinguent chaque année des projets modèles à travers le monde. Les six lauréats – originaires d’Autriche, d’Egypte, du Ghana, d’Indonésie, du Nigéria et du Panama – ont reçu des dotations allant de 20.000 à 30.000$ pour soutenir la poursuite de leur projet. L’alphabétisation reste un défi mondial majeur : 754 millions d’adultes aujourd’hui (plus de 15 ans) ne savent ni lire ni écrire, dont près de deux tiers des femmes. Et trois quarts des enfants âgés de 10 ans dans les pays en développement ne sont pas en mesure de lire et de comprendre un texte simple. L’UNESCO en appelle ainsi à la mobilisation de tous les Etats pour faire de l’éducation une réalité pour toutes et tous.