Tribunal du Sport : Nouvelle Confrontation avec Samuel Eto’o en Suisse

En attendant les résultats de l’enquête menée à son encontre par la Confédération Africaine de Football (CAF) concernant des allégations de trucage de matchs du championnat du Cameroun, le président de la Fécafoot se retrouve une fois de plus au cœur des débats devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne. Au Cameroun, le football et les tribunaux semblent aller de pair. Avec le temps, Samuel Eto’o a appris à composer avec cette réalité. Porteur de l’ambition de « restaurer la grandeur du football camerounais » en replaçant le sportif au centre de toutes les préoccupations, la route pour atteindre cet objectif semble de plus en plus semée d’embûches pour le président de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot). Si les controverses et les scandales, qu’ils le concernent directement ou non, sont désormais monnaie courante, la menace pesant sur son mandat demeure tout aussi tangible et régulière. En effet, les jours (voire les semaines) à venir s’annoncent cruciaux pour le quadruple Ballon d’Or africain. « Déni de Justice » Des sources non officielles indiquent que la Confédération Africaine de Football (CAF) serait sur le point de rendre les conclusions de son enquête concernant l’ancien joueur du FC Barcelone, soupçonné d’avoir manipulé des matchs du championnat national. Alors qu’un vent de panique souffle au sein de la Fécafoot, les détracteurs de Samuel Eto’o ont saisi à nouveau le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) en invoquant « un déni de justice », selon les termes de Delphine Deschenaux-Rochat, conseillère auprès de l’instance basée à Lausanne, dans un courrier adressé à la Fécafoot le 20 mars dernier. Vers une Suspension d’Eto’o ? Une cinquantaine de plaignants, comprenant des clubs, des dirigeants, la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc), ainsi que le journaliste Guibaï Gatama, un membre du Comité exécutif de la Fécafoot actuellement sous le coup d’une suspension, envisagent de demander la suspension de Samuel Eto’o de ses fonctions et de toutes activités liées au football. Treize membres du Comité exécutif de la Fécafoot sont également concernés par la déclaration d’appel déposée auprès du TAS le 15 mars. « Les plaignants reprochent à Samuel Eto’o d’avoir non seulement violé plusieurs articles du Code éthique de la Fécafoot relatifs à l’intégrité et à l’abus de fonction à des fins privées ou pour en tirer un avantage pécuniaire, mais aussi des dispositions du Code éthique de la FIFA relatives aux activités de paris sportifs et de jeux d’argent », affirme une source bien informée sur le dossier. Par ailleurs, il est également mentionné que ses adversaires entendent demander au TAS de « condamner Eto’o à rembourser à la Fécafoot, sur ses fonds personnels, l’intégralité des dépenses occasionnées par les ruptures abusives des contrats liant la Fécafoot à Antonio Conceiçao d’une part, et la Fécafoot au Coq Sportif d’autre part ». Dans le premier cas, la Fécafoot a été condamnée à payer une amende de 1,6 million d’euros (soit plus d’1 milliard de FCFA) à l’entraîneur portugais, tandis que le montant pourrait être encore plus élevé dans le second cas. Ya Willy.
Congo Brazzaville/Football. La Fecofoot risque gros au Tribunal du sport en Suisse

JUSTICE. « Je suis monsieur Renaud Mougnoba, directeur du cabinet sportif Afriquier Management(ndlr, un cabinet sportif dirigé par des congolais.Il est domicilié à Dakar au Sénégal), chargé de la gestion du dossier Dibala contre la Fecofoot… », s’est présenté à nous, documents à l’appui, celui qui, au nom de la famille éponyme et du TP Caïman de Pointe-Noire, a porté devant la Fifa et maintenant le TAS l’affaire d’ « invalidation de l’assemblée générale élective de la Fecofoot du 02 septembre 2022 ». « Je souhaite, si possible, poursuit-il, mettre plus de lumière sur votre article du 14 avril dernier ». À la lecture du courrier adressé au ministre des sports, Hugues Ngouelondélé, par Kinkonda Gloire Destin Jobel, ancien secrétaire du candidat tête de liste à la Fecofoot, Mouanda Dibala Jean Joseph, le cabinet sportif Afriquier Management avait pris l’engagement de se battre aux côtés de Dibala pour faire entendre raison aux dirigeants de la Fecofoot, apparemment, sourds aux critiques sur les » irrégularités » constatées par les plaignants. Pour la petite histoire, Afriquier Management a adressé une série de courriers respectivement à la Fecofoot et à la Fédération internationale de football association « FIFA ». « Courriers restés par ailleurs sans suite », regrette Kinkonda Gloire Destin Jobel, dans son courrier adressé au ministre des sports du Congo, le 27 décembre 2022. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est le moment choisi par Mouanda Dibala Jean Joseph de se désengager en disparaissant des radars, nonobstant plusieurs relances du cabinet sportif sénégalais. Le déplacement effectué à Brazzaville par Mougnoba, venu expressément de Dakar pour les raisons de la bonne cause des plaignants, s’est heurté à un silence de cimetière de Dibala. C’est ainsi que la famille Mougnoba( père et fils) et TP Caïman décident alors de supporter les factures, sur fonds propres, des différentes procédures juridiques engagées à la FIFA et au TAS. Le tout pour un montant de plus de 30 millions de fcfa. Okouo Akaba, ancien international des Diables Rouges football, et Kinkonda, ancien secrétaire de Dibala, y ont également contribué respectivement t à hauteur de 500 mille fcfa et 650 mille de fcfa. L’audience, sauf changement de dernière minute, a été fixée le 05 mai prochain par le TAS, à son siège de Lausanne en Suisse. À l’allure où vont les choses, spécule un exégète du droit sportif, si le TAS statue sur cette affaire d’ » invalidation de l’assemblée générale élective du 02 septembre 2022″, il est à redouter l’effet des vases communicants entre les deux rives du fleuve Congo, notamment l’effet contagion de Brazzaville par sa sœur siamoise Kinshasa où vient d’être désigné un comité de normalisation de la Fecofa( fédération congolaise de football association). En d’autres termes, Guy Blaise Mayolas et ses camarades pourraient être deguerpis, avec interdiction de prendre part au prochain processus électoral. Qui vivra verra.