Transport ferroviaire: la BAD accorde un prêt de 196 millions de dollar en vue de moderniser ses infrastructures

La Banque africaine de développement annonce avoir accordé un prêt de 196 millions de dollars à la Namibie pour moderniser les infrastructures de transport ferroviaire du pays. S’inscrivant dans la mise en œuvre la phase II du Projet d’amélioration des infrastructures de transport, l’appui financier de la Banque panafricaine représente 51,8 % du coût total du projet, le gouvernement namibien apportant les 48,2 % restants, souligne un communiqué de l’institution financière. La même source indique que « le projet permettra d’améliorer la chaîne de valeur logistique, en s’attaquant aux goulets d’étranglement de l’infrastructure de transport ferroviaire qui entravent la fourniture de services ferroviaires ». Selon la Banque panafricaine, qui opère en Namibie depuis 1991 lorsque le pays a adhéré à l’institution, la mise en œuvre de ce projet permettra de renforcer la compétitivité commerciale de la Namibie et de la sous-région de la Communauté de développement d’Afrique australe. Dans le détail, le projet prévoit de construire un nouveau tracé à proximité de la ligne existante de 207 kilomètres de voie ferrée permanente entre Kranzberg et Otjiwarongo grâce à l’utilisation de traverses en béton et de nouveaux rails de 48 kilogrammes par mètre. 16 ponts seront ainsi construits et deux gares rénovées, et 55 000 tonnes de rails et d’aiguillages seront fournis pour l’ensemble des 518 kilomètres de voies ferrées, poursuit le communiqué ajoutant que le projet prévoit également de moderniser le système de signalisation ferroviaire le long de la ligne Walvis Bay-Tsumeb, afin d’améliorer sa fiabilité, sa sécurité et sa capacité, ou le débit du système ferroviaire. Leïla Mokkadem, directrice générale de la Banque africaine de développement pour l’Afrique australe, assure que « le projet maximisera les avantages et sera transformateur pour la compétitivité de la Namibie. Il contribuera à réaliser la vision du pays de devenir un centre logistique régional d’ici 2030 tout en catalysant le changement de développement dans les pays voisins et dans la sous-région ». Par ailleurs, ajoute-elle, « ce projet ralliera également la Namibie à la ceinture de cuivre de l’Afrique et réalisera une connectivité ferroviaire régionale ». Martin Kam
Transport ferroviaire: la société belge Vecturis présente sa vision pour une optimisation du chemin de fer en République du Congo

Mardi 10 janvier, les ministres de la Coopération internationale et de la Promotion du Partenariat Public-privé, Denis Christel Sassou Nguesso, et des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, Honoré Sayi, ont eu à Brazzaville une séance de travail conjointe avec la société belge Vecturis, spécialisée dans l’optimisation ferroviaire. « À l’occasion de cette rencontre, Vecturis a présenté aux deux ministres sa vision pour une optimisation du chemin de fer en République dans la perspective du développement du réseau des transports qui va contribuer à l’amélioration du quotidien des populations », annonce un communiqué du ministère de la Coopération internationale. Au terme de leurs échanges, la société belge a rassuré le gouvernement congolais quant à sa capacité à délivrer les résultats attendus, indique la même source soulignant que les deux parties ont convenu dans cet élan d’une nouvelle rencontre afin d’évaluer d’autres aspects du projet qui doit être mis en œuvre. Adrien Thyg (avec CP)
Maroc : 250 millions d’euros de la BEI pour améliorer la qualité des services ferroviaires

La Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Office national des chemins de fer (ONCF) annoncent la signature d’un contrat de financement de 200 millions d’euros (2,1 milliards de dirhams) qui représente 80% d’une enveloppe globale de 250 millions d’euros mise à disposition de l’ONCF. Les 50 millions (527 millions de dirhams) restants sont prévus pour une signature en 2023. Il s’agit du premier projet signé dans le cadre du Partenariat Vert avec le Royaume du Maroc, signé le 18 octobre 2022 à Rabat, qui représente également le premier partenariat conclu dans le cadre de la dimension extérieure du Green Deal européen. Ce financement vient ainsi concrétiser sur le terrain les orientations politiques du Nouvel Agenda pour la Méditerranée de l’UE et de l’initiative « Team Europe » (Equipe Europe). Ce nouveau financement vient soutenir le plan d’investissement de l’ONCF, visant à renouveler l’infrastructure ferroviaire conventionnelle existante et à renforcer la modernisation des installations par des technologies de pointe sur l’ensemble des 2300 km du réseau ferré marocain. Il contribuera au développement d’une mobilité durable sobre en carbone, tout en favorisant un meilleur équilibre territorial en termes d’accès aux services ferroviaires. Le prêt financera en particulier des projets du programme national de réhabilitation et de mise à niveau du réseau ferroviaire marocain, tels que des infrastructures, des équipements et des ateliers industriels. Il contribuera notamment au renouvellement et à la remise en état de voies, d’ouvrages d’art et d’installations de traction électrique, ainsi qu’à l’amélioration des systèmes de signalisation, de télécommunication et de sécurité du réseau ferroviaire. Des mesures d’adaptation au changement climatique sont également prévues, telle que la mise en œuvre de programmes de protection contre les inondations sur le réseau. Durant toute la durée du projet, la BEI accompagnera l’ONCF pour consolider sa feuille de route d’adaptation au climat. Pleinement aligné sur les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, cet appui contribue aux objectifs prioritaires de la BEI en tant que Banque du climat en matière de transport et d’action climatique, tout en renforçant la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national (CDN) du Royaume du Maroc. Cette opération contribue également à la réalisation de nombreux objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, en particulier celui de bâtir des infrastructures durables, résilientes et accessibles (objectif 9.1), d’assurer l’accès de tous à des systèmes de transport sûrs, accessibles et viables, à un coût abordable (objectif 11.2) et de renforcer la résilience et les capacités d’adaptation face aux aléas climatiques (objectif 13.1). « Des transports sûrs, accessibles et modernes sont essentiels au développement économique et social du Maroc. Des infrastructures ferroviaires fiables et efficaces faciliteront la circulation des biens et des services, mais amélioreront aussi l’inclusion économique et sociale à travers le pays, en facilitant l’accès aux personnes vulnérables ou à mobilité réduite. » a déclaré M. Ricardo Mourinho Félix, Vice-Président de la BEI responsable des financements au Maroc, et de rajouter « Nous sommes heureux de notre partenariat avec l’ONCF et de ce nouveau projet, entièrement aligné sur l’objectif global de la BEI en matière de climat, et qui permet d’appuyer le Maroc dans sa transition vers une économie à faible émission de carbone, respectueuse de l’environnement et résistante aux changements climatiques. » Pour sa part, M. Mohamed Rabie Khlie, Directeur général de l’ONCF, a déclaré : « Après la certification en Juillet dernier de sa première opération en Green Bonds, l’ONCF est heureux de franchir un nouveau pas dans sa stratégie de financement avec la concrétisation de ce partenariat privilégié avec la BEI. Il s’agit d’une première opération du genre, sans la garantie de l’Etat. Cette marque de confiance d’un partenaire internationale de renom conforte l’Office dans ses choix stratégiques et confirme la robustesse du modèle ferroviaire marocain. Par ailleurs, cette opération vient consolider davantage les engagements RSE et de développement durable de l’ONCF. »
Congo/Transport ferroviaire : Le train de nouveau sur les rails entre Brazzaville et Pointe-Noire

Les travaux de réhabilitation du Chemin de fer Congo Océan (CFCO), endommagé le 25 janvier 2022 par l’effondrement de la voie ferrée ayant entrainé un déraillement au PK Ngamoukassa, à Mfilou dans l’arrondissement 7 à Brazzaville, sont terminés et permis la reprise du trafic ferroviaire le 1er mars 2022 avec le départ d’un train de marchandises de Brazzaville à Pointe-Noire. Ces travaux ont été réalisés par les techniciens du Chemin de fer Congo-océan (CFCO), en collaboration avec des agents des sociétés CRBC et Congo service. S’exprimant au nom du ministre Jean Marc Thystère Tchicaya des Transports, le directeur de son cabinet, Dieudonné Tchicaya, a dit que l’objectif qui vient d’être atteint et dont on vient d’assister au départ d’un train lourd marchandises qui ravitaille les grandes villes du pays. Il a ajouté qu’un train au départ de Pointe-Noire et transportant des produits pétroliers qui approvisionnent Brazzaville en carburant est en route. Pour le directeur général du CFCO, Ignace Nganga, l’urgence est faite mais les travaux ne sont pas totalement terminés. Il s’agira de compacter les abords de la voie ferrée réhabilitée avec du béton et de construire des caniveaux pour canaliser les eaux de pluie, projetant la construction descaniveaux au départ de la gare de Mfilou jusqu’au lieu de l’accident. Le Chemin de fer Congo Océan rencontre des problèmes sérieux depuis des années, ne jouant plus son rôle d’épine dorsale de l’économie congolaise. Elle traine une dette d’environ 113,372 milliards FCFA, souffrant d’un manque de locomotives et de wagons avec une voie vétuste. Cette reprise du trafic du Chemin de fer Congo Océan est un signe de réjouissance pour les agents qui peinent à joindre les deux bouts de mois depuis des années. Elle est une entreprise qui assure le transport des personnes et de la marchandise. Elle a fait du Congo, pendant des années, un pays de transit, reliant les villes de Brazzaville et de Pointe-Noire. Débutée en 1921, les travaux de construction ont pris fin en 1934. Florent Sogni Zaou
Al Boraq sur la bonne voie (Maroc)

Le train à grande vitesse « Al Boraq » est sur les bons rails. Après une année d’exploitation, la nouvelle offre ferroviaire de l’Office national des chemins de fer (ONCF) a vraiment transformé le paysage des transports au Maroc. Mercredi 20 novembre, c’est donc en toute confiance que les responsables des chemins de fer marocains l’ont relevé lors d’une rencontre tenue à Rabat et au cours de laquelle ils ont qualifié la première année d’exploitation d’Al Boraq de « franc succès » marquée par des performances et des retombées positives. Entre janvier et octobre 2019, le train à grande vitesse a transporté quelque 2,5 millions de voyageurs, un chiffre qui devrait dépasser les 3 millions à fin décembre 2019, selon les prévisions de l’ONCF. Soulignons qu’au cours de cette période, les voyageurs qui ont fait confiance à Al Boraq ont été transportés par 7000 trains au total avec une moyenne journalière de 8250 voyageurs. Pour Mohamed Rabie Khle, directeur général de l’ONCF, le succès de la première année d’exploitation s’explique par la réduction plus que significative du temps du parcours que permet le train à grande vitesse, l’amélioration continue de ses fréquences qui ont atteint 28 allers et retours/jour et une ponctualité avoisinant les 97%. Pour expliquer ce succès, il a également mis en avant la flexibilité de la tarification et l’accessibilité de l’offre à tous, l’amélioration du confort ainsi que les nombreux services que les voyageurs ont pu apprécier en gares et à bord du TGV, entre autres. Si l’ONCF peut se targuer d’enregistrer un taux de satisfaction client de 92%, l’Office a également assuré qu’« il continue à diversifier son offre pour répondre aux besoins spécifiques de ses clients à travers des formules d’abonnement finement élaborées ». Concernant la viabilité d’Al Boraq, les responsables de l’ONCF affirment que le train à grande vitesse a enregistré des performances très satisfaisantes, suite à « un financement optimisé, une frugalité de l’investissement, un pricing optimisé en adéquation avec le pouvoir d’achat, et des coûts d’exploitation compétitifs ». Ainsi, Al Boraq a pu dégager une marge opérationnelle dès sa première année qui s’est inscrite dans la fourchette haute des benchmarks internationaux. Ce qui a permis de «couvrir l’ensemble des charges d’exploitation», a relevé l’ONCF. En plus d’étendre ses effets novateurs aux autres composantes de l’offre ferroviaire, l’ONCF a fait savoir que les trains de proximité (TNR) et de grandes lignes « Al Atlas » n’ont pas manqué de croître au rythme d’Al Boraq en enregistrant des performances tout aussi satisfaisantes. En outre, « Al Boraq a eu des effets d’entraînement multidimensionnels indéniables en tant que catalyseur de la dynamique socioéconomique et symbole d’une nouvelle ère de la mobilité », a-t-il souligné relevant que « outre son impact positif sur le marketing territorial, ses effets couvrent différents registres tels que l’urbanisme, le foncier et l’immobilier, sans oublier l’attractivité économique et touristique des villes concernées ». A noter qu’à l’occasion du premier anniversaire d’Al Boraq, l’ONCF a lancé une campagne de communication multimédias à 360° axée sur des actions RSE orientées essentiellement vers les enfants et les étudiants ainsi que des animations en gares et des actions promotionnelles pour le grand public.Pour rappel, le projet de construction d’une ligne à grande vitesse s’inscrit dans le cadre de la politique des grands chantiers initiée et conduite par S.M le Roi Mohammed VI. Ainsi que l’a rappelé l’ONCF sur son site Internet, ce projet constitue la première étape de la mise en œuvre d’un schéma directeur des lignes à grande vitesse visant la construction progressive d’un réseau d’environ 1500 km, composé de l’axe «Atlantique» Tanger-Casablanca-Agadir et de l’axe «Maghrébin» Casablanca-Rabat-Fès-Oujda. Alain Bouithy