Maroc. Bank Al-Maghrib décide de maintenir inchangé son taux directeur

Les décisions du Conseil de Bank Al Maghrib (BAM) ont toujours été particulièrement attendues. Mais après la décrue de l’inflation au troisième trimestre et au lendemain du séisme d’Al Haouz, on peut bien affirmer que celle prise mardi 26, l’était encore davantage. C’est dans ce contexte particulier que le Conseil de la Banque centrale a sans surprise décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 3%, compte tenu de la tendance baissière de l’inflation et du niveau élevé de l’incertitude liée à l’évolution de la conjoncture internationale. Analysant l’évolution de la conjoncture économique depuis sa réunion du 20 juin dernier, il a en effet noté une nette décélération de l’inflation qui est revenue d’un pic de 10,1% en glissement annuel en février à 5% en août. Une évolution « favorisée par les mesures mises en place par le gouvernement, l’atténuation des pressions d’origine externe et le resserrement de la politique monétaire », a affirmé l’organisme public au terme de sa réunion tenue mardi 26 septembre à Rabat. L’inflation attendue à 6% en 2023 et 2,6% en 2024 La décrue de l’inflation devrait se poursuivre, selon les projections de Bank Al-Maghrib estimant qu’elle va reculer de 6,6% en 2022 à 6% en moyenne au cours de cette année puis à 2,6% en 2024 et que sa composante sous-jacente connaîtrait une trajectoire similaire en passant de 6,6% à 5,6% puis à 2,3% respectivement. Au cours de cette session, la troisième de l’année en cours, le Conseil a en outre relevé que « les anticipations d’inflation aussi bien à moyen qu’à long termes ont connu une baisse sensible au troisième trimestre de 2023 et a pris note des évaluations préliminaires qui montrent que la transmission de ses trois dernières décisions de relèvement du taux directeur aux conditions monétaires et à l’économie réelle reste partielle ». La croissance attendue à 2,9% en 2023 et 3,2% en 2024 En ce qui concerne la croissance, après la décélération à 1,3% en 2022, le Conseil a estimé qu’elle connaîtrait une amélioration graduelle passant à 2,9% en 2023 puis à 3,2% en 2024. Il est important de souligner que cette estimation ne tient pas compte des conséquences du séisme d’Al Haouz et des retombées des mesures de reconstruction et de relance annoncées, a cependant indiqué Bank Al -Maghrib. Quoi qu’il en soit, lors de ses prochaines réunions, le Conseil a promis que « ses décisions tiendront compte notamment des données dont la Banque disposera concernant l’impact du séisme sur les plans économique et social, et sur les actions mises en place à cet effet par toutes les parties prenantes ». Ainsi, selon ses explications, l’évolution attendue « serait le résultat d’un accroissement de 5% de la valeur ajoutée agricole en 2023 et de 5,9% en 2024 sous l’hypothèse d’une production céréalière moyenne de 70 millions de quintaux ». Toujours selon ses projections, le rythme de progression des activités non agricoles devrait enregistrer un ralentissement à 2,6% en 2023, suivi d’une accélération à 3% en 2024, a-t-elle prédit. Poursuivant ses projections sur le plan des comptes extérieurs, le Conseil a indiqué que les échanges de biens marqueraient une quasi-stagnation en 2023 avant une relative reprise en 2024 : les exportations connaîtraient une quasi-stabilité cette année alors que les importations resteraient en 2023 au même niveau de 2022. Les recettes voyages s’accroîtraient de leur côté de 23,4% à 115,5 milliards de dirhams en 2023, avant d’afficher une baisse de 4,9% à 109,9 milliards en 2024, tandis que les transferts des MRE devraient, pour leur part, progresser de 2,5% en 2023 et de 3,6% en 2024 pour atteindre 117,5 milliards de dirhams. Bank Al-Maghrib notant ainsi que le déficit du compte courant se situerait autour de 2% du PIB en 2023 et en 2024 après 3,5% en 2022, estimant en ce qui concerne les IDE que « les recettes se maintiendraient à l’équivalent de 3% du PIB en 2023 et en 2024 ». Au final, le Conseil prédit que « les avoirs officiels de réserve s’établiraient à 361,8 milliards de dirhams à fin 2023 puis à 363,8 milliards à fin 2024, soit une couverture autour de 5 mois et demi d’importations de biens et services ». Alain Bouithy
Maroc. Maintien du taux directeur après trois hausses successives

Le Conseil de Bank Al-Maghrib opte pour le statu quo, après trois hausses successives du taux directeur d’un total de 150 points de base. Ainsi en a décidé la Banque centrale à l’issue de sa deuxième réunion trimestrielle de l’année 2023. En effet, « le Conseil a décidé de marquer une pause dans le cycle de resserrement de la politique monétaire, maintenant ainsi le taux directeur inchangé à 3% », a annoncé la Banque centrale au terme de cette réunion tenue mardi 20 juin à Rabat, sous la présidence du gouverneur de BAM, Abdellatif Jouahri. Dans un communiqué rendu public le même jour, Bank Al-Maghrib a également indiqué que « lors de ses prochaines réunions, ses décisions tiendront compte notamment de l’évaluation approfondie et actualisée des effets cumulés de ses hausses de taux et de l’impact des différentes mesures mises en place par le Gouvernement pour soutenir certaines activités économiques et le pouvoir d’achat des ménages ». Le maintien du taux directeur à son niveau actuel a été décidé après examen et approbation du rapport annuel sur la situation économique, monétaire et financière du pays ainsi que sur les activités de la Banque au titre de l’exercice 2022. Au cours de sa réunion, Bank Al-Maghrib a analysé par la suite l’évolution et les perspectives de l’économie mondiale estimant que celles-ci restent entourées de fortes incertitudes en lien notamment avec les implications du conflit en Ukraine. L’inflation reste à des niveaux élevés en lien avec le renchérissement des produits alimentaires frais Tirée par le recul des cours des produits énergétiques et alimentaires, « l’inflation dans les principales économies avancées connait une baisse graduelle, mais continue toutefois d’évoluer largement au-dessus des cibles des banques centrales », a-t-elle en particulier relevé. Après avoir passé en revue les développements récents relatifs à la conjoncture économique nationale et examiné les projections macroéconomiques de la Banque à moyen terme, au niveau national, le Conseil a noté que l’inflation a continué de s’accélérer pour atteindre un pic de 10,1% en février 2023 (après un taux de 6,6% en 2022). Bank Al-Maghrib constate toutefois qu’elle s’est inscrite depuis en décélération, « mais reste à des niveaux élevés en lien avec le renchérissement des produits alimentaires frais, revenant à 8,2% en mars, à 7,8% en avril puis à 7,1% en mai ». Ainsi, tenant compte de ces données, la Banque centrale estime que l’inflation devrait ressortir à 6,2% en moyenne cette année et à 3,8% en 2024 ; tandis que sa composante sous-jacente devrait passer de 6,6% en 2022 à 6,1% cette année puis à 2,9% en 2024. Poursuivant son appréciation de la situation économique du pays, le Conseil a en outre noté que la succession de deux années de sécheresse conjuguée à un environnement externe globalement défavorable continuent de peser sur l’activité économique. Il estime qu’« avec une production céréalière estimée par le Département de l’Agriculture à 55,1 millions de quintaux, la croissance de la valeur ajoutée agricole devrait se limiter à 1,6% en 2023 après une contraction de 12,9% un an auparavant ». Selon ses prévisions, sous l’hypothèse d’une récolte céréalière de 70 millions de quintaux, elle devrait croitre de 5,5% l’année prochaine. La croissance de l’économie nationale devrait s’établir à 2,4% en 2023, selon l’organisme public Concernant les secteurs non agricoles, « la progression de leur valeur ajoutée ralentirait de 3% en 2022 à 2,5% en 2023 avant de s’accélérer à 3,2% en 2024 », d’après ses estimations. Bank Al-Maghrib en vient à la conclusion que la croissance de l’économie nationale devrait s’établir à 2,4% cette année puis s’améliorer à 3,3% en 2024, après le rebond de 8% enregistré en 2021 et la décélération à 1,3% observée en 2022. Evaluant cette fois-ci l’évolution des comptes extérieurs, BAM prévoit que les échanges de biens devraient ressortir en baisse cette année, après la dynamique enregistrée en 2022. Selon ses projections, « les exportations reculeraient de 2,8%, reflétant essentiellement le repli des ventes de phosphate et dérivés, avant de s’accroitre de 6% en 2024, portées par la hausse des expéditions du secteur automobile ». Quant aux importations, elles diminueraient de 2,2%, « sous l’effet notamment de l’allégement de la facture énergétique, et afficheraient une augmentation de 2,9% en 2024, en lien principalement avec l’accroissement prévu des achats de produits finis de consommation et de biens d’équipement », a indiqué BAM dans son communiqué. Tenant compte de la poursuite attendue de la reprise de l’activité touristique, la même source table, par ailleurs, sur une progression des recettes voyages de 14,9% à 107,6 milliards de dirhams en 2023, et une quasi-stabilité en 2024. Pour leur part, l’évolution des transferts des MRE devrait rester entourée de fortes incertitudes. , mais les données les plus récentes laissent présager une dynamique positive à moyen terme, avec des hausses annuelles autour de 3,5% pour atteindre un montant de 114,7 milliards de dirhams en 2023 et de 118,7 milliards en 2024. Dans ces conditions, le déficit du compte courant avoisinerait 2,5% du PIB en 2023 et en 2024 après 3,5% en 2022. En matière d’IDE, les recettes se situeraient à hauteur de 3,3% du PIB sur l’horizon des projections. Au total, et tenant compte des financements extérieurs prévisionnels du Trésor, les avoirs officiels de réserve s’établiraient à 361,2 milliards de dirhams à fin 2023 puis à 357,9 milliards à fin 2024, représentant une couverture autour de 5 mois et demi d’importations de biens et services. Alain Bouithy
Mécanisme récurrent, hausse du taux directeur (Maroc)

Bank Al-Maghrib (BAM) annonce avoir procédé à une nouvelle hausse de son taux directeur pour contrer la vague inflationniste que connaît le pays. Pour sa première réunion trimestrielle au titre de l’année 2023, tenue mardi 21 mars, la Banque centrale a, en effet, décidé de relever le taux directeur de 50 points de base à 3%. Il était jusqu’alors de 2,5%. Le relèvement du taux directeur vise à « prévenir l’enclenchement de spirales inflationnistes auto-entretenues et renforcer davantage l’ancrage des anticipations d’inflation en vue de favoriser son retour à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix », argumente Bank Al-Maghrib qui assure suivre de près l’évolution de la conjoncture économique et les pressions inflationnistes, tant au niveau national qu’international. « Bank Al-Maghrib est le gendarme de la politique monétaire au Maroc. A ce titre, cette institution publique dispose de plusieurs outils dont le taux directeur qu’elle a relevé à trois reprises », rappelle l’économiste Hicham Attouch. Bien que s’inscrivant dans la dynamique du nouveau resserrement monétaire de l’organisme public, qui « vise à contrecarrer l’effet de l’inflation », souligne-t-il, ce dernier reste, toutefois, prudent quant à l’efficacité réelle de la nouvelle mesure. Hicham Attouch Si l’on continue sur ce même mécanisme, il y a fort à parier qu’on se retrouvera dans le chaos, face à une situation structurelle et non plus conjoncturelle En effet, quand bien même l’institution publique « continue à croire que ce mécanisme est efficace ou le deviendra », ce professeur d’économie à l’Université Mohammed V-Rabat est persuadé que la résolution de la crise actuelle qu’elle soit d’origine interne ou externe ne saurait être corrigée par le seul relèvement du taux directeur. D’autant plus que les sources d’inflations sont multiples. Prudent, il avertit : « Si l’on continue sur ce même mécanisme, il y a fort à parier qu’on se retrouvera dans le chaos, face à une situation structurelle et non plus conjoncturelle », prévient-il. Le fait de recourir à trois reprises successives à ce mécanisme, l’économiste Hicham Attouch l’interprète en ces termes : « Cela signifie que la capacité de prévision à moyen et long termes devient limitée». Pour preuve, les première et deuxième décisions de relever le taux directeur n’ont pas été suffisantes pour enrayer l’inflation. A noter que malgré une relative atténuation des pressions d’origine externe, «les données récentes montrent que l’inflation continue de s’accélérer, sous l’effet notamment de chocs d’offres internes sur certains produits alimentaires », constate la Banque centrale qui a pris note, à cet égard, des mesures mises en place par le gouvernement pour améliorer l’offre de ces produits et assurer le bon fonctionnement de leurs marchés. Des mesures qui n’auraient véritablement pas permis d’améliorer la situation. Comme pour souligner la gravité de la crise, se basant sur les données publiées par le Haut-commissariat au plan (HCP), l’économiste marocain rappelle que 58% de l’inflation concerne les produits alimentaires. Selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, l’inflation devrait rester à des niveaux élevés à moyen terme. Après avoir atteint 6,6% en 2022, son plus haut niveau depuis 1992, elle devrait ressortir en 2023 à 5,5% en moyenne et sa composante sous-jacente se situerait à 6,2%, soit une révision à la hausse de 2 points de pourcentage par rapport à la prévision de décembre dernier, souligne BAM dans un communiqué. La Banque centrale explique que « ces projections supposent que les chocs à l’origine de cette augmentation se dissiperaient graduellement au second semestre à la suite des différentes mesures prises par le gouvernement à cet égard ». S’agissant de l’année 2024, sous l’hypothèse que les pressions aussi bien internes qu’externes continueraient de s’atténuer, Bank Al-Maghrib annonce que « la tendance fondamentale des prix se situerait à 2,3% ». L’institution prévient toutefois que « le démarrage programmé de la décompensation des prix des produits subventionnés devrait maintenir l’inflation globalement à un niveau élevé, soit 3,9% ». Alain Bouithy
Maroc. Bank Al-Maghrib relève de nouveau son taux directeur pour le porter à 2,5%

Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé de relever le taux directeur, à l’issue de sa quatrième et dernière réunion trimestrielle de l’année 2022 tenue mardi 20 décembre à Rabat. La Banque centrale a en effet choisi de relever le taux directeur de 50 points de base pour le porter à 2,50%, au regard des évolutions récentes de la conjoncture économique. Cette décision, qui prend effet à partir de ce jeudi 22, vise à «prévenir tout désancrage des anticipations d’inflation et favoriser le retour de l’inflation à des taux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix», a expliqué l’institution publique. Le relèvement du taux directeur était quasiment attendu par de nombreux économistes et experts. Plusieurs investisseurs financiers s’y attendaient également. En effet, comme l’avait relevé Attijari Global Research, dans son récent « Report research strategy », bon nombre d’entre eux prévoyaient une hausse du taux directeur de BAM de 50 points de base (pbs). Rappelons également qu’à l’issue d’une mission de consultation du Fonds monétaire international (FMI) au titre de l’article IV avec le Maroc, conduite du 24 octobre au 4 novembre par Roberto Cardarelli, ce dernier avait clairement estimé : « Assurer un retour de l’inflation à près de 2% d’ici 2024 pourrait nécessiter de nouvelles hausses des taux directeurs, afin d’ancrer davantage les anticipations d’inflation ». Qu’à cela ne tienne, lors de cette réunion, Bank Al-Maghrib a analysé l’évolution récente de la conjoncture économique internationale, constatant qu’elle reste marquée par l’enlisement du conflit en Ukraine, la fragmentation géopolitique et économique et les séquelles de la pandémie. « Malgré des signes de son atténuation dans certains pays, l’inflation demeure globalement très élevée, ce qui amène les banques centrales à poursuivre le resserrement, largement synchronisé, de leurs politiques monétaires », a relevé BAM notant en conséquence la poursuite de la détérioration des perspectives de l’économie mondiale annonçant ainsi une forte décélération de la croissance attendue en 2023. Cet environnement pèse tout naturellement sur l’activité économique nationale et sur l’évolution de l’inflation, a reconnu la Banque centrale estimant qu’à cette allure « cette dernière va devoir continuer à enregistrer des taux élevés pour une période bien plus longue que prévu en septembre, impactée notamment par les pressions externes qui se diffusent aux biens et services non échangeables et par la mise en œuvre de la réforme du système de compensation à partir de 2024 ». L’inflation attendue à 6,6% cette année Se basant sur les données les plus récentes, l’institution estime que « l’inflation devrait ressortir à 6,6% en 2022, après 1,4% en 2021, tirée essentiellement par l’accélération de la hausse des prix des produits alimentaires et des carburants et lubrifiants ». En 2023, elle se situerait à 3,9% en moyenne avant d’enregistrer un nouveau rebond en 2024 à 4,2%, en lien avec la décompensation programmée des prix des produits subventionnés, a-t-il prédit. La croissance marquerait un net recul à 1,1% en 2022 Selon les projections actualisées de Bank Al-Maghrib, la croissance économique marquerait un net ralentissement cette année à 1,1%, après le rebond de 7,9% enregistré en 2021.Pour BAM, le ralentissement attendu de l’économie en 2022 serait le résultat d’un recul de 15% de la valeur ajoutée agricole et d’une décélération à 3,4% du rythme des activités non agricoles. La Banque soutient qu’elle s’accélérerait à 3% au cours de l’année prochaine, portée par la hausse de 7% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne, alors que la croissance des activités non agricoles décélèrerait à 2,4%, pâtissant en particulier de la détérioration de l’environnement externe. Après analyse des données, il ressort qu’« en 2024, la croissance se situerait à 3,2%, recouvrant des accroissements de 1,8% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’une production agricole moyenne, et de 3,5% de celle des activités non agricoles », a-t-elle souligné. Sur le plan des comptes extérieurs, Bank Al-Maghrib note que l’année 2022 est marquée par une forte dynamique des échanges et une augmentation notable des recettes voyages et des transferts des MRE. Ainsi, et selon les projections de l’organisme public, « les exportations ressortiraient en amélioration de 32,3%, tirées essentiellement par les ventes du phosphate et dérivés, à la faveur de la hausse des cours, et de celles du secteur de l’automobile ». Il s’attend en revanche à une décélération de leur progression à 2,7% en 2023, avec des baisses pour le phosphate et dérivés et les produits agricoles et agro-alimentaires, avant une quasi-stagnation en 2024. « En parallèle, les importations augmenteraient de 38,4% en 2022, recouvrant essentiellement un alourdissement de 102,1% de la facture énergétique à 153,2 milliards de dirhams, un accroissement des achats des demi-produits et un rebond de 89,9% à 27,2 milliards de dirhams des approvisionnements en blé », a poursuivi BAM soutenant qu’elles devraient se replier de 3% en 2023, avec notamment des diminutions de 13% de la facture énergétique et de 41,2% des approvisionnements en blé, puis progresser de 1,1% en 2024. S’agissant des recettes voyages, elles termineraient l’année avec un bond record à 88,8 milliards de dirhams et connaîtraient une quasi-stagnation en 2023 puis une amélioration de 5,5% à 94,1 milliards en 2024. Tandis que les transferts des MRE ressortiraient en hausse de 12,9% à 105,8 milliards de dirhams en 2022, reculeraient de 4% à 101,5 milliards en 2023, puis s’inscriraient en hausse atteignant près de 104 milliards de dirhams en 2024. Alain Bouithy
Amine Mernissi : Les détenteurs de crédits immobiliers concernés par la variabilité du taux d’intérêt doivent s ’ attendre à une hausse prochaine de leur traite

Suite à la décision prise par Bank Al-Maghrib de relever son taux directeur à 2%, les détenteurs de crédits immobiliers en cours et qui ont choisi un taux d’intérêt variable doivent s’attendre à une hausse prochaine de leur traite, selon l’expert en immobilier Amine Mernissi. « La décision de Bank AlMaghrib de relever son taux directeur à 2% aura pour première conséquence sur les détenteurs de crédits immobiliers en cours et ayant choisi un taux d’intérêt variable, de s’attendre à une hausse prochaine de leur traite », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à la MAP rappelant que c’est le principe même du choix du taux variable et que « s’il est plus bas que le taux fixe, c’est en raison de la prime de risque ». Comme cela a été vu par le passé, « lorsque le taux directeur de la Banque centrale évolue à la hausse ou à la baisse, cela se traduit par une hausse ou une baisse des taux d’intérêt appliqués aux emprunteurs qui avaient opté pour la variabilité », a expliqué l’auteur du guide « Répons’IMMO ». « A la différence du taux fixe qui, comme son nom l’indique, n’est pas concerné par les variations du taux directeur et reste constant sur toute la durée du crédit », a-t-il ajouté précisant qu’il est permis de changer une fois de type de taux dans la vie de son crédit. Pour mieux comprendre l’impact de la décision de Bank Al-Maghrib sur ce secteur, Amine Mernissi rappelle qu’on augmente le taux d’intérêt pour faire pression sur l’inflation et que « lorsque les taux directeurs augmentent, moins de liquidités sont octroyées à l’économie et in fine au secteur immobilier ». Sachant que les banques commerciales empruntent directement de l’argent auprès de la Banque centrale pour couvrir leurs besoins financiers les plus immédiats, « si la Banque centrale leur impose des taux plus élevés, elles augmentent à leur tour les taux qu’elles proposent aux ménages qui ont besoin d’emprunter pour investir dans un bien immobilier, par exemple », a-t-il souligné lors de cet entretien. En conséquence de tout cela : « Tout nouveau crédit immobilier octroyé devrait subir une hausse relative de son taux d’intérêt suite à cette décision », a fait savoir l’expert. Considérant le pouvoir d’achat des ménages marocains déjà bien entamé, Amine Mernissi a estimé qu’« une hausse des taux d’intérêt des crédits immobiliers n’est pas de nature à favoriser un climat propice à l’investissement et donc au redémarrage du marché ». Ce n’est pas tout. Ce dernier craint en outre que « cette situation difficile générée par une hausse attendue du montant de la traite pour ceux qui sont concernés par la variabilité du taux, puisse dans le contexte difficile que nous vivons, conduire les plus vulnérables économiquement à mettre en vente leur bien immobilier plutôt que se retrouver en défaut de paiement et toutes les conséquences que cela pourrait engendrer ». Sur l’état de santé actuel du marché immobilier national, Amine Mernissi constate que l’un des derniers indicateurs trimestriels de BAM et de l’ANCFCC au titre du deuxième trimestre 2022 « montre clairement une régression à deux chiffres des transactions sur une année glissante pour les actifs résidentiels (-20,4%) et les terrains (-37,7%) ». S’il est encore tôt pour se prononcer sur l’éventuel retrait des acquéreurs du marché, l’expert estime que « l’ampleur de la baisse est telle qu’elle mérite d’être soulignée ». Aussi, « après un sursaut post-Covid en 2021, et à la faveur d’un effet de rattrapage naturel et de mesures fiscales incitatives qui sont désormais derrière nous, le marché de l’immobilier se retrouve en 2022 face à sa propre réalité. Une réalité marquée par des problèmes endogènes depuis des années et à laquelle est venue s’ajouter une autre réalité cette fois-ci exogène, celle de la crise ukrainienne et tous ses soubassements économiques mondiaux », a-t-il fait remarquer. Amine Mernissi s’inquiète aussi de la généralisation et de la montée du phénomène inflationniste à l’ensemble des pans de l’économie nationale et sa conséquence le pouvoir d’achat des ménages, de « la hausse des prix des matériaux de construction dans leur majorité qui fatalement impacteront directement le prix des actifs immobiliers nouvellement construits ». Sur l’évolution à venir du marché immobilier au Maroc, Amine Mernissi se veut rassurant : «Moi, je voudrais me rattacher malgré les signaux négatifs à ce qui est positif », a-t-il confié. Pour l’expert en immobilier, il ne fait aucun doute que les choses sont en train de bouger dans le bon sens. « L’année 2023 sera décisive. Car elle amorcera une nouvelle page pour le secteur immobilier national », a-t-il prédit. Quoi qu’il en soit, « la nécessité de se projeter dans l’avenir avec une vision et un projet neuf que tout le monde réclamait se dessine pour le secteur », a-t-il conclu. Alain Bouithy
Maroc. Bank Al-Maghrib met fin au statu quo en relevant son taux directeur à 2%

En réaction à une forte accélération de l’inflation, Bank Al-Maghrib a décidé de relever le taux directeur de 50 points de base (pbs) à 2%. Il se situait jusqu’à récemment à 1,5%. Cette décision, à laquelle s’attendaient la totalité des investisseurs étrangers sondés en septembre dernier par Attijari Global Research (AGR) (alors que la plupart des institutionnels pronostiquaient une stabilisation), met ainsi fin au statu quo opté depuis juin 2020 par la Banque centrale. Elle vise à «prévenir tout désancrage des anticipations d’inflation et assurer les conditions d’un retour rapide à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix», a expliqué Bank Al-Maghrib à l’issue de la troisième session de l’année 2022 de son Conseil tenue mardi 27 à Rabat. Pour rappel, lors de sa première session de 2020 (mardi 17 mars), tenant compte des évaluations d’alors et de l’évolution de l’inflation à moyen terme, et dans l’objectif de soutenir l’activité économique, le Conseil avait décidé de réduire le taux directeur de 25 points de base à 2% tout en promettant de continuer à suivre de très près l’ensemble de ces évolutions. Un trimestre plus tard (mardi 16 juin), le Conseil de Bank Al-Maghrib avait cette fois-ci décidé de procéder à une deuxième réduction du taux directeur de 50 points de base, le ramenant à 1,5%, et de libérer intégralement le compte de réserve au profit des banques. Lequel taux est resté en vigueur jusqu’à la récente décision de BAM. Selon l’institution publique, qui assure continuer à suivre de près la conjoncture économique, tant au niveau national qu’international, et en particulier l’évolution des pressions inflationnistes, l’économie continue à ce jour de pâtir d’un environnement externe défavorable et des répercussions d’une sécheresse particulièrement sévère, avec une nette décélération de la croissance et une forte accélération de l’inflation. Et si l’inflation continue d’être alimentée par des pressions d’origine externe, la Banque centrale constate toutefois que «les dernières données disponibles montrent une large diffusion vers les prix des produits non échangeables». Ainsi, tenant compte de ses prévisions de juin, elle table désormais sur un niveau d’inflation nettement plus élevé en 2022, suivi d’un ralentissement moins marqué en 2023. Les données disponibles dénotent une diffusion de plus en plus large de la hausse des prix L’analyse des données relatives aux huit premiers mois de l’année montre que «l’inflation a poursuivi son accélération pour atteindre 8% en août après 7,7% en juillet, 6,3% en moyenne au deuxième trimestre et 4% au premier», a relevé BAM expliquant qu’elle est tirée essentiellement par le renchérissement des produits alimentaires et des carburants et lubrifiants. L’organisme public en veut pour preuve : sur les 116 sections de biens et services qui composent le panier de référence de l’indice des prix à la consommation, 60,3% ont connu une augmentation de plus de 2% en août contre 42,2% en janvier. Tenant compte de ces évolutions, Bank Al-Maghrib anticipe désormais sur une accélération de l’inflation à 6,3% sur l’ensemble de l’année, contre 1,4% en 2021, avant de revenir à 2,4% en 2023. Selon ses projections, sa composante sous-jacente, portée par la hausse des prix des produits alimentaires qui y sont inclus, passerait de 1,7% à 6,3% en 2022 puis décélérerait à 2,5% en 2023. La croissance économique marquerait un net ralentissement cette année à 0,8% La Banque centrale est persuadée que la croissance économique marquerait un net ralentissement cette année à 0,8%, résultat d’un recul de 14,7% de la valeur ajoutée agricole et d’une décélération à 3,4% du rythme des activités non agricoles. Elle devrait, en revanche, s’accélérer à 3,6% en 2023 suite à la hausse prévue de 11,9% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne de 75 millions de quintaux. Tandis que les activités non agricoles continueraient en revanche de ralentir, leur rythme devant revenir à 2,5%. Selon les projections de BAM, la forte dynamique des échanges devrait se poursuivre cette année avec une hausse des exportations de 34%, tirée essentiellement par les ventes du phosphate et dérivés et celles du secteur automobile. Avec la baisse relative des cours du phosphate et dérivés, la Banque centrale s’attend à un recul des exportations de 1,1% en 2023 ; tandis que les importations diminueraient de 4,6%, en lien principalement avec les replis prévus des cours des produits pétroliers et des approvisionnements en blé. Par ailleurs, les recettes voyages connaîtraient une nette amélioration à 79,8 milliards de dirhams cette année et se stabiliseraient à ce niveau en 2023 ; les transferts des MRE devraient continuer de progresser pour totaliser près de 100 milliards de dirhams sur l’ensemble de l’année avant de revenir à 92,4 milliards en 2023 ; les recettes des IDE avoisineraient l’équivalent de 3,2% du PIB annuellement sur les deux prochaines années alors que les avoirs officiels de réserves s’établiraient à 343,7 milliards de dirhams à fin 2022 et à 360,7 milliards à fin 2023. « S’agissant du besoin de liquidité des banques, il se creuserait à 85,1 milliards de dirhams à fin 2022 et à 89,6 milliards à fin 2023 », selon les pronostics de BAM qui s’attend à ce que le crédit bancaire au secteur non financier augmente de 4% en 2022 et de 3,6% en 2023. Alain Bouithy
Maroc/Statu quo. Le taux directeur maintenu à 1,5%

Le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 1,5%, à l’issue de la deuxième réunion trimestrielle de l’année 2022 tenue mardi 21 juin à Rabat. Comme l’avaient anticipé, pas plus tard que la semaine dernière, nombre de professionnels du marché, la CDG Capital Insight, BMCE Capital Global Research (BKGR) et d’autres organismes de la place, la Banque centrale «a décidé de maintenir l’orientation accommodante de la politique monétaire». La décision de la Banque centrale d’opter pour le statu quo a pour objectif de soutenir l’activité économique «tout en continuant de suivre de près l’évolution de la conjoncture nationale et internationale», a expliqué le Conseil de Bank Al-Maghrib. Dans un communiqué, l’institution publique rassure qu’elle avait déjà «intégré dans ses prévisions l’impact des décisions prises dans le cadre de l’accord social du 30 avril 2022». Cette décision tient également «compte de la nature des pressions inflationnistes, essentiellement d’origine externe, et du retour prévu de l’inflation à des niveaux modérés en 2023», a souligné la Banque centrale. Le Conseil, qui a approuvé le rapport annuel sur la situation économique, monétaire et financière du pays ainsi que sur les activités de la Banque au titre de l’exercice 2021, s’est également intéressé à l’évolution de la conjoncture internationale. Bank Al-Maghrib a estimé que le contexte actuel, marqué en particulier par l’enlisement de la guerre en Ukraine, la persistance de l’inflation à des niveaux exceptionnellement élevés, le resserrement des politiques monétaires et la détérioration des perspectives économiques, est défavorable pour l’économie marocaine qui pâtit déjà des conditions climatiques défavorables. L’environnement est tel que «l’économie nationale connaitrait cette année une forte décélération conjuguée à une exacerbation des pressions inflationnistes», a-t-elle prédit. Bank Al-Maghrib a en outre noté qu’en raison principalement de la flambée des prix des produits énergétiques et alimentaires ainsi que de l’accélération de l’inflation chez les principaux partenaires commerciaux, «les prix à la consommation ont connu une hausse sensible au cours des quatre premiers mois de l’année avec une progression moyenne de 4,5% en glissement annuel». La Banque centrale est persuadée que «cette tendance devrait se poursuivre à court terme». Et pour cause, l’inflation devait atteindre, selon ses projections, 5,3% pour l’ensemble de cette année avant de décélérer à 2% en 2023, tandis que sa composante sous-jacente atteindrait 5,2% en 2022 puis reviendrait à 2,5% l’année prochaine. Revenant sur les conditions climatiques défavorables, elle rappelle que la production céréalière reculerait en 2022, selon les estimations du Département de l’Agriculture, de 69% à 32 millions de quintaux. «La valeur ajoutée agricole devrait ainsi chuter de 15% cette année avant de s’améliorer de 12,9% en 2023 sous l’hypothèse d’une récolte céréalière moyenne de 75 millions de quintaux», a-t-elle souligné. Favorisée par l’assouplissement des restrictions sanitaires, la croissance des activités non agricoles devrait se consolider à 3,8% et retrouverait son rythme tendanciel en 2023 avec une progression de 2,8%, a poursuivi l’institution publique. Par conséquent, et après le rebond remarquable de 7,9% enregistré en 2021, «la croissance de l’économie nationale devrait ralentir à 1% cette année puis s’accélérer à 4% en 2023», selon ses projections. Selon son analyse, les importations s’accroitraient de 24,2% en 2022 en lien essentiellement avec l’alourdissement de la facture énergétique, mais cette hausse se limiterait à 0,3% en 2023, sous l’effet en particulier de la baisse attendue des cours des produits énergétiques. Portées principalement par les ventes du phosphate et dérivés et du secteur automobile, qui s’établiraient respectivement à 102,7 milliards et 114,7 milliards de dirhams en 2023, les exportations s’amélioreraient de 22% en 2022 et de 0,8% en 2023, a-t-elle poursuivi. A noter que les recettes de voyage connaitraient une reprise graduelle, passant de 34,3 milliards de dirhams en 2021 à 54,3 milliards en 2022 et à 70,9 milliards en 2023 ; tandis que les transferts des MRE reviendraient progressivement à leur niveau d’avant crise, totalisant 87,3 milliards en 2022 et 84 milliards en 2023. Ainsi, «le déficit du compte courant se creuserait à 4,9% du PIB en 2022, après 2,3% en 2021, avant de s’alléger à 3,8% en 2023», a déduit BAM estimant par ailleurs que les recettes des IDE avoisineraient l’équivalent de 3% du PIB sur l’horizon de prévision. Alain Bouithy
Maroc. Bank Al-Maghrib opte pour le statu quo sur son taux directeur

Bank Al-Maghrib (BAM) n’a pas modifié son taux directeur. Comme on s’y attendait, la Banque centrale a décidé de le maintenir inchangé à 1,50%, estimant que son niveau actuel demeure approprié. La décision a été prise lors de la dernière réunion trimestrielle au titre de l’année 2021 du Conseil de Bank Al-Maghrib, tenue mardi 21 décembre à Rabat, au cours de laquelle « le Conseil a estimé que l’orientation de la politique monétaire reste largement accommodante, assurant les conditions de financement adéquates ». Après analyse de l’évolution de la conjoncture nationale et internationale ainsi que des projections macroéconomiques de la Banque à moyen terme, le Conseil a noté que « l’activité économique a connu globalement une nette reprise cette année, favorisée par les avancées notables de la campagne de vaccination et le maintien des stimulus budgétaire et monétaire », selon un communiqué publié à l’issue de cette session. Le Conseil, qui a pris note des dispositions de la loi de Finances 2022, a également exprimé ses préoccupations face aux nouvelles vagues de la pandémie observées dans plusieurs pays partenaires et aux restrictions que les autorités nationales ont été amenées à mettre en place. Il craint que celles-ci « renforcent les incertitudes qui entourent les perspectives économiques ». Poursuivant son analyse, cette fois-ci des prix à la consommation, BAM note que des hausses sensibles ont été observées au cours de ces derniers mois pour certains produits alimentaires et pour les carburants et lubrifiants, en raison essentiellement des pressions externes liées à la flambée de leurs cours sur les marchés internationaux. Selon la Banque centrale, « elle s’est traduite par une nette accélération de la composante sous-jacente de l’inflation qui est passée de 0,7% en moyenne au cours du premier semestre à 2% au troisième trimestre et à 3,3% en novembre ». Selon ses projections, celle-ci devrait ressortir à 1,7% sur l’ensemble de cette année et se situer à 2,7% en 2022 avant de revenir à 1,8% en 2023 avec la dissipation prévue des pressions externes. Bank Al-Maghrib a toutefois estimé que l’inflation devrait rester à des niveaux contenus, passant en moyenne de 0,7% en 2020 à 1,4% en 2021, à 2,1% en 2022, puis reculer à 1,4% en 2023. Et ce en dépit du net accroissement de sa composante fondamentale. L’économie nationale devrait rebondir de 6,7% cette année, avec des hausses de 18,8% de la valeur ajoutée agricole et de 5,3% de celle des activités non agricoles, a en outre estimé BAM. « Au cours des deux prochaines années, le rythme de l’activité restera largement tributaire de l’évolution de la situation sanitaire aux plans national et international et des restrictions que les autorités seraient amenées à mettre en place », a souligné BAM dont les projections tablent, dans le scénario central, sur une consolidation de la croissance à 2,9% en 2022 et à 3,4% en 2023. S’agissant de la valeur ajoutée des activités non agricoles, sous l’hypothèse de récoltes céréalières moyennes de 75 MQx annuellement, elle devrait poursuivre son amélioration aux rythmes de 3,2% en 2022 et de 3,4% en 2023. Alors que la VA du secteur agricole devrait accuser un recul de 2,8% en 2022 avant de progresser de 2% en 2023. S’agissant des échanges commerciaux, BAM prévoit une expansion de 21,7% des exportations, tirées par la progression des cours du phosphate et dérivés et des ventes du secteur automobile. « En parallèle, les importations devraient croître de 22,9%, sous l’effet principalement de l’alourdissement de la facture énergétique, du renchérissement des produits bruts et de la hausse des achats de produits finis de consommation », selon ses projections. Le besoin de liquidité des banques devrait, pour sa part, s’alléger sous l’effet du renforcement des réserves de change pour se situer à 64,4 milliards de dirhams à fin 2021, avant de se creuser à 70 milliards à fin 2022 et à 83,6 milliards à fin 2023, a par ailleurs indiqué BAM. Quant au crédit bancaire au secteur non financier, compte tenu des perspectives de l’activité économique et des anticipations du système bancaire, la Banque centrale prévoit que son encours ressortirait en hausse de 3,7% cette année, un rythme qui se consoliderait à 3,4% en 2022 avant de s’accélérer à 4,4% en 2023. Sur le volet des finances publiques, et à la lumière des dernières évolutions, des données de la loi de Finances 2022 et des prévisions de croissance économique, Bank Al-Maghrib s’attend à ce que le déficit budgétaire, hors produits de cessions des participations de l’Etat, atteigne sur l’ensemble de cette année 6,9% du PIB, avant de s’atténuer à 6,3% en 2022 puis à 5,8% en 2023. Alain Bouithy