Casablanca: l’exposition « Au gré de la lumière » de Tahar Ben Jelloun à la galerie L’Atelier 21

Casablanca: l’exposition « Au gré de la lumière » de Tahar Ben Jelloun à la galerie L’Atelier 21

ARTS. La galerie d’art L’Atelier 21 présente « Au gré de la lumière », une exposition individuelle de Tahar Ben Jelloun, du 27 janvier au 7 mars 2026. Présentée pour la première fois au Maroc, cette exposition marque une nouvelle étape du travail plastique du célèbre auteur à travers une série de dix vitraux réalisés à partir de ses peintures, accompagnée d’un ensemble de toiles conçues pour l’occasion. Nés d’une collaboration étroite avec le maître verrier Philippe Brissy, ces vitraux sont pensés comme des œuvres vivantes, sensibles aux variations du jour et du ciel. La lumière y apparaît comme une expérience intérieure, liée à l’enfance, à la mémoire, à la mer et aux villes chères à l’artiste. Selon ses mots, il ne s’agit pas d’expliquer, mais de croire au soleil comme « l’astre du secret », et à ses lumières comme autant de silences habités. Vernissage Mardi 27 janvier 2026 ❘ Tuesday, January 27, 2026À partir de 19h ❘ Starting at 7 pmL’Atelier 21, Casablanca

De l’écriture à la peinture : exposition des œuvres picturales de Tahar Ben Jelloun au Musée Mohammed VI de Rabat

De l’écriture à la peinture : exposition des œuvres picturales de Tahar Ben Jelloun au Musée Mohammed VI de Rabat

Le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI) de Rabat accueille, jusqu’au 30 juin 2025, pour la première fois dans une institution muséale marocaine, une exposition dédiée à l’œuvre picturale du célèbre écrivain et poète franco-marocain Tahar Ben Jelloun. Le vernissage de cette exposition, imaginée par Abdelaziz Idrissi, directeur du musée et commissaire de l’exposition, a eu lieu le mardi 08 avril. Il s’agit d’une rétrospective retraçant une décennie de création artistique, depuis 2014, du peintre et lauréat du prix Goncourt pour son roman La Nuit sacrée. Intitulée « De l’écriture à la peinture », l’exposition révèle également une facette plus littéraire de l’artiste : des manuscrits originaux de ses romans emblématiques, tels que L’Enfant de sable, La Nuit sacrée ou Les Yeux baissés, sont exposés sous vitrine. Une manière de souligner le dialogue intime entre ses mots et ses couleurs. « L’idée est de montrer le lien entre la forme de mon écriture et la peinture », confie Tahar Ben Jelloun, ému et honoré de voir son travail exposé dans ce musée de référence. Patricia Engali avec CP

Maroc/Exposition. Tahar Ben Jelloun à L’Atelier 21

Maroc/Exposition. Tahar Ben Jelloun à L’Atelier 21

ARTS. L’artiste peintre Tahar Ben Jelloun expose ses œuvres récentes, du 10 au 30 mai 2022, à la galerie d’art L’Atelier 21 à l’occasion d’une exposition individuelle intitulée La couleur des mots. Davantage connu comme écrivain et poète, Tahar Ben Jelloun n’en a pas moins une longue proximité, pour ne pas dire intimité, avec la peinture. Il existe, au demeurant, une corrélation entre le métier d’écrivain de Tahar Ben Jelloun et sa passion pour la peinture. L’homme a besoin de ces deux activités pour trouver, sans doute, une sorte d’équilibre, voire une récréation vitale, à ses romans qui s’emparent souvent de la part sombre chez l’homme. Les toiles exposées à L’Atelier 21, « peintes au Maroc, sous le soleil de Marrakech, avec sa lumière superbe, son air pur, ont quelque chose de différent par rapport à celles faites sous le ciel gris parisien », comme le décrit Tahar Ben Jelloun, dégagent toutes une douce féerie et communiquent une joie rétinienne. Ces toiles reflètent le plaisir, le bonheur gourmand, qu’a eu leur auteur à les peindre. Dans les abords de ces toiles, l’artiste a inscrit des phrases, souvent des fulgurances poétiques, qui ajoutent au plaisir des yeux l’intensité du choc des mots. Tahar Ben Jelloun est un écrivain, poète et peintre, né en 1947 à Fès.  Après avoir fréquenté le lycée français de Tanger et étudié la philosophie à l’université Mohammed V de Rabat, il commence par enseigner au Maroc avant de s’installer en France en 1971.  Écrivain de renom, l’un des plus connus et des plus traduits dans le monde, Tahar Ben Jelloun n’en a pas moins une longue proximité avec les arts plastiques. D’abord à travers ses écrits sur différents peintres et sculpteurs marocains tels que Farid Belkahia, Mohamed Melehi, Mohamed Chabâa, Fouad Bellamine, Chaïbia Talal, Jilali Gharbaoui, Mohamed Kacimi et sur plusieurs artistes étrangers comme Henri Matisse, Alberto Giacometti, Claudio Bravo, Mimmo Rotella… Ensuite, par l’attrait qu’il a toujours eu pour la peinture, une activité qu’il exerce avec plaisir, en contrepoint de son métier d’écrivain.  Dans sa préface du catalogue d’exposition, il explique comment son activité d’écrivain et de peintre sont devenues consubstantielles à son équilibre. « À chaque fois, j’explique comment je passe de l’écriture sur ce que j’appelle “la douleur du monde“ à sa “lumière“. J’ai souvent écrit sur les injustices, sur la solitude, sur l’abandon. Mais j’avais besoin d’explorer l’autre face de cet univers sombre. C’est là où la peinture, telle que je l’aime, s’est imposée à moi comme une évidence, comme une vieille rencontre, une amie éclairant mon chemin ». Et d’ajouter : « je me suis mis à peindre pour faire oublier la part sombre du monde que j’écrivais ».  Les peintures de Tahar Ben Jelloun ont intégré de nombreuses collections privées et publiques dont celle de la Fondation Yannick et Ben Jakober (Espagne), du Musée San Salvatore In Lauro (Italie), de l’Institut du monde arabe (France) et de la Villa Harris, Musée de Tanger (Maroc).  Tahar Ben Jelloun vit entre Paris, Tanger et Marrakech.

Récit de douze années de rencontres avec Jean Genet

Récit de douze années de rencontres avec Jean Genet

L’écrivain Tahar Ben Jelloun évoque l’éternel insoumis et révolté Tahar Ben Jelloun, qui recevra lundi 13 décembre courant au Théâtre national Mohammed V à Rabat, le Prix international de poésie “Argana” 2010, a publié récemment aux éditions Gallimard, un récit intitulé «Jean Genet, menteur sublime» et une pièce de théâtre, «Beckett et Genet, un thé à Tanger». L’écrivain et poète marocain de langue française signe une œuvre en hommage au sulfureux dramaturge et poète français, Jean Genet, dont il fit connaissance en 1974. Un récit de douze années de rencontres avec Jean Genet que l’auteur du roman «La Nuit sacrée» (Prix Goncourt 1987) livre avec détails dans son nouveau récit. Eternel insoumis, Jean Genet aurait eu 100 ans cette année. Sur les circonstances de sa rencontre avec le poète français, l’écrivain marocain se souvient que «ce fut Jean Genet qui prit l’initiative de me rencontrer, ce qui fut pour moi une grande surprise. Je ne pensais pas qu’un jour un si grand écrivain prendrait la peine d’entrer en contact avec moi. Je crus bien faire en lui disant que j’admirais son œuvre, mais il me répondit de ne plus jamais parler de ses livres et me dit : «Qu’est-ce qui est important ? Un homme ou une œuvre?» Il revenait de Jordanie et des camps palestiniens et n’était préoccupé que par la volonté de témoigner. Notre lien a été une amitié utile ; je l’aidais dans certains domaines notamment concernant son dernier ami, Mohamed, puis je lui ai présenté Leila Shahid qui l’accompagnera à Sabra et Chatila le lendemain des massacres. Il lui arrivait aussi de lire mes manuscrits et me faisait des critiques constructives », confie Tahar Ben Jelloun dans un entretien à «Fondation l’entreprise la Poste», une organisation de soutien à l’expression écrite. S’agissant de l’apport du personnage à sa carrière, l’écrivain marocain précise dans un autre entretien accordé, cette fois-ci, à l’hebdomadaire Paris Match (édition du 18/24 Nov.) que Jean Genet « m’a appris des choses qui n’ont pas de prix. Il m’a sauvé du narcissisme, du parisianisme. Jeune, j’avais de quoi avoir la grosse tête, mon premier livre avait eu du succès, je possédais des lettres de Beckett, de Barthes. Alors que lui savait garder une distance avec sa propre œuvre. Alors ça oui, ce qu’il m’a apporté constitue une dette immense Je lui dois aussi d’avoir développé mon esprit de contestation, même si je l’avais déjà. Voilà ce que m’a appris le fait d’avoir marché dans la rue avec lui, d’avoir travaillé avec lui. ll m’a donné, quand on parle des autres, des opprimés le souci de l’exigence», dit-il. Revenant sur l’intérêt de Jean Genet pour les peuples sans terre, à l’instar des Palestiniens dont il se sentait lié, Tahar Ben Jelloun poursuit en ces termes : «Toute sa vie aura été marquée par la quête de sa mère. Pas du père. Il exagérait cependant ses souffrances d’enfance, sa famille d’accueil l’a bien traité. Mais il aura recherché sa mère jusqu’au bout. Il disait que les Palestiniens ne l’intéresseraient plus le jour où ils auraient une terre. Il était fasciné par la mère de Hamza, un combattant palestinien. Par la relation qu’elle avait avec son fils. Comme il l’avait été aussi en voyant ma mère me couver du regard», explique-t-il. Du rapport de Jean Genet à l’art, Ben Jelloun reconnaît que l’auteur de «Querelle» parlait de manière étrange de la peinture. «Il aimait la beauté, le sentiment esthétique. Il recherchait partout ce sentiment et y tenait beaucoup. Sa relation avec l’art est aussi profonde qu’avec la poésie, mais encore une fois, il n’en parlait pas ou si peu. Son expérience avec Giacometti l’a beaucoup impressionné. Son livre, L’Atelier d’Alberto Giacometti, est une merveille, un texte à part dans son œuvre. Il y est très précis dans la manière qu’il a de saisir le personnage du peintre et du sculpteur, et témoigne avec élégance et subtilité de l’admiration qu’il avait pour cet immense artiste, si modeste, si humble », explique-t-il à Fondation d’entreprise La Poste.   Jean Genet, menteur sublime Tahar Ben Jelloun nous livre ici le récit de douze années de rencontres avec Jean Genet. Les fulgurances de leurs conversations et les nombreuses anecdotes que recèlent ces souvenirs inédits jettent un jour nouveau sur cet écrivain secret et souvent mal compris. On y retrouve aussi toute la force et l’urgence des débats politiques et intellectuels du tournant des années quatre-vingts. En 1974, lors de leur premier rendez-vous, l’homme qui s’installe en face de Tahar Ben Jelloun n’a plus grand-chose en commun avec l’écrivain-voleur mythique, saint et martyr. Il écrit rarement, a coupé les ponts avec Sartre et Cocteau et se passionne désormais pour les luttes révolutionnaires les plus contemporaines: Zengakuren japonais, Black Panthers américains, et enfin la cause palestinienne. Ce Genet ‘politique’ n’en est pas moins resté un homme insaisissable et créatif. Pendant les dix années qui vont suivre, Genet tantôt apparaît, tantôt disparaît, pour se lancer dans de nouveaux projets auxquels il associe souvent Tahar Ben Jelloun : entretiens, articles, scénarios, traductions…