Le Comité Parité et Diversité de 2M braque les projecteurs sur le fléau des violences sexuelles et sexistes dans la société marocaine

Le Comité Parité et Diversité de 2M braque les projecteurs sur le fléau des violences sexuelles et sexistes dans la société marocaine

SOCIETE. Mineure de 11 ans au moment des faits et mère d’un enfant âgé d’un an et un mois à 12 ans aujourd’hui suite à des viols à répétition sous la menace, l’histoire de Sanaa ; qui est loin d’être un cas isolé, fait resurgir à la surface la question de la perception de la violence sexuelle et sexiste dans la société marocaine. Un sujet d’actualité qui a été discuté lors d’une conférence-débat organisée ce jeudi 04 mai 2023 au siège de 2M par le Comité Parité et Diversité de 2M. Ayant pour thème « comprendre la violence sexuelle et sexiste dans la société marocaine », cette conférence-débat a connu la participation d’un parterre d’experts, à l’instar de Abdessamad Dialmy, sociologue et consultant international en santé sexuelle, Ghizlane Mamouni, avocate, co-fondatrice de l’association Kif Mama Kif Baba, le psychosociologue  et enseignant universitaire Mohssine Benzakour, ainsi que Chaimae Bentananat, créatrice de contenu à Jooj Media. Au cours de cette conférence-débat, Abdessamad Dialmy a indiqué que « le viol est le seul crime où la victime devient coupable ». Il a rappelé que c’est le moment de passer d’une définition restrictive telle que perçue culturellement par la société marocaine de par des paradigmes patriarcaux ou des misères et frustrations sexuelles, à une définition onusienne qui le décrit comme l’action d’envahir l’espace corporel de l’autre en usant de la force physique ou mentale dans un contexte coercitif.  Pour sa part, Mohssine Benzakour a abordé les conséquences psychosociologiques des violences sexuelles et sexistes sur la victime qui souffre doublement, notamment de l’image qu’elle a de soi et de la perception de la société qui la rabaisse au lieu de l’accompagner et de l’aider à dépasser ses traumas. Ghizlane Mamouni, quant à elle, a passé en revue les textes de lois et législations relatives aux violences sexuelles ; des lois qu’elle qualifie de « pure cosmétique », puisque certains articles et textes viennent neutraliser d’autres mesures prévues par la loi. Chaimae Bentananat a de son côté, évoqué des exemples de contribution des réseaux sociaux à la prise de conscience et à la destruction des tabous ; par le biais de mots et de notions « que nous n’apprenons que sur les réseaux sociaux, mais pas à l’école ou à l’université », à l’instar du mansplaining et du victim blaming.   À noter que cette conférence-débat s’inscrit dans le cadre des « Débats du Jeudi », un cycle de conférences-débats organisés dans le cadre des actions du Comité Parité et Diversité de 2M en faveur de la lutte contre les discriminations et la promotion de l’égalité femme-homme dans les médias. A propos du Comité Parité et Diversité de 2M : Créé en 2013 à l’initiative de la Direction Générale de 2M, le Comité Parité et Diversité a pour mission d’œuvrer pour la parité et l’égalité femmes-hommes, de promouvoir la diversité et le respect de la dignité de la personne, ainsi que de lutter contre toute forme de discrimination. Après avoir réalisé un état des lieux de l’image de la femme dans les médias, il a présenté, le 8 mars 2014, la Charte 2M pour la valorisation de l’image de la femme.

Autochek fait l’acquisition de la société marocaine KIFAL Auto pour entamer son expansion en Afrique du Nord

Autochek fait l’acquisition de la société marocaine KIFAL Auto pour entamer son expansion en Afrique du Nord

Autochek, l’entreprise de technologie automobile qui rend l’achat d’une voiture plus accessible et plus abordable en Afrique, rachète KIFAL Auto, la principale startup marocaine de technologie automobile, afin de favoriser son expansion en Afrique du Nord. Cette acquisition représente la première expansion majeure d’une startup d’Afrique de l’Ouest en Afrique du Nord et va créer les conditions d’une collaboration panafricaine idéale pour stimuler l’innovation sur le marché automobile en pleine croissance sur le continent. KIFAL Auto a été fondée par Nizar Abdallaoui Maane (diplômé de l’Essec Paris et ancien consultant de BNP Paribas) en 2019 pour transformer l’expérience d’achat / vente de voitures d’occasion au Maroc en offrant un processus transparent tout au long de la transaction, en permettant l’accès au financement, une garantie panne mécanique, une souscription àl’assurance et d’autres services à valeur ajoutée. Ces innovations ont permis à KIFAL Auto, d’être la première startup à être acceptée dans la cohorte inaugurale du programme d’accompagnement « 212 Founders » de CDG Invest, qui vise à financer et à soutenir des entreprises innovantes à ambition internationale au Maroc. Au fil des ans, KIFAL Auto s’est imposé comme un partenaire de confiance pour les particuliers et les entreprises au Maroc qui cherchent à acheter ou à vendre des voitures d’occasion. Pour Autochek, le Maroc est un marché stratégique et un des plus matures d’Afrique, avec plus de 180.000 voitures neuves et environ 560.000 voitures d’occasion vendues chaque année. Grâce à diverses évolutions politiques et à des investissements dans les infrastructures, le secteur automobile marocain devrait continuer à connaître une croissancesoutenue pour atteindre près de 14 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Par ailleurs, Autochek voit dans le Maroc un pôle technologique innovant, alimenté par un écosystème de startups florissantes qui vont soutenir l’industrie automobile au cours des prochaines années. Grâce à cette acquisition, Autochek va occuper une position unique pour exploiter tout le potentiel du marché dynamique de l’automobile d’occasion au Maroc. De nombreuses solutions seront déployées afin de répondre aux différents défis de la chaîne de valeur et intégrer davantage l’industrie automobile panafricaine pour créer une proposition forte pour tous les acteurs : consommateurs, constructeurs, institutions financières et autres parties prenantes. En effet, Autochek est reconnu sur le continent comme un partenaire de premier choix pour faciliter l’accès au financement de voitures d’occasions en Afrique, notamment grâce à une technologie et une intelligence artificielle d’analyse de données qui permet aux institutions financières d’offrir plus facilement des crédits aux consommateurs. Grâce à KIFAL Auto, Autochek va couvrir une troisième région d’Afrique puisqu’elle est déjà présente en Afrique de l’Ouest et en Afrique de l’Est (Nigeria, Ghana, Côte d’Ivoire, Kenya et Ouganda), où elle dispose de plus de 1.500 concessionnaires et garages, ainsi que plus de 70 banques partenaires, dont Access Bank, Ecobank, UBA, Bank of Africa et NCBA Bank. Commentant l’acquisition, Etop Ikpe, PDG et cofondateur d’Autochek, déclare : « Dès ma première interaction avec Nizar et son équipe chez KIFAL Auto, j’ai été impressionné par leur passion, leur engagement et le travail qu’ils ont accompli en si peu de temps pour apporter des solutions efficaces et innovantes. Ils ont développé une excellente plateforme et noussommes ravis de les avoir à bord d’Autochek pour renforcer le travail que nous faisons afin d’améliorer l’accès au financement automobile en Afrique. Par ailleurs, il y a de nombreux parallèles dans nos histoires individuelles, c’est le début d’une longue relation qui nous sera mutuellement bénéfique pour les années à venir. » Nizar Abdallaoui Maane, PDG et fondateur de KIFAL Auto, commente : « J’admire depuis longtemps le travail accompli par Autochek pour améliorer la chaine de valeur de l’achat /vente des voitures d’occasion en Afrique. Nous avons tant à apprendre les uns des autres et j’ai hâte de mettre mon expérience et mon expertise à profit pour apporter plus d’innovation au Maroc et ailleurs. Dans notre secteur, et surtout dans un contexte africain, il est clé de se développer en consolidant avec un grand acteur. De plus, le Maroc est une porte d’entrée en Afrique du Nord et je suis convaincu que nous allons créer encore plus de valeurs et apporter de nouvelles innovations à tous les niveaux. » Youssef Mamou, directeur de programme chez 212Founders, conclut : « KIFAL Auto est un excellent exemple du changement réel que l’innovation et la création de valeur entraînent aujourd’hui en Afrique. Nizar et son équipe ont fait preuve de beaucoup de passion, de vision et d’esprit d’entreprise pour conduire au succès que la société a connu jusqu’à présent et nous sommes persuadés que cette réussite va se poursuivre en rejoignant la famille Autochek. » Nizar et l’équipe de KIFAL Auto vont rejoindre Autochek et continuer d’explorer de nouvelles opportunités pour fournir des solutions permettant d’apporter des changements à fort impact dans l’industrie automobile au Maroc et ailleurs.

Lorsque la crème de la société marocaine tourne en âpre béssera*

Lorsque la crème de la société marocaine tourne en âpre béssera*

TRIBUNE. Après mon article intitulé « la crème de la société marocaine écrémée de civisme »**, j’écris ce papier suite à un scabreux incident qui s’est produit devant une école française. Mais aussi suite aux trop nombreuses altercations et occurrences qui se produisent communément devant les écoles privées prestigieuses aussi bien marocaines qu’étrangères. Je vous avoue que je suis révulsé et complètement morfondu du Maroc d’aujourd’hui et je frémis de celui de demain. Dans ma pratique quotidienne je reçois des enfants de ces écoles qualifiées « d’écoles de la crème de la société marocaine » qui me racontent le niveau philistin, fruste, vernaculaire de l’éducation qu’ils reçoivent chez eux, dans leurs grands palais avec les domestiques, la nounou, le jardinier et le chauffeur. Les descriptions des enfants m’ulcèrent à tel point que j’ai l’impression qu’il s’agit de parents moyenâgeux. Très récemment, une maman d’élève d’une école française a été bestialement et férocement rudoyée physiquement et verbalement devant la dite école et cela sous les yeux de son enfant ! Non, détrompez vous, elle n’a pas été violentée par un délinquant tcharmiliste, mais  malheureusement par une autre maman d’élève de la même prestigieuse école. Evidement ces mamans font parties de la crème de la société marocaine, étant donné que leurs enfants sont inscrits dans cette école française dont les frais de scolarité peuvent nourrir une famille entière durant au moins une année si ce n’est plus. Je me demande alors comment nous définissons « la crème de la société » ? Par le niveau universitaire ? Par la carrière professionnelle ? Par l’appartenance à des grandes familles nobles ? Par le niveau de l’éducation, de la politesse et des bonnes meurs ? Par le niveau de civisme ? Ou bien par le chiffre du compte bancaire ? Il faut savoir que les enfants de ces écoles prestigieuses, bien qu’ils soient marocains, méprisent les autres élèves marocains fréquentant l’école publique et les désignent par « les zarabes », un néocolonialisme intrinsèque. Certainement ont-ils appris ce mépris de leurs parents fréquentant uniquement le cercle de la crème de la société, les entendant décrire les autres marocains indigènes par « laroubiya »***, tout comme ils méprisent leurs domestiques et leurs subordonnés. Heureusement que nous ne voyons pas ce tcharmile dont a été victime cette maman appartenant à la crème de la société devant l’école la plus populaire du Maroc. En effet les parents des écoles populaires « des zarabes » ne se considèrent pas appartenir à la crème de la société, ils se nourrissent à la douce béssara*, ils partagent les mêmes souffrances et les mêmes joies. Aucun de ces parents ne prétend être supérieur à l’autre, au contraire chacun tend la main à son prochain pour s’entraider et rendre leur vie plus crémeuse socialement en se valorisant par la bonté, la bienveillance, l’empathie, le bon voisinage, l’honnêteté, l’humilité, la simplicité et la générosité. D’après vous n’est-elle pas là la vraie définition de la crème de la société ? La problématique de ceux qui supposent être « la crème de la société », est que chacun d’eux prétend être le meilleur non pas par l’élégance de la politesse, par les bonnes manières et par les bonnes vertus, mais plutôt  par la compétition et la rivalité en exposant ses signes ostentatoires de sa richesse, par ses sacs de marque, ses bijoux, ses montres qui nourrissent un village, ses chaussures et ses  vêtements signés et évidement par sa grosse voiture qui pourrait transformer tout un bidonville en logements sociaux. Ainsi j’argue que pour les marocains, c’est exclusivement l’argent qui accorde l’appartenance à la crème de la société, la preuve est évidente, pour un rien cette crème tourne à la béssara fétide. Ainsi cette crème de la société marocaine nous prépare  le Maroc de demain colonisé par « la béssara fétide de la haute société » ! Docteur Jaouad MABROUKI Psychiatre, Expert en psychanalyse de la société marocaine et arabe. *repas populaire à base de fève sèchée **Publié en 2017 dans plusieurs presses électroniques ***Campagnards

Le délire marocain et arabe « Nous sommes une société conservatrice »

Le délire marocain et arabe « Nous sommes une société conservatrice »

TRIBUNE. A toutes les occasions, les marocains et les arabes sortent le joker « 7na mojtama3 mo7aféde »*. Je me demande alors si le marocain est aveugle ? Ou peut-être ne voit-il pas le mode de vie de notre société en plein jour et durant les très chaudes nuits ? Ou peut-être encore, souffre-t-il d’une déficience mentale qui l’empêche de remarquer l’absence totale de l’esprit conservateur dans le comportement social ? Ou considère-t-il simplement la supériorité dictatrice masculine comme marqueur de la société conservatrice ? Je vous propose une analyse de ce délire, dans le but d’une prise de conscience de la réalité de notre société et de reconnaître « l’héritage de la croyance délirante ‘’7na mojtama3 mo7aféde’’* perpétuée culturellement d’une génération à une autre ». Si je ne m’abuse, le sens d’une société conservatrice religieusement est celui d’une société qui se distingue par ses valeurs morales, à savoir la justice, l’équité, la véracité, la chasteté, l’amour, la bienveillance, le droit chemin, l’abandon de tous les péchés…. ? Je vais vous exposer ici quelques exemples de la réalité quotidienne marocaine en vous laissant désigner ceux spécifiques au « 7na mojtama3 mo7aféde »* : Le nombre de commerces d’alcool ouverts avec une autorisation légale Le nombre de consommateurs d’alcool dans les bars, alors que l’appel à la prière de toutes les mosquées retentit cinq fois par jour. La recette fiscale imposée au commerce de l’alcool et de la prostitution masquée, ne souille-t-il pas la trésorerie nationale ? Le nombre considérable de spectateurs de films pornographiques, tout en essayant de les pratiquer dans leur vie sexuelle char’3é’ya** ou non ? La prostitution déguisée. Nous observons en plein jour les voitures qui draguent des filles et qui finissent par y monter avec des hommes inconnus. L’autorisation légale de la pratique de l’usure ou « riba » par les banques conventionnelles et par les banques « hallal » de manière contournée. Le nombre de boite de nuit ouverte avec autorisation légale. L’harcèlement sexuel des femmes dans toutes nos rues. Le nombre de casinos autorisés légalement. L’injustice et la corruption dans tous les aspects de la vie. Y-a-t-il un seul marocain qui n’a pas observé au moins un seul exemple de ce qui vient d’être cité plus haut ? Peut-être qu’ici encore le lecteur va dire que la fréquence de ces cas est insignifiante et donc pas représentative de notre société car « 7na mojtama3 mo7aféde »* !? L’absence d’une lecture correcte de notre société et le déni de sa réalité sont responsables de notre croyance délirante paralysante et handicapante, ainsi de la dissociation du marocain, tout en le conduisant vers davantage de dissolution des valeurs morales dans tous les aspects de sa vie sociale. S’attacher davantage à ce délire malgré l’évidence flagrante de la réalité, est décrit en psychopathologie comme « se mentir à soi-même » et le « déni ». Malheureusement, tant que les marocains et arabes continuent dans son « déni », ils ne pourront jamais résoudre leurs conflits et développer leurs progrès personnels. L’absence d’harmonie et de cohérence entre la croyance et le comportement est responsable d’une vie dichotomique ! Ainsi, le marocain vit à la fois deux vies contradictoires avec le déni total de la réalité sociale. Pour ces raisons, les sociétés arabes restent handicapées et se désavantagent elles-mêmes. Evidemment, elles refusent de reconnaître qu’elles seules sont responsables de leur involution et se présentent en tant que victimes subissant l’échec, d’où leur recours à la théorie du complot ! *« nous sommes une société conservatrice », ** légitime et légale Docteur Jaouad MABROUKI Expert en psychanalyse de la société marocaine et arabe

Que désignent les marocains par « femme nue, que Dieu la maudisse » ?

Que désignent les marocains par « femme nue, que Dieu la maudisse » ?

TRIBUNE. J’entends souvent des propos du genre « j’ai vu une maudite femme nue, qu’elle soit maudite jusqu’à la fin des temps ». Bien évidemment, ces expressions sont dites irrespectueusement devant des femmes et même devant des enfants ! En fait, ces expressions désignent des femmes habillées normalement, comme les hommes, sauf qu’apparemment elles devraient porter des vêtements très particuliers avec des formes très précises. Comment peut-on alors comprendre ces insultes déclamées comme si la femme était une poupée, dont chaque courant idéologique tentait de lui imposer une façon de s’habiller ? Les traditions sociales « est-ce que l’homme marocain n’est pas nu aussi? » La tradition est un processus organique qui évolue avec le temps et porte des symboles historiques, culturels et tribaux. Par exemple, dans la tradition masculine ancienne, l’homme portait « razza » ou le turban, le chapeau traditionnel ou « tarbouche, taguiya », la djellaba, et il lui était impossible de sortir avec un pantalon moderne et une chemise manches courtes et sans « razza » ou « taguiya ». Il lui était même impossible de s’afficher ainsi devant ses enfants car il avait l’impression d’être « nu ». Pourquoi donc acceptons-nous l’évolution vestimentaire masculine sans la rattacher à la religion comme on le fait maintenant pour la femme ? L’intermédiaire des dirigeants de la religion entre Dieu et l’individu Chaque religion a ses préceptes au sujet du vestimentaire, tout en sachant que la religion s’adresse directement au croyant qui reste ainsi libre d’observer ou non ces lois. Mais la fatale erreur des dirigeants de la religion, ont généralisé ces lois strictement individuelles au public entier et en les imposant essentiellement à la femme. De ce fait, ces dirigeants sont devenus à tort les intermédiaires entre Dieu et le croyant. L’emprise de l’homme sur la religion en interprétant les écrits à son profit Depuis l’ancien temps, l’homme s’occupe de gérer les affaires religieuses en éliminant expressément la femme, même dans les sujets purement féminins comme son vestimentaire par exemple. Ainsi nous trouvons une multitude de sortes de tenues vestimentaires de la femme, voire même dans une même religion chaque secte ou courant, selon son idéologie, impose à la femme une façon particulière de s’habiller. Je me demande alors pourquoi toutes ces religions n’ont pas imposé aussi à l’homme de s’habiller d’une façon précise et considérer un homme « nu ou motabaréje » s’il habille différemment? Dans ce cas là, ne serait-ce pas le rôle des femmes de gérer les affaires religieuses ? L’irrespect vis-à-vis de la femme et de son Dieu Je constate également que dans toutes les religions et pour la plupart à des époques antérieures, les hommes dirigeants la religion ont abusé de la femme en la considérant comme un être imparfait, qui par conséquent ne peut être l’égale de l’homme. Elle a ainsi vu tous ses droits bafoués, avec la permission de la punir et de la châtier en guise de correction et de la répudier si besoin était. Je me demande alors si l’origine de ces lois contre la femme est véritablement religieuse ? Vous allez probablement rétorquer que je n’ai rien compris du sens de ces lois, et que la religion enseigne le respect de la femme, ce à quoi je répondrais « Soyez ce que vous dites ! » Si toutes ces religions évoquent un Dieu équitable aimant de façon égale l’homme et la femme, pourquoi entendons-nous malgré cela des insultes à l’encontre de la femme habillée normalement ? N’est-ce-pas là finalement un manque de respect envers leur Dieu ? Absence du concept de respect dans l’éducation religieuse et sociale marocaine Dans notre société, le concept de respect est totalement absent et chacun se mêle des affaires des autres. Le respect est pourtant l’essentiel des enseignements religieux, sociaux et humains. Le principal dans toute foi est que l’individu respecte l’autre sans aucun jugement ! Sans respect il est impossible de construire des relations saines dans un climat de coexistence, même dans une seule religion ! Docteur Jaouad MABROUKI Expert en psychanalyse de la société marocaine et arabe.