Maroc. L’économie nationale peine à réaliser le rythme de croissance escompté

Maroc. L’économie nationale peine à réaliser le rythme de croissance escompté

C’est un fait que l’économie nationale peine à réaliser le rythme de croissance escompté, malgré  la poursuite de son processus de rétablissement. « L’économie nationale n’est pas encore parvenue à réaliser le rythme de croissance escompté », constate le Haut-commissariat au plan (HCP) dans son Budget économique prévisionnel 2024. Pour l’organisme public dirigé par Ahmed Lahlimi Alami cet état des choses témoigne « d’une phase de transition plus lente que nécessite une pleine restauration économique ». Il est évident que la reprise limitée post-Covid n’a pas permis de compenser intégralement les pertes engendrées par le recul prononcé de la croissance économique en 2020, a-t-il fait remarquer dans ce document qui présente une révision du budget économique exploratoire publié au mois de juillet 2023. Difficultés à surmonter la perte de près de 432 mille postes d’emplois sous le choc du Covid Le Haut-commissariat en veut pour preuve les difficultés que continuerait d’éprouver le marché de l’emploi à surmonter les impacts d’une perte de près de 432 mille postes d’emplois sous le choc du Covid. Il ne fait aucun doute que « la croissance économique, fragilisée par la récurrence des années de sécheresse et par les retombées des tensions géopolitiques persistantes, peine à soutenir efficacement la création de postes d’emploi permettant de revenir aux taux de chômage d’avant crise », constate l’institution chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. Etant donné que l’économie nationale est en perte nette annuelle moyenne de plus de 75 mille emplois durant les trois dernières années, le HCP estime que cette tendance aurait des impacts substantiels sur l’évolution des revenus et de l’épargne, notamment dans un contexte où l’inflation s’avère difficilement atténuable et où les efforts pour la dynamisation économique sont plus que jamais nécessaires. Le contenu en emploi de la croissance économique a tendance à s’affaiblir Dans ces conditions, il est évident que les perspectives modérées de la croissance économique soulèvent l’importance cruciale de réaliser une croissante économique plus créatrice d’emplois, a noté l’institution expliquant que « cette nécessité est d’autant plus pressante que le contenu en emploi de la croissance économique a tendance à s’affaiblir et que la croissance potentielle de l’économie nationale enregistre une tendance baissière ». Dans ce contexte soumis aux contraintes à la fois externes et internes de l’économie nationale, en particulier celles liées à l’ampleur de l’intervention de la politique budgétaire, le Haut-commissariat soutient qu’« il est inéluctable de dégager des espaces budgétaires supplémentaires pour contribuer davantage au processus de stimulation de l’activité économique ». Selon les prévisions du HCP, qui tiennent compte d’une évolution prévue des impôts et taxes sur les produits nets de subventions de 3,2%, le produit intérieur brut (PIB) devrait s’accroître de 3,2% en 2024 par rapport à 2,9% estimé pour 2023. Dans son Budget économique prévisionnel 2024, l’institution ajoute que « le PIB nominal devrait s’accroître de 6% en 2024, portant l’inflation, mesurée par l’indice implicite du PIB, à 2,8% en 2024 après avoir enregistré 4,5% en 2023 et 3,1% en 2022 ». Selon ces prévisions, qui se basent également sur l’hypothèse d’une reprise de la demande étrangère dans un  contexte d’atténuation progressive des tensions inflationnistes au niveau international, les activités agricoles devraient enregistrer une hausse de 2,5% en 2024 contribuant à la croissance du PIB de 0,3 point ; les activités non agricoles devraient enregistrer un taux de croissance de près de 3,2% en 2024 après 2,7% en 2023 porté par la poursuite de la bonne tenue du secteur tertiaire et par la reprise du secteur secondaire. Alain Bouithy

Maroc. Le déficit budgétaire devrait s’établir à 5% du PIB en 2024

Maroc. Le déficit budgétaire devrait s’établir à 5% du PIB en 2024

Le déficit budgétaire devrait légèrement s’accentuer en 2024, passant de 4,8% en 2023 à 5% du PIB après 5,2% en 2022, selon les prévisions du Haut-commissariat au plan (HCP). Cette évolution interviendrait après une atténuation attendue cette année du déficit budgétaire, « suite à la bonne tenue des recettes et à la baisse des dépenses de compensation », comme l’a récemment indiqué l’organisme public dans son Budget économique exploratoire 2024. En effet, selon les explications du HCP, « l’amélioration du rythme de croissance de l’économie nationale en 2024 et la baisse prévue des cours des matières premières devraient contribuer à limiter l’accentuation du déficit budgétaire ». D’après le document, en raison notamment de l’accroissement des recettes fiscales de 4,4%, les recettes ordinaires devraient s’inscrire en hausse au titre de l’année prochaine. La même source prévoit que « les impôts directs devraient augmenter de près de 4,7% contre seulement 2,7% une année auparavant, bénéficiant de la reprise des recettes de l’IS ». Bénéficiant de la dynamique soutenue de la demande intérieure prévue en 2024, les recettes tirées de la TVA devraient afficher une hausse au cours de cette même année. En ce qui concerne les dépenses ordinaires, le Haut-commissariat prévoit qu’elles devraient marquer un ralentissement de leur rythme de croissance à 4,3% atteignant ainsi 21,2% du PIB au lieu de 21,4% l’année précédente. Pour l’institution dirigée par Ahmed Lahlimi Alami, « cette tendance devrait être attribuable au recul des dépenses de la compensation qui devraient atteindre 2,2% du PIB en 2024 au lieu de 2,7% du PIB en 2023, bénéficiant de la poursuite de l’atténuation des prix des matières premières à l’échelle mondiale ». Les dépenses d’investissement devraient pour leur part atteindre 6,2% du PIB au lieu de 6,5% du PIB en 2023, selon les prévisions du HCP basées sur l’hypothèse que les mesures budgétaires mises en vigueur durant l’année 2023 seront reconduites et que les efforts de soutien de l’économie seront poursuivis. D’après les économistes de l’organisme public, les indicateurs de l’endettement national devraient s’inscrire en baisse sur fond de la poursuite de l’allégement du besoin de financement, de l’amélioration du rythme de la croissance économique et du ralentissement plus lent que prévu de l’inflation. A ce propos, le Haut-commissariat estime que « le ratio de la dette extérieure garantie devrait se situer à 13,6% du PIB après 13,8% en 2023 ». Aussi,  compte tenu d’une légère hausse du ratio de la dette du trésor à 72,9% du PIB, le ratio de la dette publique globale devrait afficher une accentuation à 86,5%, après 85,8% du PIB attendu en 2023. Il est important de noter que les projections des agrégats monétaires en 2024 prennent en considération les prévisions de la croissance économique et de l’inflation, ainsi que les flux extérieurs nets qui devraient maintenir leur évolution tendancielle bénéficiant de l’amélioration des conditions économiques internationales, comme l’a précisé l’institution dans son Budget économique exploratoire 2024. Ainsi que le prévoit le Haut-commissariat, « les réserves nettes en devises devraient garder un niveau presque similaire à celui de l’année précédente, pour couvrir 5,2 mois d’importations ». En ce qui concerne les créances nettes sur l’administration centrale, les économistes du HCP estiment qu’elles devraient poursuivre leur tendance haussière, affichant une progression à deux chiffres. Cette évolution refléterait dès lors le recours du Trésor au marché domestique pour assurer ses engagements en matière de relance économique. Par conséquent, sachant qu’une légère décélération des crédits bancaires est prévue, « la création monétaire devrait avancer de 5,5%, en ralentissement par rapport à 7,2% prévu en 2023 », selon les prévisions du HCP.   Alain Bouithy

OCDE: Les indicateurs avancés continuent de signaler une détérioration du rythme de croissance dans plusieurs grandes économies

OCDE: Les indicateurs avancés continuent de signaler une détérioration du rythme de croissance dans plusieurs grandes économies

Les indicateurs composites avancés (ICA) de l’OCDE, conçus pour anticiper les points de retournement de l’activité économique par rapport à sa tendance au cours des six à neuf prochains mois, continuent d’indiquer une détérioration du rythme de croissance dans la plupart des grandes économies. En raison d’une inflation historiquement élevée, d’un faible niveau de confiance des consommateurs et d’une baisse des indices boursiers, les ICA restent inférieurs à la tendance de long-terme et continuent d’anticiper un infléchissement de la croissance dans la plupart des grandes économies de l’OCDE ; en particulier au Canada, au Royaume-Uni et aux États-Unis, ainsi que dans la zone euro, notamment en France, en Allemagne et en Italie. Au Japon, l’ICA continue d’indiquer une croissance stable autour de la tendance de long-terme. Parmi les principales économies émergentes, l’ICA continue de diminuer en Chine (pour le secteur industriel), bien qu’il montre des signes de stabilisation. En Inde, l’évaluation reste une croissance stable tandis qu’au Brésil l’ICA continue de signaler un infléchissement de la croissance. Les indicateurs composites avancés (ICA) de l’OCDE sont des indicateurs cycliques, qui dépendent de facteurs tels que les carnets de commande, les permis de construire, les indicateurs de confiance, les taux d’intérêt à long terme, les immatriculations de voitures neuves et bien d’autres. La plupart des indicateurs sont disponibles jusqu’à juillet 2022. Les incertitudes persistantes liées à la guerre en Ukraine, à la COVID-19, aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement et à l’impact de l’inflation élevée sur le revenu réel des ménages entraînent des fluctuations plus importantes que d’habitude de l’ICA et de ses composantes. Par conséquent, les indicateurs composites avancés doivent être interprétés avec prudence et leur ampleur doit être considérée comme une indication de la force du signal plutôt que comme une mesure de la croissance de l’activité économique.

Maroc. Le rythme de croissance des exportations devrait ralentir l’année prochaine

Maroc. Le rythme de croissance des exportations devrait ralentir l’année prochaine

Les exportations marocaines devraient augmenter de 22% cette année, puis s’accroître de 0,8% en 2023, a estimé récemment Bank Al-Maghrib. Elles seraient «tirées essentiellement par les expéditions du phosphate et dérivés qui ressortiraient en rebond de 43,4% à 115,1 milliards de dirhams, en lien avec la hausse prévue des cours, avant de reculer à 10,8% en 2023 à 102,7 milliards », a indiqué la Banque centrale. Selon les prévisions de l’institution publique, «les ventes de la construction automobile connaîtraient un accroissement de 33,7% à 52,6 milliards de dirhams en 2022 et de 10,5% à 58,1 milliards en 2023». Quant aux exportations du secteur «agricole et agroalimentaire», elles devraient s’améliorer de 6,5% à 74,2 milliards de dirhams en 2022 et de 1,3% à 75,2 milliards en 2023, a indiqué Bank Al-Maghrib dans son rapport sur la politique monétaire du mois de juin (N°63). Tirées principalement par un alourdissement de 61,6% de la facture énergétique, les importations afficheraient pour leur part une progression de 24,2%. Selon les prévisions de l’institution publique, en 2023, la hausse des importations devrait se limiter à 0,3%, sous l’effet notamment de l’augmentation de 7,8% de celles de biens de consommation et d’un allégement de 9,2% de la facture énergétique à 111,2 milliards de dirhams. «En lien avec la réouverture des frontières, les recettes de voyage devraient s’améliorer, tout en restant à des niveaux inférieurs à ceux d’avant crise, passant de 34,3 milliards en 2021 à 54,3 milliards de dirhams en 2022, puis à 70,9 milliards en 2023», a poursuivi BAM. Après une hausse de 37,5% à un montant record de 93,7 milliards en 2021, les transferts des MRE reculeraient de 6,8% à 87,3 milliards de dirhams en 2022 et de 3,8% à 84 milliards en 2023, a ajouté Bank Al-Maghrib relevant en outre que les flux des IDE avoisineraient 3% du PIB sur l’horizon de prévision. La Banque centrale, tout en tenant compte notamment des hypothèses d’entrées de dons de 2,2 milliards en 2022 et de 2 milliards en 2023 et de financements extérieurs prévus du Trésor à l’international, prévoit que « les AOR se situeraient à 342,5 milliards à fin 2022 et à 346,4 milliards à fin 2023, soit l’équivalent de plus de 6 mois d’importations de biens et services». Abordant le volet portant sur les conditions monétaires, BAM a estimé que le taux de change effectif réel se déprécierait de 2,8% en 2022, après une appréciation de 0,6% observée l’année précédente. Cette variation serait «le résultat d’une baisse de la valeur de la monnaie nationale en termes nominaux principalement vis-à-vis du dollar et d’un niveau d’inflation domestique inférieur à celui des pays partenaires et concurrents commerciaux», a expliqué l’institution soulignant que cette dépréciation devrait s’atténuer à 0,9% l’année prochaine. En grande partie du fait du repli du différentiel d’inflation et de l’appréciation du dirham en termes nominaux. A noter que la progression du crédit bancaire au secteur non financier devrait s’établir autour de 4% en moyenne en 2022 et 2023, selon toujours les prévisions de la Banque centrale. S’agissant des finances publiques, le déficit budgétaire, hors privatisation, devrait s’établir à 6,3% du PIB en 2022 avant de s’atténuer à 5,6% du PIB en 2023. Pour rappel, il s’est établi à 5,9% du PIB en 2021. «La croissance de l’économie nationale ralentirait à 1% avec un repli de 15% de la valeur ajoutée agricole et une hausse de 3,8% de la valeur ajoutée des activités non agricoles», a poursuivi BAM. Avant d’afficher  une accélération à 4% en 2023. Cette variation interviendrait à la suite du redressement de 12,9% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne, a fait savoir Bank Al-Maghrib. Et de prévenir que le rythme des activités non agricoles ralentirait à 2,8% dans un contexte de modération de la demande extérieure. Alain Bouithy

Le rythme de croissance du commerce mondial des marchandises reste lent

Le rythme de croissance du commerce mondial des marchandises reste lent

Le rythme de croissance du commerce des marchandises est resté lent à l’échelle mondiale, a indiqué l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans un nouveau rapport rendu public récemment. « Le conflit en Ukraine et les récents confinements en Chine liés à la pandémie semblent freiner les échanges mondiaux de marchandises au premier semestre 2022 », a estimé l’institution internationale chargée de définir les règles régissant le commerce des marchandises, des services, des biens agricoles et industriels et de la propriété intellectuelle entre les  pays. Selon les dernières données du baromètre du commerce des marchandises de l’OMC, un indicateur avancé composite qui fournit des renseignements en temps réel sur l’évolution du commerce des marchandises par rapport aux tendances récentes, « la valeur actuelle de 99,0 est légèrement inférieure à la valeur de référence de l’indice (100), qui se compose d’indicateurs avancés en temps réel, ce qui indique que le rythme de croissance du commerce des marchandises reste lent », a constaté l’OMC dans son rapport. Après analyses des données recueillies par l’organisation, il apparait clairement que « les dernières perspectives sont moins optimistes que celles affichées par le baromètre en février, qui donnaient à penser que le commerce était peut-être sur le point de connaître un tournant, avec une croissance plus forte attendue dans un avenir proche ». Comme l’explique l’organisation dans son rapport, tout porte à croire que « la reprise attendue pourrait avoir été court-circuitée par le conflit en Ukraine, qui a débuté fin février et a déclenché de fortes hausses des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, qui ont tendance à réduire les revenus réels et à freiner la croissance économique ». Autre raison justifiant cette situation, « l’imposition par la Chine d’importantes mesures de confinement pour lutter contre une nouvelle flambée du Covid-19 a encore perturbé le commerce et la production », a estimé l’OMC. Dans son rapport, l’OMC a toutefois assuré que la progression de l’indice du baromètre aurait pu être supérieure à la tendance si certaines des données sous-jacentes de ses éléments constitutifs n’avaient pas baissé en mars et en avril.  L’organisation rappelle à ce propos que « les indices constitutifs du baromètre sont lissés pour minimiser l’influence des valeurs extrêmes, mais cela peut masquer des changements soudains dans les derniers mois ».  Par ailleurs, a-t-elle poursuivi, la plupart des indices constitutifs du baromètre sont proches ou au-dessus de leur valeur de base de 100, par exemple les commandes à l’exportation (101,2), les produits de l’industrie automobile (101,5), le fret aérien (99,9), les composants électroniques (103,8) et les matières premières (99,5). Dans ce tableau, il ressort que seul le transport maritime de conteneurs demeure nettement en dessous de la tendance (95,0), a-t-elle fait savoir. Il est important de préciser que les données non lissées concernant les commandes à l’exportation et le fret aérien sont passées d’un niveau supérieur à la tendance au cours d’une période à un niveau inférieur à la tendance au cours de la période suivante. Pour l’organisation, cela laisse présager une baisse plus marquée. L’OMC prévient cependant : « Si la crise ukrainienne et les confinements en Chine persistent, leur incidence pourrait se voir plus nettement dans le prochain communiqué ». Souvenons-nous qu’en avril dernier, l’OMC avait tablé sur une croissance du volume du commerce mondial des marchandises de 3% en 2022, alors qu’elle prévoyait une croissance de 4,7% en octobre dernier.  A bien voir, il se trouve que la valeur actuelle du baromètre est globalement conforme à la projection d’avril, tandis que « les prévisions sont moins sûres actuellement et doivent être interprétées avec précaution », a relevé l’organisation. Alain Bouithy

Le rythme de croissance des exportations de biens intermédiaires ralentit à l’échelle internationale

Le rythme de croissance des exportations de biens intermédiaires ralentit à l’échelle internationale

Les exportations de biens intermédiaires à l’échelle mondiale sont restées sur une tendance haussière au titre du troisième trimestre de 2021, a annoncé l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans un nouveau rapport. Selon ce document rendu public récemment, les exportations mondiales de biens intermédiaires ont continué d’augmenter au troisième trimestre de 2021 grâce notamment à la hausse des échanges d’intrants pour produits médicaux et produits métalliques et aux progressions dans l’ensemble des régions. Dans son rapport, il ressort toutefois que cette évolution a connu un rythme beaucoup plus lent qu’au précédent trimestre de l’année écoulée. Dans le détail, l’OMC indique que les exportations mondiales de biens intermédiaires ont progressé de 27% en glissement annuel au troisième trimestre de 2021, contre 47% au deuxième trimestre de la même année. En progression de 38% en glissement annuel, soit la croissance la plus rapide, la catégorie de produits « Autres fournitures industrielles », qui constitue près de la moitié des exportations totales de biens intermédiaires au troisième trimestre, a représenté 1.225 milliards de dollars. Selon l’organisation, le taux de croissance élevé de cette catégorie de produits s’explique par la hausse de 52% enregistrée au cours du deuxième trimestre de l’année 2021. Précisons que « cette catégorie comprend des biens intermédiaires comme les produits vaccinaux, les parties et accessoires médicaux, les réactifs de diagnostic ou de laboratoire et d’autres biens intermédiaires médicaux », comme l’a relevé l’OMC. La même source ajoute qu’elle comprend également des métaux bruts ou semi-ouvrés tels que les cathodes en cuivre et des articles en fer, acier et aluminium. Dans son rapport, l’organisation constate cependant un ralentissement de la croissance au niveau des exportations mondiales de parties et accessoires de matériel de transport. Selon les données recueillies par l’OMC, celles-ci n’ont augmenté que de 8% en glissement annuel au troisième trimestre, contre 69% au deuxième trimestre. La même tendance a été observée du côté des exportations de minerais et minéraux qui se sont établies « à 16%, contre 47% en moyenne au premier semestre de l’année, en partie à cause de la chute des prix du minerai de fer en septembre 2021 », a relevé le rapport. Selon le document, « toutes les régions ont affiché des augmentations et ont dépassé les niveaux d’exportation de biens intermédiaires de 2019, avant l’apparition de la pandémie de Covid-19 ». Précisons que l’Afrique et l’Amérique du Sud et centrale ont continué de connaître la plus forte croissance des exportations de biens intermédiaires. Il faut dire, en effet, qu’« au troisième trimestre, les exportations de l’Afrique ont augmenté de 42%, car plusieurs pays de la région ont intensifié leur approvisionnement des chaînes de production internationales en métaux et produits primaires ». Pour ne citer que quelques  pays de la région, « l’Afrique du Sud, par exemple, a affiché des augmentations de 226% et de 195%, respectivement, de ses exportations de rhodium et de minerai de fer, tandis que le Ghana a vu ses exportations de fèves de cacao atteindre 1,6 milliard de dollars», a noté l’OMC. Selon les données contenues dans ce rapport, et suite à l’augmentation des exportations de minerais de fer et de cuivre (73%) ainsi que de soja (41%), il ressort que les exportations de biens intermédiaires de l’Amérique du Sud et centrale ont connu une progression de 45%. Selon une analyse de l’organisation, « les échanges intrarégionaux de biens intermédiaires en Amérique du Sud et centrale sont ceux qui ont le plus augmenté parmi toutes les régions (56%) ». Il est important de relever ici le fait que la Belgique, dont les biens intermédiaires les plus exportés sont les produits vaccinaux, a enregistré la croissance la plus forte. En effet, après une augmentation de 64% enregistrée au deuxième trimestre 2021, le pays a connu une augmentation de 46% des exportations de biens intermédiaires au titre du troisième trimestre. Autre pays important, la Chine qui continue de détenir les parts les plus importantes des exportations mondiales de biens intermédiaires. Lesquelles ont progressé de 36%.  Pour sa part, l’Inde, pour le troisième trimestre consécutif, « a enregistré la plus forte croissance des importations de biens intermédiaires (65%), en raison principalement de la progression des importations d’or non monétaire (+161%) », selon l’OMC. Comme le fait remarquer l’OMC, le commerce des biens intermédiaires, intrants utilisés pour la fabrication d’un produit final, est un indicateur de la solidité des chaînes d’approvisionnement mondiales. Alain Bouithy

Maroc: Timide amélioration du rythme de croissance au quatrième trimestre

Maroc: Timide amélioration du rythme de croissance au quatrième trimestre

L’économie nationale se situerait à 3,9% au premier trimestre 2017, selon les prévisions du HCP Le rythme de croissance de l’économie marocaine a connu une légère amélioration au quatrième trimestre 2016, grâce principalement aux activités secondaires qui ont progressé au cours de la même période, après une sensible décélération le trimestre précédent. La croissance économique nationale se serait accrue de 1,2% durant cette période au lieu de +0,8% au troisième trimestre. La valeur ajoutée hors agriculture aurait, ainsi, crû de 2,5%, en glissement annuel, au lieu de +1,9% le trimestre précédent, a relevé le Haut-commissariat au plan (HCP) dans une note d’information sur l’état de la situation des principaux indicateurs économiques. En détail, les analystes du HCP ont relevé un léger ralentissement de la demande intérieure privée au quatrième trimestre 2016. « Dans un contexte d’une hausse de 1,8% des prix à la consommation, les dépenses de consommation des ménages, en volume, se seraient accrues de 2,8%, en variation annuelle, au lieu de +2,9% au troisième trimestre, sous-tendues par une amélioration de 1,8% des transferts des MRE et un accroissement de 5,3% de l’encours des crédits à la consommation », ont précisé ces derniers. D’après le HCP, l’amélioration de la consommation domestique aurait continué de profiter aux importations de biens de consommation qui auraient alors progressé de 16,5% au dernier trimestre de l’année 2016. En ce qui concerne l’investissement productif, il aurait affiché une hausse de 6,4%, en variation annuelle (contre +8,7% un trimestre auparavant) due, particulièrement, à la poursuite du dynamisme de l’investissement en produits industriels. Ce, « dans un contexte de renforcement des importations des biens d’équipement et de progression de près de 7,1% du flux des crédits accordés à l’équipement », a précisé le HCP. A en croire ces experts, l‘investissement en construction aurait, pour sa part, poursuivi son redressement, pour le deuxième trimestre successif. Ce, dans le sillage d’une reprise de la demande adressée à l’immobilier et d’un raffermissement de 5,4% de l’encours des crédits destinés à l’habitat. Selon eux, le rythme de croissance des activités non-agricoles se serait situé à 2,5%, en variation annuelle, au lieu de +1,9% un trimestre auparavant, enregistrant ainsi une légère évolution au quatrième trimestre 2016. «Les branches tertiaires auraient continué de soutenir l’activité économique, grâce notamment à la dynamique des activités du commerce et de la communication et de la sensible reprise des activités touristiques, dont la valeur ajoutée se serait redressée de 7,1%, en variation annuelle, après avoir progressé de 7,7%, un trimestre auparavant», a également observé le HCP, soulignant que la valeur ajoutée des branches secondaires se serait redressée de 2,4%, au lieu de +0,9% un trimestre plus tôt. Portées par les branches de la «chimie et parachimie» (3,5%) et des IMME (2,6%), les industries manufacturières auraient de leur côté connu un accroissement de 2,1%, au lieu de +0,8%, au troisième trimestre 2016, en variation annuelle. Alors que les activités minières auraient progressé de 7,9%, grâce principalement aux activités d’extraction des minerais non-métalliques dont le phosphate brut qui aurait affiché une hausse de 9,6% au quatrième trimestre. Le HCP a cependant noté qu’en dépit du recul des exportations d’acide phosphorique, les ventes de phosphate brut adressées aux industries locales de transformation seraient restées vigoureuses. Le secteur de la construction aurait, pour sa part, enregistré une nouvelle hausse modérée au quatrième trimestre 2016, liée, particulièrement, au redressement de la demande adressée au secteur, «illustrée par la hausse de 24% des transactions immobilières à fin septembre 2016 et l’affermissement de 1,4% des prix des biens immobiliers, en glissement annuel», a expliqué HCP. Après avoir progressé de 3,9%, un trimestre auparavant, l’activité électrique a connu une évolution de 3,1%, en variation annuelle. « Globalement, l’offre d’électricité aurait connu, au quatrième trimestre 2016, un accroissement de 3,9%, en glissement annuel. Elle aurait été assurée à hauteur de 13,8% par des importations du courant en provenance de l’Espagne, au lieu de 13,1% un trimestre auparavant ». A noter que les données analysées par le HCP font état de la baisse de la valeur ajoutée agricole de 12,3%, en variation annuelle, consécutive au fléchissement de la production végétale et des performances modérées des activités d’élevage. Une baisse qui aurait entraîné une hausse des prix des produits agricoles. Toujours selon les dernières prévisions du HCP, l’économie nationale devrait reprendre des couleurs au premier trimestre 2017, atteignant 3,9%, au lieu de +1,7% une année plus tôt, grâce à la hausse de 11,1% de la valeur ajoutée agricole. Ce qui, explique-t-il, porterait ainsi sa contribution à la croissance économique globale à 1,3 point. «Sous l’hypothèse d’une régularité spatio-temporelle des pluies pendant les mois de février et mars 2017, la production végétale afficherait une croissance notable, tirée par une amélioration conjuguée des rendements et des surfaces semées des cultures précoces. La production animale devrait, également, s’accélérer profitant du redressement de la production avicole et de la poursuite du raffermissement des activités d’élevage du grand cheptel», a souligné le HCP. Ce n’est pas tout. Le HCP prend aussi en ligne de compte la légère amélioration du climat des affaires qui serait attendue dans la zone euro au premier trimestre 2017 ainsi que la hausse des importations des pays avancés, notamment américaines, et la reprise graduelle de celle des pays émergents qui permettraient au commerce mondial de progresser à un rythme plus soutenu que l’année précédente. «Dans ce contexte, la demande mondiale adressée au Maroc devrait enregistrer une hausse de 3,2%. Cette hausse profiterait à certaines branches industrielles exportatrices, comme l’automobile, l’électronique, l’habillement et le textile», explique-t-il. En revanche, avertit le HCP, la légère reprise attendue des cours mondiaux du pétrole et des prix des matières premières industrielles risquerait d’impacter légèrement les importations nationales.