Le cinéma africain en lumière à Khouribga

La ville minière, carrefour des regards, des histoires et des émotions du cinéma africain contemporain Le cinéma africain prend ses quartiers à Khouribga. Ainsi, la ville des phosphates célèbrera le 7e art africain dans moins d’une dizaine de jours, à l’occasion de la 26e édition de son prestigieux et très couru Festival international du cinéma africain de Khouribga (FICAK). Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cet événement est prévu du 30 mai au 6 juin prochain. La République Démocratique du Congo (RDC) est à l’honneur de cette édition, qui « s’inscrit dans une dynamique visant à renforcer la place du festival en tant que l’une des plus anciennes manifestations cinématographiques du continent africain, constituant une plateforme de référence pour célébrer la créativité cinématographique africaine», a indiqué la Fondation du Festival international du cinéma africain de Khouribga. Plus qu’un rendez-vous cinématographique, le FICAK se veut un espace de dialogue culturel et d’échange d’expériences entre les professionnels du cinéma venus des différents pays du continent et du monde. Organisé dans un contexte coïncidant avec son 49ème anniversaire, le festival accueille créateurs, réalisateurs et professionnels de l’image venus des quatre coins du continent pour une semaine de partage, de rencontres, d’échanges et de célébration de la richesse et de la diversité du cinéma africain. Comme le souligne la Fondation du festival, le FICAK « célèbre l’excellence du long métrage africain à travers une compétition officielle réunissant des œuvres puissantes, audacieuses et profondément humaines venues des quatre coins du continent ». Une immersion au cœur de la créativité cinématographique africaine Projections de films, rencontres artistiques, hommages et conférences autour d’une des expériences cinématographiques africaines les plus riches et créatives ponctueront cette édition, indique le festival. Plusieurs films seront présentés en avant-première et projetés pour la toute première fois devant le public du festival, offrant ainsi une expérience cinématographique unique et exclusive, souligne la fondation précisant que les amateurs des productions africaines auront également l’occasion d’apprécier des projections exceptionnelles en présence des réalisateurs et équipes des films, dans une atmosphère de partage, de dialogue et de passion pour le 7ᵉ art. Figurent en outre au programme «une sélection de courts métrages venus de plusieurs pays africains. Des œuvres créatives et engagées, mettant en lumière la richesse et la diversité du cinéma africain contemporain », ont ajouté les organisateurs. Encourager des œuvres célébrant la richesse et la diversité des cultures et identités africaines A propos des compétitions officielles des longs et courts métrages de fiction prévues dans le cadre de cette édition, la direction du festival souligne que « les films retenus ont été sélectionnés avec soin parmi un grand nombre de candidatures, selon des critères artistiques et esthétiques rigoureux prenant en compte la qualité de la narration visuelle, l’originalité des propositions et l’audace des traitements cinématographiques ». S’inscrivant dans la volonté du festival de soutenir la création cinématographique africaine et d’encourager aussi bien les jeunes cinéastes que les réalisateurs confirmés à proposer des œuvres reflétant la richesse et la diversité des cultures et identités africaines, « les films en compétition concourront pour plusieurs distinctions prestigieuses décernées par le festival, récompensant l’excellence artistique et mettant à l’honneur les talents créatifs africains émergents et confirmés », a-t-elle poursuivi. Selon le programme du festival, les projections des films en compétition se dérouleront en présence des réalisateurs et des équipes artistiques, offrant ainsi au public, aux professionnels et aux critiques des moments privilégiés d’échange, de dialogue et de réflexion autour des enjeux du cinéma africain et de ses perspectives d’évolution, dans une atmosphère célébrant la créativité, l’ouverture culturelle et le dialogue artistique. Le cinéma pour enfants au cœur de la 26ème édition Une place particulière sera accordée lors de cette édition au cinéma des enfants, considéré « comme un espace pour l’éducation à l’image et le développement du sens esthétique et culturel chez les générations montantes », a affirmé la direction du festival. Dans cette perspective, le FICAK annonce qu’il « allouera des spectacles cinématographiques destinés aux enfants, ainsi que des ateliers éducatifs et formatifs qui introduisent le cinéma africain émergent, stimulent leur imagination créative et inculquent les valeurs de tolérance, d’ouverture et de coexistence ». Ils pourront ainsi découvrir la diversité des cultures africaines à travers la photographie, s’engager dans des activités interactives qui allient plaisir et savoir, avec la participation d’artistes, d’encadreurs et de spécialistes du cinéma pour enfants, selon la fondation du festival qui affirme ainsi sa conviction quant au rôle culturel et éducatif du septième art dans la construction de la conscience des nouvelles générations. Rendez-vous est donné aux passionnés du 7ᵉ art africain. Alain Bouithy
Africa CDC convoque une réunion régionale d’urgence de coordination suite à l’épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, RDC

Selon les dernières informations disponibles, environ 246 cas suspects et 65 décès ont été rapportés, principalement dans les zones de santé de Mongwalu et Rwampara Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) suit de près l’épidémie confirmée de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, en République Démocratique du Congo, et travaille avec les autorités nationales et les partenaires afin de soutenir une réponse rapide et coordonnée. À la suite des consultations avec le Ministère de la Santé et l’Institut National de Santé Publique de la République Démocratique du Congo, les résultats préliminaires des analyses de laboratoire réalisées par l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) ont détecté le virus Ebola dans 13 des 20 échantillons testés. Les résultats suggèrent un ebolavirus non-Zaïre, tandis que le séquençage est en cours afin de mieux caractériser la souche. Les résultats sont attendus dans les prochaines 24 heures avec l’appui d’Africa CDC. Selon les dernières informations disponibles, environ 246 cas suspects et 65 décès ont été rapportés, principalement dans les zones de santé de Mongwalu et Rwampara. Quatre décès ont été signalés parmi les cas confirmés en laboratoire. Des cas suspects ont également été signalés à Bunia, en attente de confirmation. Africa CDC est préoccupé par le risque élevé de propagation supplémentaire en raison du contexte urbain de Bunia et Rwampara, des mouvements intenses de populations, de la mobilité liée aux activités minières à Mongwalu, de l’insécurité dans les zones affectées, des lacunes dans l’identification des contacts, des défis liés à la prévention et au contrôle des infections, ainsi que de la proximité des zones affectées avec l’Ouganda et le Sud Soudan. En réponse, Africa CDC convoque une réunion urgente de haut niveau de coordination dans l’après-midi du 15 mai 2026 avec les autorités sanitaires de la République Démocratique du Congo, de l’Ouganda et du Soudan du Sud, ainsi qu’avec des partenaires clés, notamment l’Organisation mondiale de la Santé, l’UNICEF, le PAM, le US CDC, le European CDC, le China CDC, l’Agence de santé publique du Canada, Gilead Sciences, Merck & Co., Johnson & Johnson Innovative Medicine, Regeneron Pharmaceuticals, Roche, Abbott Laboratories, Cepheid, BioNTech, Moderna, Evotec Biologics, CEPI, Gavi, Médecins Sans Frontières, laFédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du CroissantRouge (IFRC), la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, Afreximbank, la Fondation Gates, le Wellcome Trust, ainsi que d’autres partenaires de la réponse. La réunion se concentrera sur les priorités immédiates de la réponse, notamment la coordination transfrontalière, la surveillance, l’appui aux laboratoires, la prévention et le contrôle des infections, la communication sur les risques, les enterrements dignes et sécurisés, ainsi que la mobilisation des ressources. « Africa CDC se tient aux côtés du Gouvernement et du peuple de la République Démocratique du Congo dans leur réponse à cette épidémie »,a déclaré S.E. Dr Jean Kaseya, Directeur général d’Africa CDC. « Compte tenu des mouvements importants de populations entre les zones affectées et les pays voisins, une coordination régionale rapide est essentielle. Nous travaillons avec la RDC, l’Ouganda, le Sud Soudan et les partenaires afin de renforcer la surveillance, la préparation et la réponse, et de contribuer à contenir l’épidémie le plus rapidement possible. » Africa CDC prépare un appui à travers plusieurs piliers clés de la réponse, notamment la coordination via les mécanismes des centres d’opérations d’urgence, la surveillance digitale et la gestion des données, la collaboration transfrontalière, la coordination des laboratoires, la prévention et le contrôle des infections, la communication des risques et l’engagement communautaire. Africa CDC travaillera également avec les partenaires afin d’évaluer la disponibilité et l’adéquation des contremesures médicales une fois que les résultats du séquençage auront confirmé l’espèce exacte d’ebolavirus. La maladie à virus Ebola est une maladie grave et souvent mortelle. Elle se transmet par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées, les matériaux contaminés ou les personnes décédées de la maladie. La détection précoce, l’isolement rapide et la prise en charge des cas, la recherche des contacts, la prévention et le contrôle des infections, l’engagement communautaire ainsi que les enterrements dignes et sécurisés sont essentiels pour interrompre la transmission. L’OMS décrit Ebola comme une maladie se transmettant par contact direct avec les fluides corporels et les surfaces ou matériaux contaminés. Africa CDC appelle les communautés des zones affectées et à risque àsuivre les recommandations des autorités sanitaires nationales, signaler rapidement tout symptôme, éviter tout contact direct avec les cas suspects et soutenir les équipes de réponse qui travaillent à protéger les communautés. Africa CDC continuera de fournir des mises à jour au fur et à mesure que de nouvelles informations seront disponibles et que les résultats du séquençage seront finalisés. APO
Patrick Mbeko : Joseph Kabila a raison de mettre en garde contre le risque de « soudanisation » de la RDC

Qu’on l’apprécie ou non, et bien qu’il porte une part de responsabilité dans la crise que traverse la République démocratique du Congo (RDC), l’ancien président Joseph Kabila a raison de mettre en garde contre le risque de « soudanisation » du pays, estime le chercheur et analyste des questions géopolitiques Patrick Mbeko. « On peut détester la personne de Joseph Kabila à cause de son bilan. C’est un droit. Mais balayer d’un revers de main son avertissement sur la « soudanisation » de la crise congolaise relève de l’aveuglement volontaire », écrit-t-il dans un bref message publié sur les réseaux sociaux. L’auteur de plusieurs ouvrages de référence sur les conflits armés en Afrique estime que « la situation actuelle de la RD Congo est si explosive qu’un simple incident pourrait suffire à faire basculer le pays dans un chaos incontrôlable ». A ses yeux, « les réactions outrées des partisans du pouvoir, qui confondent loyauté politique et réflexe alimentaire, n’ont rien d’étonnant. Pas plus que les attaques de ceux qui, obsédés par leur hostilité envers Kabila, refusent d’entendre quoi que ce soit venant de lui ». Pourtant, poursuit-il, « la réalité est bien là : la RDC court un grand danger. La situation est trop critique pour l’aborder avec légèreté et émotion. Le pays est miné de l’intérieur. Ses propres filles et fils l’entraînent vers l’abîme, incapables de dépasser leurs calculs personnels et de penser au‑delà de leurs intérêts immédiats pour affronter une crise qui exige lucidité, courage et responsabilité ». Patick Mbeko conclut en ces termes: « continuer à traiter avec légèreté la crise actuelle, c’est jouer avec une poudrière allumée ». Adrien Thyg
Brazzaville: inhumation de l’artiste Toussaint Essou des Bantous de la Capitale

DISPARITION. L’artiste musicien et chanteur Toussaint Essou, membre de l’orchestre Les Bantous de la Capitale, est inhumé ce mardi 30 septembre au cimetière du centre-ville de Brazzaville. Né le 1ᵉʳ novembre 1974 en République Démocratique du Congo (RDC), Toussaint Essou a rendu son dernier souffle dans la matinée du dimanche 31 août 2025, au Centre hospitalier universitaire de Brazzaville des suites d’une maladie. L’artiste laisse derrière lui un vide aussi bien sein de l’orchestre des Bantous de la Capitale que de sa famille biologique. Repéré et soutenu par Jean Serge Essou, paix à son âme, alors qu’il évoluait au sein de l’orchestre Bana Plus à Pointe-Noire, Toussaint s’était fait remarquer en reprenant magistralement la célèbre chanson Tantine Tata ya Mwassi . Après cette expérience, il rejoint Brazzaville et intègre plusieurs formations musicales, notamment Patrouille des Stars, Z1 International et G7. En 2024, il s’enregistre avec l’orchestre Les Bantous de la capitale. Théo Blaise Kounkou s’est dit profondément touché par la disparition de Toussaint Essou. « Je suis très triste que mon petit Toussaint soit parti si tôt. Il était souvent à mes côtés dès qu’il apprenait que j’étais au Congo, me disant : “Président, je suis là” », a-t-il confié à Pagesafrik.com. « Toussaint et moi nous sommes rencontrés au sein de l’orchestre des Bantous de la Capitale. J’ai de très bons souvenirs de lui, je l’ai côtoyé pendant des années », témoigne, de son côté, le bassiste Mapassa, membre de l’orchestre. La disparition de Toussaint « est une énorme perte, non seulement pour la famille des Bantous de la Capitale, mais aussi pour ses membres, admirateurs, sympathisants, hommes et femmes de culture, et tous les amoureux de la rumba congolaise », a-t-il ajouté. Cette épreuve douloureuse que traverse aujourd’hui l’orchestre doit le rendre encore plus fort. Elle appelle à l’unité et à la solidarité entre musiciens, ainsi qu’à la poursuite de l’œuvre entamée avec vigueur et détermination. Toussaint Essou rejoint d’autres grandes figures qui ont marqué l’histoire de la musique congolaise en général et des Bantous en particulier : Pamelo, Nganga Edo, Jean Serge Essou, Pandi Célestin, Koukou Mpassi Mermen, Kabako Lambert et tant d’autres. Merci, artiste, pour tout ce que tu as offert à la musique congolaise en général, et aux Bantous de la Capitale en particulier, ta famille de toujours. Va en paix. Fredrich Gunther M’bemba
La CNC condamne la déclaration du Général Eddy KAPEND qui semble légitimer l’occupation et la balkanisation de la RDC

La Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) condamne la déclaration du Général Eddy KAPEND qui semble légitimer la balkanisation de la République Démocratique du Congo. La Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) a suivi avec une grande surprise, ce lundi 21 septembre 2025, la déclaration du Général Eddy KAPEND, Commandant de la 22ème région militaire basée dans le Haut-Katanga, qui a dit : « Si nous n’arrivons pas à stopper la progression de l’ennemi là où il se trouve, nous serons la première cible de son canon. Ils peuvent avancer partout, mais tant qu’ils n’auront pas pris le Katanga, le pays vivra. » L’ennemi est bien sûr l’AFC-M23. Ces propos sont dangereux et constituent une forme de trahison et un aveu d’échec pourl’armée congolaise. Les ennemis de la nation congolaise peuvent progresser partout, sauf au Katanga. Ce Général réduit ridiculement la République Démocratique du Congo (RDC) au Katanga, notamment sur le plan économique et stratégique. Nos ennemis peuvent prendre donc le reste du pays, il n’y aura pas de problème, car le pays vivra. Ces propos sont insensés et peuvent inspirer nos ennemis engagés dans la balkanisation de la RDC. Le Général Eddy KAPEND trouve normal que nos ennemis prennent les autres parties du pays, sauf le Katanga qui est le poumon économique de la RDC. La Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) condamne cette déclaration dangereuse et tendancieuse qui légitime l’occupation et la balkanisation de notre pays. Ce Général a une fausse vision de la RDC qui a des provinces riches partout, et il n’y a pas que le Katanga. Le Grand Kivu dont une partie est occupée par l’AFC-M23 est aussi riche. Même s’il est le Commandant de la 22ème région militaire basée dans le Haut Katanga, le Général Eddy KAPEND devait se situer dans l’objectif de l’armée de défendre tout le territoire national. Sa déclaration est un aveu de faiblesse pour notre armée, car il suppose que nos ennemis peuvent prendre tout le territoire du pays sauf le Katanga. C’est doncune manière insensée de demander à l’armée de se concentrer sur la protection du Katanga, province plus riche, dont il est originaire. La RDC ne peut être réduite ridiculement au Katanga. Le Grand Katanga n’est pas un espace spécial de la RDC, mais fait partie de la RDC comme les grands autres espaces. 2. La Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) appelle le Peuple Congolais à la vigilance pour la convocation de la Table ronde des forces vives congolaises La CNC appelle le Peuple Congolais à la vigilance pour éviter les pièges suicidaires de la classe politique congolaise complice de ses souffrances. Face au danger de balkanisation de la RDC, la CNC demande au Peuple Congolais de soutenir sa proposition de convocation urgente d’une Table Ronde des forces vives congolaises sous l’égide de la CENCO et de l’ECC. C’est aujourd’hui la seule voie qui va nous permettre de nous mettre ensemble autour d’une table pour sauver notre pays pris au piège de la balkanisation. Avec la CNC, nous allons vaincre tous nos ennemis. Ainsi fait à Kinshasa, le 24 septembre 2025 Pour la Coalition pour un Nouveau Congo Isidore EKOFO LOKENYO Le Porte-parole.
La République Démocratique du Congo (RDC) veut transformer ses ressources critiques en moteur d’industrialisation

La République Démocratique du Congo (RDC) se positionne pour transformer ses vastes ressources minérales en un moteur d’industrialisation durable. Le DRC-Africa Battery Metals Forum, prévu du 29 au 30 septembre 2025 à Kolwezi, servira de plateforme clé pour attirer les investissements et promouvoir la valorisation locale des minéraux critiques. « C’est le moment idéal de venir en RDC. Avec son patrimoine exceptionnel, le pays est ouvert aux investissements dans le secteur minier. Tout le monde est le bienvenu », déclare le Prof Jean-Marie Kanda, Conseiller principal du Chef de l’État au Collège Mines-Énergie-Hydrocarbures et membre du Conseil d’Administration du Conseil Congolais de la Batterie. En se projetant dans cinq ans, il voit le forum contribuer à transformer le parcours économique de la RDC, passant d’un rôle principalement de fournisseur de minéraux bruts à celui de pôle mondial pour la valorisation et l’industrialisation. Il espère que la Zone Économique Spéciale de Musompo sera opérationnelle d’ici là, « où, par exemple, les premiers maillons de la chaîne de valeur des batteries seront développés en RDC, grâce à des partenaires comme E-Rise, la Zambie, les ministères de l’Industrie, des Mines et des Finances de la RDC, ainsi que les ministères qui collaborent à ce projet, qu’il s’agisse du ministère de l’Énergie ou de celui du Plan. Cette mise en œuvre opérationnelle se traduira également par des résultats tangibles, notamment des visites de sites de fabrication, qu’il s’agisse de précurseurs de batteries ou même de batteries complètes.
Pêche et sécurité alimentaire : la Banque africaine de développement offre des équipements de laboratoire à la RDC

La Banque africaine de développement annonce avoir fait un don d’une vingtaine d’équipements de laboratoire de pointe à l’Agence de normalisation de la République démocratique du Congo pour renforcer la pêche et la sécurité alimentaire. Cette initiative marque une étape majeure dans le renforcement de la sécurité alimentaire, du commerce et de la croissance économique du pays, souligne la banque panafricaine dans un communiqué. Selon la même source, « ce don avait pour cadre le Programme pour l’amélioration de la gouvernance de la pêche et des corridors commerciaux de l’économie bleue dans la région de la Communauté de développement de l’Afrique australe (PROFISHBLUE) ». Il est à souligner que le lot d’équipements de laboratoire offert comprend des poids d’étalonnage, des distillateurs d’eau et des tubes à centrifuger, comme le précise le communiqué précisant que ces équipements, acquis dans le cadre du projet PROFISHBLUE, permettront au pays de réaliser des analyses reconnues au niveau international sur les poissons et les produits de la pêche. D’après les explications de l’institution financière, « cette modernisation répond directement à des lacunes essentielles en matière d’infrastructures identifiées par l’étude d’analyse des lacunes régionales de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), à laquelle l’Agence congolaise de normalisation a participé, et qui a révélé des besoins importants dans le secteur de la pêche, en particulier en matière de ressources humaines et d’équipements de laboratoire ». S’exprimant lors de la cérémonie de remise du matérie, l’économiste financier en chef de la Banque Edson Mpyisi, a déclaré : « il ne s’agit pas seulement de machines ; il s’agit de donner aux institutions nationales les moyens de protéger les consommateurs, de stimuler le commerce et de favoriser l’autonomisation économique ». Par ailleurs, a-t-il poursuivi, « en renforçant l’épine dorsale de l’assurance qualité, nous posons les bases d’une Afrique plus intégrée et plus sûre sur le plan alimentaire ». Enfin, « en dotant l’Agence de normalisation de la RDC de ces équipements, nous garantissons que les produits de la pêche répondent aux normes continentales et internationales, favorisant ainsi l’intégration africaine dans le cadre de la ZLECAf », a pour sa ârt déclaré Hermogene Nsengimana, secrétaire général de l’Organisation africaine de normalisation (ARSO). Le programme PROFISHBLUE s’achèvera en décembre 2025 Martin Kam
RDC. Uvira… la ville de tous les enjeux !!!

PARLONS-EN. Depuis la chute de Bukavu en février 2025, les autorités provinciales du Sud-Kivu se sont repliées à Uvira, faisant de cette ville le nouveau siège des institutions provinciales. Mais pas seulement…. c’est également ici que l’armée congolaise (FARDC), appuyée par ses alliés (la Force de Défense Nationale du Burundi et les Wazalendo) a établi ses positions fortifiées. Cette photo, prise depuis Bujumbura (capitale du Burundi), illustre bien la complexité de la position géographique d’Uvira. Sans entrer dans une analyse des forces militaires en présence, je voudrais simplement partager une analyse descriptive, pour mieux faire comprendre à chacun l’importance stratégique de cette ville dans le contexte actuel. – À l’ouest, les hauts et moyens plateaux d’Uvira abritent de nombreux villages où vivent principalement les communautés Bafuliru, Banyamulenge et Banyindu. C’est également là que se trouve Mulenge, localité à l’origine du nom « Banyamulenge ». L’histoire récente a montré que celui qui contrôle les hauts et moyens plateaux d’Uvira possède un net avantage sur ceux qui tiennent uniquement la ville. Aujourd’hui, les combattants Banyamulenge « Twirwaneho », ayant fait allégeance à l’AFC et pris le contrôle de plusieurs localités dans ces zones (ainsi que dans les hauts et moyens plateaux de Fizi), bénéficient de cet avantage stratégique. C’est à Uvira que j’ai vécu la guerre de l’AFDL… J’ai encore en mémoire les épisodes d’août/septembre 1996, lorsque Mobutu avait dépêché des milliers de soldats zaïrois à Uvira pour combattre ce que l’on qualifiait alors de « révolte des Banyamulenge ». Chaque jour, des centaines de blessés revenaient des affrontements menés sur ces hauteurs, confirmant qu’en terrain montagneux, la personne positionnée en altitude domine presque toujours celui qui se trouve en contrebas. La tactique actuelle de l’AFC laisse entrevoir une volonté claire d’encercler Uvira par les hauteurs, comme l’illustre la récente prise stratégique de la localité de Rurambo. – A l’est, le lac Tanganyika forme une frontière naturelle entre la RD Congo et le Burundi. Uvira n’est en réalité qu’une étroite bande de terre (parfois large d’à peine 500 mètres) coincée entre deux obstacles majeurs : le lac Tanganyika d’un côté et les hauts et moyens plateaux de l’autre. En cas d’encerclement et de combats, la configuration géographique de la ville la rend particulièrement vulnérable. Le lac, infranchissable dans un contexte de conflit, ferme toute possibilité de fuite vers l’est. La seule issue terrestre reste alors le poste frontalier de Kavimvira, menant à Bujumbura, la capitale burundaise. – Au Nord, s’étend ce que l’on appelle « Plaine de la Ruzizi ». Sur près de 90 kms, elle regroupe une dizaine de localités faisant partie intégrante du territoire d’Uvira. Aujourd’hui, cette zone est sous le contrôle des FARDC et de leurs alliés (Burundais et Wazalendo). D’après les témoignages de ceux qui s’y sont rendus récemment, la plaine de la Ruzizi ressemble à une véritable forteresse imprenable, compte tenu du nombre important d’élements FARDC, de soldats burundais et de Wazalendo qui y sont déployés. L’armée congolaise contrôle ainsi toutes les localités de la Plaine de la Ruzizi, jusqu’au niveau de la localité de Katogota, où sont positionnées les forces de l’AFC/M23. De Katogota à la frontière rwandaise (Province de l’Ouest), c’est environ 8km. Toute tentative de capture de la ville d’Uvira passerait donc nécessairement par la prise de toutes ces localités sur les 90 kms de la plaine de la Ruzizi. Il faut également noter que cette bande territoriale est frontalière des anciennes provinces burundaises de Cibitoke et de Bubanza. Du temps de la guerre de l’AFDL, lorsque le Burundi était engagé aux côtés des rebelles, la conquête de la plaine de la Ruzizi ne représentait pas une difficulté majeure. Aujourd’hui, les enjeux sont radicalement différents. – Au sud, les territoires de Fizi et de Kalemie, accessibles aussi bien par la route que par le lac Tanganyika. Lors de la chute de Bukavu, par exemple, tous les éléments des FARDC repliés à Uvira avaient fini par embarquer sur des bateaux depuis le port d’Uvira, cap sur Kalemie. Par Benjamin Babunga Watuna Penseur libre