Maroc. Le FMI appelle à davantage de réformes liées au marché du travail

Maroc. Le FMI appelle à davantage de réformes liées au marché du travail

La création d’emplois durables demeure une priorité pressante au Maroc ECONOMIE. «La création d’emplois durables demeure une priorité pressante», a affirmé le Fonds monétaire international (FMI) dont une mission a séjourné du 29 janvier au 11 février au Maroc. A la tête de l’équipe du FMI, Laura Jaramillo a estimé qu’en plus de constituer un défi majeur pour le pays, la création d’emplois durables « nécessite des réformes favorisant un secteur privé plus dynamique et une meilleure réactivité du marché du travail ». Le contexte est tel que l’institution financière internationale a appelé à un climat des affaires plus propice, un secteur privé plus dynamique, et davantage de réformes liées au marché du travail. «L’accélération des réformes des établissements et entreprises publics visant à améliorer leur performance et leur gouvernance est essentielle pour accroître la concurrence et garantir la neutralité du marché entre les entreprises publiques et privées», a déclaré Laura Jaramillo qui s’est entretenue avec les autorités nationales dans le cadre des consultations au titre de l’article IV pour l’année 2026. Des mesures complémentaires pour combler l’inadéquation des compétences Dans sa déclaration, la cheffe de mission du FMI a relevé les efforts fournis pour mieux cibler le soutien financier et technique accordé aux TPME, à travers la Charte d’investissement, les Centres régionaux d’investissement et le Fonds Mohammed VI pour l’investissement ainsi que la nouvelle Charte TPME, insistant toutefois sur «un suivi étroit des résultats en matière d’emploi». Prenant note de la mise en œuvre continue de la «Feuille de route pour l’emploi 2030», qui propose un cadre visant à réduire le chômage à travers la modernisation des politiques actives du marché du travail et un soutien renforcé aux jeunes non diplômés, elle a souligné toutefois l’importance de poursuivre les efforts et d’en assurer l’efficacité, notamment par «des mesures complémentaires pour combler l’inadéquation des compétences» par rapport aux besoins du marché. De l’avis des experts de l’organisme international ayant séjourné au Royaume, les réformes, la gouvernance, le soutien ciblé et la modernisation des politiques de l’emploi sont les leviers clés pour stimuler l’emploi durable. A titre de rappel, le taux de chômage s’est situé à 13% au niveau national, de 16,9% à 16,4% en milieu urbain et de 6,8% à 6,6% en milieu rural, selon les statistiques relatives à la situation du marché du travail en 2025 publiés en début du mois de février par  Haut-commissariat au plan (HCP). D’après ces chiffres, « il reste plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (de 36,7% à 37,2%), les diplômés (de 19,6% à 19,1%) et les femmes (de 19,4% à 20,5%) ». En d’autres termes, la situation demeure critique pour ces catégories. Dans sa note d’information, synthétisant ces différentes évolutions, l’institution publique estime que «le taux de sous-emploi a augmenté de 10,1% à 10,9% au niveau national, de 8,9% à 9,6% en milieu urbain et de 12,2% à 13,2% en milieu rural». En effet, durant la même période, l’organisme constate que le volume du sous-emploi est passé de 1.082.000 à 1.190.000 personnes au niveau national, de 585.000 à 652.000 en milieu urbain et de 496.000 à 538.000 en milieu rural.   Il est à rappeler qu’au cours de cette période, le chômage a été marqué par la hausse de la proportion des primo-demandeurs d’emploi et du chômage de longue durée, selon la même source. Les chiffres montrent que «la part des chômeurs n’ayant jamais travaillé s’est élevée de 49,3% à 52,9% et celle des personnes en situation de chômage depuis un an ou plus de 62,4% à 64,8%», a fait savoir l’institution précisant que la durée moyenne de chômage est passée de 31 mois à 33 mois. Alain Bouithy

Banque mondiale : des réformes sont nécessaires pour stimuler la croissance, créer des emplois et réduire la pauvreté dans la CEMAC

Banque mondiale : des réformes sont nécessaires pour stimuler la croissance, créer des emplois et réduire la pauvreté dans la CEMAC

La région de la CEMAC a connu une croissance économique plus forte en 2024, avec un taux de 3,0 % contre 2,0 % en 2023. La huitième édition du Baromètre économique de la CEMAC souligne cependant que la croissance régionale reste modeste et fortement dépendante du secteur pétrolier et des autres matières premières. Ces secteurs ne créant pas suffisamment d’emplois pour la population en croissance rapide au sein de la région, de nombreux jeunes sont en situation de chômage. Selon le rapport, en 2024, les réserves, la situation budgétaire et la balance commerciale de la région se sont détériorées en raison de la baisse des prix du pétrole, ce qui souligne la forte exposition de la CEMAC à la volatilité des marchés des hydrocarbures, le pétrole représentant plus des deux tiers du total des biens exportés par la région. Les pressions inflationnistes ont continué à diminuer progressivement, mais le niveau élevé de chômage et le manque de croissance et d’opportunités économiques continuent d’aggraver la pauvreté. Selon les estimations de la Banque mondiale, un tiers de la population de la CEMAC était en situation d’extrême pauvreté en 2024, soit environ 22 millions de personnes vivant avec moins de 2,15 dollars par jour (en parité de pouvoir d’achat de 2017). La croissance régionale devrait rester modérée, à 2,9 % sur 2025-2027. La CEMAC est riche en ressources minérales, en hydrocarbures, en bois et possède un grand potentiel agricole. Conjugués à une population jeune et à un niveau élevé d’urbanisation, ces facteurs pourraient constituer la base d’une croissance économique accélérée et d’une création plus forte d’emplois si des réformes étaient adoptées et mises en œuvre pour renforcer les infrastructures et créer un environnement plus attrayant pour les investissements du secteur privé. Les pays de la région sont confrontés à des risques importants, notamment des chocs commerciaux mondiaux, une demande atone de produits de base, des coupes dans l’aide au développement, des coûts élevés du service de la dette et d’autres fortes pressions sur les dépenses publiques. « Pour favoriser une croissance plus robuste, créer plus d’emplois, développer le commerce intrarégional et mondial et sortir davantage de personnes de la pauvreté, les pays de la CEMAC doivent créer de meilleures conditions pour que les entreprises locales puissent se développer, investir et embaucher davantage de personnes, ainsi que développer leurs exportations », déclare Robert Utz, économiste principal pour la CEMAC à la Banque mondiale et auteur principal du rapport. « Il serait essentiel que les pays de la CEMAC accélèrent les réformes prévues dans les plans économiques régionaux, y compris le Programme de réformes économiques et financières de la CEMAC (PREF-CEMAC II) et le prochain Programme économique régional », explique Cheick Fantamady Kanté, directeur de division pour le Cameroun, le Congo, le Gabon, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale à la Banque mondiale. Alors que la CEMAC fait face aux incertitudes qui pèsent sur l’environnement commercial et financier mondial, il serait essentiel d’accélérer les réformes pour tirer le meilleur parti possible des ressources naturelles, renforcer la gestion des finances publiques, créer de meilleures conditions pour les entreprises et soutenir les plus vulnérables pour s’engager sur une trajectoire de développement plus solide, bénéficiant à l’ensemble des populations de la région. BM

Le Camerounais Docta Kévin, lauréat du prix RFI Talents du Rire 2024

Le Camerounais Docta Kévin, lauréat du prix RFI Talents du Rire 2024

Le prix RFI Talents du Rire 2024 a été attribué à l’humoriste camerounais Docta Kévin, de son vrai nom Meyi Nganssik Emile Kevin, a annoncé ce mercredi la station de radio publique française RFI. Passionné d’humour depuis l’enfance, Docta Kévin s’est imposé face à d’autres talents comme Daly Cardinal, Doyen Anasse, Petit Gougou et le duo Ministère du rire. Il succède à la Congolaise Stéphanie Bluetooth, lauréate de l’édition 2023. Le nouveau lauréat, qui s’affirme comme un ambassadeur de la comédie camerounaise, a marqué les esprits avec ses sketchs, notamment La chaussure du défilé. En 2012, il présente son premier one-man-show, Ma Life, et décide dès 2013 de se consacrer entièrement à la comédie. Fondateur du Gospel Comedy Club en 2021, un collectif d’une trentaine d’humoristes, il propose un humour à la fois ludique et éducatif, abordant des thèmes variés comme l’amour, la religion et la vie quotidienne, dans le but de divertir tout en éveillant les consciences. Docta Kévin recevra officiellement son prix lors de la dixième édition du festival « Abidjan capitale du rire », le 23 février 2025. Patricia Engali

Cameroun : la Banque africaine de développement octroie un prêt de 74 millions d’euros pour des réformes dans le secteur de l’électricité afin de faciliter l’accès universel à l’électricité

Cameroun : la Banque africaine de développement octroie un prêt de 74 millions d’euros pour des réformes dans le secteur de l’électricité afin de faciliter l’accès universel à l’électricité

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé, le 14 décembre 2023 à Abidjan, un prêt de 74,25 millions d’euros au Cameroun pour mettre en œuvre la première phase du Programme d’appui au redressement du secteur de l’électricité (PARSEC). Le programme appuiera l’État camerounais à réaliser les réformes nécessaires du secteur énergétique en 2024 et 2025 afin de permettre au pays de produire, à terme, de l’énergie électrique en quantité abondante pour couvrir la totalité de ses besoins nationaux de 5 000 mégawatts et réaliser suffisamment de réserve pour devenir un pays exportateur d’énergie vers ses voisins, notamment le Tchad. « Ce programme permet à la Banque africaine de développement d’apporter une valeur ajoutée dans son appui au redressement du secteur de l’électricité au Cameroun. Il bénéficie d’importants effets de levier par le biais de son articulation avec différents plans de redressement du secteur de l’électricité. Ces différentes actions menées dans le cadre d’un dialogue de haut niveau avec le gouvernement sont de nature à hisser la Banque au rang de partenaire de choix du Cameroun », a déclaré Serge N’Guessan, directeur général, région Afrique centrale et responsable du bureau pays de la Banque africaine de développement au Cameroun. Les réformes du secteur permettront notamment au Cameroun de réduire ses pertes commerciales d’électricité, d’améliorer le recouvrement des redevances et de mieux maîtriser les flux d’énergie dans le segment de la distribution à travers la migration du comptage du mode post-payé vers le prépayé et l’installation des compteurs intelligents, y compris dans les bâtiments publics. Le programme aidera également à élaborer et mettre en œuvre un plan d’information-éducation-communication au profit des populations pour vulgariser le nouveau mode de comptage et initier les clients au prépaiement. L’appui de la Banque renforcera les capacités des ressources humaines afin de permettre au Cameroun de disposer d’une masse critique de personnel qualifié pouvant servir sur toute la chaîne de valeur du secteur de l’électricité, de la production à la diffusion du savoir, dans le but de faciliter des réponses plus rapides aux besoins technologiques, organisationnels, environnementaux, climatiques et financiers dans le secteur. Pour renforcer la capacité de planification du secteur de l’électricité, le programme contribuera à l’élaboration d’un Plan directeur intégré à moindre coût couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur de l’électricité au Cameroun et qui prend en compte les préoccupations en matière de genre. La population camerounaise, dans son ensemble, sera la première bénéficiaire du programme à travers l’amélioration de la qualité de vie. Le programme profitera aux petites et moyennes entreprises (PME) qui verront plusieurs contraintes pesant sur le développement de leurs activités levées, notamment l’irrégularité dans l’approvisionnement en énergie. L’environnement des affaires s’en trouvera amélioré, permettant à l’économie camerounaise d’attirer davantage de capitaux nationaux, régionaux et étrangers.

La République du Congo promeut des réformes de gouvernance pour stimuler une croissance inclusive et durable

La République du Congo promeut des réformes de gouvernance pour stimuler une croissance inclusive et durable

La Banque mondiale a approuvé un financement à l’appui des politiques de développement d’un montant de 80 millions de dollars en faveur de la République du Congo. Ce financement vise à soutenir les efforts de réforme entrepris par les autorités pour renforcer la mobilisation des recettes et la gestion des finances publiques, et créer des conditions plus propices à une croissance inclusive et durable. Il s’agit de la deuxième d’une série de trois opérations prévues sur la période 2022-2024 et financées par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (IDA)* dans le but de placer l’économie congolaise sur la voie de la reprise, conformément au Plan national de développement 2022-2026 porté par le gouvernement. « Les réformes soutenues par ce financement à l’appui des politiques de développement sont indispensables pour améliorer la situation budgétaire et la gouvernance du pays tout en diversifiant l’économie, souligne Cheick Fantamady Kanté, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la République du Congo. Il s’agit de mesures essentielles pour parvenir à une croissance durable et inclusive, soutenir l’économie du pays et améliorer le bien-être de tous les citoyens. » Cette opération s’articule autour de deux axes prioritaires. Le premier vise à renforcer la viabilité budgétaire et la gouvernance grâce à la modernisation de l’administration fiscale et douanière, à une réglementation plus rigoureuse du secteur pétrolier, à un contrôle accru des finances publiques et à l’amélioration de l’efficacité du système de passation des marchés publics. La seconde priorité est de soutenir la diversification économique et l’inclusion en améliorant l’environnement de l’entreprise, la protection sociale pour les populations les plus vulnérables, ainsi que l’accès à l’électricité et aux services essentiels comme la santé et l’éducation. Ces efforts seront essentiels pour renforcer la résilience du pays aux chocs futurs et augmenter la marge de manœuvre budgétaire disponible pour financer des investissements dans les infrastructures et le capital humain. Il s’agit notamment de mettre l’accent sur les budgets et les dépenses alloués à l’enseignement technique et professionnel, afin de doter les futurs actifs des compétences pratiques nécessaires pour affronter la concurrence du marché du travail, et contribuer ainsi à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté. La mise en opération du programme national de filets sociaux renforcera également la protection sociale, en ciblant les segments de la population les plus vulnérables.

Madagascar reçoit 100 millions de dollars pour des réformes visant à libérer les moteurs d’une croissance équitable et résiliente

Madagascar reçoit 100 millions de dollars pour des réformes visant à libérer les moteurs d’une croissance équitable et résiliente

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque mondiale a approuvé aujourd’hui un crédit de 100 millions de dollars pour une opération à l’appui des politiques de développement (DPO) à Madagascar, destinée à soutenir les réformes pour libérer les moteurs d’une croissance inclusive et résiliente. Les réformes visent à améliorer la transparence et la stabilité macro-budgétaire, la concurrence sur les marchés et la gouvernance d’entreprise dans les secteurs de l’énergie, des télécommunications et de l’exploitation minière. Madagascar est enfermé depuis des décennies dans un état de faible croissance et de forte pauvreté, essentiellement dû à des faiblesses persistantes dans la gouvernance, à une faible accumulation de capital humain et physique et à la lenteur des progrès de la transformation économique. Des événements climatiques plus fréquents et plus extrêmes et, plus récemment, la pandémie de COVID-19, ont exacerbé ces défis. La forte exposition aux risques climatiques tels que les cyclones, les sécheresses, les inondations et l’élévation du niveau de la mer font de Madagascar l’un des pays les plus sévèrement touchés par les effets du changement climatique dans la région. L’opération, la première d’une série programmatique de trois DPO, s’appuie sur deux piliers qui se renforcent mutuellement. Le premier vise à renforcer la gouvernance et les cadres macro-budgétaires, notamment par le biais d’une gestion fiscale ingénieuse face au climat et d’une gestion décentralisée. Le second pilier contribuera à améliorer l’environnement propice aux investissements et à approfondir les réformes structurelles dans les secteurs d’infrastructure essentiels, notamment l’exploitation minière, l’énergie et la connectivité numérique. « Afin d’améliorer le niveau de vie et de réduire la pauvreté, Madagascar doit augmenter considérablement son potentiel de croissance et attirer de nouveaux investissements dans des secteurs susceptibles de stimuler la transformation structurelle. Grâce à ce programme, le gouvernement a pris les premières mesures pour mettre en œuvre des réformes attendues depuis longtemps en améliorant la compétitivité et la transparence dans le secteur minier, et en favorisant les secteurs de croissance tels que l’énergie et le numérique. Le maintien de ces réformes dans le temps permettra au pays de sortir du piège de la pauvreté », a déclaré Marie-Chantal Uwanyiligira, responsable des opérations de la Banque mondiale à Madagascar. « Cette opération fait suite au Cadre de partenariat pays récemment approuvé pour Madagascar, dont les interventions prioritaires comprennent la mobilisation d’investissements productifs pour accélérer la transformation économique. » Conformément à notre Cadre de partenariat pays, le DPO soutient plusieurs mesures de réforme essentielles récemment adoptées par le gouvernement. Il s’agit notamment de soutenir la compagnie nationale d’électricité, la JIRAMA, en matière d’accords d’achat d’électricité, ce qui contribuera à orienter la production d’énergie vers les énergies renouvelables tout en élargissant la participation privée ; de lever la suspension des mouvements de permis miniers et des exportations d’or pour permettre au pays de mieux saisir les opportunités de croissance ; et de légiférer pour encourager les investissements compétitifs dans l’infrastructure numérique afin de rendre les services à large bande plus abordables. « Cette opération vise à tirer parti de la transparence et des réformes macro-budgétaires pour limiter les possibilités de captation de l’État et permettre la prestation de services inclusifs et une croissance résiliente », ont déclaré Jean-Pascal N. Nganou, économiste principal, et Ibrahim Elghandour, spécialiste du secteur public, tous deux pour la Banque mondiale à Madagascar. « Cette opération bénéficie également d’une collaboration et d’une coordination étroites avec d’autres programmes de la Banque mondiale et des partenaires de développement, en particulier le Fonds monétaire international (FMI). Les mesures politiques et l’assistance technique fournies par le programme DPO – en particulier dans les domaines de la gouvernance, de la gestion macroéconomique et de l’énergie – complètent les réformes soutenues par le programme de Facilité élargie de crédit du FMI. »

Centrafrique : le FMI appelle à des réformes afin de faire face à l’inflation

Centrafrique : le FMI appelle à des réformes afin de faire face à l’inflation

En plus de la situation humanitaire, la situation économique reste aussi préoccupante en République centrafricaine selon le Fonds monétaire international (FMI). Cette institution financière encourage le gouvernement à faire des réformes et à poursuivre les discussions avec les partenaires financiers internationaux. Affectée comme les autres pays par les conséquences de la guerre en Ukraine, la République centrafricaine présente un tableau inquiétant, contrairement aux Etats de la sous-région d’Afrique centrale (CEMAC).  Une inquiétude qui se matérialise par une crise alimentaire, le faible pouvoir d’achat du Centrafricain et la pauvreté de plus en plus galopante et endémique. Plusieurs axes soutiennent cette inquiétude. C’est d’abord la hausse des prix des denrées alimentaires et produits de première nécessité, une inflation à deux chiffres, contrairement à la croissance qui, selon la projection du gouvernement, sera de 1% cette année. Ensuite, la faible mobilisation des recettes publiques et l’absence des perspectives dans la coopération entre Bangui et les partenaires financiers internationaux. Sur ce, le Fonds monétaire international appelle le gouvernement à approfondir le dialogue avec la communauté internationale sur le financement concessionnel en 2023. Cependant, l’appel du FMI est resté muet sur la facilité élargie de crédit sur laquelle le gouvernement compte pour faire face aux problèmes. « La relance économique a été perturbée » « L’activité économique en RCA a connu en 2022 une performance en demi-teinte. La reprise économique qui s’était enclenchée au sortir de la crise du Covid-19 a été fortement perturbée par la pénurie du carburant et la hausse des prix des denrées alimentaires suite à la guerre en Ukraine. Une inflation record à deux chiffres, la plus élevée dans la zone CEMAC, a été enregistrée en 2022, aggravant davantage l’insécurité alimentaire », a indiqué Albert Touna Mama, chef de la récente mission du FMI en RCA. Des réformes nécessaires Le gouvernement n’a pas attendu l’alerte du FMI pour lancer ses réformes. C’est notamment le cas du retrait de sa subvention des prix des hydrocarbures à la pompe. Ce qui a perturbé la structuration de l’économie et qui n’a pas été une bonne nouvelle pour les ménages. Par ailleurs, le gouvernement a inclus dans la loi des finances 2023, une mesure prélevant 7%  sur le coût de service de téléphonie mobile. Mais la réforme doit aussi aller loin en renforçant la gestion et la transparence des finances publiques ainsi que l’amélioration de la gouvernance. De ce pas, la mission du FMI a promis de mettre à la disposition de la République centrafricaine son expertise technique afin de faire face aux conséquences de la hausse des prix. Le FMI invite, en même temps, l’Etat centrafricain à harmoniser la loi régissant les cryptomonnaies avec les dispositions en vigueur dans l’espace CEMAC. Privé de l’aide budgétaire du FMI et de la Banque mondiale, le gouvernement centrafricain, qui a recours aux emprunts obligataires, doit pouvoir convaincre ses partenaires techniques et financiers dans un contexte de récession économique.

La Banque mondiale préconise de profondes réformes des politiques foncières

La Banque mondiale préconise de profondes réformes des politiques foncières

La mauvaise gouvernance aggrave la crise foncière dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), selon un nouveau rapport de la Banque mondiale. Les défaillances de gouvernance exacerbent l’ampleur de la crise foncière dans cette partie du monde, affirment les auteurs du rapport rendu public récemment et qui montre comment la détérioration continue des terres dans une région qui compte 84% de déserts aggrave les problèmes de manque d’eau qui menacent la sécurité alimentaire et le développement économique. D’après les informations tirées d’images satellitaires, la superficie des terres cultivées par les pays de la région MENA a diminué de 2,4% en 15 ans, sur la période 2003-2018, a constaté le rapport intitulé « La terre en question : une meilleure gouvernance foncière et une meilleure gestion de la pénurie de terres peuvent-elles éviter la crise qui s’annonce dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord? ». Comme le relève la Banque mondiale dans un communiqué, « il s’agit de la plus forte baisse au monde, dans une région où la surface des terres cultivées par habitant est déjà la plus faible et la marge d’expansion agricole limitée ». Il est à noter également qu’« au cours de la même période, la population de la région a fait un bond de 35%, et les projections indiquent qu’elle devrait encore augmenter de 40% d’ici à 2050, pour atteindre 650 millions d’habitants », a souligné la même source. Corrélation entre dégradation des sols et mauvaise gouvernance foncière Par ailleurs, après avoir analysé et comparé les données sur la couverture terrestre aux statistiques sur les inégalités de richesse et d’autres indicateurs, les auteurs dudit rapport ont mis en évidence une corrélation entre la dégradation des sols et la mauvaise gouvernance foncière. Il faut dire que dans une région où la proportion de terres appartenant à l’Etat est extrêmement élevée, tout laisse croire que « les gouvernements ne réussissent pas à gérer leurs actifs fonciers de manière à générer des recettes publiques, alors même que 23% des entreprises des secteurs manufacturier et tertiaire éprouvent les plus grandes difficultés à accéder à la terre», a déploré le rapport. Autre constat relevé dans ce rapport : l’accès au foncier est également entravé par des normes sociales et des lois relatives à la propriété qui sont plus défavorables aux femmes dans la région MENA que dans d’autres parties du monde. Ainsi, et selon la Banque mondiale, «ces dernières subissent de fortes pressions sociales pour renoncer à leurs droits à l’héritage de biens fonciers, souvent sans compensation équitable ». Améliorer l’accès aux terres et leur utilisation La situation est telle que le rapport préconise de profondes réformes pour améliorer l’accès aux terres et leur utilisation, dans un contexte de tensions accrues liées au changement climatique et à la croissance démographique. Ainsi, pour le vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Ferid Belhaj, «le moment est venu d’examiner l’impact des questions foncières qui pèsent lourd dans de nombreuses décisions de politique publique, mais ne sont pas toujours explicitement reconnues». Car, s’il est convenu que la terre a de l’importance, il est nécessaire de relever ici un fait : «La croissance démographique de la région MENA et l’impact du changement climatique rendent encore plus urgente la résolution de la crise foncière», a-t-il estimé. D’autant plus que, comme le souligne Harris Selod, économiste senior à la Banque mondiale et co-auteur du rapport, «il est impossible de parvenir à un développement économique et social durable tant que les personnes et les entreprises n’ont pas un accès correct à la terre». Revenant sur les réformes préconisées par le rapport, la Banque mondiale explique que celles-ci portent sur la mise en place de processus transparents fondés sur les principes du marché pour l’évaluation et la cession des terres, ainsi que sur le recensement exhaustif des terres domaniales et l’amélioration de l’enregistrement des droits fonciers. Selon ses explications, « ces mesures sont nécessaires pour favoriser des décisions plus efficaces en matière d’utilisation et de gestion des terres et pour garantir que celles-ci remplissent des fonctions sociales, économiques et budgétaires dans une région où les impôts fonciers représentent moins de 1% du PIB ». Les auteurs du rapport sont, par ailleurs, persuadés que les politiques foncières peuvent également contribuer à réduire les inégalités entre les sexes. A ce propos, le document suggère, « par exemple, en cas de renonciation par les femmes à leurs droits de succession, que soit introduite une taxe pour les bénéficiaires masculins qui permettrait, grâce à l’argent collecté, de financer des initiatives favorisant l’autonomisation des femmes ». Spécialiste senior de l’administration foncière à la Banque mondiale et coauteure du rapport, Anna Corsi constate que l’approche globale indispensable pour traiter les enjeux fondamentaux de développement liés aux politiques foncières fait cruellement défaut dans la région MENA. Elle est, en outre, persuadée que «la raréfaction des terres conduit à des arbitrages stratégiques sur la meilleure manière d’utiliser cette ressource pour répondre à des objectifs économiques, sociaux et de durabilité concurrents». Quoi qu’on en pense, «la résolution urgente de la crise foncière dans la région MENA est essentielle pour le développement économique et social durable de la région, a affirmé le rapport. Alain Bouithy