Les prévisions de la Banque mondiale pour le Maroc restent inchangées

La croissance de l’économie marocaine devrait connaître un net ralentissement en 2022 avant de rebondir en 2023, a annoncé la Banque mondiale. Selon les dernières Perspectives économiques mondiales (juin 2022) publiées par l’institution financière internationale, l’économie nationale « devrait accuser un net ralentissement à 1,1% en 2022, alors que les conditions de sécheresse persistante et l’impact de la guerre en Ukraine l’emportent sur la timide reprise du secteur des services. » D’après les experts de l’institution de Bretton Woods, la grave sécheresse à laquelle fait face le pays affectera la production agricole. Ce qui est de mauvais augure quand on connaît le poids que représente ce secteur dans l’économie marocaine. Ainsi qu’elle l’avait relevé en avril dernier, la Banque mondiale a maintenu sa prévision de croissance pour le Maroc au même taux. Il y a deux mois, l’institution basée à Washington aux Etats-Unis s’était prononcée sur cette question relevant que la croissance devrait ralentir à 1,1% en 2022, tandis que le déficit du compte courant devrait s’alourdir pour atteindre 5,5% du PIB, compte tenu de la hausse de la facture énergétique et du coût des importations alimentaires. Dans son rapport d’alors, la Banque mondiale avait également indiqué que le déficit budgétaire devrait se creuser à 6,2% du PIB, en raison de l’augmentation des subventions au GPL et à la farine et du coût des réformes de la santé et de la protection sociale. Quoi qu’il en soit, l’organisation internationale prévoit toujours un rebond de la croissance économique à 4,3% pour l’année 2023. Au niveau de la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), les experts de la Banque mondiale estiment que la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 5,3% en 2022 avant de ralentir à 3,6% en 2023, soit le rythme le plus rapide depuis une décennie. La Banque mondiale prévient toutefois que cette évolution «masque des situations très hétérogènes et une tendance à la baisse, avec un brusque ralentissement attendu en 2023 et 2024 dans toute la région». Comme l’expliquent l’organisation financière dans une synthèse de son rapport, « le rebond actuel est principalement imputable à la forte croissance des pays exportateurs de pétrole, stimulée par la hausse de leurs recettes, et à la régression généralisée des effets néfastes de la pandémie dans les pays largement vaccinés ». Qu’à cela ne tienne, la Banque mondiale estime que les risques pour la croissance restent orientés à la baisse. D’après ses experts, « l’incertitude grandissante, notamment due à la volatilité des prix des denrées alimentaires et du pétrole, ainsi qu’à l’instabilité des marchés financiers, pourrait nuire à la consommation, aux investissements et aux flux de capitaux dans la région MENA ». L’institution financière explique en outre que « de nouvelles hausses de l’inflation alimentaire, qui est déjà à son plus haut depuis dix ans, pourraient éroder les revenus réels, donc menacer la sécurité alimentaire et augmenter l’incidence de la sous-alimentation et le recours à des stratégies de survie néfastes ». La conséquence de tout cela, « face à une série de chocs, la dynamique des réformes s’est essoufflée dans la région et le secteur privé n’investit pas ». A l’échelle mondiale, la croissance devrait chuter de 5,7% en 2021 à 2,9% en 2022, soit nettement moins que les 4,1% prévus en janvier dernier. Selon les prévisions de la Banque mondiale, «ce rythme de croissance devrait perdurer jusqu’en 2023-2024, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine. Un conflit qui « perturbe fortement l’activité, l’investissement et le commerce à court terme, par le tassement des effets de rattrapage de la demande et par la levée progressive des mesures de soutien budgétaire et d’accompagnement monétaire », ont expliqué les experts de l’organisation financière. En raison des dommages conjugués de la pandémie et de la guerre, les auteurs de ce rapport estiment que « le niveau de revenu par habitant dans les pays en développement sera cette année inférieur de près de 5 % à la tendance pré-Covid ». Alain Bouithy
Révision à la baisse des prévisions des prix des produits de base à l’échelle mondiale

La Banque mondiale annonce avoir revu à la baisse ses prévisions concernant les prix des produits de base, dans un contexte de détérioration de la croissance mondiale et d’offre suffisante. Ainsi, « après le déclin important enregistré en 2019, les prix de l’énergie et des métaux devraient continuer à baisser en 2020 », a indiqué l’institution internationale dans sa livraison d’octobre du Commodity Markets Outlook.A en croire les analystes de la Banque mondiale, cette situation s’explique par la croissance mondiale plus faible qu’anticipé et par le relâchement de la demande en découlant. Selon les nouvelles prévisions de la Banque mondiale, « le prix du baril de pétrole brut devrait s’établir en moyenne à 60 dollars en 2019, avant de fléchir à 58 dollars en 2020, soit un niveau inférieur de 6 et 7 dollars respectivement par rapport aux prévisions du mois d’avril dernier ». L’institution de Bretton Woods a en outre annoncé que la consommation de pétrole devrait progresser à un rythme bien plus faible qu’anticipé auparavant, à la suite du ralentissement de la croissance mondiale. Elle devrait « croître modérément l’année prochaine », relevant que le principal risque de dégradation pesant sur ces prévisions réside dans une détérioration plus forte que prévu de la conjoncture économique. « En tenant compte également du gaz naturel et du charbon, les prix de l’énergie devraient afficher en 2019 un niveau de près de 15 % inférieur à la moyenne enregistrée en 2018, et poursuivre leur baisse en 2020 », a-t-elle ajouté. En ce qui concerne les cours des métaux, l’institution internationale a fait état d’une tendance également à la baisse du côté des cours des métaux. Selon elle, ceux-ci devraient perdre 5 % en 2019 et continuer de décliner l’année prochaine sous l’effet du ralentissement de la demande mondiale. Après leur montée en flèche cette année, « les prix des métaux précieux devraient continuer à progresser en 2020 dans un contexte d’incertitudes grandissantes au niveau mondial et de politiques monétaires accommodantes », a prévenu la Banque mondiale. Quant aux cours des matières premières agricoles, il ressort des mêmes prévisions qu’ils devraient également baisser cette année, avant de se stabiliser l’année prochaine. La BM reste toutefois prudente. Et pour cause, elle prévient que l’assouplissement des tensions commerciales pourrait entraîner à la hausse les prix de certains produits agricoles, comme le soja et le maïs. Par ailleurs, elle est persuadée qu’«une baisse des prix énergétiques aurait pour conséquence de réduire le coût du carburant et des engrais et pourrait ainsi contribuer à une diminution du prix des cultures très consommatrices d’énergie comme les oléagineux ». Vice-présidente du Groupe de la Banque mondiale pour la division Croissance équitable, finance et institutions, Ceyla Pazarbasioglu pense que «le ralentissement de la demande de matières premières représente un défi pour les pays exportateurs et une source d’opportunités pour les pays importateurs ». Mais alors que la fluctuation des prix et le progrès technologique vont amener les pays à se détourner d’un produit de base au profit d’un autre, elle appelle à « veiller à ce que ces ressources soient produites et consommées d’une manière écologiquement durable». Ayhan Kose, directeur du Groupe d’étude des perspectives à la Banque mondiale, affirme pour sa part que «les économies en développement qui sont tributaires des recettes d’exportation provenant d’un petit groupe de produits de base sont vulnérables». Pour elle, «la poussée de la demande et la hausse des prix sont des facteurs susceptibles de stimuler l’innovation et de faciliter la substitution d’un produit de base par un autre». A propos de la substitution d’un produit de base par un autre chez les consommateurs, le rapport de la Banque mondiale a relevé que «ces choix de substitution mettent en évidence les risques qui menacent les perspectives de croissance à long terme des pays qui dépendent massivement de l’exportation d’un nombre réduit de produits de base ». Alain Bouithy
Les prix pétroliers devraient baisser cette année

Le Maroc comme l’ensemble des pays importateurs de produits pétroliers devraient s’en réjouir. Selon les dernières prévisions de la Banque mondiale, les prix pétroliers devraient baisser en 2019, malgré leur récent renchérissement. Une bonne nouvelle en perspective pour les consommateurs d’autant plus que l’institution financière internationale table désormais sur un baril de pétrole s’établissant en moyenne à 66 dollars en 2019 et à 65 dollars en 2020. Il était de 68 dollars l’année dernière. Selon les explications de la Banque mondiale, la révision à la baisse des prévisions des prix pétroliers d’octobre 2018 est en grande partie attribuée aux perspectives de croissance mondiale qui se sont révélées plus faibles que prévu et à une production pétrolière supérieure aux attentes aux Etats-Unis. L’institution rappelle qu’après un repli fin 2018, les cours du pétrole ont connu une hausse régulière depuis le début de l’année, alimentée par les réductions de production décidées par les pays de l’OPEP et leurs partenaires et une baisse des volumes produits au Venezuela et en Iran. Comparativement aux excellentes performances enregistrées en 2018, il apparaît que la production de schistes bitumineux aux Etats-Unis devrait rester robuste. « Globalement, les prix de l’énergie, gaz naturel et charbon compris, devraient reculer de 7,9 % en moyenne en 2019 », souligne la BM. A noter que les cours des métaux devraient poursuivre leur remontée en 2019, après la brusque baisse enregistrée au second semestre 2018, indique la Banque mondiale dans sa livraison d’avril de Commodity Markets Outlook. A en croire l’institution de Bretton Woods, cette dynamique « s’explique par la stabilisation de l’activité en Chine après le léger fléchissement observé en fin d’année dernière ainsi que par les insuffisances de l’offre ». Le cycle des prix des matières premières ayant pris fin, tout indique à présent que « les pays exportateurs vont devoir s’adapter à la baisse de leurs recettes tirées des produits de base en diversifiant leur économie tandis que les pays importateurs pourront profiter de prix moins élevés pour doper leurs investissements», estime Ceyla Pazarbasioglu, vice-présidente de la Banque mondiale pour le pôle Croissance équitable, finance et institutions. Suivant son raisonnement, si les pays exportateurs souffrent de cette évolution, tout porte à croire que ce changement on ne peut plus redouté ouvre des perspectives aux pays importateurs. Dans son rapport, la Banque mondiale indique que les produits agricoles devraient connaître aussi une reprise partielle, notant qu’elles devraient se replier de 2,6 % cette année avant de rebondir en 2020, en raison de la baisse de la production et du renchérissement des prix de l’énergie et des engrais. Selon l’institution financière, « l’escalade des tensions commerciales devrait tirer les prix vers le bas, mais la hausse plus forte que prévu des prix de l’énergie pourrait avoir un impact contraire plus important qu’anticipé ». Comme le rappelle le directeur du Groupe d’étude des perspectives, Ayhan Kose, les perspectives pour les matières premières sont sensibles aux risques liés aux politiques publiques, surtout quand il s’agit du pétrole. Ainsi, il soutient qu’« une série de décisions, y compris de la part de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses partenaires concernant de nouvelles réductions de la production, le degré de conformité avec les récentes décisions sur les sanctions contre l’Iran, et la modification imminente de la réglementation des émissions dans le transport maritime pourraient inverser ces prévisions ». Signalons enfin que, dans un dossier spécial consacré aux interventions publiques destinées à atténuer les répercussions des fluctuations des prix alimentaires, le rapport de la Banque mondiale montre que « les mesures prises en concertation par plusieurs pays peuvent avoir un effet contraire d’amplification des variations, au détriment des populations les plus vulnérables », peut-on lire sur le site web de l’institution. Alain Bouithy
Les prévisions revues à la hausse pour la production céréalière mondiale

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a annoncé avoir revu à la hausse ses prévisions pour la production mondiale de céréales pour l’année 2018. « Les dernières prévisions de la FAO concernant la production mondiale de céréales en 2018 ont été relevées de 3 millions de tonnes par rapport aux estimations précédentes de septembre », a indiqué l’agence onusienne. Selon les dernières prévisions de l’organisation, la production mondiale de céréales s’établirait cette année à 2,591 millions de tonnes, mais ce volume reste encore inférieur de 63 millions de tonnes (2,4%) au niveau record atteint en 2017. D’après le « Bulletin sur l’offre et la demande de céréales » de la FAO, la production mondiale de blé devrait atteindre 722,4 millions de tonnes, soit un niveau pratiquement inchangé par rapport au mois dernier et au plus bas depuis 2013. La baisse des perspectives de production est attribuée aux pluies moins importantes que d’habitude en Australie et au Canada. Celles-ci « devraient contribuer à diminuer les rendements de blé, mais devraient toutefois être compensées par des productions plus élevées en Algérie et en Russie », a indiqué la FAO. De son côté, la production de maïs aux Etats-Unis devrait atteindre un niveau record, le deuxième de son histoire, compensant au passage les révisions à la baisse émises pour la Russie. Une hausse devrait contribuer à rehausser les prévisions relatives à la production mondiale de céréales secondaires en 2018 qui s’établiraient à 1,356 milliard de tonnes, soit 2,2 millions de tonnes de plus que le mois dernier. Soulignons que l’amélioration des perspectives concernant les rendements du maïs s’explique par une meilleure récolte attendue aux États-Unis, la deuxième jamais enregistrée. Dans ce contexte, « les prévisions relatives aux céréales secondaires ont aussi été revues à la hausse pour l’Algérie, où des conditions météorologiques favorables ont contribué à l’augmentation de la récolte de l’année », a noté la FAO soulignant qu’elles compenseraient amplement les révisions revues à la baisse s’agissant de la Serbie et de la Fédération de Russie, où les mauvaises conditions climatiques ont débouché sur des perspectives de rendement encore plus basses pour le maïs. Grâce à des plantations plus importantes que prévu en Asie, et particulièrement en Inde, l’organisation onusienne a indiqué que la production mondiale de riz devrait atteindre 513 millions de tonnes en 2018, ce qui correspond à une augmentation de 1,3% par rapport au niveau record atteint l’année dernière. Elle devrait ainsi gagner 1,2 million de tonnes par rapport à septembre. « Cet ajustement à la hausse d’un mois sur l’autre résulte d’une augmentation plus importante que prévu précédemment des surfaces rizicoles en Asie, en particulier en Inde», a expliqué la Fao soulignant, par ailleurs, que les perspectives de récolte se sont aussi améliorées aux Etats-Unis et en Guinée. Cependant, en raison de conditions climatiques défavorables ou de faibles disponibilités en eau pour l’irrigation, l’organisation a abaissé les perspectives de récolte pour le Mali, le Pakistan et les Philippines. Globalement, la FAO a dit s’attendre à une augmentation de l’utilisation mondiale de céréales qui devrait alors atteindre les 2.647 millions de tonnes pour la saison 2018/19. Ce qui représente une hausse de 1,1% par rapport au niveau estimé pour l’année précédente. La FAO explique, dans un communiqué rendu public récemment, que cette hausse est due essentiellement à l’utilisation du maïs dans l’alimentation animale qui atteindra 624 millions de tonnes en 2018-2019, soit une augmentation de près de 20 millions de tonnes (3,3%t) par rapport à la campagne précédente et à des fins industrielles. L’agence prévient toutefois que cette progression « sera probablement largement contrebalancée par les réductions prévues en ce qui concerne l’utilisation de l’orge, du sorgho et d’autres céréales secondaires aux fins de l’alimentation animale ». Quoi qu’il en soit, l’agence table sur un léger recul de l’utilisation de blé pour l’alimentation animale et à des fins industrielles, tandis que la consommation humaine directe de blé devrait progresser parallèlement à la croissance démographique. S’agissant du riz, elle « prévoit une plus forte consommation alimentaire, qui devrait se traduire par une croissance de 1,1% de l’utilisation mondiale de riz en 2018-2019, à 509 millions de tonnes, et qui annulerait le recul attendu de l’utilisation de cette céréale aux fins de l’alimentation animale et dans le secteur industriel ». Dans son communiqué, la FAO a laissé entendre que les échanges mondiaux de céréales pourraient atteindre près de 417 millions de tonnes pour la campagne de commercialisation 2018-2019, soit 3 millions de tonnes de plus que prévu le mois dernier. Alors que les stocks mondiaux de céréales d’ici la fin de la saison en 2019 s’élèvent à 751,3 millions de tonnes, soit près de 7% en-dessous de leur niveau record de lancement. Alain Bouithy